Mélitée du mélampyre

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Melitaea athalia

La Mélitée du mélampyre ou Damier Athalie (Melitaea athalia) est une espèce de lépidoptères de la famille des Nymphalidae et de la sous-famille des Nymphalinae.

Description[modifier | modifier le code]

Imago[modifier | modifier le code]

La Mélitée du mélampyre présente un dessus orange avec une ornementation marron formant des bandes de damiers, avec une bordure marron.

Le revers des antérieures est orange, celui des postérieures est à bandes de damiers blanc et jaune, damiers limités par les nervures noires et de fines lignes noires.

Chenille[modifier | modifier le code]

Elle a les mêmes couleurs noir et jaune que l'adulte.

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Biologie[modifier | modifier le code]

La femelle pond ses œufs jaune citron par grappe de plus de 100 œufs collés sous une feuille.

Période de vol et hivernation[modifier | modifier le code]

La Mélitée du mélampyre vole une seule génération mais avec des émergences entre mi-mai et mi-août. Une seconde génération est possible : c'est le cas pour la sous-espèce M. a. celadussa quand elle réside à basse altitude[1].

L'espèce hiverne au stade de chenille, dans une toile de soie.

Plantes-hôtes[modifier | modifier le code]

Les plantes-hôtes de la chenille sont des Melampyrum dont Melampyrum pratense (le Mélampyre des prés) et Melampyrum sylvaticum, des plantains dont Plantago lanceolata (le Plantain lancéolé) et Plantago alpina, des digitales dont Digitalis purpurea la Digitale pourpre, Digitalis lutea la Digitale jaune et Digitalis ferruginea, des Veronica dont Veronica chamaedrys (la Véronique petit-chêne), Veronica officinalis (la Véronique officinale), Veronica montana (la Véronique des montagnes) et Veronica spicata, ainsi que Linaria vulgaris (la Linaire commune)[1].

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Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

La Mélitée du mélampyre est présente dans toute l'Europe (sauf le sud du Portugal et de l'Espagne, l'Irlande, l'Angleterre et la Corse), toute l'Asie tempérée et au Japon[2],[1].

En France métropolitaine, elle est répandue dans une grande partie du territoire[3],[4], mais elle est plus rare dans le Nord et l'Ouest du pays où elle tend à se raréfier, et elle est absente de Corse. La sous-espèce celadussa occupe un grand quart sud-est du pays, le reste étant peuplé par la sous-espèce nominale, avec une large bande de populations à caractéristiques intermédiaires[4].

En conséquence du recul de ses habitats, l'espèce est en voie de régression sur une partie de son aire de répartition naturelle, et a fait l'objet de programmes de réintroduction au Royaume-Uni. Une expérience conduite dans le Kent (Wildwood) montre que la réintroduction du castor européen qui ouvre des milieux dans les forêts, en recépant les arbres à proximité de sa hutte peut être favorable au retour de sa plante-hôte et par suite de la Mélitée du mélampyre. (Dans cette expérience, le mélampyre des bois a réapparu à partir de la « banque de graines » du sol qui a pu s'exprimer à la suite de la mise au soleil du sol. Le papillon s'est spontanément installé sur la zone où le castor s'est nourri en coupant quelques arbres. Ce seul site abriterait (mi 2008) selon le directeur du Wildwood la majeure partie de toute la population anglaise de ce papillon. L'expérience est conduite avec English Nature).

Biotope[modifier | modifier le code]

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Melitaea athalia est un papillon des lisières de bois herbues et fleuries. Comme le laisse sous-entendre son nom commun anglais « heath fritillary » (heath désignant les milieux intraforestiers de lande ou végétation basse), il apprécie la strate herbacée des clairières forestières, éventuellement légèrement ombrée, et comme habitats de substitution les landes et prairies bocagères (habitats de substitution). On le trouve jusqu’à 1 600 m d'altitude.

Les mélitées du mélampyre sont de piètres voiliers, ils ne se déplacent que sur de faibles distances. Ils vivaient dans les milieux ouverts intraforestiers entretenus par de grands herbivores qui ont disparu ou se sont raréfiés. Ils sont donc depuis plusieurs milliers d'années devenus dépendants des clairières créées par l'activité humaine (un de leurs noms anglais était "Woodman's Follower" ; celui qui suit l’homme des bois). Ceci rend cette espèce sensible à la sylviculture intensive.

Les landes résultant du surpâturage de zones boisées par du bétail (ânes, mulets, moutons, bovins, chevaux...) ou leur exploitation en taillis ont traditionnellement fourni des sites alternatifs de reproduction à cette espèce, mais depuis la fin de la première guerre mondiale, ces activités sont en recul constant d'où recul des landes et taillis.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Melitaea athalia a été décrite par l'entomologiste allemand Siegmund Adrian von Rothenburg en 1775, sous le nom initial de Papilio athalia[5].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Papilio athalia Rottemburg, 1775protonyme
  • Mellicta athalia (Rottemburg, 1775)

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

De nombreuses sous-espèces ont été décrites et ne sont pas toujours reconnues aujourd'hui. La liste suivante n'est pas exhaustive[2] :

  • Melitaea athalia athalia — dans une partie de l'Europe et l'Ouest de la Sibérie.
  • Melitaea athalia celadussa Fruhstorfer, 1910 — dans le Sud de l'Europe.
Ce taxon diffère de la sous-espèce nominale par la structure de ses pièces génitales, et il est de plus en plus souvent considéré comme une espèce distincte. En fonction des auteurs, la nouvelle espèce en question peut être nommée Melitaea celadussa Fruhstorfer, 1910, Melitaea nevadensis Oberthür, 1904[6] ou Melitaea helvetica Rühl, 1888[7].
  • Melitaea athalia baikalensis Bremer, 1861 — dans le Sud de la Sibérie.
  • Melitaea athalia hyperborea Dubatolov, 1997 — au Kamtchatka.
  • Melitaea athalia lucifuga Fruhstorfer, 1917 — dans le Sud-Est de l'Europe.
  • Melitaea athalia norvegica Aurivillius, 1888
  • Melitaea athalia reticulata Higgins, 1955 — dans l'Altaï.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • en français : la Mélitée du mélampyre, le Damier Athalie[8]
  • en anglais : Heath Fritillary
  • en allemand : Wachtelweizen-Scheckenfalter, Gemeiner Scheckenfalter[2]

Protection[modifier | modifier le code]

La Mélitée du mélampyre est protégée en région Île-de-France, inscrite à l'article 1 de l'arrêté du 22 juillet 1993 relatif à la liste des insectes protégés en région Île-de-France complétant la liste nationale[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Tom Tolman, Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-01649-7)
  2. a, b et c Funet
  3. Lépi'Net
  4. a et b carte de répartition sur Diatheo
  5. Rottemburg, 1775 Der Naturforscher 6 : 5
  6. INPN — Melitaea nevadensis
  7. Pascal Dupont, David Demerges, Eric Drouet et Gérard Chr. Luquet, Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire., Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, , 201 p. (lire en ligne)
  8. INPN
  9. INPN protection

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Tolman, Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-01649-7).
  • Barnett L.K., Warren M.S. Species Action Plan: Heath Fritillary Mellicta athalia, par le Butterfly Conservation, East Lulworth, UK. 24p 1995
  • Bundesamt für Naturschutz (Hrsg.), 1998, Rote Liste gefährdeter Tiere Deutschlands, Landwirtschaftsverlag, Münster, Germany. (ISBN 978-3-896-24110-8).
  • Butterfly Conservation, Heath Fritillary Melitaea athalia factsheet, Butterfly Conservation, East Lulworth, UK. 2p.
  • Butterfly Conservation, 2007, The State of Britain's Butterflies 2007, Butterfly Conservation, East Lulworth, UK. 12p.
  • Chandler D., 2005, The fritillaries of Herts & Middlesex in the summer of 2005. Butterfly Conservation Hertfordshire and Middlesex Branch Newsletter 43 (September 2005), pp. 1–3.
  • IUCN, 2006 (http://www.iucnredlist.org IUCN Red List) of Threatened Species. (consulté le 15 juin 2007)
  • Tolman T., Lewington R., 1997, Collins Field Guide: Butterflies of Britain & Europe, Ed : HarperCollins Publishers, London, UK. pp. 174–176.
  • Tomlinson D., Still, R. , 2002, Britain's Butterflies, Ed : WildGuides, Old Basing, UK. pp. 124–125.
  • Warren M.S., Emmet, A.M., 1990, MELLICTA ATHALIA (Rottemburg). Pages 241–243 in Emmet, A.M., J. Heath et al. (Eds.) The Butterflies of Great Britain and Ireland. The Moths and Butterflies of Great Britain and Ireland Vol. 7 Part 1 (Hesperiidae to ymphalidae), Ed : Harley Books, Colechester, UK. 370p.
  • Whalley P., 1981, The Mitchell Beazley Pocket Guide to Butterflies, Ed : Mitchell Beazley, London. p. 77.