Médecine traditionnelle coréenne

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Un acupuncteur coréen insère une aiguille dans la jambe d'un patient. Collection Wellcome

La médecine traditionnelle coréenne [n 1] est une pratique médicale née et développée en Corée[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La médecine traditionnelle coréenne remonte à la préhistoire, il y a près de 3000 avant JC, comme le montrent des aiguilles de pierre et d' os retrouvées dans la province de Hamgyong du Nord, dans l'actuelle Corée du Nord[2],[3]. À Gojoseon, lieu du mythe fondateur de la Corée, on rapporte l'histoire d'un tigre et d'un ours qui souhaitaient se réincarner sous une forme humaine et qui se nourrissaient d' absinthe et d'ail. Dans le poème historique du Jewang Ungi (제왕운기), écrit à l'époque de Samguk Yusa, l'absinthe et l'ail étaient décrits comme des «médicaments comestibles», ce qui montre que même à l'époque où la médecine incantatoire était dominante, les herbes médicinales étaient utilisées à des fins curatives en Corée. À cette époque, les herbes médicinales étaient utilisées comme traitement curatif pour soulager la douleur ou soigner les blessures, accompagnées des aliments considérés comme bons pour la santé. Par ailleurs, l'absinthe et l'ail ne figurent pas dans l'herboristerie chinoise ancienne, source d'inspiration pour la médecine traditionnelle coréenne, ce qui montre que la médecine coréenne a dès le départ développé des remèdes qui lui sont propre.

À l'époque des Trois Royaumes, la médecine traditionnelle coréenne fut influencée par d'autres médecines comme la médecine traditionnelle chinoise. Sous la dynastie Goryeo, on effectua un recensement plus complet des plantes médicinales ce qui conduisit à la publication de nombreux traités sur le sujet. Les théories médicales de cette époque étaient encore basées sur la médecine de la dynastie Song, mais les prescriptions avaient évoluées conformément à la médecine de la période de Silla, comme on peut le voir dans le traité médical "Prescriptions de premiers soins utilisant des ingrédients indigènes ou Hyangyak Gugeupbang" (향약구급방), publié en 1236. D'autres publications médicales caractérisent cette période, comme le Guide d'introduction à la médecine grand public ou Jejungiphyobang (제중입 효방).

Cette médecine prospéra à l'époque du Joseon. En effet, le premier système de formation des infirmières a été institué sous le roi Taejong (1400-1418), tandis que sous le règne du roi Sejong le Grand (1418-1450) des mesures ont été adoptées pour promouvoir le développement de nombreuses préparations médicales coréens[4]. Ces efforts ont été systématisés puis publiés dans le Hyangyak Jipseongbang (향약 집성방, 1433) qui référençait 703 médicaments d'origine coréenne donnant ainsi un élan décisif pour rompre avec la dépendance à la médecine chinoise[5]. L'encyclopédie médicale : Collection classée des prescriptions médicales (醫 方 類 聚, 의방 유취), rédigée par Kim Ye-mong (金 禮 蒙, 김예몽) et d'autres médecins officiels coréens de 1443 à 1445, compile de nombreux classiques de la médecine traditionnelle chinoise. Elle a été considérée comme l'un des plus grands traités médicaux du XVe siècle. Elle comprenait plus de 50 000 prescriptions et incluait 153 textes coréens et chinois différents y compris les prescriptions concises des médecins royaux (御醫 撮要 方, 어의 촬 요방) écrites par Choi Chong-jun (崔宗峻, 최종준) en 1226. Cette encyclopédie a une valeur de recherche très importante car elle a permis la préservation du contenu de nombreux traités médicaux anciens, coréens et chinois, qui avaient été perdus depuis longtemps[6].

Après cela, de nombreux livres sur les spécialités médicales ont été publiés. Trois médecins de la dynastie Joseon (1392-1910) sont généralement crédités du développement ultérieur de la médecine coréenne traditionnelle - Heo Jun, Saam et Lee Je-ma. Après l'invasion japonaise en 1592, Heo Jun rédigea l'encyclopédie Dongeui Bogam (동의보감). Cette oeuvre, outre l'intégration des apports de la médecine coréenne et chinoise de son temps, a aussi influencé les médecines chinoise, japonaise et vietnamienne.

Le médecin Lee Je-ma (1838-1900) fonde la courant dit : "Sasang" en publiant en 1894 le traité "Principes de préservation de la vie dans la médecine orientale" (ch :東醫壽世保元, cr : 동의수세보원) qui classe les êtres humains selon quatre tempéraments principaux, basés chacun sur une émotion dominante :

  • Tae-Yang (태양, 太陽) ou "à majorité yang" : peine
  • So-Yang (소양, 小陽) ou "à minorité yang" : colère
  • Tae-Eum (태음, 太陰) ou "à majorité Yeum" : joie
  • So-Eum (소음, 小陰) ou "à minorité yeum" : plaisir


Cette typologie n'est pas sans rappeler les thèses de la caractérologie qui se développa en Europe à la même époque.

Les méthodes[modifier | modifier le code]

Phytothérapie[modifier | modifier le code]

Acupuncture[modifier | modifier le code]

Moxibustion[modifier | modifier le code]

Salon mondial de la médecine traditionnelle 2013, Sancheong

Une étude de la collaboration Cochrane relève des preuves limitées de l’efficacité de la moxibustion dans la correction de la présentation du siège des bébés et appelle à faire plus d'essais plus expérimentaux[7]. La moxibustion a également été étudiée pour le traitement de la douleur[8], le cancer[9], les AVC[10], la colite ulcéreuse[11], la constipation[12], et l'hypertension[13]. Des examens systématiques ont révélé que ces études étaient de faible qualité et que les résultats positifs pourraient être dus à des biais de publication[14].

Éducation[modifier | modifier le code]

École supérieure de médecine coréenne[modifier | modifier le code]

Le gouvernement sud-coréen a décidé de créer une école nationale de médecine traditionnelle coréenne pour établir son trésor national sur une base solide après la fermeture cent ans auparavant du premier établissement d'enseignement moderne (l'école de médecine de Dong-Je) par l'invasion japonaise.

En 2008, l'École de médecine coréenne fut créée à l'intérieur de l'Université nationale de Pusan avec les 50 étudiants de premier cycle du campus médical de Yangsan. Le nouvel hôpital médical coréen affilié et le centre de recherche pour les études cliniques sont en construction.

Par rapport aux classiques écoles privées de premier cycle en médecine traditionnelle (6 ans), il s'agit d'une école supérieure au cursus spécial (deux fois 4 ans).

Voir également[modifier | modifier le code]

Remarques[modifier | modifier le code]

  1. Hangul: 한의학 (Hanuihak), Hanja: 韓醫學; or Hangul: 향약 (Hyangyak), Hanja: 鄕藥

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kim, Park et Song, « Self Health Diagnosis System for Korean Traditional Medicine with Enhanced ART2 », Advanced Science and Technology Letters,‎ , p. 16–19 (DOI 10.14257/astl.2013.33.04)
  2. « Acupuncture Stimulated Healing », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  3. Dr. DiLeva, « The Evolution of Acupuncture in Veterinary Medicine » [archive du ] (consulté le 14 septembre 2010)
  4. Korean Medicine: A Holistic Way to Health and Healing By Seoul Selection
  5. (en) Helaine Selin, Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-Western Cultures, Springer Science & Business Media, (ISBN 9789401714167, lire en ligne), p. 506
  6. « Archived copy » [archive du ] (consulté le 13 juillet 2011)
  7. Coyle, Smith et Peat, « Cephalic version by moxibustion for breech presentation », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 5, no 5,‎ , CD003928 (PMID 22592693, DOI 10.1002/14651858.CD003928.pub3)
  8. Lee, Choi, Kang et Lee, « Moxibustion for Treating Pain: A Systematic Review », The American Journal of Chinese Medicine, vol. 38, no 5,‎ , p. 829 (PMID 20821815, DOI 10.1142/S0192415X10008275)
  9. Lee, Choi, Park et Lee, « Moxibustion for cancer care: A systematic review and meta-analysis », BMC Cancer, vol. 10,‎ , p. 130 (PMID 20374659, PMCID 2873382, DOI 10.1186/1471-2407-10-130)
  10. Lee, Shin, Kim et Han, « Moxibustion for Stroke Rehabilitation: Systematic Review », Stroke, vol. 41, no 4,‎ , p. 817 (PMID 20150551, DOI 10.1161/STROKEAHA.109.566851)
  11. Lee, Kim, Lee et Choi, « Moxibustion for ulcerative colitis: A systematic review and meta-analysis », BMC Gastroenterology, vol. 10,‎ , p. 36 (PMID 20374658, PMCID 2864201, DOI 10.1186/1471-230X-10-36)
  12. Lee, Choi, Park et Ernst, « Effects of moxibustion for constipation treatment: A systematic review of randomized controlled trials », Chinese Medicine, vol. 5,‎ , p. 28 (PMID 20687948, PMCID 2922210, DOI 10.1186/1749-8546-5-28)
  13. Kim, Choi, Lee et Lee, « Moxibustion for hypertension: A systematic review », BMC Cardiovascular Disorders, vol. 10,‎ , p. 33 (PMID 20602794, PMCID 2912786, DOI 10.1186/1471-2261-10-33)
  14. Lee, Kang et Ernst, « Does moxibustion work? An overview of systematic reviews », BMC Research Notes, vol. 3,‎ , p. 284 (PMID 21054851, PMCID 2987875, DOI 10.1186/1756-0500-3-284)