M'Hamid El Ghizlane

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M'Hamid El Ghizlane
M'Hamid El Ghizlane
Ancien quartier de M'Hamid El Ghizlane
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Drâa-Tafilalet
Province Zagora
Code postal 47402
Code géographique 587.09.23
Démographie
Population 7 764 hab. (2004)
Géographie
Coordonnées 29° 43′ 58″ nord, 5° 57′ 25″ ouest
Altitude 513 m
Localisation

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M'Hamid El Ghizlane

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M'Hamid El Ghizlane
Oasis de M'hamid
Erg Chegaga dans la région de M'hamid le plus grand du Maroc
Pont sur l'Oued Draa à l'entrée de M'hamid

M'Hamid El Ghizlane (en berbère : ⵜⴰⵔⴳⴰⵍⴰ Targala, en arabe : امحاميد الغزلان M'Hamid El Ghizlane), anciennement nommée Targala [1] et par erreur médiatique taragalt, est une commune rurale marocaine de la province de Zagora, dans la région de Drâa-Tafilalet, située à la lisière du Sahara, sur les confins algéro-marocains.

Son territoire, qui était autrefois une étape dans le commerce transsaharien, est devenu une zone touristique, notamment le point de départ d'excursions dans le désert, en particulier vers les dunes de l'erg Chegaga.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de M'Hamid El Ghizlane se trouve au sud de la province de Zagora et au sud-est de la région de Souss-Massa-Draa[2], le long de la vallée de l'oued Draa, à l'extrémité de la N9 en venant de Zagora (94 km), le chef-lieu de sa province, via Tamegroute (78 km) et Fezouata (68 km)[3].

Elle est bordée :

  • au nord, par la commune rurale de Tagounite, également dans la province de Zagora[2] ;
  • au sud, par l'Algérie.

Elle fait partie d'une aire de nomadisme[4] et abrite, à une altitude d'environ 500 m[1], une oasis, avec une palmeraie s'étendant jusqu'à l'oued Draa, qui sépare les villages (ou quartiers) de M'Hamid Bali (M'Hamid l'ancienne) et M'Hamid Jdid (M'Hamid la nouvelle)[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom signifierait « la plaine des gazelles » et serait lié à la présence, autrefois, de gazelles dans cette zone[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon les derniers recensements, de 1994 à 2004, la population de M'Hamid El Ghizlane a connu une baisse de 8,74 %, passant de 8 508 à 7 764 habitants[7].

M'Hamid se trouve dans la vallée du Drâa, une ancienne route caravanière entre le Sahara et le nord du Maroc qui a attiré des populations de différents horizons et a donc connu un brassage ethnique considérable résultant en une structure socio-ethnique très diversifiée et très hiérarchisée[8] ː

  • les Draouas (population noire), supposés être les autochtones
  • les Arabes venus du Sahara
  • les tribus venues du nord (Aït Sedrate)
  • les anciens nomades membres de la confédération berbère Aït Atta
  • les communautés à caractère sacro-saint (Chorfas et Morabitines)
  • les Juifs

Histoire[modifier | modifier le code]

La tribu de Aarib

tribus bédouines nomades du Yémen.

Les Arabes ont colonisé la région du Moyen Drâa au milieu du XIe siècle. Avec eux, les tribus bédouines nomades, de YEMEN, ont commencé à opérer sur les vastes étendues sahariennes, de l'Égypte au Maroc et en Mauritanie par la Libye, le Soudan, le Niger, l'Algérie et le Mali

La naissance de la confédération tribale nomade Aarib. Très vite, pour faire face à l'insécurité qui règne, ils se sont organisés en confédérations tribales. Né de ces alliances, la tribu de Aarib, fortement implantée dans la région du Moyen-Drâa et fonda le village de Mhamid au XVIe siècle sous la dynastie Saadienne. Ce village est devenu un carrefour très important caravanier entre Marrakech, Tindouf et Tombouctou. La plupart du temps, il y avait des dates, henna, les amandes et les olives, mais aussi de l'or et des esclaves du Soudan. Il y a aussi une trace de Aarib au Mali en Taoudenni et TOMBOUCTOU au XVIIIe siècle et en Algérie dans la région IGHIDI au XIXe siècle.

La langue des Sahraouis.

La langue sahraouie est Hassaniya, dérivé de l'arabe ancien. Très différent de berbère, elle contribue à la cohésion des groupes ethniques. En effet, la majorité des membres des tribus nomades sont analphabètes et le taux de scolarisation reste très faible. langue parlée est sa précision sémantique[pas clair] et est donc un élément essentiel pour la communication et à la survie des traditions. La méthode ancestrale du « téléphone arabe » est une illustration. Elle est utilisée quotidiennement et montre son efficacité dans l'organisation sociale et politique. Les messages oraux sont véhiculés par les bergers, caravaniers, ou d'autres voyageurs du désert. L'information circule de campement à Campement dans des périodes de temps assez court et les réponses ou les réponses aux messages sont renvoyés de la même manière. La tribu peut ainsi maintenir des relations permanentes avec ses membres.

La sédentarisation et la baisse des ressources. Mais les changements géopolitiques du XXe siècle ont profondément changé la vie et les traditions ancestrales. L'avènement des frontières avec l'Algérie et de la Mauritanie et l'indépendance du Maroc en 1956 ont définitivement mis fin au commerce caravanier et la transhumance des troupeaux, condamnant les nomades à la sédentarisation. La sécheresse et la construction du barrage au sommet de la vallée près de Ouarzazate ont contribué à isoler et déshériter un peu plus cette région.

L'organisation sociale et politique des Aarib.

À l'heure actuelle AARIBs restent la plupart du temps au Maroc, dans la région du Moyen-Drâa entre Zagora et Me Hamid et dans la zone du Sahara occidental, ainsi qu'au Mali. Avec 15 000 membres, ou 1 500 tentes, la confédération est divisée en deux grands groupes, « GRADBA » et « N'AMNA », se subdivisent en quatre tribus chacune.

Le groupe GRADBA comprend les tribus

Oulad BOUDEN,

oïrat,

AlZyoud,

M'Rabtine.

Le groupe comprend les tribus N'AMNA

Lgoissem,

Nouaji,

Lbadein,

Oulad Rezeg.

Le chef de la confédération nomade Aarib, appelé CHEIKH, se trouve à Me Hamid, la dernière ville avant le désert. a des représentants sur le grand conseil, appelé M'EKADAM Chacune des 8 tribus. Ceux-ci sont consultés pour chaque décision particulièrement importante. Les votes sont prises à l'unanimité et non par la majorité. Mais les tribus elles-mêmes sont organisées socialement et politiquement dans une communauté structurée et fondamentalement démocratique. Les unités communautaires les plus petites sont les familles, souvent nombreuses et ramifiées. Plusieurs familles peuvent déjà former une fraction et envoyer alternativement de vote des délégués aux réunions. Chaque tribu comprend donc très nombreuses fractions représentatives.

La culture sahraouie - Les identités ethniques et tribales du Draa


Administration et politique[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'administration territoriale marocaine, la commune de M'Hamid El Ghizlane est une collectivité territoriale de la province de Zagora, dans la région de Draa Tafilalte. Dans celui de la déconcentration, en dessous de sa province, elle dépend également du caïdat de M'Hamid, lui-même rattaché au cercle de Zagora[9].

Elle dispose d'un centre de santé communal avec unité d'accouchement (CSCA)[9].

Les villages de Bounnou et de Zaouïat Moulay Mbark ont été électrifiés en 1999[10].

Économie[modifier | modifier le code]

La culture de céréales et l'horticulture sont pratiquées au sein de jardins mixtes, dans la palmeraie, à 500 m d'altitude, s’étendant sur 16 km de long et 2 700 km2[6].

Parallèlement, il existe une activité touristique : M'Hamid El Ghizlane est le point de départ d'excursions vers l'erg Lehoudi, à 12 km au nord, atteignable par la route, et vers l'erg Chegaga au sud, à presque 60 km, atteignable par des pistes, à pieds (trek), à dromadaire ou en 4X4[5]. Les visiteurs ont à leur disposition, en matière d'hébergement, des hôtels de différentes catégories, des riads, des maisons d'hôtes ou le bivouac[6].

L'essentiel de l'animation (cafés-restaurants, petits hôtels, boutiques d’artisanat et souk du lundi) se déroule dans le village de M'Hamid Jdid[6].

Patrimoine et culture[modifier | modifier le code]

Chaque année, depuis 2003, se déroule à M'Hamid El Ghizlane le Festival international des nomades (mars)[11]. Depuis 2009, le festival « Taragalte, Sahara et Culture » s'y tient également (novembre)[12]. Ces manifestations sont liées à l'ancienne situation de carrefour culturel de M'Hamid El Ghizlane, qui accueillait des nomades.

La localité de M'Hamid Bali renferme des habitations en pisé et une importante kasbah.

Monuments ː

  • Le ksar Ksebt el-Allouj, (village fortifié) datant de l’époque saadienne à la fin du XVIe siècle, et qui aurait été un ancien "poste de douane" où arrivait l'or en poudre venant du Soudan[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Ahmed El Bouzidi, Histoire sociale du Draa ( du 17e au 20e siècle, page 70
  1. a et b « M'Hamid El Ghizlane », sur www.geonames.org (consulté le 25 février 2012)
  2. a et b « Carte de la pauvreté du Royaume > Souss-Massa-Draa > Zagora », sur www.tanmia.ma (consulté le 25 février 2012)
  3. « Calcul d'itinéraires », sur www.viamichelin.fr (consulté le 25 février 2012)
  4. « Décret n° 2-08-736 du 2 moharrem 1430 (30 décembre 2008) fixant la liste des communes situées dans des aires de nomadisme », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5696,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « M'Hamid : Aux prémices du désert », sur www.sud-maroc.com (consulté le 25 février 2012)
  6. a b c et d « Présentation de M'Hamid El Ghizlane », Festival international des nomages (consulté le 25 février 2012)
  7. [PDF] Haut-commissariat au Plan, Recensement général de la population et de l'habitat de 2004 : Population légale du Maroc, 68 p. (lire en ligne), p. 67
  8. Mohamed Aït Hamza, B. El Faskaoui et Alfons Fermin, « Les oasis du Drâa au Maroc », Hommes & migrations, no 1284,‎ , p. 56-69 (lire en ligne, consulté le 6 août 2018).
  9. a et b [PDF] « Offre de soins dans la province de Zagora (p. 3) », sur www.sante.gov.ma, (consulté le 25 février 2012)
  10. « Liste des villages mis sous tension à fin avril 2010 - Province : Zagora », sur www.one.org.ma (consulté le 24 février 2012)
  11. « Festival international des nomades », sur www.nomadsfestival.com (consulté le 25 février 2012)
  12. Fatima-Ezzahra Saâdane, « M'hamid El Ghizlane renoue avec son passé », Les Échos,‎ (lire en ligne)