Lymphœdème chronique progressif

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Pattes à jus

Lymphœdème chronique progressif
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Lymphœdème chronique progressif chez un étalon breton de 12 ans

Traitement
Spécialité Médecine équineVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le lymphœdème chronique progressif (abrégé LCP, familièrement dit « pattes à jus ») est une maladie des membres du cheval de trait, au cours de laquelle les membres gonflent progressivement. Il n'existe aucun remède, la seule possibilité d'intervention consistant à ralentir la progression de la maladie et traiter ses signes cliniques. Les causes du lymphœdème chronique progressif restent inconnues, bien que des causes génétiques affectant le métabolisme de l'élastine et empêchant les vaisseaux lymphatiques de fonctionner correctement, entraînant un œdème des membres inférieurs, soient suggérées.

Le LCP est très similaire à l'éléphantiasis chez l'être humain.

Description[modifier | modifier le code]

Membres postérieurs d'un étalon breton de 12 ans avec lymphœdème chronique progressif.

Le LCP est une maladie évolutive caractérisée par un gonflement progressif des membres du cheval[1], qui débute au niveau du boulet, et remonte progressivement vers le haut des membres[2]. Les premiers signes comprennent l’épaississement, la formation de croûtes et le plissement de la peau[3]. Ces premiers signes peuvent être cachés par les longs fanons (poils) situés sur la partie inférieure des jambes du cheval de trait[4]. Les quatre membres du cheval sont affectés, mais les membres postérieurs le sont généralement plus sévèrement que les membres antérieurs[4]. Les signes cliniques incluent un gonflement progressif, une hyperkératose et une fibrose distale des membres, similaire au lymphoedème chronique (elephantiasis nostras) chez l'être humain[5],[6]. Les zones touchées provoquent des démangeaisons, ce qui pousse le cheval à taper du pied et à se frotter les jambes, qui sont douloureuses, de sorte que le cheval peut hésiter à se les laisser toucher[6]. Au fur et à mesure que le LCP progresse, des ulcères se développent sur les paturons, et la fibrose conduit à un durcissement de la peau et à la formation de nodules pouvant atteindre la taille d'une balle de baseball[4]. Les infections secondaires par des microbes ou des acariens entraînent généralement des complications[4]. Les infestations dues à l'acarien Chorioptes equi provoquent de fortes démangeaisons et conduisent à des traumatismes et à des dermatites[4].

La qualité du sabot est souvent pauvre ; les sabots sont sujets aux craquements, aux fissures, au développement du muguet et d’abcès[6]. Ces chevaux peuvent développer une fourbure[1]. Les châtaignes et les ergots sont souvent difformes et irréguliers[6].

Causes[modifier | modifier le code]

La maladie est probablement causé par un dysfonctionnement du système lymphatique et un système immunitaire affaibli. Il y a probablement une composante génétique, affectant le métabolisme de l'élastine et empêchant les vaisseaux lymphatiques de fonctionner correctement, entraînant par conséquent un œdème des membres inférieurs[7].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Cette maladie a été identifiée chez les races du Shire, du Clydesdale, du Trait belge, du Frison et du Cob Gypsy[2]. Les signes apparaissent généralement chez les chevaux après deux ans[2]. Les deux sexes sont touchés[4].

Traitement et soins[modifier | modifier le code]

Albion, cheval de race Shire dont les fanons ont été rasés pour permettre les soins du LCP

Il n'existe aucun remède au LCP[1], le seul traitement consiste à tenter de réduire sa progression, et à soigner les signes cliniques tels que les démangeaisons[2]. Ces soins demandent une attention quotidienne pour prévenir toute infection de la peau[6]. La première étape consiste à raser les fanons du bas de la jambe, afin de s'assurer qu'aucune zone touchée ne soit oubliée, et de permettre l'application de traitements directement sur la peau affectée[6]. Les infections bactériennes peuvent être traitées en lavant et en séchant la peau en douceur[2]. Des traitements topiques sont nécessaires pour traiter la gale chorioptique (causée par l’acarien Chorioptes equi), car les acariens ne sont pas vulnérables aux traitements oraux ou systémiques quand ils se trouvent dans les croûtes de la peau[2]. Un exercice quotidien aide à l'écoulement de la lymphe[6]. La thérapie décongestive combinée consiste en un massage de la jambe pour déplacer la lymphe, suivi d'un bandage de compression spécialisé qui crée un gradient de pression vers le haut de la jambe[6]. Si le sabot est de mauvaise qualité, il est nécessaire de les tailler régulièrement pour les garder en bonne santé[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Affolter 2015, p. 521-524.
  2. a b c d e et f de Keyser, Janssens et Buys 2015, p. 260-266.
  3. Mair et Divers 2016, p. 232.
  4. a b c d e et f Scott et Miller 2011, p. 431-433.
  5. (en) « Chronic Progressive Lymphedema (CPL) in Draft Horses », University of California, Davis (consulté le ).
  6. a b c d e f g h et i Affolter 2013, p. 589–605.
  7. Miller et Gal 2017, p. 604.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Affolter 2013] (en) Verena K. Affolter, « Chronic progressive lymphedema in draft horses », The Veterinary clinics of North America. Equine practice, vol. 29, no 3,‎ , p. 589–605 (PMID 24267677, DOI 10.1016/j.cveq.2013.08.007)
  • [Affolter 2015] (en) Verena K. Affolter, « Chapter 24. Draft horse lymphedema », dans Robinson's Current Therapy in Equine Medicine, W B Saunders Co., , 7e éd., 521–524 p. (ISBN 978-1-4557-4555-5)
  • [de Keyser, Janssens et Buys 2015] (en) K. de Keyser, S. Janssens et N. Buys, « Chronic progressive lymphoedema in draught horses », Equine Veterinary Journal, vol. 47, no 3,‎ , p. 260–6 (PMID 24593274, DOI 10.1111/evj.12256.)
  • [Mair et Divers 2016] (en) Tim S. Mair et Thomas J. Divers, Self-Assessment Color Review Equine Internal Medicine, CRC Press, , 2e éd., 399 p. (ISBN 978-1-4822-2537-2, lire en ligne), « Answers. Case 76 », p. 232
  • [Miller et Gal 2017] (en) Lisa M. Miller et Arnon Gal, « Chapter 10. Cardiovascular system and lymphatic vessels. Disorders of horses. Chronic progressive lymphedema in draft horses », dans Pathologic basis of veterinary disease, Elsevier, , 6e éd. (ISBN 978-0-323-35775-3), p. 604
  • [Scott et Miller 2011] (en) Danny W. Scott et William H., Jr. Miller, « Chronic progressive lymphedema », dans Equine dermatology, Maryland Heights, Missouri, Elsevier/Saunders, , 2e éd., 431-433 p. (ISBN 9781437709216)