Mélanges juridiques

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Les Mélanges juridiques, que l’on désigne aussi sous les vocables de Liber amicorum, Écrits en l'honneur, Hommage à, In memoriam ou Études offertes, sont des ouvrages dédiés à une personnalité du droit regroupant des articles (« contributions ») rédigés par des auteurs juridiques.

Dédicataire[modifier | modifier le code]

Les Mélanges juridiques sont des ouvrages dédiés à une personnalité. Le plus souvent, il s’agit d’ouvrages publiés à l’occasion du départ en retraite, de la disparition, d’un anniversaire, etc. de personnalités juridiques prestigieuses.

Ces ouvrages sont le plus souvent édités en l’honneur de personnes physiques et plus particulièrement d’universitaires :

  • Les Transformations du droit du travail, Études offertes à Gérard Lyon-Caen, Paris : Dalloz, 1989, 489 p. (ISBN 2247010555) ;
  • Mélanges René Chapus, Droit administratif, Paris : Montchrestien, 1992, 707 p. (ISBN 2707605131) ;
  • Liber amirocum, Mélanges en l'honneur du Professeur Jean Bigot, Paris : LGDJ, 2010, 480 p. (ISBN 978-2-275-03441-6) ;

n’en sont que quelques exemples.

Il arrive néanmoins, rarement dans le passé mais de plus en plus fréquemment, que des Mélanges honorent des « praticiens » professionnels du droit et tout spécialement des membres de hautes juridictions :

  • Juger l'administration, administrer la justice, Mélanges en l'honneur de Daniel Labetoulle, Paris : Dalloz, 2007 (ISBN 9782247072613) ;

Daniel Labetoulle ayant été un membre éminent du Conseil d’État français.

Peuvent également être honorées par ces publications des institutions, juridiques ou à vocation plus générale.

Contenu[modifier | modifier le code]

Les contributions figurant dans les Mélanges peuvent être de deux types. Certains de ces ouvrages consistent en un regroupement d'articles qui ont déjà été publiés antérieurement par le dédicataire. L'ouvrage n'apporte alors pas d'éléments nouveaux à la doctrine juridique, mais permet d'accéder plus facilement aux principaux écrits d'un auteur reconnu. La seconde catégorie d'ouvrages constitue quant à elle un apport majeur en matière d'études juridiques. Le Mélange est alors constitué d'articles de doctrine rédigés spécialement pour cette publication par des amis, disciples, confrères, du dédicataire pour lui rendre hommage. Attention, les contributions en question sont de véritables articles de doctrine juridique, et non des textes dans lesquels les auteurs racontent leur passé avec le dédicataire, même si quelques lignes y sont en général consacré in limine.

C'est surtout le second type de Mélanges qui, en raison de la nouveauté de son contenu, présente un intérêt tout particulier et ce pour différents motifs :

  • Les articles en question ne sont pas rédigés « sur commande », le rédacteur a beaucoup plus de liberté quant à la thématique traitée.
  • N'ayant pas pour objectif de « coller à l'actualité juridique », les Mélanges sont souvent l'occasion de développer de nouvelles « pistes » sur lesquelles pourrait s'aventurer la matière juridique dans l'avenir.
  • Le temps offert aux auteurs est en général bien plus long qu'à l'accoutumée pour des ouvrages faisant intervenir plusieurs auteurs, qui impliquent souvent une coordination des travaux de chacun. Dans les mélanges, chaque contribution étant indépendante l'une de l'autre, ce problème n'interfère pas et permet de donner davantage de temps à la réflexion personnelle.
  • Les auteurs sont dans la quasi-totalité des cas des juristes reconnus, qui par ailleurs se font fort, par l'objectif d'hommage rendu au dédicataire par leurs lignes, de rendre un travail de recherche juridique de très haute qualité.

Publication[modifier | modifier le code]

L'édition des Mélanges juridiques fait, dans la majorité des cas, appel à une technique de publication qui ne se retrouve pas dans les autres types d'ouvrages juridiques. Cette technique suit deux étapes : la souscription et la publication.

  • La souscription permet de "pré-vendre" l'ouvrage avant même sa publication. L'éditeur propose au public, en général à un tarif réduit, de souscrire à l'ouvrage sur la base d'informations restreintes telles que le dédicataire et la table des matières prévisionnelle. Les souscripteurs ne recevront l'ouvrage qu'une fois mis à la disposition du public mais auront — outre l'avantage de payer un prix moindre — le privilège de figurer sur la liste des souscripteurs figurant en fin d'ouvrage.
  • La publication à proprement parler est la phase de diffusion du Mélange. Cette publication est assez proche de la publication classique des ouvrages juridiques et en suit les mêmes circuits. Néanmoins, les Mélanges sont dans la plupart des cas édités une seule et unique fois. À défaut d'acquisition à la sortie de l'ouvrage, il devient très compliqué de se procurer un livre neuf.

Difficulté d'utilisation[modifier | modifier le code]

La qualité des contributions qui y figurent devrait conduire les étudiants en droit, les universitaires et les professionnels du droit à s'y référer fréquemment. C'est sans compter sur la difficile accessibilité des travaux qu'ils regroupent. Plusieurs problèmes sont à l'origine de cette difficulté.

Tout d'abord, la diffusion restreinte des Mélanges ne facilite pas leur consultation. Moins on trouve un ouvrage, moins on le consulte, fût-il le meilleur. On trouve ici tout l'intérêt du recours aux bibliothèques, universitaires surtout, dont les antennes juridiques se portent souvent acquéreurs et même souscripteurs de ces « pépites » juridiques. Encore faut-il pouvoir savoir dans quelle bibliothèque trouver tel ou tel Mélange. Pour ce faire le site permettant de recenser et localiser les ressources des bibliothèques et centres de documentation de l'enseignement supérieur et de la recherche français est du plus grand secours Système universitaire de documentation.

Ensuite, il faut comprendre que trouver l'ouvrage ne permet pas de trouver la contribution. Chaque Mélange juridique pouvant être considéré comme une publication unique, les éditeurs ne peuvent pas les intégrer à des collections thématiques, par branche juridique. Certains Mélange affichent bien dans leur titre une matière juridique - droit du travail, droit de l'entreprise, droit administratif, finances publiques, ... - mais il n'y a aucune obligation en la matière (le plus souvent il s'agit tout simplement de la matière de prédilection du dédicataire dans laquelle les auteurs vont s'efforcer d'écrire dans l'ouvrage) et force est de constater que l'on trouve de nombreux Mélanges juridiques ne contenant pas cette indication dans leur intitulé. Il est alors tout à fait possible d'y trouver des contributions très variées, chacune touchant un domaine du droit différent des autres. Pas d'autre solution dès lors que de se plonger dans les tables des matières de chaque Mélange, en ayant l'espoir que le titre choisi par chaque auteur soit représentatif du contenu de sa contribution…

Un ouvrage (disponible uniquement en version « papier ») fait référence pour la recherche de contributions à des Mélanges antérieurs à 2000 Bibliographie des Mélanges – Droit, Dupré de Boulois, Xavier, éditions "La Mémoire du droit", 2001, 799 p.). L'existence d'une seule version "papier" rend délicate son utilisation, qui demande un temps d'adaptation.

Signalons que, depuis 2010, un éditeur propose une base de données qui permet de réaliser une recherche par mots-clé, auteur et titre, sur les contributions figurant dans les Mélanges : Editions Helinia - Base de données Mélanges juridiques. L'éditeur annonce plus de 40 000 contributions intégrées à sa base (mais il convient de signaler qu'il indexe des contributions figurant dans des mélanges étrangers - la sélection de la langue de publication est possible lors de la recherche).

En outre, la bibliothèque de l'université Paris 2 dépouille les Mélanges. Il est donc possible d'accéder gratuitement à la liste des contributions en passant par leur catalogue. Attention cependant, les choix d'indexation des contributions ont apparemment été différents : en entrant les mêmes mots dans la recherche par "sujet" pour la base de Paris 2 et par "mots clé" pour la base des Éditions Helinia, les résultats obtenus sont distincts (essai réalisé le 22/07/2017 sur trois recherches différentes : "modification contrat travail" ; "paulienne" ; "jacques vabre"). La recherche par mots-clés sur la base Helinia a donné davantage de résultats que celle réalisée par sujet sur la base de Paris 2[1],[2].

La bibliothèque universitaire de droit de Toulon réalise pour sa part un dépouillement des mélanges uniquement basée sur les titres (elle permet aussi une recherche par dédicataire et par auteur), ce qui peut générer des erreurs de résultats à défaut de possibilité de recherche par expression exacte. Une recherche sur la modification du contrat de travail ("modification contrat travail") donne ainsi parmi les résultats (outre trois bonnes occurrences) une contribution de N. BEAUFILS intitulée "La loi du 26 décembre 2013 : de petits pas pour l’harmonisation des statuts « ouvriers - employés », un grand pas pour le droit de la rupture du contrat de travail – analyse des principales modifications introduites dans la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail" (Mélanges dédiés à Claude Wantiez). Un tel titre s'éloigne manifestement du sujet recherché, et comme les résultats ne sont pas triés par pertinence, cela risque de générer de nombreux "faux positifs" dans une recherche moins précise, conduisant à une perte de temps pour le chercheur. La gestion des articles semble par ailleurs poser des difficultés à cette base : la recherche "modification contrat travail" donne 4 résultats, la recherche "modification du contrat de travail" n'en donne aucun (test rapide réalisé le 22/07/2017)[3].

Comment citer un Mélange[modifier | modifier le code]

Il convient de considérer les contributions figurant dans les Mélanges juridiques comme s'il s'agissait d'un article de revue. Il convient donc de le citer comme tel dans les notes de bas de page et les bibliographies. On indiquera ainsi les nom et prénom de l'auteur de la contribution citée, le titre de sa contribution entre guillemets, le titre du Mélange juridique en italique, son tome (le cas échéant), lieu d'édition : éditeur, l'année d'édition, la ou les page(s) de la contribution citée (extrapolation de la norme bibliographique AFNOR Z 44-005[4]).

Exemple : Haumont Francis, « La notion de trouble de voisinage à la croisée du droit privé et du droit public », in Philosophie du droit et droit économique, Quel dialogue ? - Mélanges en l'honneur de Gérard Farjat, Paris : Frison-Roche, 1999, p. 175.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]