Luzillé

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Luzillé
Luzillé
L'église Sainte-Luce.
Blason de Luzillé
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Loches
Canton Bléré
Intercommunalité CC de Bléré Val de Cher
Maire
Mandat
Jacky Gauvin
2014-2020
Code postal 37150
Code commune 37141
Démographie
Gentilé Luzillois
Population
municipale
983 hab. (2016 en augmentation de 10,2 % par rapport à 2011)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 15′ 47″ nord, 1° 03′ 41″ est
Altitude Min. 68 m
Max. 132 m
Superficie 40,68 km2
Localisation

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Liens
Site web luzille.fr

Luzillé (prononcé /ly.zi.je) est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

L'occupation humaine et durable de Luzillé est certaine dès le Néolithique : un polissoir fixe en témoigne. Au VIe siècle, selon Grégoire de Tours, c'est une église qui est construite à Luzillé et au Moyen Âge la paroisse, dont l'orthographe du nom est déjà fixée, est sous l'influence de l'archevêque de Tours, du chapitre de sa cathédrale mais aussi d'une abbaye bénédictine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Luzillé se trouve proche de la ligne de démarcation et deux sites de son territoire servent de terrain de parachutage et d'atterrissage au bénéfice de maquis de la région ; toutefois, les troupes allemandes ne stationnent pas dans la commune et aucun combat ne s'y déroule.

À partir de 1890, la population de Luzillé baisse de manière importante et régulière, mais la tendance s'inverse dans les années 1980 ; la commune devient un lieu de résidence attractif et en 2016, Luzillé compte 983 habitants. L'activité économique de la commune est dominée par le secteur du commerce et des services (41 % des établissements en 2015) mais l'agriculture, bien que son importance diminue, concerne toujours près du tiers des établissements. Les entreprises de Luzillé sont des PME n'ayant jamais plus de 19 salariés.

Le polissoir de la Pierre Saint-Martin, classé monument historique, est l'élément majeur du patrimoine luzillois, en raison de sa valeur archéologique et des traditions liées à saint Martin qu'il véhicule. Le patrimoine naturel de Luzillé est important et diversifié puisque qu'un site du réseau Natura 2000 et une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique occupent une partie du territoire et que les abords d'un étang constituent un site classé.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

À la limite de la Champeigne tourangelle au sud-ouest, des Vallées et coteaux viticoles du Cher au nord-est et de la Gâtine de Loches au sud-est[1], Luzillé est rattachée au canton de Bléré, bureau centralisateur qui se trouve à 9 km au nord-ouest. Les communes limitrophes de Luzillé sont Sublaines, Bléré, Civray-de-Touraine, Francueil, Épeigné-les-Bois, Céré-la-Ronde, Le Liège — les limites de ces trois dernières communes et de Luzillé forment un quadripoint —, Genillé et Saint-Quentin-sur-Indrois. La commune fait partie de l'aire urbaine, du bassin d'emploi et du bassin de vie de Tours[I 1].

Communes limitrophes de Luzillé
Bléré Civray-de-Touraine Francueil
Sublaines Luzillé Épeigné-les-Bois
Saint-Quentin-sur-Indrois Genillé Céré-la-Ronde / Le Liège

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Carte géologique simplifiée de Luzillé[2].
  • Bourg
  • Limites communales
  • C4-6S : argiles à silex du (Sénonien)
  • e7 : calcaire lacustre de Touraine (Ludien)
  • eP : argiles à perrons de l'Éocène
  • LP : limon des plateaux (Quaternaire)
  • Fy-z : alluvions fluviatiles (Quaternaire)

Dans cette partie sud du Bassin parisien, les terrains sont exclusivement sédimentaires sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Les argiles à silex déposées au Sénonien (C4-6S) affleurent dans une grande bande centrale du territoire de Luzillé. Au sud-ouest, elles sont recouvertes par le calcaire lacustre de Champeigne datant du Ludien (e7) qui est là en limite de son extension géographique. Quelques rares placages éocènes d'une argile à conglomérats appelés « perrons » (eP) se retrouvent, généralement à la limite entre le calcaire lacustre et les argiles à silex. Du nord au sud-est, les limons éoliens du Quaternaire (LP) masquent les argiles à silex sur une épaisseur ne dépassant jamais 1,5 m. Le Beugnon a creusé sa vallée, du sud au nord-est, et y a déposé des alluvions récentes et modernes (Fy-z)[3],[4].

Les plus hautes altitudes de la commune se rencontrent sur le plateau, à l'est, avec 132 m en limite d'Épeigné-les-Bois, alors que la vallée du Beugnon descend jusqu'à 68 m ; elle est fortement encaissée par rapport à l'altitude moyenne du plateau qui va de 100 à 110 m[4].

Le territoire de Luzillé se présente sous la forme d'un rectangle allongé du nord-ouest au sud-est (7,3 × 6,4 km) et dont le chef-lieu communal occupée à peu près le centre. Sa superficie de 4 068 ha fait de Luzillé une commune de grande taille, comparée à la moyenne nationale de 1 488 ha[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le principal cours d'eau irriguant Luzillé est le Beugnon, qui prend sa source au sud de la commune et va, après avoir arrosé le bourg, se jeter dans le Cher par sa rive gauche. En aval du bourg, il traverse l'étang de Brosse (plan d'eau artificiel créé au XVIe siècle) où il recueille les eaux d'autres petits ruisseaux venant de la partie occidentale du territoire communal[4].

Quatre zones humides ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le Conseil départemental d'Indre-et-Loire[6],[7] : « l'étang de Brosse et ses vallons », « l'étang des Terres Noires », « l'étang du Plessis » et « l'étang du Bois de l'étang Brûlé ».

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat d'Indre-et-Loire.

La commune de Luzillé est soumise, comme l'ensemble des communes d'Indre-et-Loire, à un climat tempéré océanique dit dégradé[8], caractérisé par des températures clémentes, même en hiver. Aucun mois n'est véritablement sec, les précipitations mensuelles moyennes étant toujours supérieures à 40 mm. En outre, les légers reliefs boisés (hauteurs de Céré-la-Ronde à l'est) semblent suffisants pour créer un obstacle aux masses d'air atlantiques, conférant à cette partie de l'Indre-et-Loire une pluviométrie un peu plus importante que celle enregistrée dans le reste de la Touraine[9].

Paysages naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Germandrée des marais.

Le territoire de la commune est partiellement recouvert par des bois, dispersés au nord, plus continus du nord-est au sud-est. En 1877, ces bois occupent 749 ha, soit 18,4 % de la superficie communale[D 1]. Du nord-ouest au sud, les grandes parcelles des exploitations agricoles façonnent le paysage[4].

Le « plateau de Champeigne entre Bléré et Loches » forme une grande ZNIEFF (9 032 hectares) de type II qui s'étend sur 11 communes, elle intéresse toute la partie du territoire communal de Luzillé située au sud-ouest d'une diagonale passant par le bourg. Pas moins de 50 espèces d'angiospermes et 8 espèces d'oiseaux protégés ou rares y ont été recensées, parmi lesquelles le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) et l'Outarde canepetière (Tetrax tetrax)[10].

La zone de protection spéciale (ZPS) du réseau Natura 2000, dite « site Natura 2000 Champeigne », se superpose exactement, sur la commune, à la ZNIEFF du plateau de Champeigne entre Bléré et Loches ; elle vise à la préservation des espèces d'oiseaux rencontrées sur son territoire[11], en application de la Directive oiseaux du édictée par l'Union européenne.

Une zone de 44 ha autour de l'étang de Brosse constitue, depuis , un site classé dans le cadre de la loi du [12]. Ce site abrite une faune et une flore palustres spécifique ; parmi les espèces rencontrées, la Germandrée des marais (Teucrium scordium) ou la Bécassine des marais (Gallinago gallinago). D'autres marais, par contre, sont anthropisés et transformés en étangs de loisirs[4].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente une comparaison de quelques indicateurs chiffrés du logement pour Luzillé et l'ensemble de l'Indre-et-Loire en 2015[I 2],[I 3].

Le logement à Luzillé en 2015.
Luzillé Indre-et-Loire
Parc immobilier total (en nombre d'habitations) 515 315 335
Part des résidences principales (en %) 77,9 87,3
Part des logements vacants (en %) 8,1 8,2
Part des ménages propriétaires de leur logement (en %) 82,3 59,1

Sur les 391 résidences principales (presque exclusivement des maisons individuelles) que compte la commune en 2015, plus de 30 % sont construites depuis 1970. Un peu plus de 8 % des ménages ont emménagé dans leur résidence principale depuis moins de deux ans[I 2].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Le noyau le plus ancien du bourg de Luzillé est construit sur la rive gauche du Beugnon, à l'ouest de l'église, des constructions un peu plus récentes prenant place en face, sur l'autre rive[4]. Encore plus récemment, à partir de la fin des années 1990, une nouvelle zone urbanisée sous forme de lotissements agrandit le bourg vers l'ouest, sur le plateau. Cette organisation très centralisée de l'habitat communal est toutefois complétée par des hameaux disséminés sur le plateau[4].

Risques naturels[modifier | modifier le code]

En raison de la faible longueur de son cours et de l'étendue réduite de son bassin versant sur Luzillé, le Beugnon n'est que très rarement sujet aux crues. En revanche, la nature encaissée de sa vallée peut être la cause de coulées de boue sur les flancs de cette vallée en cas de plus importantes.

L'aléa lié au phénomène de retrait-gonflement des argiles est lié à la nature des terrains affleurants : il est estimé fort dans la partie ouest de la commune où le calcaire lacustre prédomine ; il est plus faible dans les autres secteurs, là où d'autres formations géologiques de surface sont observées (argiles à silex, limons, alluvions)[13].

Luzillé est soumise à un risque sismique faible (niveau 2 sur une échelle de 1 à 5)[14].

La grande majorité des situations de catastrophe naturelle pour Luzillé concerne l'aléa de retrait-gonflement des argiles[15].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le réseau routier de Luzillé est essentiellement rayonnant à partir du bourg, les principales voies reliant les chefs-lieux communaux de Luzillé et des communes limitrophes : D 52 vers Bléré au nord-ouest et le Liège au sud-est, D 25 vers Sublaines à l'ouest et Épeigné-les-Bois à l'est, D 80 vers Francueil au nord et Saint-Quentin-sur-Indrois au sud. L'autoroute A 85 Angers-Vierzon traverse, depuis décembre 2007, le nord de Luzillé d'ouest en est, mais aucune sortie n'existe sur le territoire communal ; toutefois, la sortie no 11, sur la commune voisine de Sublaines, permet d'y accéder.

La commune n'est pas directement desservie par un réseau de transports en commun. Il faut gagner Genillé pour accéder à la ligne TC du réseau Rémi qui permet d'aller à Loches et au-delà à Descartes, ou Saint-Quentin-sur-Indrois où passe la ligne LMC du même réseau vers Amboise[16].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Onomastique partielle du toponyme Luzillé[17],[Note 1] :


Rencontré dès le VIe siècle (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre X, 31), le toponyme Luciliacus est formé de l'anthroponyme latin Lucilius et du suffixe -acum d'origine gauloise fréquemment utilisé pour former des noms de domaines. Luciliacus est ainsi le « domaine de Lucilius »[17]. Il est très possible que la dédicace de l'église à sainte Luce ait été choisie pour rappeler le toponyme[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

De la Préhistoire à l'Antiquité[modifier | modifier le code]

La présence d'un polissoir fixe, au sud-ouest du bourg, atteste de la sédentarisation sur le site des populations néolithiques qui ont utilisé cet outil. D'autres outils de la même période sont également retrouvés sur le territoire de Luzillé[19], à proximité du polissoir (haches polies)[20] mais principalement autour de Villiers et de l'étang de Brosse, dans la partie nord de la commune[21] où se trouve également un menhir haut de 1,70 m[22].

Les témoignages protohistoriques et antiques sont plus rares ; ils consistent en un possible tumulus protohistorique[21] et quelques monnaies[23] dont certaines sont découvertes à proximité d'une chemin peut-être antique[21]. Un chemin, peut-être antique, appelé « Chemin Chaussé » et venant de Bléré, matérialise la limite communale entre Luzillé et Sublaines puis Saint-Quentin-sur-Indrois. Il croise, au point de rencontre de ces trois communes (recouvrant d'anciennes paroisses médiévales), une autre voie ancienne, le « chemin de Montrichard », orienté ouest-est, avant de se prolonger entre Luzillé et Genillé[24].

Moyen Âge et époque moderne[modifier | modifier le code]

Un scramasaxe peut-être lié à d'éventuelles sépultures est le seul artéfact de l'époque mérovingienne[21]. Les sources écrites sont plus précises : Grégoire de Tours indique qu'une église est fondée à Luzillé sous l'épiscoptat d'Injuriosus[25]. Cette fondation semble se faire dans un vicus déjà existant, entre 529 et 546[26]. Luzillé est ensuite citée dans une charte de Marmoutier au début du XIIe siècle, époque à laquelle une nouvelle église est construite, propriété du chapitre cathédral de Tours[27]. À la même époque, les moines de Cormery achètent une parcelle de terrain pour y construire un grenier. Jusque vers 1330, Luzillé est une châtellenie rattachée à l'archevêché de Tours[19]. La paroisse est donc, au Moyen Âge, rattachée à trois puissantes autorités ecclésiastiques, une abbaye, le chapitre et l'archevêque de Tours[28] et l'examen des anciens plans terriers montre que le bourg affecte une forme quadrangulaire dont l'église n'occupe pas le centre, mais une des bordures, disposition encore visible sur le cadastre napoléonien[29].

En 1698, une école de filles gratuite est fondée à Luzillé[30]. Elle doit fonctionner en alternance, tous les cinq ans, avec un établissement homologue à Chédigny[19].

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances du tiers état rédigé par Luzillé en 1789 comporte nombre de dispositions communes à beaucoup d'autres documents analogues (abrogation de certains impôts et répartition plus juste des autres, réduction du pouvoir du clergé, etc.) mais il s'en distingue par l'attachement clairement affirmé de Luzillé au maintien de la justice seigneuriale[D 2]. Le recensement des biens nationaux effectué en montre que si la cure et le vicariat de Luzillé sont concernés, huit autres propriétaires de biens ou rentes, extérieurs à la commune, sont inventoriés, comme l'abbaye d'Aiguevive à Faverolles-sur-Cher ou le chapitre de la cathédrale Saint-Gatien de Tours[D 3]. À l'occasion de la levée en masse de 1793, la commune de Luzillé est tenue de fournir 15 soldats[D 4]. Un an plus tard, des dispositions sont prises pour récupérer, au plan local, les cendres et les eaux de lessive et pour procéder à un abattage exceptionnel de bois : il s'agit de fournir à la Nation des éléments constitutifs de la poudre noire. Pourtant, les cendres, stockées dans l'église, ne sont pas utilisées et sont revendues à un particulier le [D 5]. Les fours à chaux et les briqueteries, répandus en Touraine, sont peu nombreux à Luzillé où seuls deux fours, construits à la fin du XVIIIe et au milieu du XIXe siècle, ont fonctionné pendant peu de temps puisqu'ils sont détruits moins de trente ans après leurs construction[31].

En 1809, six prisonniers de guerre autrichiens (campagnes de Napoléon Ier) qui étaient détenus à Luzillé sont libérés[D 6]. Au début des années 1850, le soutien des habitants de Luzillé à Napoléon III n'est pas unanime : les deux plébiscites des et se traduisent par une abstention de l'ordre de 6 à 7 % ; en outre, 3 ou 4 votants refusent leur confiance à Napoléon III[32]. Le , le maire dresse la liste des personnes susceptibles d'être enrôlées dans la Garde nationale mobile dans le cadre de la guerre de 1870 ; vingt-cinq personnes remplissent les conditions d'âge et de situation familiale, mais deux d'entre elles seulement disposent de l'équipement nécessaire[D 7]. En , le gouverneur prussien pour le nord de la France réclame aux communes d'Indre-et-Loire une participation aux frais d'occupation du territoire français ; la part de Luzillé s'élève à près de 25 000 francs, en nature (nourriture, équipement) ou sa contrepartie financière, somme réduite quelques jours plus tard à 14 500 francs[D 8]. La crise du phylloxéra, qui touche la Touraine à partir de 1882[33], est fatale à la viticulture luzilloise : la vigne qui occupe 383 ha en 1859[D 9], n'est plus mentionnée dans les cultures en 1946[D 10].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans la journée du , Luzillé connaît une animation inhabituelle : dans le cadre des grandes manœuvres du Centre, une division traverse la commune pour gagner son cantonnement à Loché-sur-Indrois[34],[35]. La Première Guerre mondiale fait 50 victimes parmi les soldats originaires de Luzillé[36], alors que la commune compte 1 315 habitants en 1911. En 1918, la commune accueille neuf réfugiés politiques russes qui ont fui leur pays après la révolution d'Octobre[D 11].

C'est en 1936 que le cimetière communal, occupant une partie de la future place du Mail, est déplacé au nord du bourg, hors de la zone urbanisée[D 12]. Son emplacement, malcommode et peu respectueux de l'hygiène, avait pourtant été dénoncé dès 1856[D 13].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune de Luzillé se trouve en zone libre, le bourg se situant à moins de 7 km au sud de la ligne de démarcation qui suit le cours du Cher. Le PC d'une compagnie du 32e régiment d'infanterie est installé à Luzillé. Cette compagnie a pour mission la surveillance des points de passage de la ligne de Bléré et de Sublaines[37]. M. Nolle, propriétaire du château de Brosse, réfugié originaire de l'Aisne et entré en résistance dès au sein du « réseau Écarlate », est chargé de sélectionner les possibles terrains permettant le parachutage d'armes et d'équipement pour les maquis de la région ainsi que les atterrissages des Lysander venus d'Angleterre. Parmi les quatorze terrains retenus, deux sont utilisés, les Fontaines au sud-ouest près d'une ferme exploitée par M. Nolle (1943-1944)[38] et le Chant d'Oiseau au sud-est du bourg (1944). Sur dénonciation, M. Nolle est arrêté par la Gestapo le et déporté mais il survit à sa captivité[39],[40],[41]. Le curé de Luzillé fait lui aussi acte de résistance en cachant dans le clocher de l'église des aviateurs canadiens[42]. La libération de Luzillé, en , est toute symbolique, la commune n'ayant jamais eu à subir de véritable occupation et ayant toujours été épargnée par les combats[43]. Trois Luzillois meurent au cours de ce conflit[36].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Depuis le redécoupage cantonal de 2014, Luzillé est l'une des 17 communes qui composent le canton de Bléré[44]. Elle est également rattachée à l'arrondissement de Loches[45] et à la 2e circonscription de l'Indre-et-Loire[46].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Luzillé et seize autres communes composent la communauté de communes de Bléré Val de Cher[47]. Cette situation lui confère en outre un rattachement de fait au « Pays Indre et Cher », qui a pour mission de « coordonner diverses missions transversales confiées par les collectivités, dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’économie et du patrimoine »[48].

Le « syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire » (SIEIL), fondé en 1937, assure le contrôle et la coordination de l'ensemble des concessionnaires opérant en Indre-et-Loire dans le domaine de la distribution de gaz et d'électricité ; il intervient également sur le renforcement des réseaux de distribution d'électricité[49]. Pour toutes les communes d'Indre-et-Loire, Tours exceptée, l'adhésion au service « Électricité » du SIEIL à titre individuel est rendue obligatoire par arrêté préfectoral en date du [50].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Comme en témoignent les résultats d'élections publiés sur le site du ministère de l'Intérieur[51], l'électorat de Luzillé, lors des consultations au suffrage universel direct qui se sont déroulées depuis 2002, a apporté son soutien à une liste ou un candidat présentés par la droite dans près de 80 % des cas[Note 2].

Élection présidentielle la plus récente[modifier | modifier le code]

En 2017, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron (La République en marche), élu, a obtenu 53,01 % des voix et Marine Le Pen (FN), 46,99 %. Le taux de participation s'est élevé à 81,50 %[52].

Élection municipale la plus récente[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 500 et 1 499, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de 15[53].

Lors des élections municipales de 2014, les 15 conseillers municipaux ont été élus à l'issue du premier tour ; le taux de participation était de 64,95 %[54].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[D 14]
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1793 Étienne Chardon    
Les données manquantes sont à compléter.
6 août 1800 1800 François Ribadeau    
1801 1805 Philippe Guénault    
1805 septembre 1813 Charles Drouet-Châlus   Propriétaire
1813 1814 René Gautier-Delaunay   Propriétaire
1814 septembre 1830 Charles Drouet-Châlus   Propriétaire
19 septembre 1830 9 avril 1848[Note 3] César Roch Ferrand   Notaire
18 juin 1848 août 1848 Jacques Leclair   Propriétaire
20 août 1848 10 août 1852[Note 4] César Roch Ferrand   Ancien notaire
22 septembre 1852 septembre 1855 Michel Chevalier   Propriétaire
janvier 1856 1860 Leclair   Propriétaire
1860 janvier 1881 Gustave Leblond    
janvier 1881 juin 1884 Anselme de Laluisant    
juillet 1884 1892 Pierre Briau    
15 mai 1892 1908 Auguste Suffisceau   Médecin
mai 1908 mai 1921 Aristide Maupouet    
mai 1921 juillet 1921 Charles Bonenfant   Président de la délégation spéciale
juillet 1921 1932 Charles Bonenfant    
1932 mai 1935 Paul Joseph Viotti    
mai 1935   Joseph Danger    
Les données manquantes sont à compléter.
1945 1946 Coate   Médecin
1947 1959 Gérard Gaulpied    
1959 1989 Gilbert Buron UNR Exploitant agricole, député (1958-1962)
1989 2001 Sachet    
mars 2001 En cours Jacky Gauvin DVD Agriculteur

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

Eau potable et assainissement[modifier | modifier le code]

La gestion des ressources en eau potable, approvisionnement et distribution, assurée en régie par la commune, repose sur deux forages exploitant la nappe phréatique du Turonien. En 2017, 952 personnes sont desservies[55].

L'assainissement collectif est réalisé par cinq stations d'épuration réparties sur le territoire, fonctionnant sous des modes variés (filtres plantés, lagunage naturel, disques biologiques ou boues activées) et d'une capacité globale de 878 Eh. Ce service bénéficie à 680 habitants en 2015, soit plus de 90 % des foyers[56].

Déchets ménagers[modifier | modifier le code]

Les déchets ménagers, reyclables ou non, sont collectés de manière hebdomadaire en porte-à-porte. Une déchetterie, à Bléré, est à la disposition des habitants[S 1]. Cette prestation est du ressort de la communauté de communes[C 1].

Finances locales[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement, un des indicateurs des finances locales d'Esvres, sur une période de dix ans[57] :

Capacité d'autofinancement (CAF) à Luzillé de 2008 à 2017
Résultats exprimés en €/habitant.
Strate : communes de 500 à 2 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé.
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Luzillé 221 185 162 201 219 194 196 141 194 168
Moyenne de la strate 151 147 150 168 168 156 149 149 147 153

CAF de Luzillé CAF moyenne de la strate

Depuis 2008, la capacité d'autofinancement de la commune[Note 5], est toujours positive ; elle est en outre toujours supérieur à la moyenne de la strate, exception faite de l'exercice 2015 où elle est très légèrement inférieure à cette moyenne[Note 2]. Le fonds de roulement[Note 6], positif, suit globalement la même écvolutiion : toujours positif et supérieur à la moyenne de la strate, sauf en 2015 et 2017. Le résultat comptable[Note 7] est toujours positif et se situe presque toujours au-dessus de la moyenne de la strate[57],[Note 2].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de Luzillé se nomment les Luzillois[17].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[60]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[61].

En 2016, la commune comptait 983 habitants[Note 8], en augmentation de 10,2 % par rapport à 2011 (Indre-et-Loire : +2,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0711 5121 1801 3161 3961 3361 4021 3651 412
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4381 5211 5581 5511 5711 5991 6171 4891 466
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 4261 3651 3151 2221 2261 1511 1101 0351 007
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 011878739691737769865894981
2016 - - - - - - - -
983--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[62] puis Insee à partir de 2006[63].)
Histogramme de l'évolution démographique
Soldes de variation annuelle de la population de Luzillé
exprimés en pourcentages[I 4],[Note 9].
1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2010 2010 - 2015
Taux de variation annuel de la population Baisse. - 2,4 % Baisse. - 1,0 % Augmentation. + 0,8 % Augmentation. + 0,5 % Augmentation. + 1,4 % Augmentation. + 1,9 %
Solde naturel - 0,8 % - 0,9 % - 0,4 % + 0,3 % + 0,4 % + 1,0 %
Solde migratoire - 1,7 % - 0,1 % + 1,2 % + 0,2 % + 0,9 % + 0,9 %

Après avoir connu un pic de population en 1881 avec près de 1 600 habitants, Luzillé se dépeuple de manière assez régulière pour ne plus compter que 691 habitants en 1982. C'est à cette date que la tendance s'inverse et en 2015 Luzillé a presque retrouvé son niveau de population des années 1950. Cette évolution est la conséquence d'un solde naturel et d'un solde migratoire qui deviennent positifs[Note 2].

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges de la commune de Luzillé en 2015 en pourcentage[I 5].
HommesClasse d’âgeFemmes
1,6 
90 ans ou +
0,2 
5,8 
75 à 89 ans
8,8 
14,9 
60 à 74 ans
14,2 
21,5 
45 à 59 ans
22,5 
19,3 
30 à 44 ans
18,4 
15,1 
15 à 29 ans
14,6 
21,7 
0 à 14 ans
21,3 
Pyramide des âges en Indre-et-Loire en 2015 en pourcentage[I 6].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,8 
90 ans ou +
2,0 
7,6 
75 à 89 ans
10,3 
15,8 
60 à 74 ans
16,5 
19,9 
45 à 59 ans
19,2 
18,7 
30 à 44 ans
17,8 
18,8 
15 à 29 ans
17,7 
18,8 
0 à 14 ans
16,6 

Petite enfance, prévention et protection de l'enfance[modifier | modifier le code]

Cinq assistantes maternelles sont installées à Luzillé, proposant une capacité d'accueil totale de 16 enfants[64].

La commune propose un service de garderie pour le temps périscolaire[S 2].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les communes de Luzillé et d'Épeigné-les-Bois ont créé un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) pour les enfants des deux communes scolarisés en primaire. L'école maternelle est installée à Épeigné-les-Bois et l'école élémentaire Les 2 Tilleuls à Luzillé[65]. Un service de ramassage scolaire et de restauration commune est mis en place au niveau du RPI[S 3].

La carte scolaire départementale prévoit la scolarisation des étudiants de Luzillé dans le collège du Réflessoir de Bléré et le lycée Léonard-de-Vinci d'Amboise[66].

Santé et services d'urgence[modifier | modifier le code]

Un médecin généraliste est installé à Luzillé[67].

Les hôpitaux les plus proches sont les centres hospitaliers des Rives de l'Indre à Loches et Robert-Debré à Amboise[68].

Un centre de première intervention des sapeurs pompiers est implanté dans la commune voisine de Céré-la-Ronde[69].

Sport et culture[modifier | modifier le code]

Équipements collectifs[modifier | modifier le code]

Luzillé dispose d'une salle des fêtes[S 4] et d'un terrain de sports[70].

Tissu associatif[modifier | modifier le code]

Vingt associations ont leur siège à Luzillé. Treize d'entre elles interviennent dans le domaine des loisirs et de la culture, quatre sont des structures à but social et deux sont des associations sportives[71]. La plus ancienne de ces structures est la fanfare municipale, créée sous un autre statut dès 1880[72].

Médias et numérique[modifier | modifier le code]

Le quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest consacre quelques pages de son édition Indre-et-Loire, Touraine Est, à l’actualité du canton de Bléré. La commune de Luzillé édite un bulletin municipal trimestriel. La chaîne de télévision TV Tours Val de Loire et la station de radio France Bleu Touraine relaient les informations locales.

La commune ne possède pas en 2017 de réseau à haut débit par fibre optique[73].

Culte catholique[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune dépend de la paroisse Saint-Jacques-du-Val-de-Cher au sein du doyenné d'Amboise lui-même partie de l'archidiocèse de Tours, au même titre que six autres doyennés[74]. L'église Sainte-Luce accueille, en alternance avec d'autres églises de la paroisse, des offices dominicaux[75].

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2015, le revenu fiscal médian par ménage est de 33 121 €, alors que la moyenne départementale s'établit à 32 011 € et que celle de la France métropolitaine est de 32 409 €[I 7]. En 2015, le revenu disponible par ménage est de 20 336 € dans la commune[I 8] contre une moyenne de 20 710 € au niveau départemental[I 9].

Emploi[modifier | modifier le code]

Les deux tableaux ci-dessous présentent les chiffres-clés de l'emploi à Luzillé et leur évolution de 2010 à 2015[I 10],[I 11] :

Structure de la population active de Luzillé (37)
en 2010 et 2015.
Luzillé 2010 Luzillé 2015 Évolution
Population de 15 à 64 ans 553 605 Augmentation. + 9,4 %
Actifs (en %) 78,3 81,0 Augmentation. + 3,4 %
dont :
Actifs ayant un emploi (en %) 69,6 70,6 Augmentation. + 1,4 %
Chômeurs (en %) 8,7 10,4 Augmentation. + 19,5 %
Évolution de l'emploi à Luzillé (37) en 2010 et 2015.
Luzillé 2010 Luzillé 2015 Évolution
Nombre d'emplois dans la zone 94 106 Augmentation. + 12,7 %
Indicateur de concentration d'emploi 23,4 24,4 Augmentation. + 4,2 %

Entre 2010 à 2015, la population active luzilloise progresse, son taux d'emploi s'améliore. Les emplois proposés sur la commune sont plus nombreux, et cette dernière progression, un peu plus rapide que celle de la population active, induit une légère augmentation de l'indicateur de concentration d'emploi qui, toutefois, reste très bas : Luzillé ne propose sur son territoire qu'un emploi pour quatre actifs. Le taux de chômage, selon les critères définis lors du recensement, a augmenté de près de 50 % et touche principalement les jeunes hommes de 15 à 24 ans[I 11]. Seul un Luzillois sur cinq travaille dans la commune elle-même[I 12],[Note 2].

Tissu économique[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Luzillé selon leur secteur d'activité et le nombre de leurs salariés[I 13] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2015.
Total % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 77 100,0 59 17 1 0 0
Agriculture, sylviculture et pêche 24 31,2 18 6 0 0 0
Industrie 8 10,4 7 1 0 0 0
Construction 7 9,1 5 2 0 0 0
Commerce, transports, services divers 32 41,6 25 7 0 0 0
dont commerce et réparation automobile 5 6,5 4 1 0 0 0
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 6 7,8 4 1 1 0 0
Champ : ensemble des activités.

En 2016, cinq nouveaux établissements viennent compléter ce descriptif, une dans le secteur industriel, une dans le domaine du commerce, du transport, de l'hébergement et de la restauration et trois tournées vers les services aux entreprises[I 14].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques des exploitations agricoles dont le siège est à Luzillé, observées sur une période de 22 ans[76] :

Évolution de l'agriculture à Esvres (37) entre 1988 et 2010.
1988 2000 2010
Nombre d’exploitations 76 32 23
Équivalent unité de travail annuel 77 32 36
Surface agricole utile (SAU) (ha) 3 326 2 892 3 142
Cheptel (nombre de têtes) 389 181 184
Terres labourables (ha) 3 166 2 867 3 113
Cultures permanentes (ha) 47 15 s[Note 10]
Surfaces toujours en herbe (ha) 105 28 28
Superficie moyenne d’une exploitation (ha) 43,2 90,4 136,6

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pierre St-Martin.

La Pierre Saint-Martin est un polissoir néolithique fixe classé au titre des monuments historiques[77]. Située au sud-ouest du bourg, de nombreuses traditions la rattachent à l'histoire de saint Martin en Touraine. Un menhir en grès, peut-être contemporain, haut de 1,70 m, se trouve près de l'étang de Brosse.

L'église Sainte-Luce, construite au XIIe siècle en remplacement de l'édifice mérovingien, est très remaniée au XVe siècle (reprise des voûtes du clocher et ajout d'un bas-côté) puis au XVIIIe siècle. Le clocher et une partie du mur sud de la nef appartiennent à la première campagne de construction[21]. Le , une tempête qui sévit sur la moitié nord de la France abat la flèche du clocher qui, dans sa chute, endommage la toiture de l'église et des bâtiments attenants ; la réparation est faite six mois plus tard[D 15]. L'église renferme un élément original et peu courant : une chaire surélevée dont le « rez-de-chaussée » est aménagé en confessionnal[78].

Le domaine de Brosse se compose de deux bâtiments dont les façades occidentales sont bordées par une ancienne douve. Le logis de la ferme, probablement construit au XVe siècle, s'accompagne d'une tour quadrangulaire[79]. Le château, construit en prolongement dans la première moitié du XIXe siècle, remplace un édifice plus ancien dont le sous-sol de deux travées sur voûtes est conservé. Une ancienne fuie cylindrique dont les boulins ont disparu, reconvertie en dépendance, prend place à proximité[80].

Le château de Villiers, construit en pierre de taille au milieu du XIXe siècle[81], est un bâtiment à étage flanqué de deux ailes plus basses ; une tour polygonale munie d'un escalier permet d'accéder à l'étage et au comble. Il remplace un édifice plus ancien dont ne subsiste aucun vestige. D'autres constructions voisines, comme un chapelle signalée en 1776 ont aussi disparu, à l'exception d'une tourelle dans le parc, dont l'étage était aménagé en colombier[82].

Patrimoine gastronomique[modifier | modifier le code]

Le territoire communal se trouve dans l'aire d'appellation d'origine protégée du fromage Sainte-maure-de-touraine et de onze types de vins. Rillettes de Tours, bœufs du Maine et 119 types de vins peuvent se prévaloir d'une indication géographique protégée s'ils sont produits à Luzillé[83].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Géraud Christophe Michel Duroc (1772-1813), maréchal d'Empire, est à l'époque napoléonienne propriétaire du château de Beauchêne, au sud-est du bourg[21].

Robert Pinget (1919-1997), auteur, a vécu à Luzillé de 1964 jusqu'à son décès[84].

Gilbert Buron (1920-2009), homme politique français, député d'Indre-et-Loire de 1958 à 1962, est maire de Luzillé de 1959 à 1989.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Luzillé

Les armes de Luzillé se blasonnent ainsi :

D'azur au chevron renversé d'argent soutenu d'une bonde d'étang d'or mouvant de la pointe, accompagné, en chef, d'un soleil non figuré du même et, aux flancs, de deux arbres arrachés aussi d'or[85].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette liste, non exhaustive, vise à illustrer l'évolution toponymique et les premières mentions de la paroisse.
  2. a b c d et e Ces commentaires, ne résultant pas d'une analyse statistique des données présentées, n'ont qu'une valeur strictement indicative.
  3. César Roch Ferrand est démis de ses fonctions.
  4. César Roch Ferrand démissionne de ses fonctions.
  5. La « capacité d'autofinancement » (CAF) est l’excédent dégagé en fonctionnement ; cet excédent permet de payer les remboursements de dettes. Le surplus (CAF - remboursements de dettes) s’ajoute aux recettes d’investissement (dotations, subventions, plus-values de cession) pour financer les dépenses d’équipement. Ce montant représente le financement disponible de la commune[58].
  6. Le « fonds de roulement », différence entre les financements à plus d'un an et les immobilisations, permet de combler le décalage entre l'encaissement des recettes et le paiement des dépenses[59].
  7. Le résultat comptable est la différence entre produits et charges de fonctionnement.
  8. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  9. En raison des valeurs arrondies à la première décimale fournies par l'Insee, les totaux peuvent paraître inexacts.
  10. Donnée soumise au secret statistique.

Références[modifier | modifier le code]

  • Site de l'Insee :
  1. « Ordures ménagères » (consulté le 6 décembre 2018).
  • Site de la commune de Luzillé :
  1. « Les ordures ménagères » (consulté le 4 décembre 2018).
  2. « Les modes de garde » (consulté le 6 décembre 2018).
  3. « Cantine et transport » (consulté le 6 décembre 2018).
  4. « La salle des fêtes » (consulté le 6 décembre 2018).
  • Luzillé, village de Touraine, [l'auteur], 1994 :
  1. Derouet 1994, p. 249.
  2. Derouet 1994, p. 22.
  3. Derouet 1994, p. 51-53.
  4. Derouet 1994, p. 36.
  5. Derouet 1994, p. 42-47.
  6. Derouet 1994, p. 65.
  7. Derouet 1994, p. 67.
  8. Derouet 1994, p. 68-69.
  9. Derouet 1994, p. 255.
  10. Derouet 1994, p. 252.
  11. Derouet 1994, p. 208.
  12. Derouet 1994, p. 174.
  13. Derouet 1994, p. 172.
  14. Derouet 1994, p. 79-102.
  15. Derouet 1994, p. 156.
  • Autres références :
  1. « Étude des paysages d'Indre-et-Loire », sur DREAL Centre-Val de Loire (consulté le 30 novembre 2018), p. 10.
  2. « Carte géologique de Luzillé », sur Géoportail (consulté le 6 décembre 2018).
  3. « Carte géologique de la France au 1/50 000 - Bléré » [PDF], sur le site Ficheinfoterre du BRGM (consulté le 10 novembre 2018).
  4. a b c d e f et g Couderc 1987, p. 509.
  5. Christophe Meunier, Géographie - Professeur des écoles - Oral, admission - CRPE 2017, Dunod, , 256 p. (ISBN 978-210075-579-0, lire en ligne), p. 73.
  6. Direction Départementale des Territoires d'Indre-et-Loire-37, « Liste des Zones humides d'Indre-et-Loire-37 », sur http://terresdeloire.net/ (consulté le 30 janvier 2019)
  7. « L'inventaire départemental des zones humides », sur http://www.indre-et-loire.gouv.fr/, (consulté le 30 janvier 2019)
  8. « Les climats du monde », sur le site de l'encyclopédie Larousse (consulté le 15 avril 2017).
  9. Pierre Leveel, Histoire de Touraine et d'Indre-et-Loire, Chambray-lès-Tours, CLD, , 991 p. (ISBN 978-2-85443-157-5), p. 20.
  10. « ZNIEFF 240030909- Plateau de Champeigne entre Bléré et Loches », sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 22 novembre 2018).
  11. « FR2410022 - Champeigne », sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 22 novembre 2018).
  12. « Site classé - Étangs de Brosse » [PDF], sur DIREN région Centre Val-de-Loire (consulté le 22 novembre 2018).
  13. « Carté d'aléa pour Luzillé », sur georisques.gouv (consulté le 2 décembre 2018).
  14. « Nouveau zonage sismique en Indre-et-Loire » [PDF], sur le site des services de l'État en Indre-et-Loire (consulté le 2 décembre 2018).
  15. « Arrêté préfectoral relatif à l'information des acquéreurs [...] sur les risques naturels et technologiques majeurs dans la commune de Luzillé », sur le site des services de l'État en Indre-et-Loire (consulté le 2 décembre 2018).
  16. « Plan du réseau » [PDF], sur le site du Réseau de mobilité interurbaine (consulté le 2 décembre 2018).
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  18. Élisabeth Zadora-Rio (dir.), Des paroisses de Touraine aux communes d’Indre-et-Loire : la formation des territoires, Tours, FERACF, , 304 p. (ISBN 9782913272194), p. 49.
  19. a b et c Flohic 2001, p. 234.
  20. Gérard Cordier, Inventaire des mégalithes de la France, vol. 1 : Indre et Loire, 2e édition entièrement refondue, Joué-lès-Tours, [l'auteur], , 201 et XXIV p., p. 53.
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  22. Gérard Cordier, Inventaire des mégalithes de la France, vol. 1 : Indre et Loire, 2e édition entièrement refondue, Joué-lès-Tours, [l'auteur], , 201 et XXIV p., p. 49.
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  69. « Implantation des centres », sur le site du SDIS 37 (consulté le 2 décembre 2018).
  70. « Stade municipal, terrain de football à Luzillé », sur webvilles.net (consulté le 6 décembre 2018).
  71. « Luzillé », sur asso1901.com (consulté le 9 décembre 2018).
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  77. Notice no PA00097854, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  78. « Point d’étape sur l’inventaire topographique du canton de Bléré », sur Inventaire du patrimoine Centre-Val de Loire (consulté le 5 décembre 2018).
  79. André Montoux, Vieux logis de Touraine, vol. II, Chambray-lès-Tours, CLD Normand et Cie, , 223 p., p. 124.
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  82. André Montoux, Vieux logis de Touraine, vol. V, Chambray-lès-Tours, CLD, , 222 p. (ISBN 978-2-85443-004-2), p. 155-156.
  83. « Commune : Luzillé (37 », sur le site de l'Institut national de l'origine et de la qualité (consulté le 6 décembre 2018).
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  85. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : mars 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Alary, Le canton de Bléré sous l'occupation : une position unique en France, Paris, Office d'édition et de diffusion du livre d'Histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », , 258 p. (ISBN 2-84126-039-9).
  • Jean-Mary Couderc (dir.), Dictionnaire des communes de Touraine, Chambray-lès-Tours, CLD, , 967 p. (ISBN 978-2-85443-136-0).
  • James Derouet, Luzillé, village de Touraine, Saint-Pierre-des-Corps, [l'auteur], , 305 p..
  • Jean-Luc Flohic (dir.), Patrimoine des communes de France, t. I, Flohic, , 1406 p. (ISBN 2-84234-115-5).
  • Élisabeth Lorans, Le Lochois du Haut Moyen Âge au XIIIe siècle - territoires, habitats et paysages, Tours, Publications de l'Université de Tours, , 289 p. (ISBN 2-86906-092-0).
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique : guide du touriste en Indre-et-Loire, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, (réimpr. 1986), 3e éd., 733 p. (ISBN 2-855-54017-8), p. 670-671.
  • Daniel Schweitz, « Un mégalithe sauvegardé et étudié par la Société : le polissoir dit la  Pierre de saint Martin à Luzillé », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, LXIV, 2018, p. 5-12.

Article connexe[modifier | modifier le code]

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