Mères de Tiananmen

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Les mères de Tiananmen est constitué d'un groupe de 128 mères d'étudiants disparus à Pékin en 1989 demandant au gouvernement de la République populaire de Chine la vérité sur le sort qui leur fut réservé ainsi qu'un changement d'attitude sur les manifestations de la place Tian'anmen.

Présentation[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est comparable à celui des mères de la place de Mai en Argentine. Liu Xiaobo, prix nobel de la paix 2010, aurait souhaité que le comité récompense Xu Jue, une des membres les plus connues de l'association[1]. Xu Jue évoque les Pékinois qui « se jetaient sur les tanks », elle retrouva le corps de son fils, Wu Xiangdong, le 4 juin, vers 17 heures dans un hôpital de Fuxing[2]. Selon elle, son fils « a reçu une balle au niveau de l’épaule et s’est vidé de son sang pendant plusieurs heures. L’armée populaire de libération avait pour ordre d’empêcher les médecins de soigner les blessés »[3].

Autre figure de ce groupe Zhang Xianling « accuse les autorités d’avoir caché la vérité » concernant les événements du 4 juin 1989. Zhang Xianling émet trois demandes : une enquête sur les évènements, la publication de la liste des personnes décédées, et enfin la définition des responsabilités politiques[4].

Lors du 21ème anniversaire des évènements, en 2010, quelques femmes se sont réunies pour un hommage à leur enfants victimes lors des manifectations du 4 juin. Elles réclamaient la « vérité sur ces événements ». Dans un communiqué, elles demandent au gouvernement de lever le voile sur ces événements et de reconnaître le nombre des victimes[5].

En 2010, les Mères de Tiananmen réclament la libération du prix Nobel Liu Xiaobo, condamné à 11 ans de prison pour subversion et de sa femme Liu Xia assignée à résidence depuis l'octroi de ce prix à l'écrivain chinois[6],[7].

En 2011, des membres de ce groupe auraient été contactés afin de recevoir des propositions de  compensations financières  mais « les visiteurs n’ont pas parlé de rendre publique la vérité poursuivent les signataires, ni même d’une enquête judiciaire. Ils ont uniquement soulevés la question du combien voulez-vous ?  »[8]. Toutefois un journaliste du Guardian, quotidien d’information britannique, rapporte qu'une famille aurait été approchée en 2005 afin de recevoir une compensation financière et aurait alors accepté 70 000 yuans[9].

Les mères de Tiananmen considèrent que « Pékin redoute que la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord s'étende à la Chine et qu'elle donne naissance à des événements similaires au mouvement de 1989 pour la démocratie »[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Liu Xia : « Je veux me rendre à Oslo » », Mediapart,‎ 12 octobre 2010 (lire en ligne)
  2. Michael Sztanke, Il y a dix-huit ans, Tiananmen : le témoignage d'une mère Rue89, 3 juin 2007
  3. Hélène Duvigneau, Xu Jue et Zhang Xianling, mères Courage de Tiananmen Télérama.fr, 4 juin 2009
  4. Hélène Duvigneau, Les Mères de Tiananmen : « La vérité sur la mort de nos fils » Rue89,
  5. Marc Lebeaupin, Tiananmen : les familles des victimes réclament la fin du silence RFI, 5 juin 2010
  6. Chine: dissidents disparus après le Nobel de Liu Xiaobo RTBF info, 18 octobre 2010
  7. AFP, Chine : les anciens de Tienanmen dénoncent une répression post-Nobel Le Point, 18 octobre 2010
  8. Stéphane Lagarde, Les « mères de Tiananmen » commémorent les 22 ans du massacre sur fond de révoltes arabes RFI, 31 mai 2011
  9. Jonathan Watts, China tried to pay off Tiananmen Square family, activists claim The Guardian, 31 mai 2011
  10. Reuters, Arthur Tsang JIR/LCY, Tiananmen: une offre d'indemnisation mais pas d'excuses L'Express, 1 juin 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Internet video[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres

  • Carrabine, Eamon; Cox, Pamela; Lee, Maggy; South, Nigel & Plummer, Ken (2009). "Victim movements - examples from around the world" in Criminology: A Sociological Introduction. Taylor & Francis. ISBN 978-0415464505.
  • Goldman, Merle. (2005). From Comrade to Citizen: The Struggle for Political Rights in China. Harvard University Press. ISBN 978-0674018907.
  • Peerenboom, Randall. (2007). China modernizes: threat to the West or model for the rest? Oxford University Press. ISBN 978-0199208340.
  • Stichele, Caroline & Penner, Todd. (2005). Her Master's Tools?: Feminist and Postcolonial Engagements of Historical-critical Discourse. Society of Biblical Literature. ISBN 978-1589831193.
  • Tai, Zixue. (2006). The Internet in China: Cyberspace and Civil Society. CRC Press. ISBN 978-0415976558.

Rapports d'actualité

Liens externes[modifier | modifier le code]