Mèche de cheveux

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Mèche de cheveux réputée ayant appartenu au roi George III.
Médaillon contenant des mèches de cheveux et orné des initiales entremêlées de l'épouse du second marquis d'Exeter et de son fils Aldebert (A l'ère victorienne, il était de coutume dans les familles riches d'ainsi préserver quelques souvenirs physiques d'être chers ou de membres de la famille).

Une mèche est un groupe de cheveux qui ressortent ensemble de la coiffure d'une personne. Celle-ci peut être volontaire ou non. On appelle « épi » une mèche de cheveux rebelle, par analogie avec l'épi en botanique.

Dans le domaine de la coiffure[modifier | modifier le code]

De nombreuses coiffures s'obtiennent en travaillant les cheveux mèche par mèche (exemple : le brûlage, la permanente…)

On appelle extension capillaire de fausses mèches plus longues que la chevelure ajoutées à la coiffure.

Utilisations posthumes[modifier | modifier le code]

Le cheveu a dans de nombreuses civilisations eu une valeur symbolique voire magique.

Ainsi chez les Mérovingiens « Le Burgonde qui adopte un esclave lui coupe une mèche de cheveux ; rite d'une puissance exceptionnelle puisque nous voyons que les lois obligent le particulier qui a pratiqué la capillatio sur un esclave qu'il savait appartenir à un autre maître, uniquement à restituer le prix de l'esclave et non l'esclave lui-même, tant cette pratique magique équivalait à une prise de possession définitive[1]. »
Dans les îles de Célèbes jusqu'au début du XXe siècle au moins, un fugitif ayant pu se réfugier dans une hutte dont le maître de maison accepte de lui couper une mèche de ses cheveux y trouve « un asile inviolable »[2].
Un Germain adolescent pouvait se faire protéger par un patron en lui offrant sa chevelure, ce qui fit Pépin pour être adopté par Liutprand, roi des Lombards[3]
Chez les Francs, le cheveu était l'un des ingrédients de potions magiques ; ainsi « une novice tourmentée par un démon n'est guérie qu'après avoir bu un breuvage préparé avec des cheveux de l'abbesse bouillis dans l'eau »[4].

Une mèche de cheveux de quelqu'un peut servir de souvenir ou d'amulette.

Les cheveux comme les ongles étaient autrefois support de magie noire ou de voyance[5]

Le cheveu accumulant certains toxiques, médicaments, drogues[6] ou polluants environnementaux (mercure par exemple), qui peuvent être analysés[7] longtemps après la coupe du cheveu ou la mort de la personne, une mèche de cheveux peut à titre posthume éventuellement présenter un intérêt toxicologique, en santé environnementale et/ou en termes de médecine légale. On a ainsi pu montrer que Napoléon Bonaparte a été empoisonné avec de l'arsenic[8]. La mèche de cheveux peut ainsi prendre une valeur juridique et de preuve[9], y compris dans certaines affaires ou suspicion de dopage sportif[10]

Exemples de coiffures à mèche(s)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Hoyoux (1948), « Reges criniti : Chevelures, tonsures et scalps chez les Mérovingiens », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 26 n° 3, p. 479-508, citant Leges Burgundionum. Liber constitutionum, VI, 4, éd. L. R. De Salis dans M. G. H., Legum sectio I, Leges Nationum German. II, 1, p. 47 : Quicumque ingenuo aut servo fugienti nesciens capillum fecerit, V solidos perdat : si sciens capillum fecerit, fugitivi pretium cogatur exsolvere
  2. Frazer (J. G.). Folklore in the Old Testament. Studies in comparative religion legend and law. London, 1919, 8°, t. III p. 266-67 (cité par Jean Hoyoux (1948), p. 494)
  3. Pauli Historia Langobardorum, VI, 53, éd. Waitz dans M.G.H., Script., p. 237 (série in usum scholarum) : Circa haec tempora Carolus princeps Francorum Pipinum suum filium ad Liutprandam direxit, ut eius iuxta morem capillum susciperet. Qui eius caesarien incidens ei pater effectus est multisque eum ditatum regiis muneribus genitori remisit. — Sur le rite de l'adoption voir également Brunner (H.). Deutsche Rechtsgeschichte. Leipzig, 1906, t. I, p. 104(cité par Jean Hoyoux (1948), p. 494).
  4. Vita Rusticulae sive Marciae abbatissae Arelatensis 19, éd. Krusch(cité par Jean Hoyoux (1948), p. 494).
  5. Méheust B (2003) Un voyant prodigieux, Alexis Didier, Les Empêcheurs de penser en rond/Le Seuil, Paris (« À partir d'un objet ayant appartenu à une personne, il raconte l'histoire de cette personne, et descend dans des détails biographiques d'une précision inouïe. Il pratique le diagnostic médical, même à distance, à partir d'une mèche de cheveux (...) »).
  6. Kintz, P., Villain, M., & Cirimele, V. (2006). « Dépistage des conduites addictives. Intérêt de l'analyse des cheveux », Spectra biologie, 150, 33.
  7. Goullé, J. P., Mahieu, L., Bonneau, L., Laine, G., Bouige, D., & Lacroix, C. (2005), « Validation d'une technique de dosage multiélémentaire des métaux et métalloïdes dans les cheveux par ICP-MS. Valeurs de référence chez 45 témoins », Annales de Toxicologie Analytique, vol. 17, n° 2, p. 97-102). EDP Sciences.
  8. Kintz, P., Goullé, J. P., Fornes, P., & Ludes, B. (2001). « Une nouvelle série d'analyse des cheveux de Napoléon confirme une exposition chronique à l'arsenic », Ann. Toxicol. Anal., 13(4), 243-246.
  9. Kintz, P., Villain, M., Cirimele, V., Janey, C., & Ludes, B. (2003). « Décret no 2003-293 du 31 mars 2003. Restitution de permis de conduire à partir d'analyses de cheveux », Annales de Toxicologie Analytique, Vol. 15, n° 2, p. 117-122). EDP Sciences.
  10. Cirimele, V., Kintz, P., & Ludes, B. (2000). « Apport des cheveux dans la lutte contre le dopage ». Journal de médecine légale droit médical, 43(3), 187-191 (résumé).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florence Dini, Tissage, mode d'emploi, Guy Tredaniel, 2013