Médecin (France)

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Médecin
Secteur d'activité santé
Niveau de formation universitaire

En France, un médecin est un professionnel de santé habilité à exercer la médecine après obtention d'un diplôme d'État de docteur en médecine. Il peut exercer à l’hôpital, avoir une activité libérale ou travailler dans d'autres structures (industrie pharmaceutique, administration, médias…). En France, les médecins sont soumis au code de déontologie médicale, contenu dans le Code de la santé publique.

Le médecin est souvent appelé docteur dans le langage familier, en référence à son titre universitaire  ; le terme toubib, qui désigne un médecin dans le langage familier voire courant dans une partie de la francophonie, vient pour sa part de l'arabe طبيب tabīb, « médecin ».

Accès à la profession[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études de médecine en France.

La principale voie d'accès à la profession est celle des études de médecine suivies en France, qui se concluent par la délivrance du diplôme d'État de docteur en médecine.

Dans le cadre de l'Union européenne, les ressortissants des différents pays de l'Union, dès lors qu'ils sont légalement autorisés à exercer la profession de médecin dans leur pays de résidence, peuvent également l'exercer en France.

Dans tous les autres cas, l'accès à la profession passe par une autorisation individuelle délivrée par le ministère chargé de la Santé, après avis d'une commission. Le nombre maximum de personnes pouvant exercer la médecine dans ce cadre est fixé annuellement ; toutefois les réfugiés et apatrides ne sont pas soumis à cette limite.

Types d’exercice[modifier | modifier le code]

Médecins hospitaliers[modifier | modifier le code]

Le médecin, peinture de 1891 par Samuel Luke Fildes, The Doctor

Plusieurs types de médecins peuvent travailler à l’hôpital, en dehors des internes, étudiants en 3e cycle, et qui ont le droit de prescrire et d'entreprendre des actes thérapeutiques ou diagnostiques.

Personnel permanent[modifier | modifier le code]

  • Les professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH) et maîtres de conférences des universités - praticiens hospitaliers (MCU-PH) sont les enseignants-chercheurs d'une UFR de médecine. Ils assurent la triple mission des CHU, le soin, la recherche, l’enseignement. Ils assurent aussi bien l’enseignement des sciences fondamentales, que des sciences biocliniques ou de la pathologie. Ils accèdent à ces fonctions par des titres universitaires complémentaires au cursus médical (anciennement maîtrise, DEA, doctorat), et le plus souvent après un Clinicat. Les postes d'enseignants de médecine sont directement attribués aux UFR de médecine par l'État, sans passage par les instances de l'université de tutelle (article 32 de la loi Savary, aujourd'hui art. L.713-4 du code de l'éducation).
  • Les praticiens hospitaliers, ou PH, ainsi que les praticiens des hôpitaux à temps partiel, sont recrutés par un concours national et bénéficient d'un statut leur offrant une garantie d'emploi. Ils constituent la charpente du corps médical dans les centres hospitaliers généraux.
  • Les praticiens associés contractuels, ou PAC : il s’agit d’un contrat à durée indéterminée mais de statut hybride, destiné à disparaître[Quand ?]. Le médecin doit dans un premier temps passer un concours national théorique et sur titres. Ce statut est essentiellement destiné à fournir un statut moins précaire aux médecins étrangers mais doit fusionner à terme avec celui de praticien hospitalier.
Rémunération et statut[modifier | modifier le code]

Les médecins hospitaliers sont rémunérés en fonction de leur ancienneté et de leur catégorie, mais jamais en fonction de leur spécialité. Contrairement aux autres membres du personnel de l'hôpital, ils n'ont pas le statut d'agent de la fonction publique hospitalière. Les enseignants-chercheurs hospitaliers sont fonctionnaires de l' État. Les autres ont un statut particulier de praticien hospitalier, proche de celui de la fonction publique. Toutefois, ils s'en distinguent notamment en s'émancipant de la hiérarchie administrative nécessaire à l'indépendance de la profession.

Fonctions particulières[modifier | modifier le code]

Certains praticiens peuvent être nommés chefs de service ou, depuis la réforme de 2005, responsables de pôles : ils sont nommés pour une durée déterminée (cinq ans en règle générale) par la commission médicale d’établissement. Ils n’ont pas de droits particuliers ni de rémunération supérieure. Ils sont chargés d’un certain nombre de tâches administratives, en plus de leur mission de soins. Cela explique une certaine désaffection pour cette fonction, notamment dans les centres hospitaliers non universitaires.

Statuts temporaires[modifier | modifier le code]

  • Les chefs de clinique-assistants, ou CCA : il s’agit d’un contrat à durée déterminée (le plus souvent de deux à quatre ans) dans un service hospitalo-universitaire et suit l’Internat. Le médecin a une activité de soins mais également d’enseignement et/ou de recherche. Le premier contrat est de deux ans, renouvelables deux fois pour un an. On parle de clinicat.
  • Les assistants hospitalo-universitaires, ou AHU : il s’agit de l’équivalent des chefs de clinique-assistants dans les spécialités non-cliniques, comme la radiologie, l’anatomo-pathologie, la biologie médicale, la médecine nucléaire
  • Les praticiens hospitalo-universitaires sont recrutés par un concours national sur titres et travaux. Ils sont à mi-temps soignants et à mi-temps enseignants et/ou chercheurs. Ils ont un contrat de huit ans.
  • Les assistants : il s’agit d’un contrat à durée déterminée (quelques années) et constitue essentiellement un post-internat où le médecin peut parfaire ses connaissances.
  • Les vacataires : ces médecins travaillent par vacations d’une demi-journée. La rémunération est faible et le statut précaire (fin de contrat sans indemnités). Les postes sont occupés soit en attente d’un poste plus stable, soit de manière à conserver une activité hospitalière tout en exerçant une activité libérale (médecin « en ville »). Nombre de médecins libéraux conservent une ou plusieurs vacations hebdomadaires, soit pour utiliser des plateaux techniques ou des appareillages sophistiqués qu'ils ne peuvent acquérir en cabinet, soit pour bénéficier de l'apport formateur que constitue le travail collectif dans un établissement hospitalier.
  • Les faisant fonction d’interne, ou FFI : médecins, le plus souvent diplômés étrangers, qui assument la fonction d’interne dans des services de CHU déficitaires, contre une rémunération faible, et la possibilité d’avoir un diplôme (attestation de formation spécialisée) décerné par une université, qui n’autorise pas l’exercice de la spécialité en France.

Médecins libéraux[modifier | modifier le code]

Il s’agit communément des médecins installés dans un cabinet de consultation.

Convention avec la Sécurité sociale[modifier | modifier le code]

En France, les médecins libéraux sont, par défaut, dits « conventionnés », c’est-à-dire que leurs prestations sont remboursées par la sécurité sociale suivant un tarif fixé. Les médecins « non conventionnés » sont l’exception, leurs honoraires ne sont remboursés qu'à un taux symbolique. Ils sont minoritaires (<9 %)[réf. nécessaire].

Secteurs[modifier | modifier le code]

Ils peuvent être de secteur I avec des honoraires fixés lors d’une négociation avec les caisses d’assurance maladie (il s’agit de la convention).

Le « secteur I avec Droit à Dépassement Permanent » (DP) est un secteur en voie de disparition, qui était réservé uniquement pour les médecins avec qualités particulières (notoriété exceptionnelle, Agrégation). Ces médecins pratiquent des honoraires libres, et les patients sont remboursés sur la base du tarif de la Sécurité Sociale.

Ils peuvent être également de secteur II, c’est-à-dire à honoraires libres, dont une partie est remboursée (tarif sécurité sociale), l'autre partie correspond au dépassement d'honoraires. Le secteur II est accessible aux anciens chefs de clinique des hôpitaux ou anciens assistants des hôpitaux.

Le secteur III correspond au secteur hors convention.

Revenus[modifier | modifier le code]

Le revenu global d'activité des médecins libéraux provient de leurs honoraires, possiblement remboursés en partie ou totalité par l'assurance maladie obligatoire (AMO) suivant leur secteur, desquels sont déduites les charges professionnelles occasionnées par leur exercice (locaux, matériel, personnel) et leurs propres cotisations sociales personnelles (maladie, vieillesse, prévoyance).

À ces revenus d'activité libérale, peuvent s'ajouter des salaires, pour ceux qui ont une activité salariée en parallèle, hospitalière ou non. Ce mode mixte d’exercice concernait en 2005 près de 20 % des omnipraticiens et 42 % des spécialistes ayant une activité libérale[1].

Revenu d’activité moyen des médecins non exclusivement salariés en 2005[1].
Tous praticiens Exercice libéral
exclusif
Exercice mixte (salarié + libéral)
Revenus nets Effectif Revenus nets Revenus nets Part du salaire Effectifs
Spécialistes 111 523 €
9 294 €/mois
46 579 112 476 €
9 373 €/mois
110 229 €
9 186 €/mois
37 % 42 %
Omnipraticiens

(Médecin généraliste)

70 770 €
5 898 €/mois
56 498 69 447 €
5 787 €/mois
76 368 €
6 364 €/mois
24 % 19 %
Ensemble des médecins 89 185 €
7 432 €/mois
103 077 85 358 €
7 113 €/mois
98 266 €
8 189 €/mois
33 % 30 %

Sur la période 2002-2008, les revenus libéraux des médecins ont augmenté en moyenne de 1,0 %/an en euros constants, soit environ 3,0 % en euros courants. La hiérarchie s'est peu modifiée sur la période même si on note une croissance notable des revenus des anesthésistes, ophtalmologues et pneumologues. Seuls les revenus des radiologues ont légèrement décru de 0,4 %/an, par ailleurs au sommet du palmarès, et ceux des dermatologues de 1,0 %[2]. Ces revenus sont augmentés par les possibles revenus salariaux, comme décrit plus haut.

Revenu libéral des médecins par spécialité en 2008 et croissance depuis 2002[2].
Spécialité Revenu net annuel Revenu net mensuel Croissance annuelle moyenne
en euros courants
Croissance annuelle moyenne
en euros constants
Radiologue 216 170 € 18 014 € 1,6 % -0,4 %
Anesthésiste 183 340 € 15 278 € 5,0 % 3,0 %
Ophtalmologue 135 830 € 11 319 € 4,7 % 2,7 %
Chirurgiens 129 560 € 10 796 € 3,1 % 1,1 %
Cardiologue 116 350 € 9 696 € 2,6 % 0,6 %
Stomatologue 112 150 € 9 345 € 2,7 % 0,7 %
Gastro-entérologue 105 610 € 8 801 € 3,5 % 1,5 %
ORL 91 000 € 7 583 € 2,9 % 0,9 %
Gynécologue 86 660 € 7 222 € 2,8 % 0,8 %
Pneumologue 84 080 € 7 007 € 4,3 % 2,3 %
Rhumatologue 79 400 € 6 617 € 3,7 % 1,7 %
Omnipraticien

(Médecin généraliste)

71 690 € 5 974 € 2,6 % 0,6 %
Pédiatre 69 950 € 5 829 € 2,8 % 0,8 %
Dermatologue 62 680 € 5 223 € 1,0 % -1,0 %
Psychiatre 61 960 € 5 140 € 1,5 % 0,5 %
Ensemble 92 540 € 7 712 € 3,0 % 1,0 %

Pratique de groupe[modifier | modifier le code]

Les médecins libéraux peuvent pratiquer en groupe suivant plusieurs modalités :

Quelle que soit la modalité, la relation médecin/malade reste fixe (séparation des patientèles) et l'indépendance professionnelle doit être préservée. Dans les deux premiers cas, le partage d'honoraires est interdit, dans le troisième, il est obligatoire suivant une répartition fixée par la loi.

Médecins fonctionnaires[modifier | modifier le code]

Il existe aussi des médecins dans la fonction publique, en dehors des enseignants-chercheurs praticiens hospitaliers. Ils sont généralement recrutés par concours réservés aux titulaires du diplôme d'État de docteur en médecine. Ils disposent de garanties statutaires spécifiques destinées à préserver l'autonomie de l'exercice de la profession ainsi que le secret médical.

On trouve notamment parmi eux :

  • les médecins territoriaux (décret 92-851 du 28 août 1992) ;
  • les médecins inspecteurs de la santé publique (décret no 91-1025 du 7 octobre 1991) ;
  • les médecins de l'Éducation nationale, appelés médecins scolaires lorsqu'ils exercent la médecine préventive à l'égard des élèves.

Les médecins fonctionnaires sont souvent conduits à suivre une période de formation à l'École des hautes études en santé publique (EHESP).

Médecins militaires[modifier | modifier le code]

Les médecins militaires sont des officiers soumis au statut général des militaires français et au décret no 2008-933 du 12 septembre 2008 portant statut particulier des praticiens des armées. Ils suivent la même formation que les médecins civils (diplôme d'État de docteur en médecine) et sont soumis à des règles de déontologie propres aux praticiens des armées (décret no 2008-967 du 16 septembre 2008). Ils exercent au sein du Service de santé des armées (SSA).

Médecins du travail[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine du travail.

Ils sont salariés soit d'un groupement à compétence géographique (très souvent départemental) ou à compétence professionnelle (BTP par exemple) soit d'une grande entreprise. Ils doivent s’assurer des conditions de travail et de salubrité, de la sécurité et du maintien en bonne santé des salariés.

Autres types d’exercices[modifier | modifier le code]

Spécialités et compétences[modifier | modifier le code]

Une notion centrale à retenir est l'omnivalence du titre de docteur en médecine. Un médecin ne peut en aucun cas être poursuivi pour exercice illégal de la médecine (sauf s’il n’est pas correctement inscrit au tableau de l’Ordre ou s’il a été interdit ou suspendu d’exercice) mais pour incompétence.

Ainsi, un généraliste peut pratiquer un acte chirurgical en condition d’absolue nécessité.

À l’opposé, les orientations ou modes d’exercices particuliers de la médecine générale n’exigent pas de diplômes spécifiques.

Spécialités[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études de médecine en France.

Un médecin spécialiste peut exercer en milieu hospitalier ou en libéral.

Il a validé une spécialité médicale au cours d’un cursus d’au moins quatre ans, et a reçu le diplôme d'études spécialisées (DES).

Certains spécialistes n’ont pas été internes, mais ont passé un Certificat d’études spécialisées, formation complémentaire universitaire de qualité inégale. Les internes de cette époques ne recevaient pas de diplôme spécifique mais jouissaient du droit d’afficher leur ancienne qualité sur leur plaque.

Les étudiants en médecine de 6e année (DCEM4) de l’année 2004 ont passé les premières épreuves classantes nationales (ECN). La médecine générale est devenue une spécialité comme une autre, ayant son DES obtenu en 3 ans (total 9 ans d’études après le baccalauréat).

Compétences[modifier | modifier le code]

Un médecin peut acquérir également certaines compétences en validant en un an (parfois plusieurs) un diplôme d'Université (DU) ou un diplôme inter-universitaire (DIU). Il existe de nombreux enseignements de ce type (médecine du sport, acupuncture…), mais la possession de ce diplôme n’est pour l’instant nullement nécessaire pour effectuer les actes correspondant (par exemple, un échocardiographiste n’a pas besoin du diplôme d’échocardiographie pour en pratiquer). Les DU et DIU sont parfois reconnus par l'Ordre des médecins.

Capacités[modifier | modifier le code]

Les capacités sont des diplômes qui confèrent au médecin omnipraticien les compétences pour exercer avec un mode spécifique :

Démographie médicale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie médicale.

En France, en 2004, il existe un peu plus de 208 887 médecins actifs, à comparer contre 112 000 en 1979.

Leur répartition est cependant géographiquement très inégale : globalement, déficit dans les villes non universitaires du centre et du nord de la France.

Il existe une féminisation certaine de la profession, la proportion de ces dernières atteignant 57 % pour les moins de 34 ans, qui pose problèmes. En effet, une étude du CREDOC, citée dans un rapport de l'ordre des infirmiers de 2005, a montré que « les femmes tendent à vouloir moins travailler, et ne pas s’installer dans les zones désertifiées », notamment du fait que, toujours selon le rapport, « La femme doit mener une triple vie : épouse, mère et médecin. La carrière de la femme est plus souvent dictée par des contraintes externes (les enfants, la carrière du conjoint)[3]. » Cela se traduit par un abandon par les nouveaux médecin du secteur libéral au profit du salariat, amplifiant par cela la désertification de certaines régions[3].

Ces statistiques reflètent la situation au 1er janvier 2004 (statistiques de l'Ordre des médecins, disponibles sur le site de l'ordre, cf. infra).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] Ketty Attal-Toubert, Hélène Fréchou et François Guillaumat-Tailliet, « Le revenu global d’activité des médecins ayant une activité libérale », sur INSEE,‎ 2009 (consulté le 5 novembre 2012)
  2. a et b Anne-Marie Brocas, « Les revenus libéraux des médecins en 2007 et 2008 » [PDF], sur DREES,‎ juillet 2009 (consulté le 9 novembre 2012)
  3. a et b http://www.web.ordre.medecin.fr/rapport/feminisation2005.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]