Ménil-en-Xaintois

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Ménil-en-Xaintois
Ménil-en-Xaintois
L'église Saint-Jacques-le-Majeur.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau
Canton Mirecourt
Intercommunalité Communauté de communes de l'Ouest Vosgien
Maire
Mandat
Marcel Mathis
2014-2020
Code postal 88500
Code commune 88299
Démographie
Gentilé Ménilois(es)
Population
municipale
163 hab. (2015 en diminution de 3,55 % par rapport à 2010)
Densité 39 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 28″ nord, 5° 58′ 32″ est
Altitude 326 m
Min. 322 m
Max. 403 m
Superficie 4,23 km2
Localisation

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Ménil-en-Xaintois

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Ménil-en-Xaintois

Ménil-en-Xaintois est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Ménilois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ménil-en-Xaintois est une petite commune rurale de la Plaine vosgienne, traversée par l'ancienne RN 66, aujourd'hui route départementale 166, le long de laquelle se concentre l'habitat. Le village est entouré de pâturages et de champs. Les communes voisines sont Dombasle-en-Xaintois à 2 km à l'est, Gironcourt-sur-Vraine à 6 km à l'ouest et Saint-Menge à 5 km au sud-ouest. D'autres communes sont limitrophes mais sans voie de communication directe avec Ménil : Biécourt et Totainville au nord, Gemmelaincourt et Rouvres-en-Xaintois au sud. Ménil partage avec Dombasle et ces dernières la forêt du Bois dessous Haye.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • 1109 : Masnile
  • 1130 : Masnille
  • 1148 : Manile
  • 1187 : Masnili
  • 1242 : Mesnil
  • 1251 : Manil en Sainctoris
  • 1280 : Manilz on Santois
  • 1287 : Mesgnil
  • 1309 : Mesni en Sentois
  • 1330 : Manil en Sainstois
  • 1332 : Masnillo en Saintoix
  • 1380 : Mennil en Saintoix ou Menyl
  • 1402 : Manillo
  • 1426 : Manil en Saintoix
  • 1459 : Mesnil en Sanctoix
  • 1656 : Le Mesnil
  • 1711 : Mesnil en Xaintois
  • 1768 : Mansile in Sanctesio
  • 1779 : Ménil en Saintois

Histoire[modifier | modifier le code]

  • "L'historien lorrain Dom Calmet pensait que le village était le même que celui de Ménil la Tour dont il était question dans les titres anciens. La maison de Ménil la Tour portait d'argent à trois chevrons de gueules, accompagnés de neuf hermines.

Le village dépendit d'abord du marquisat de Removille puis de celui de Baudricourt. Il est parlé du village dans la confirmation des biens du prieuré de Deuilly (hameau de la commune de Sérécourt, canton de Lamarche) par Pierre, évêque de Toul, en 1118.

Rattachement administratif : 1594 : bailliage des Vosges, prévôté de Mirecourt et de Remoncourt 1710 : même bailliage, prévôté de Mirecourt 1790 : bailliage de Mirecourt, maîtrise de Neufchâteau, canton de Rouvres en Xaintois

La haute justice appartenait au duc de Lorraine (partie de Saint-Pierre), la moyenne et la basse à l'abbé de Chaumousey (partie de Chaumousey). L'abbesse de Remiremont y avait également une seigneurie (un procès, au XVIe siècle, entre elle et l'abbé de Chaumousey en atteste). Les habitants devaient payer par conduit une redevance annuelle d'un resal d'avoine et d'une poule pour droit de bourgeoisie. Au spirituel, le village dépendait de l'abbé de Chaumousey qui percevait les 2/3 de la dîme, le reste allant au curé de la paroisse. Le village voisin de Dombasle-en-Xaintois dépendait de la cure paroissiale qui appartenait à l'ordre de Saint-Augustin.

L'église, dédiée à saint Jacques le Majeur, fut construite à la fin du XIVe ou au commencement du XVe siècle. La piscine pratiquée dans le mur sud fut bien conservée jusqu'au XIXe siècle. On trouvait dans la sacristie un sacrarium qui servait de chapelle à un monastère bâti à l'extrémité occidentale du village et qui dépendait de l'abbaye de Chaumousey. Il est fréquent de lire, depuis le XIXe siècle, qu'au sud-ouest du village, se trouvait, au lieudit du Seucherey, un autre monastère qui dépendait de la même abbaye.

Il faudra attendre les fouilles des années 1980, entreprises à l'initiative du chanoine Jean Colson, pour constater qu'il s'agissait en fait d'une villa gallo-romaine.

La première implantation de la villa du Seucherey doit remonter à la fin du Ier ou début du IIe siècle. Elle tombera sous la déferlante barbare des années 275. Reconstruite, elle retrouve une activité normale jusqu'aux invasions de 352-366, où elle fut, comme de nombreux établissements ruraux de la région, complètement détruite. Les séries monétaires découvertes sur le site confirment bien cette datation. L'état général du site et la forte concentration de bois calciné témoignent que le Seucherey fut ravagé et incendié. Vue l'absence de pièces archéologiques significatives, on peut penser que l'exploitation a été pillée, à moins que les habitants aient pu prendre la fuite avec les quelques richesses de la villa. Dans tous les cas, une partie des habitants a été massacrée lors de la destruction et abandonnée dans les décombres. Lors du sondage de mars 1985, deux squelettes ont été mis au jour : deux adolescent(e)s respectivement âgé(e)s de 12-14 ans et 15-17 ans maximum (leurs corps étaient allongés côte à côte au milieu de pierres qui composaient certainement un mur à proximité), ainsi que le crâne d’un enfant âgée de 8 ans maximum. De plus, on peut également observer de fortes concentrations de débris osseux à même le sol. Chaque année, la préparation des terres pour la plantation du blé, du maïs... fait ressortir des fragments de boîtes crâniennes, de mâchoires, des dents et autres ossements humains... L'exploitation du Seucherey couvrait, hors les terres cultivées, environ 4 hectares. Une taille relativement importante pour une villa. Les bâtiments étaient construits en pierres calcaires scellées par un mélange de chaux, de sable et de tuiles pillées. La toiture, composée de tuiles caractéristiques (l'imbrex et la tegula), était soutenue par une charpente en bois. Les bâtiments, constitué d'un sol en partie dallé, étaient essentiellement destinés à l'exploitation agricole. Une partie plus richement agencée, qui pourrait être la maison du maître, se situait au nord-ouest de la villa. On y note la présence d'une mosaïque à dominante de tesselles noires et blanches, et en moindre proportion des tesselles ocre. Le revêtement mural était en partie peint en rouge et vert, avec présence de carreaux de terre cuite à décors géométriques incisés dans la masse. L'activité devait se concentrer sur l'élevage animal (dont le porc à en croire les nombreux ossements retrouvés) et la culture du blé.

  • Un document de 1310 cite Mansionile in Seguntiso (in Histoire des ducs et des comtes de Champagne) de Henry d'Arbois de Jubainville avec la collaboration de Léon Pigeotte. Le terme mansionile, de latinité barbare, signifie un champ accompagné d'une maison, pour y loger le laboureur."
  • Les actes d'état civil datent de 1691, la mairie et l'école datent de 1872.
  • En 1884, le curé de la paroisse, l'abbé Meignien, a l'idée de créer dans le village un théâtre où on jouerait une pièce en l'honneur de Jeanne d'Arc. Il fallut attendre 1894 pour que le rêve devienne réalité, les habitants de Ménil ne voulant pas s'investir dans l'aventure du prêtre.

Avec l'aide de monseigneur Foucault, évêque de Saint-Dié et l'accord des paroissiens, le rêve devint réalité. La pièce retraça la vie de Jeanne d'Arc, de son enfance au bûcher et s'intitula Le Mystère de Jeanne d'Arc représentée par ses compatriotes. On la dut à monseigneur Foucault. On recruta les habitants de Ménil et de Dombasle-en-Xaintois pour les besoins de la pièce. On construisit dans le village une salle en bois pouvant accueillir 2000 personnes. Les peintres-décorateurs Minoux et Mangin s'occupèrent des décors, on réalisa les costumes. Les représentations eurent lieu de 1896 à 1901, année où un orage détruisit l'intérieur du théâtre. Elles reprennent jusqu'en 1907 mais le succès n'est plus au rendez-vous. En 1908, a lieu la vente aux enchères du théâtre et de son mobilier. Aujourd'hui, un bâtiment agricole occupe l'emplacement de l'ancien théâtre.

Au temps de sa splendeur, le théâtre accueillait une foule nombreuse, venue des villes thermales des environs mais aussi des pèlerins, des personnalités politiques (Jules Méline, Maurice Barrès[1], le Shah de Perse) et religieuses. Les professionnels applaudissaient, on comparait le théâtre aux meilleurs théâtres allemands de l'époque, on parlait de faire jouer la pièce à Paris lors de l'Exposition universelle de 1900, des articles de presse en vantaient les mérites. L'Illustration, célèbre journal de l'époque, lui dédia une double page dans son numéro du 22 juillet 1899.

De 1987 à 1997, sous l'impulsion du chanoine Jean Colson, les Ménilois firent revivre, le temps de quelques représentations, le théâtre populaire.

Sur les hauteurs du village, d'où on profite d'une vue étendue sur les alentours, les Allemands installèrent, durant la Seconde Guerre mondiale, une base radar. Cette base, qui fonctionna de 1941 au mois de septembre 1944, était composée notamment d'un blockhaus, de baraquements en bois et d'une cuve bétonnée devant recueillir l'eau d'un captage réalisé par les habitants du village réquisitionnés. Elle servit au radioguidage de la chasse de nuit et au guidage de l'artillerie antiaérienne. Elle fut évacuée devant l'avancée des troupes américaines.

En 1996, le village a été mis sous les feux de l'actualité après la découverte sordide d'un enfant battu par tous les adultes de sa famille[2],[3]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1792 1798 Claude Bertrand    
1798 1803 Etienne Rolin    
1803 1830 Charles Claude Fournier Drouin    
1830 1831 Claude Rolin    
1831 1837 Joseph Nicolas Maucotel    
1837 1848 Benjamin Drouin    
1848 1865 Emile Maucotel    
1865 1876 Joseph Désiré L'Huillier    
1876 1881 André Poulet    
1881 1884 Désiré Drouin    
1884 1884 André Poulet    
1884 1891 Désiré Drouin    
1891 1892 Victor Thouvenel    
1892 1896 Arsène Poulet    
1896 1897 Désiré Drouin    
1897 1904 Charles Georges    
1904 1908 Émile Maldeme    
1908 1912 Aimé Poirot    
1912 1920 Émile Drouin    
1920 1925 Émile Maldeme    
1925 1936 Raynal Drouin    
1936 1945 Léon L'Huillier    
1945 1977 Antoine Cablé    
1977 1985 Michel Gadaut   Agent de maîtrise à l'usine BSN
1985 1999 Alain Viriot (1948-2008)   Chef de paie à l'usine BSN
1999 en cours
(au 18 février 2015)
Marcel Mathis   Chef d'entreprise

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[5].

En 2015, la commune comptait 163 habitants[Note 1], en diminution de 3,55 % par rapport à 2010 (Vosges : -2,03 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
155166184200204229223275252
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
238224224213218206201199199
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
196193210185189167152161162
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015 - -
163172142125138178163--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Jacques-le-Majeur du XIIIe siècle.

Une toile de fond peinte, classée monument historique depuis 1994, est conservée dans l'église. Elle représente la maison natale de Jeanne d'Arc, l'église paroissiale avant la modification de l'ancien chœur ou porche d'entrée actuel, la mairie et le pont.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Victor Amédé Gasquin (1831-1888), proviseur du lycée de Reims, chevalier de la Légion d'honneur, né à Ménil-en-Xaintois[8].
  • Louis Aimé Julien Prevet (1882-1960), lieutenant-colonel d'infanterie, commandeur de la Légion d'honneur, né à Ménil-en-Xaintois[9].

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Département des Vosges, statistiques historiques et administratives, Henri Lepage, Charles Charton, 1845
  • Département des Vosges, description, histoire, statistiques, dictionnaires des communes, hameaux, écarts, fermes, accompagnés de plans, Paul Chevreux, Léon Louis, 1889
  • L'Illustration, numéro du 22/07/1899
  • Ménil-en-Xaintois Christophe Mathis, 1999
  • Le Théâtre populaire de Ménil-en-Xaintois 1898-1908, Christophe Mathis, 2001
  • « La base aérienne de Ménil-en-Xaintois (88) », Olivier Rouer, dans 39-45 magazine, juillet 2003

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]