Lumeau

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Lumeau
Lumeau
La mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Châteaudun
Canton Voves
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Beauce
Maire
Mandat
Marc Langé
2014-2020
Code postal 28140
Code commune 28221
Démographie
Population
municipale
171 hab. (2015 en diminution de 8,56 % par rapport à 2010)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 00″ nord, 1° 47′ 11″ est
Altitude Min. 120 m
Max. 134 m
Superficie 15,28 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.coeurdebeauce.fr/lumeau/

Lumeau est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire. Lumeau fait partie d'une zone écologique protégée du réseau Natura 2000 dans la vaste plaine de céréalicultures de la Beauce. Le nom du village est d'origine gauloise et son histoire est associée à la province de l'Orléanais.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lumeau est situé dans la région naturelle de Beauce, dans le sud du Bassin parisien sur le bassin versant de la Loire.

La commune est aux confins de la Beauce orléanaise et de la Beauce dunoise, à 26 km au nord d'Orléans et à 35 km à l'est de Châteaudun. Elle est ainsi dans une zone où l'influence d'Orléans est bien plus sensible que celle de Chartres, distant de 51 km au nord par Fains-la-Folie. Lumeau est à 92 km au sud du point zéro des routes de France.

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Lumeau est situé à 16 km de la station Météo France de la base aérienne 123 Orléans-Bricy à 125 m d'altitude, dont les relevés caractérisent un climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord de la France. Sur la période 1981-2010, sont observés une température moyenne de 11,3 °C, des hivers secs avec une température minimale moyenne supérieure à 1,3 °C entre décembre et février, des étés tempérés avec une température moyenne entre 16 et 20 °C entre juin et septembre, les records de chaleur étant de 40,3 °C le et de 39,9 °C le . L'ensoleillement annuel moyen est de 1 767 heures. Les précipitations sont relativement modérées (642 mm/an) et leurs variations interannuelles sont très faibles.

Assimilé à la langue d'oïl parlée dans le domaine royal français au Moyen Âge, le beauceron est l'une des variantes du dialecte de l'orléanais (langue) qui a contribué à former la langue française moderne.

Communes et département limitrophes[modifier | modifier le code]

Lumeau est inséré dans un maillage de villages et hameaux, espacés de 3-4 km, qui quadrillent le territoire agricole. À vol d'oiseau entre clochers d'églises, les communes les plus proches de Lumeau sont : Baigneaux (2,5 km), Loigny-la-Bataille (4,0 km), Bazoches-les-Hautes (4,1 km), Poupry (4,3 km), Tillay-le-Péneux (4,8 km), Terminiers (5,2 km), Santilly (7,0 km), Sougy (7,1 km), Dambron (6,3 km), Rouvray-Sainte-Croix (7,5 km), Artenay (7,8 km), Orgères-en-Beauce (8,4 km), Germignonville (9,3 km), Guillonville (9,7 km), Fontenay-sur-Conie (10,3 km) et Patay (10,5 km).

Communes limitrophes de Lumeau
Tillay-le-Péneux Baigneaux
Loigny-la-Bataille Lumeau Poupry
Terminiers Sougy (Loiret)

Lumeau est au voisinage de gros bourgs ruraux et villes accessibles par des routes départementales, à 8 km à l'ouest d'Artenay, à 9 km à l'est d'Orgères-en-Beauce, à 11 km au nord de Patay, à 12 km au sud-ouest de Janville et à 24 km au sud-est de Voves.

Comme toute la Beauce, le village de Lumeau était inclus dans la province de l'Orléanais, il faisait partie de la généralité d'Orléans jusqu'en 1789. Mais lors de la formation des départements (décret de la division de la France en départements du 22 décembre 1789, promulgué le 8 janvier 1790), la commune fut rattachée au département de l'Eure-et-Loir[B 1], dont la préfecture est Chartres. La commune est frontalière du département du Loiret avec la commune voisine de Sougy.

Territoire de la commune de Lumeau

Village, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

L'habitat groupé et la faible densité de population sont typiques d'une région de forte mécanisation agricole productiviste, où chaque chef d'exploitation gère seul plusieurs centaines d'hectares céréaliers, les récoltes étant commercialisées par une coopérative agricole.

Les habitations du bourg de Lumeau[L 1] s'étendent sur une longueur de 900 m et une largeur d'environ 200 m de part et d'autre de la grande rue qui prolonge la route D 3.9, approximativement entre ses deux intersections avec la route D 19.

Les hameaux d'Écuillon[L 2], Neuvilliers[L 3], Auneux[L 4], Domainville[L 5] et les écarts d'Égron[L 6] et de Tivoly[L 7] sont inclus dans le territoire de la commune de Lumeau, dont les limites territoriales modernes ont été délimitées en 1793 pour une superficie de 15,3 km2.

Le cadastre de Lumeau contient diverses dénominations de rues, chemins, réages et champarts[Note 1].

Géologie et sols[modifier | modifier le code]

Géodésie du plateau de Beauce[modifier | modifier le code]

Lumeau[L 8] se situe sur le plateau calcaire de la Beauce[B 2]. Le paysage est celui d'une vaste plaine agraire à champs ouverts. Dans le canton d'Orgères, le plateau de Beauce a une altitude moyenne de 130 mètres. Il s'abaisse légèrement du nord-ouest au sud-est. Le point haut (134 m) de la commune de Lumeau est à l'ouest de Neuvilliers en direction de Villepion, au « Haut-de-Neuvilliers, réage des Huit-Mines, champtier de Neuvilliers ». La déclivité est descendante de Neuvilliers (129 m) vers le bourg de Lumeau (122 m) et les hameaux d'Auneux (121 m) et Domainville (122 m), avec des ondulations de 2 m de Neuvilliers vers Écuillon, Domainville et Terminiers. Le dénivelé imperceptible est de 0.3%.

Trois points hauts sont identifiés comme sites géodésiques du nivellement général de la France:

Trois moulins à vent aujourd'hui disparus ont aussi pu servir de hauts repères : le moulin de Lumeau, le moulin d'Auneux et le moulin de Tivoly. Au XVIIIe siècle, les deux premiers sont représentés sur la carte de Cassini. Des enquêtes sur les moulins à blé identifient un moulin à vent en activité à Lumeau, an II (1793), et deux moulins à vent, an X (1801)[L 12]. Des éoliennes se trouvent sur la commune voisine de Terminiers au XXIe siècle.

Il y a en outre dix repères de nivellement dans la commune :

  • W.B.03-1 : Lumeau, faubourg Saint-Martin (altitude NGF-IGN 1969=124,044 m)[L 13]
  • W.B.03-2 : Auneux, écurie (altitude NGF-IGN 1969=120,792 m)[L 4]
  • W.B.03-3 : Auneux, carrefour entre les routes D109.5 et 109.3 (altitude NGF-IGN 1969=121,883 m)[L 14]
  • W.B.N303-10 : Écuillon (altitude NGF-IGN 1969=126,273 m)[L 2]
  • W.B.N303-11 : vestige d'une remise au moulin de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=124,446 m)[L 15]
  • W.B.N303-12 : mairie de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=122,882 m)[L 1]
  • W.B.N303-13 : cimetière de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=125,304 m)[L 16]
  • W.B.03-35 : Neuvilliers (altitude NGF-IGN 1969=129,393 m)[L 3]
  • W.B.03-36 : Neuvilliers, monument des mobiles de 1870 (altitude NGF-IGN 1969=128,793 m)[L 17]
  • W.B.03-37 ; château d'eau de Lumeau - point B (altitude NGF-IGN 1969=124,969 m)[L 18]

Géologie et gisement de fossiles[modifier | modifier le code]

« La Beauce en géologie correspond à la zone d'affleurement des calcaires lacustres qui se sont déposés depuis l'Eocène moyen (43 millions d'années) jusqu'au début du Miocène (25 millions d'années) », et plus précisément jusqu'à l'Aquitanien[B 3]. Le calcaire de Beauce est recouvert d'un limon d'une épaisseur métrique.

Mais, il existe une particularité géologique à la sortie est du bourg de Lumeau sur la route d'Artenay, d'une part dans un parallélogramme à l'est de l'intersection avec le chemin d'Albis et au nord du moulin d'Auneux, et d'autre part à l'est de la route D109.3 dans une zone centrée sur le bois d'Auneux, dite cuvette de Poupry. S'y trouve une formation géologique de sables et marnes de l'Orléanais (datant du Burdigalien, plus récent que l'Aquitanien)[B 4], niveau fossilifère de quelques décimètres au dessus d'une dépression du calcaire de Beauce. Elle forme un îlot entre Auneux, Poupry, Dambron et Baigneaux, où des gisements d'ossements et de dents de vertébrés, essentiellement des mammifères, des fossiles de reptiles aquatiques, poissons et mollusques y ont été découverts en nombre depuis 1850 : rhinocéridés, probocidiens, cervidés et giraffidés (palaeomeryx), équidés (anchitherium aurellianensis), rongeurs (prolagus,sténéofiber), suidés (hyotherium, palaeochoerus), carnassiers (pseudaelurus, genetta, ursidae, amphicyon, hyaenidae)[C 1]. « La dépression de Poupry (...), dépression du calcaire de Beauce comblée par cette argile verte et jaunâtre, est un exemple typique de ces marnes vertes de l'Orléanais[C 1] ». Les découvertes dans son appendice sableux affleurant entre le bourg de Lumeau et le hameau d'Auneux sont modestes :

  • Une note[L 19] d'Auguste Laugel, publiée dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences en date du , indique les découvertes suivantes dans une sablière d'Auneux: « une machoire inférieure de Steneofiber viciacensis » (castor), « une arrière-molaire du Mastodon tapiroides » (tapir), « une astragale de rhinocéros et des fossiles d'eau douce, probablement du genre Unio ».
  • En 1908, « à Lumeau, dans la carrière de sable appartenant à M. Piau jeune, il a été trouvé des débris fossiles, ossements, dents d'animaux, coquilles, haliotides de grandes dimensions et nacrées, reposant sur le tuf même, tout au fond de la sablière[L 20]. » « Le procès-verbal de la séance du 3 janvier 1908, de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans mentionne que l'haliotide de grandes dimensions trouvée à Lumeau par M. Dumuys est analogue à certaines autres haliotides du Pacifique. » La nature des fossiles recueillis indique une sédimentation en eau douce.
  • En 1916, « au nom de M. Faucheux, carrier à Lumeau, M. Esnault fait don à la Société de plusieurs morceaux d'un fragment d'arbre silicifié qui a été trouvé dans une carrière de sable sise commune de Lumeau, sur la route d'Artenay. Enfoui dans le sable à 2 mètres 80 de profondeur, ce fragment mesurait environ 1 mètre 80 de longueur sur 20 centimètres de diamètre ; il s'est désagrégé en plusieurs morceaux lors de son extraction[B 5]. » Il s'agirait d'un tronc fossilisé de palmier.

Certains de ces fossiles sont au Musée d'histoire naturelle d'Orléans ou au Muséum d'histoire naturelle de Paris. D'autres fossiles similaires issus de cette même dépression géologique sont au Musée d'histoire naturelle de Bâle, qui les avait achetés illégalement auprès d'agriculteurs indélicats, jusqu'à ce que les douanes arrêtent ce trafic archéologique international[B 6].

Souterrains[modifier | modifier le code]

  • Hypogée de Neuvilliers

Dans le hameau de Neuvilliers (cadastre section ZK, no 26 de la commune de Lumeau), a été découvert « un hypogée, comprenant une galerie et une salle circulaire qui fait certainement partie d'un ensemble assez important[L 21] ».

« C'est en janvier 1961 que fut découvert par le passage d'une machine agricole, un petit souterrain. Il se trouve derrière les batiments d'exploitation de M. Henri Rousseau au hameau de Neuvilliers. L'étude du souterrain se fit de 1961 à 1968. Le mobilier extrait oblige à admettre l'existence en ce lieu de rites divers[L 22]. »

Étudié par l'abbé Pierre Nollent pendant plusieurs années[L 21], « cet hypogée a donné des fragments de bords de pots cassés et déposés intentionnellement (des fragments de bords seulement), et ces poteries ont été également datées du XIIIe siècle[B 7]. » « Une tête de cheval se trouvait derrière une fermeture dans le souterrain de Neuvilliers[B 8]. » Ont été aussi identifiés des palets-disques taillés dans des tuiles ou ardoises anciennes trouvés en dépôt, alignés sur les marches de l'entrée primitive du souterrain de Neuvilliers.

L'hypogée de Neuvilliers (« hypogée type de Lumeau ») fait partie d'un ensemble régional de souterrains que l'on observe aussi sous l'ancien château de Terminiers ou sur les « sites de Dambron au nord d'Artenay (souterrain sous l'ancien cimetière), de Bazoches-les-Hautes et Tillay-le-Péneux »[C 2]. Leurs usages sont incertains sur des périodes allant du Ier siècle au XIIIe siècle, c'est-à-dire de « l'Empire romain païen ou à l'époque paléo-chrétienne[C 2] » jusqu'au Moyen Âge central. Ils témoignent de la persistance de pratiques rituelles anciennes. « Les très nombreux souterrains signalés un peu partout ne sont pas si anciens qu'on a souvent voulu le dire, mais bien médiévaux. Ils n'ont pas été des refuges, sinon accidentellement ; ils n'ont pas été creusés pour relier deux points éloignés l'un de l'autre comme le voudrait une affirmation très souvent entendue et qui se révèle, toujours, entièrement imaginative ; ils avaient, selon toute apparence, une origine cultuelle : demeure de l'esprit (les traditions anciennes reconnaissent trois monde : un premier, avec sa manifestation informelle : l'esprit ; un second, avec sa manifestation subtile : l'âme ; le troisième avec sa manifestation grossière : le corps)[B 9]. »

  • Cachette-silo enterré de Villours

Dans sa statistique archéologique de 1864[B 10], Boisvillette décrit le souterrain de la ferme de Villours, au sud de Loigny et à l'ouest d'Écuillon. Il l'interprète avec précautions comme étant une cachette-silo pour récoltes en temps de troubles. Un souterrain similaire lui est connu au lieu-dit Pannes à Bazoches-les-Hautes. À Villours, « on descend à la galerie par un plan incliné A-B qui rachète une profondeur de 4 mètres, et l'on s'engage à gauche dans un couloir étroit qui conduit à trois chambres[B 10]. »

  • Souterrains marniers de Domainville

Plusieurs souterrains ont été découverts au hameau de Domainville en 1972, au voisinage d'un site protohistorique comprenant une grande fosse-dépotoir, des fossés et une sépulture, auxquels s'ajoutent un large fossé du Ier siècle et « un habitat datable du haut Moyen Âge. »

Au nord du hameau de Domainville, un souterrain a été découvert et fouillé en 1982. À une profondeur de 6 m et sur une longueur de 14 m, se trouvent une cavité en forme de salle oblongue, une galerie, une grande salle ovale et deux salles cylindriques annexes, ainsi qu'un puit de remontée. Outre un usage cultuel éventuel comme à Neuvilliers ou comme cachette-silo comme à Villours, une interprétation complémentaire spécifique à la dépression géologique de Poupry est l'extraction ancienne de marnes de l'Orléanais en galeries, pour l'amendement calcique (chaulage) des sols acides ou utilisables comme mortier de terre pour la fabrication du pisé ou du torchis. Un souterrain similaire de trois salles, deux couloirs et un puits de remontée a été découvert proche du hameau de Mamerault sur la commune de Poupry en 1975.

  • Carrières de pierres

« Le calcaire de Beauce a fourni le matériau des constructions. (...) On extrayait autrefois la roche en affleurements à Poupry, en sous-sol à Lumeau et Terminiers. Les carrières sont pour la plupart comblées et la brique a fait son apparition[L 23]. » Les usages sont comme pierre de construction (moellon) ou comme pierre calcaire pour four à chaux (notons le lieu-dit Chaufour à Bazoches-les-Hautes qui témoigne de ladite fonction). Une carrière souterraine est référencée dans la commune[L 24]. Quatre autres cavités souterraines sont aussi identifiées dans la commune[L 25]. Elles se trouvent d'une part à l'est du château d'eau et au nord-ouest du moulin d'Auneux et d'autre part au sud-est et à l'est d'Écuillon.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'hydrographie[L 26] est caractérisée par la nappe phréatique de Beauce[B 11], alimentée par les eaux souterraines et les eaux de pluies qui s'infiltrent dans le calcaire de Beauce. Lumeau est à proximité ou au dessus de trois grands aquifères exonérés de pollution anthropique, adaptés à l'alimentation en eau potable[L 26]. La commune comprend 8 puits d'eau d'une profondeur entre 5 et 18 m, dont 2 à Lumeau et à Auneux, les autres étant à Neuvilliers, Tivoli, Domainville, Egron. Une fontaine publique avec pompe à volant en bronze est située sur la place de Neuvilliers et une autre dans la Grande-Rue de Lumeau. L'usage des puits domestiques vers la nappe phréatique dans les fermes a été remplacé par un réseau d'adduction d'eau entre 1930 et 1955. Un château d'eau[L 11] est situé sur la route entre Lumeau et Neuvilliers, l'eau potable provenant du réseau d'adduction intercommunal. 19 forages vers les aquifères à des profondeurs de 25 à 55 m sont aussi répartis le long des routes D3.9, D19 et D109. Les 15 points de prélèvement effectivement actifs dans la commune extraient annuellement, en moyenne décennale, 856 000 m3 d'eau en nappe profonde (33 à 55 m), sous le contrôle des compteurs de l'agence de l'eau Loire-Bretagne. La surveillance régulière de la qualité des eaux est effectuée au bourg de Lumeau à 29 m de profondeur et à Loigny jusqu'à 95 m de profondeur[L 26].

Il y a deux mares d'eau pluviale dans le bourg de Lumeau[L 27]. Le bois d'Auneux au lieu-dit « la Grande Écuelle » est une zone humide dans la cuvette marnière de Poupry, des travaux de drainage y ont lieu en 1928 ; les deux mares d'Auneux et la mare de Domainville y sont adjacentes. Il y a deux mares à la ferme d'Égron. Une petite zone humide affleure dans le bois de Neuvilliers. Il y une mare et deux zones humides à Écuillon.

Lumeau est à 12 km de la source du bras principal de la rivière Conie dans le bois marécageux de Bréviande à Villeneuve-sur-Conie près de Patay et qui s'écoule par Péronville et Varize. Lumeau est aussi à 8 km des sources de Rau-La-Conie, aussi appelée Conie du nord ou Conie palue, qui émerge en ruisseaux marécageux couverts de roseaux (appelés rouches et utilisés pour des toitures anciennes jusqu'au début du XXe siècle) d'une part à l'est de la ferme de Canonvilliers entre Germignonville et Viabon et d'autre part dans le bois du château de Cambrai à l'est de Tillay-le-Péneux. Les ruisseaux de Rau-La-Conie convergent dans Fontenay-sur-Conie, s'écoulant au nord d'Orgères-en-Beauce, dans la vallée d'Ormoy et Courbehaye, puis Cormainville ; le cours d'eau arrive à Nottonville, qui est le confluent avec le bras principal de la Conie, poursuivant comme affluent du Loir[C 3]. La Conie marécageuse et infestée de moustiques était un foyer endémique du paludisme jusqu'au début du XXe siècle[C 4]. Les vestiges de canalisation du lit de la rivière remontent à l'antiquité. La rivière est partiellement canalisée en 1903 et totalement en 1918. La couche aquifère qui émerge dans la vallée de la Conie est à l'altitude 116 m, qui est aussi l'altitude du fond de puit le moins profond dans le bourg de Lumeau (5 m de profondeur à l'altitude 121 m du sol).

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Végétation[modifier | modifier le code]

Le paysage est marqué par la céréaliculture pratiquée sur une épaisse couche de limons des plateaux, dépôts sédimentaires sur un socle calcaire drainant, qui retiennent la matière organique et les éléments nutritifs dans la couche superficielle du sol. Le calcaire riche en bases favorise une forte intensité de l'activité biologique dans le sol (micro-organismes et invertébrés de l'humus), l'humus se décompose ainsi très vite[C 5],[C 6].

Le territoire de Lumeau se répartit en 98.3% de terres arables et 1.7% de forêts[L 26]. Dans le périmètre territorial de Lumeau sous l'Ancien Régime vers 1789, la surface cultivable de 14 km2 comprenait « 2 420 arpents de terres labourables, 8 arpents de vignes, 15 arpents de bois taillis[L 28] ». En 1868, les surfaces des propriétés bâties de la commune occupent 7 ha, la superficie totale des propriétés non bâties est de 1508 ha, les terres cultivables 1453 ha, les bois 14 ha, les jardins 12 ha, les mares 0.5 ha et les chemins 28 ha[L 29].

Depuis l'Antiquité, c'est un pays de grande culture du froment (blé tendre pour la fabrication du pain) et de l'orge (pour la cervoise gauloise et la bière). Des champs sont aussi ensemencés d'escourgeon (orge d'hiver) ou d'avoine. À la fin du XVIIIe siècle, les usages des jachères et vaines pâtures ne suffisent plus pour l'alimentation animale, avec le fort développement de l'élevage ovin : des prairies artificielles sont ensemencées avec des plantes herbacées (trèfle, luzerne), méteil et légumineuses fourragères (betterave fourragère) ; cette pratique perdure jusqu'au milieu du XXe siècle. La betterave à sucre est produite pour la sucrerie-distillerie d’Artenay créée en 1928. Depuis le milieu du XXe siècle, ces cultures alternent aussi avec celles du blé dur, du maïs, du colza et du tournesol.

Le couvert arbusif de la commune comprend plusieurs zones, le chêne et l'orme étant les essences principales :

  • zones boisées dans le bourg de Lumeau et les hameaux d'Écuillon, Neuvilliers, Domainville et Auneux
  • bois de Lumeau : 18 ha (la 35ème division d'infanterie américaine y stationne à couvert le jusqu'au lendemain.)
  • bois d'Auneux : 23 ha, principalement sur la commune de Pouprix
  • bois de Domainville : 1,1 ha
  • bois des Enclos : 1,3 ha sur le chemin de Saint-Michel entre Loigny et Lumeau
  • bosquet des Garennes : 0,4 ha, à l'ouest de Neuvilliers
  • deux arbres isolés sur le chemin au Loup[L 30], au nord de Neuvilliers

À la limite extérieure de la commune, nous avons aussi :

  • bois carré de Domainville : 0,7 ha vers Poupry
  • bois d'Égron : 8 ha vers Poupry
  • bosquet de la chapelle Sainte-Radegonde : 0,2 ha vers Terminiers
  • bosquet des Champs-aux-Pois : 0,2 ha vers Villours

Les surfaces non urbanisées sont essentiellement consacrées aux cultures agricoles.

Une vision diachronique du boisement met en évidence les phénomènes d'expansion et de réduction des emblavures vis à vis de la végétation sauvage. La microtoponymie évoque des arbres isolés et un bois qui n'existent plus aujourd'hui. La carte IGN de 1950 détaille plusieurs bosquets autour du bois des Enclos[B 12] et identifie un taillis à l'est de Neuvilliers dans le réage Les Muids, qui ont disparu ultérieurement. La contraction actuelle du bois de Neuvilliers est aussi perceptible par référence à 1950. Au contraire, la carte d'état-major de 1866 ne mentionne que le bois de Lumeau, le bois d'Auneux et le bois de Domainville, donnant l'impression que les autres unités boisées sont de créations plus récentes. La carte de Cassini de 1757 mentionne seulement le bois de Lumeau, le bois d'Auneux et le bois des Garennes. Le bois a été un matériau indispensable pour la menuiserie, les charpentes, les outils, les machines et les chariots, ainsi que comme combustible.

Animaux[modifier | modifier le code]

À Lumeau, la faune sauvage est celle présente sur le plateau de Beauce ou issue de la vallée de la Conie : historiquement, c'est un territoire où sont chassés[Note 2] le lièvre, le lapin, le chevreuil et le sanglier, les perdrix grises et perdrix rouges, les vanneaux, cailles, pluviers guignards, faisans et canards. En outre, l'écosystème céréalier attire les hirondelles, les mulots et autres petits rongeurs. La Conie poissonneuse fournit aussi des écrevisses.

À l'ouest de Lumeau se trouve une zone importante pour la conservation des oiseaux (vallée de la Conie et Beauce centrale) : Lumeau est inclus dans une zone de protection spéciale du réseau Natura 2000 pour la directive oiseaux[C 7].

La peur du loup est inscrite dans les traditions, et la mémoire de sa présence est identifiée par le « chemin au Loup[L 30] » à Neuvilliers. Le loup est l'objet d'une campagne de stigmatisation comme « misérable bête » tueuse d'hommes, propagée depuis la Beauce chartraine et le Vendomois en 1679[1]. La dernière mort d'homme attribuée à un loup dans le canton d'Orgères a été enregistrée en 1735 dans les bois de Cambray à Germignonville, à 8 km de Lumeau[B 13]. Une battue au loup est organisée le (27 brumaire de l'an VIII) dans le canton d'Orgères, où « on tua cinq loups, tous vieux, trois s’enfuirent, blessés à mort[B 13] ». L'extermination du loup est organisée au XIXe siècle parallèlement à l'expansion de l'élevage ovin ; le dernier loup d'Eure-et-Loir est abattu en 1900 à Thiville près de Châteaudun[B 14],[B 13].

L'élevage a presque totalement disparu du paysage de Beauce face à la grande culture céréalière et les engrais chimiques. Les écuries dans les fermes témoignent de l'importance du cheval de trait (Percheron) comme moyen de locomotion et comme force motrice pour les labours jusqu'à la mécanisation généralisée, nécessitant une production fourragère adaptée. Des bergeries rappellent l'élevage ovin comme activité de complément nécessitant des prairies artificielles ensemencées de légumineuses et prises en compte dans la rotation des cultures. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'élevage des moutons de races lainières issues du mérinos de Rambouillet a pris la place d'une « race de moutons à corps long et peu laineux[B 15] ». Les étables insèrent les fermes dans l'économie laitière du petit élevage bovin, l'autarcie alimentaire étant partiellement assurée par l'élevage de volailles, lapins, vaches et cochons, jusqu'à l'avènement des circuits de grande distribution alimentaire.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

  • Réseau routier

La commune de Lumeau est accessible par la route

de Paris ou Orléans par l'autoroute A10 (sortie Sortie 13 Artenay) ou par la route nationale 20 (D2020 via Artenay), partiellement sur le tracé d'une ancienne voie romaine d'axe nord-sud, dite grande route de Paris à Orléans
d'Artenay et Poupry via Auneux vers l'ouest sur 8 km par les routes départementales D10 et D3.9, dite route d'Artenay (dénommée en 1853 chemin de grande communication n°36 d'Orgères à Artenay[L 31])
d'Orgères-en-Beauce et Loigny via Écuillon vers l'est par la route départementale D3.9, partiellement sur le tracé d'une ancienne voie romaine d'axe ouest-est entre Chartres et Orléans, dite route d'Orgères (dénommée en 1853 chemin de grande communication n°36 d'Orgères à Artenay[L 29])
de Chartres par la route nationale 154 vers le sud via Allaines et Bazoches-les-Hautes, partiellement sur le tracé d'une ancienne voie romaine d'axe sud-nord entre Blois et Allaines, dite route d'Allaines (dénommée grand chemin de Blois[L 29])
de Sougy via Domainville vers le nord, par la route départementale D109.3, parallèle au tracé de l'ancienne voie romaine d'axe sud-nord entre Blois et Allaines, dite route de Sougy (dénommée chemin de Blois à Paris[L 29])
de Tillay-le-Péneux et Baigneaux vers le sud par la route départementale D109.3, dite route de Baigneaux (dénommée en 1860 chemin de grande communication n°41 de Terminiers à Janville[L 32])
de Patay et Terminiers vers le nord via Neuvilliers par la route départementale D19, dite route de Patay (dénommée en 1860 chemin de grande communication n°41 de Terminiers à Janville[L 29]).

Une ancienne voie romaine orientée sud-nord traverse la commune de Lumeau[B 16]. Sur le relevé de la carte d'État-Major (1820-1866), elle est nommée « ancien chemin des postes, alias chemin de Blois à Albis ». Aussi nommée « grand chemin de Blois » ou « chemin d'Ablis, de Blois à Paris par Allaines[C 8] »[B 17], elle constitue un segment de la voie antique allant de Tours à Blois et Orléans, et qui bifurque ensuite vers Chartres ou vers Ablis en direction de Paris. Ce chemin de terre en provenance de Saint-Péravy-la-Colombe traverse Terminiers à la ferme de la Ferlauderie au lieu-dit Petit Échelles, longe Égron et Domainville puis traverse Lumeau entre le bourg et le hameau d'Auneux. En passant par le lieux-dit moulin de Tivoly (au nord-est du bourg de Lumeau), par le réage de la Haute Borne et par Bazoches-les-Hautes au lieu-dit Chauffour, elle rejoint Allaines, ancien carrefour stratégique de 7 voies romaines à 11 km au nord de Lumeau, permettant ainsi d'emprunter notamment la voie romaine entre Allaines et Chartres, aujourd'hui route nationale 154. Dans ses branches vers Ablis, Dourdan et Paris[B 17], le tracé de la voie romaine entre Allaines et Sainville est un chemin vicinal quasi-parallèle à celui de l'autoroute A10 (à 16 km au nord de Lumeau, un alignement d'éoliennes parcourt cette voie romaine sur une distance de 13 km, visible depuis l'autoroute entre Allaines et Allainville).

Un axe de circulation antique de Chartres à Orléans par Voves et Fains-la-Folie a l'attribut de « chemin de César »[B 17]. Avant d'être transformé en voie romaine, il existait déjà comme chemin gaulois avant la conquête romaine de la Gaule[B 10] : il suit un itinéraire carnute de l'Eure, affluent de la Seine, à la Loire. Passant à côté de « la Grosse Pierre de Villours » au sud du hameau d'Écuillon, cette voie longe la commune de Lumeau selon un axe orienté ouest à sud-est entre les hameaux de Neuvilliers et Terre noire, en provenance en ligne droite du segment de route départementale D3.9 passant par la maladrerie d'Orgères (intersection avec la route départementale D927, ancienne voie romaine « chemin de César Le Mans-Paris par Châteaudun et Allaines ») jusqu'à l'ouest de Loigny et poursuivant en un chemin de terre en direction de Sougy, Gidy et Saran, passant aussi par la ferme de la Ferlauderie « et gagne les approches d'Orléans par les Grandes Bordes, le Bois Picard, Saran et la patte d'oie des Aydes où elle rejoint la voie venant de Chartres par Allaines[B 16] ». C'était la voie la plus directe pour relier Chartres à Orléans, mais elle nécessite de traverser la vallée de la Conie, contrairement à la voie romaine via Allaines qui, elle, reste sur le plateau beauceron. Sur la carte d'État-Major, elle est nommée « ancienne route de Chartres à Orléans, voie gallo-romaine ». Important chemin de terre antique de Chartres à Orléans, il est représenté sur la carte de Cassini de 1757 et sur la carte d'état major de 1822, mais est classé chemin vicinal au XIXe siècle. Deux paires d'éoliennes, à 3 km au sud-ouest et au sud de Lumeau, sont alignées avec cette voie antique, qui matérialise la limite communale entre Lumeau et Terminiers.

Jusqu'en 1853, le chemin vicinal d'intérêt commun entre Orgères et Artenay passe par Loigny, Ecuillon, Neuvilliers, Domainville, Milhouard et Poupry, mais il est jugé « défectueux entre Lumeau et Poupry[L 31] », en raison de l'absence de drainage dans la cuvette marnière de Poupry. La distance entre Ecuillon et Pouprix par ce chemin est de 7,6 km, alors que la distance par Lumeau et Auneux est de 7,3 km, soit un excédent de 300 m, mais le rapporteur au conseil général prétend qu'il est de 797 m. Il est alors préféré de faire passer le trafic par Lumeau et Auneux en formant le chemin de grande communication n°36 d'Orgères à Artenay[L 31].

Les parcelles agricoles sont desservies par un réseaux de chemins vicinaux et chemins d'exploitation.

  • Transport en commun routier

Les autobus des lignes 2 et 32B du réseau de mobilité interurbaine (Rémi-Transbeauce) vers Orléans, Chartres, Châteaudun, Orgères-en-Beauce et Guillonville ont des arrêts dans la commune (Neuvilliers, Grande Rue, Écuillon).

  • Transport ferroviaire

La ligne Paris-AusterlitzOrléans, est en exploitation depuis la création de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans en 1840 et sa desserte de Paris à Orléans via Juvisy en 1843. Le service assuré par le TER Centre-Val de Loire y est accessible à la gare d'Artenay, à 8 km à l'est de Lumeau.

La ligne ChartresOrléans est exploitée depuis 1872. Le service TER Centre-Val de Loire est assuré pour le trafic voyageurs sur la section de Chartres à Voves. Une extension du service offert aux passagers comprend la réouverture après 2020 d'un arrêt pour le trafic voyageurs à Orgères-en-Beauce[C 9] qui avait été supprimé en 1937 lorsque cette ligne ferroviaire à voie unique non électrifiée devint strictement d'intérêt militaire comme ligne-école du chemin de fer et opérée par le 5e régiment du génie. Depuis 1942, la ligne de Chartres à Orléans est principalement utilisée pour la circulation des trains de marchandises : il y a une gare de fret pour le silo de la coopérative agricole Axéréal à Gommier, entre Guillonville et Terminiers, et une autre gare de fret pour le silo Axéréal d'Orgères. La halte ferroviaire pour les voyageurs d'Orgères-en-Beauce est à 9 km à l'ouest de Lumeau, celle de Patay est à 11 km au sud-ouest de Lumeau.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Une analyse du toponyme Lumeau est réalisée en 1906 dans une étude du cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans[B 18]. Mais c'est Jacques Soyer, archiviste du département du Loiret et président de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, qui est l'auteur de la principale recherche sur l'étymologie de Lumeau[L 33] en 1941.

Lumeau dérive du nom gaulois de l'orme. « Son nom est d'origine celtique : Limoialum, devenu Limogilum, Limolium, Limulium en latin médiéval. Il signifie « endroit planté d'ormes » ; du gaulois limos ou lemos (signifiant) orme (irlandais : lem) et ialon (signifiant) espace découvert, endroit, champ (gallois : ial). Limoialum est le synonyme du latin classique ulmetum, d'où provient le nom de la commune d'Ormoy (aussi en Eure-et-Loir)[L 33] ». Du latin ulmus[2] et du bas latin ulmetum dérivent aussi ulmeau, désignant l'arbre « orme » en langue d'oïl utilisée à la Renaissance. Ainsi la charte de l'abbaye Saint-Florentin de Bonneval identifie le village d'Ormoy (commune de Courbehaye) sous le nom ulmeculi en 1181 et ulmetus en 1265.

« Limogilo : ce nom est l'un de ceux qui, dans notre région, a donné la terminaison -eau. Limogilum a donc dû devenir Limeau, et si nous ne trouvons plus identiquement cette graphie, nous avons aujourd'hui Lumeau qui en est une altération. L'i s'est souvent changé en u[B 18]. »

Il est rapporté dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans que Limogilum est noté dans des actes royaux de Charles II le Chauve entre l'an 843 et l'an 877. Limogilo est cité dans le cartulaire en 938[L 34] ; Limogilo est aussi citée en 954-972 et 979 dans des actes des rois carolingiens Lothaire et Louis V, ainsi qu'en l'an 990 dans le diplôme d'Hugues Capet décerné à l'église d'Orléans. La référence à Limogilus apparait notamment dans le diplôme émis par Louis V en 979 avec l'indication « Limogilus villa Ecclesiae Aurelian confirmatum a Ludovico R Fr[3] ». C'est aussi la « villula in Belsica Limulio » citée dans une fausse charte de l'abbaye Saint-Mesmin de Micy datée de 836 mais forgée au XIe siècle. Limolium (de Limolio) est la dénomination utilisée en 1270 dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans, devient Lumolium en 1369-1370[B 19], dénomination utilisée jusqu'au XVIe siècle[L 33], et enfin Lumeau vers le XVIIe siècle.

Lumeau n'est pas le seul toponyme faisant référence à la nature environnante : le moulin d'Auneux (Aulneux en 1563) porte son nom d'une zone humide plantée d'aulnes. Les réages du cadastre évoquent « le Poirier », « le sentier du Bois Salla » et « le chemin au loup ». Quant-à l'écart Égron, son nom rappelle les oiseaux du genre Egretta (aigrette, aigron ou héron) issu du francoprovençal hègron (notons à 5km d'Égron mais sur la commune de Poupry, l'aire de repos du héron cendré de l'autoroute A10) .

La ferme d'Écuillon (Escuillum en 1177 ; Escuillons en 1226[B 20]) peut faire référence au chêne (latin aesculus et celtique rouvre, le toponyme Rouvray désignant une chênaie) et est une métonymie gallo-romaine liée à l'aiguillon ou écouvillon. Selon une autre interprétation, il s'agit de « Scudilio, nom de personne d’origine germanique, et suffixe de possession o-onem[4] ».

Domainville et Neuvilliers sont des toponymes désignant des domaines ruraux et leur hameau[L 35]. La métairie de Domainville est la villa de Domyn ou Damyn (Damien) et peut être aussi interprétée comme villa domini, maison du propriétaire du domaine.

Pour Neuvilliers, une première interprétation est que l’antéposition de l’adjectif de cette villa "neuve" est un indice de l'influence germanique, donc postérieure au Ve siècleneu Weiler» pour hameau nouveau en vieux-francique, langue des Francs et en bas allemand, qui donne aussi les toponymes Neuviller dans l'est de la France). Une seconde interprétation, plus probable, est un toponyme issu du latin novus, novum et du bas-latin villaris, villare, dérivé de villa qui donne ultérieurement -villiers : il s'agirait aussi d'un toponyme du haut Moyen-Âge dans la moitié nord de la France. Il y a 36 toponymes se terminant par -villiers en Eure-et-Loir[C 8], dont 7 sont à moins de douze kilomètres de Neuvilliers[Note 3]. « Villiers, qui représente dans son principe un démembrement de la villa, accuse donc un défrichement plus tardif que villa, apparaît vers le VIIe siècle[5]. » Malheureusement nous ne trouvons pas la trace dans les archives d'un quelconque Novum Villare qui pourrait être semblable à Altum Villare (devenu le lieu-dit Auvilliers[C 10] à Artenay, à 8 km de Neuvilliers) permettant de dater plus précisément sa fondation. Néanmoins, une Nova Villa attribuée à l'église d'Orléans est citée au Xe siècle dans les diplômes de Lothaire et de Louis V au cartulaire de Sainte-Croix-d'Orléans[B 18] confirmée par Hugues Capet[B 21] sans indice pouvant aider à l'associer à Neuvilliers plutôt qu'à Neuville-aux-Bois. Neuvilliers s'inscrit ainsi dans un cycle d'expansion bien antérieur à l'essor des villae novae du XIIe siècle (cf. lieu-dit Villeneuve, ancien péage-droit de passage du seigneur du Puiset à Pouprix[C 11], à 7 km de Neuvilliers) .

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Voies romaines et sites d'occupation humaine entre l'âge de fer et le Ve siècle EC à Lumeau et alentours

Les inventaires des découvertes archéologiques à Lumeau se sont succédé, du premier questionnaire préfectoral en 1821 à la Statistique archéologique d'Eure-et-Loir[B 10] de Louis-Gustave Guérineau de Boisvillette en 1864. Marc Bloch publie en 1930 une étude sur « les problèmes du peuplement beauceron » explorant la toponymie en Beauce. Suit le catalogue de la Beauce ancienne de Jacques Soyer en 1943 et notons son article de 1941 sur les origines de la commune de Lumeau[L 33]. Un relevé systématique de la carte archéologique de la Beauce a été initié par l'abbé André Nouel[B 22] entre 1958 et 1969, continué pour Lumeau par Robert Plessis[L 34] jusqu'en 1977 et par le groupement archéologique et historique de la région d’Artenay fondé par l'abbé Pierre Nollent et Jean-Michel Calvo[L 36], parallèlement à des fouilles locales sur l'habitat antique et du haut Moyen Âge[C 12] de 1973 à 1983 sous la direction d'Alain Ferdière[C 13], qui établit une carte des sites de l'âge de fer et des sites gallo-romains dans un rayon de 10 km autour de Dambron[C 14]. Des recherches archéologiques ont été poursuivies[B 23], s'appuyant notamment sur la prospection aérienne de Daniel Jalmain vers 1970-1976[B 16] et d'Alain Lelong en 1990 et 1992 puis en 2003 et 2004, avec une prospection au sol entre 2009 et 2014[C 15],[C 16].

L'inventaire patrimonial et de l'archéologie est informatisé au début du XXIe siècle et est enrichi par l'atlas des fermes et villae gallo-romaines de Beauce[B 24]. La carte archéologique[C 8] inventorie les découvertes de vestiges et mobiliers archéologiques sur une dizaine de sites localisés dans la commune de Lumeau, notamment dans le bourg de Lumeau, au lieu-dit Malmusse au nord du bois de Lumeau, au sud au lieu-dit du calvaire sur la route de Patay, à l'ouest au lieu-dit du Moulin de Lumeau (qui pourrait être le site primitif du village « situé dans une légère cuvette » vers la route d'Orgères), ainsi qu'à l'est du bourg sur le chemin d'Albis, au lieu-dit du Moulin d'Auneux, à Domainville et à Égron, et aussi à Neuvilliers, aux réages du Carreau et les Vallées, respectivement à l'ouest et au sud de Neuvilliers.

Le territoire de Lumeau a fait l'objet de quelques interventions archéologiques ponctuelles : les trois sites principalement fouillés en dehors du bourg de Lumeau sont la sépulture gauloise et les fosses dépotoirs de Domainville[L 36] (période de la Tène finale), la villa gallo-romaine de Villours[L 37] et l'hypogée de Neuvilliers[L 21] (Antiquité tardive et Moyen Âge).

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces laissées par les différentes occupations humaines sur le territoire de Lumeau remontent à l'époque des chasseurs-cueilleurs nomades du Paléolithique et Mésolithique.

Au 5e millénaire avant notre ère, le territoire de Lumeau est colonisé par des fermiers du Néolithique, sans certitude de sédentarisation pérenne : ils y introduisent la domestication des animaux et de certaines plantes, des techniques agricoles, des poteries de terre cuite et de l'outillage en pierre polie.

Des traces d'industrie lithique du Paléolithique moyen et supérieur[L 34], du Mésolithique tardenoisien[L 34] et du Néolithique y ont été identifiées entre 1961 et 1972 :

près de Neuvilliers a été trouvée une hache polie en pierre dure verte plate[B 22] ; 590 pièces ou éclats néolithiques « provenaient du même climat, soit entre Terminiers et Terre-Noire (...) en direction de Lumeau, un gratoir, entre Lumeau et Terre-Noire, une très belle lame : poignard en silex de Pressigny ; vers le sud du pays, une hache de silex poli[L 38] » ;
à Domainville, nous avons un biface moustérien 13 x 8,7, un autre biface, une hache polie en silex retaillée, de nombreux racloirs, pointes, pic-ciseau, scie, fragments de poignard, flèches tranchantes ;
au bois de Domainville, ont été trouvés deux silex taillés[C 8].

Notons que le flanc de la vallée de la rivière Conie, à 9 km à l'ouest de Lumeau, présente un affleurement d'argiles à silex de bonne granulométrie (20% des granulats ont un diamètre supérieur à 125 mm)[B 25] qui peuvent être une ressource pour l'industrie lithique locale : il s'agit de cailloutis de silex rouges.

Une prospection archéologique systématique à vue sur sol nu est réalisée sous la direction d'Alain Lelong[C 15] entre 2009 et 2014 sur une surface de 761 ha labourés d'un territoire délimité par les villages de Loigny, Faverolles, Terminiers, Neuvilliers, Lumeau et Écuillon. Le mobilier de surface récolté constitue un échantillonnage représentatif de l'histoire du territoire et permet d'identifier la première occupation des sites ; il comprend, entre autres, 1 188 objets lithiques:

pour la période Paléolithique, aucune nouveauté majeure n'a été trouvée depuis la découverte du biface moustérien de Domainville en 1967
pour la période Mésolithique, 32 objets ont été caractérisés (armatures, micro-burins, nucleus)
pour la période Néolithique, 330 restes ont été identifiés, dont « des fragments de haches polies, de silex du Grand-Pressigny (fragments de poignards dispersés), des armatures à pédoncules, un fragment d'anneau en serpentinite » et des céramiques. « Les objets les plus nombreux se situent le long de la route de Loigny à Lumeau, au niveau de Loigny et au sud de Lumeau ».

Un mégalithe appelé la « Pierre antique » est représenté sur la carte d'État-Major de 1820. Il est décrit par Boisvillette en 1859 et en 1864 : « le chemin d'Orléans passe (...) entre deux pierres (...) dites de Villours et de Goury (XXXIII de la Statistique[B 10]) ». « La pierre de Villours encore sur place, à 100 mètres sud-est du hameau, demi-dolmen que sa nature indique provenir des carrières de Saint-Florentin distantes de 8 à 10 kilomètres, et qui faisait vraisemblablement partie, avec celui de Goury, d'un lien (...) plus étendu, sont les représentants (...) du plus ancien établissement de la contrée[L 37]. » La concentration de mégalithes est sur un territoire comprenant aussi Fontenay-sur-Conie[C 17], la vallée de la Conie au nord de Fontenay-sur-Conie[C 18], Tillay-le-Péneux[C 19] aux hameaux de Soignolles[C 20] et Ménainville[C 21], Bazoches-les-Hautes[C 22]. La datation de l'élévation de ces mégalithes et leur fréquentation sont probablement similaires à celles de la Pierre Godon à Tillay-le-Péneux, à savoir une élévation à la limite entre le Néolithique moyen et le Néolithique récent et une fréquentation jusqu'au Chalcolithique[C 20]. Mais, tout comme la Pierre de Goury, le mégalithe de Villours est aujourd'hui disparu. Il correspond au lieu-dit de « la Grosse Pierre[L 39] » selon les indications de la carte IGN de 1950, au sud-est de la ferme de Villours et au sud du hameau d'Écuillon, près du chemin d'Orléans à Chartres par la vallée de la Conie. Il s'agit peut être du « dolmen qui, consacré par son sang, fut longtemps vénéré sous le nom de Pierre de saint Lucain » ; ledit dolmen, recyclé dans l'hagiographie chrétienne, est détruit vers 1930.

Sites protohistoriques[modifier | modifier le code]

  • Âge du bronze

La Beauce ne bénéficie pas de la présence de minerais métalliques dans son sous-sol. « Les premiers métaux vont apparaître sous la forme de biens échangés durant la seconde moitié du 4e millénaire avant notre ère dans le bassin Parisien et le Nord-Est de la France[6]. » L'approvisionnement en cuivre, de provenance méditerranéenne ou d'Europe centrale (), est essentiel mais non suffisant pour fabriquer du bronze. L'âge du bronze s'exprime au 2e millénaire[7]. En archéologie, le bronze est un nom générique donné à tous les alliages de cuivre connus depuis la préhistoire et principalement de cuivre-étain. La route de l'étain, unique voie d'approvisionnement en ce minerai provenant du massif armoricain, suit la vallée de la Loire et passe par l'Orléanais, y transportant la culture et les produits du complexe atlantique ( à ). La Beauce constitue alors une région de circulation très importante et très ancienne de personnes, de biens et d’idées entre la Loire et la Seine.

Dans le canton d'Orgères, le long de la vallée de la Conie, des tumuli sont préservés à Ménainville[C 21], Fontenay-sur-Conie[C 23], Nottonville et Varize[C 8]. Une nécropole à incinération est située à Dambron[C 8]. La Beauce est à la frontière occidentale de l'aire de diffusion de la culture céramique et métallurgique dite « Rhin-Suisse/France-orientale » ( à )[8]. Au sud-est dans le val d'Orléans se trouvent davantage de sites représentatifs de cette période du Bronze final, tels que le tumulus de la Ronce à Sainte-Geneviève-des-Bois (Loiret)[B 26] et le site métallurgique de Bonnée[B 27].

Sur le territoire de Lumeau, une hâche à talon datée de l'âge du bronze a été trouvée entre les lieux-dits Écuillon et Goury vers 1967 et étudiée en 1974. D'une longueur de 157 mm et d'un tranchant de 67 mm, elle pèse 366 g.

  • Âge du fer

Durant l'âge du fer, la région est influencée par la culture de la Tène ( à ) qui succède à la culture de Hallstatt ( à )[B 26]. Ces cultures matérielles sont le berceau de populations recomposées par des migrations et menées par des élites indo-européennes de langues celtiques. Lumeau est une localité de la Gaule celtique sur le territoire des Carnutes, habitée de manière permanente depuis la période de la Tène finale ( à )[Note 4], [9] et où prospère le commerce des excédents de céréales.

Des sites d'extraction et de réduction du minerai de fer se trouvent dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour de Lumeau, sur un site carnute au nord de Chartres à Coulombs (Eure-et-Loir)[B 28], au sud-est vers Gien au lieu-dit Les Ferrys dans la commune de La Bussière (Loiret)[B 28] à la frontière carnute avec le territoire des Éduens, et dans les régions voisines de la Beauce, sur le territoire des Senons (Les Clérimois dans l'Yonne à l'est de Sens[10]), sur le territoire des Cénomans (La Bazoge dans la Sarthe au voisinage du Mans[11]), sur le territoires des Turones (Chanceaux-sur-Choisille en Indre-et-Loir vers Tours[B 28]) et sur le territoire des Bituriges (Bourges dans le Cher[B 28]) permettant le développement de la sidérurgie et le commerce de lingots de fer. Des bas-fourneaux du premier âge de fer permettant la réduction du minerai en lingots de fer ont été trouvés à Donnemain dans la vallée de la Conie près de Châteaudun à 31 km de Lumeau. Saint-Romain-sur-Cher, Meung-sur-Loire, Orléans, Saumeray (et peut-être Ferrières-en-Gâtinais) sont aussi des sites carnutes où des forges sont exploitées au second âge du fer[B 28]. À Nottonville, au bord de la Conie à 20 km de Lumeau, a été découverte une « cachette de métallurgiste de l'âge de fer »[B 29],[B 28], comprenant des demi-produits en formes de haches et barres bipyramidales. La température de fusion du fer étant plus élevée que celle du cuivre, il est plus difficile à travailler que le bronze par un forgeron.

C'est « une période charnière dans l'histoire de l'agriculture. La maîtrise de la sidérurgie et de la métallurgie du fer constitue une étape fondamentale dans l'évolution de l'agriculture. La mise au point de l'outillage agricole au premier âge du fer prendra toute son ampleur au second âge du fer[12] ». Deux pratiques agricoles se diffusent : d'une part le marnage pour l'amendement des sols agricoles (la disponibilité de haches en fer permet d'extraire la marne en galeries souterraines) et d'autre part l'introduction de l'araire muni d'un large soc de fer, tiré par un attelage de bœufs, pour un meilleur labourage[9],[Note 5]

« On sait en effet que la culture de céréales et de légumineuses était pratiquée depuis l'époque néolithique. Mais elle ne l'était qu'à une petite échelle et sur des terroirs bien spécifiques. (...) Cette situation perdure jusqu'au début du second âge de fer, au moment où les premiers peuples-États se mettent en place en Gaule. (...) Le grand changement se produit aux environs du IIIe siècle av. J.-C. (...) Cette expansion sans précédent de l'agriculture peut être expliquée par plusieurs causes : l'augmentation très sensible de la population, l'aptitude de cette dernière pour les travaux agricoles, et une profonde modification des techniques et des outils. Le moment relativement bref où ce changement s'opère suggère que les acteurs ne sont autres que les peuples belges dont toutes les sources antiques nous apprennent qu'ils s'installent à cette époque entre Seine et Rhin[9]. »

« Les Gaulois excellaient dans les métiers du bois. Leurs constructions se composaient principalement de ce matériau, non seulement pour les supports verticaux (poteaux, pans de bois, colombage) et pour la charpente, mais aussi, parfois, pour leur revêtements de planches et de bardeaux. Le bois était la matière noble de l'artisanat. Les Gaulois furent parmi les meilleurs charrons de l'Antiquité[9]. »

Sur le territoire de Lumeau, l'habitat carnute[Note 6] est formé de cabanes sur poteaux porteurs en bois et murs de terre (technique du pisé ou torchis). Outre la culture de céréales, l'élevage en troupeaux et d'animaux de basse-cour, les objets trouvés à Lumeau attestent de la maîtrise des techniques artisanales de poterie, tissage et métallurgie (fabrication de fibules, d'instruments aratoires et haches en fer).

« Au nord du bois de Domainville, une fouille de sauvegarde (1973)[L 36] a mis au jour un site protohistorique[C 8]. » Le site est principalement « constitué d'une sépulture à inhumation datant de la Tène finale et de plusieurs fosses dépotoirs. » « Le squelette d'une femme (âgée de 20-26 ans : taille 1,55 m : au crâne dolichocéphale) gisait au fond de l'une de ces fosses. »[B 30] : sacrifice, relégation sociale ou offrande aux dieux[B 31]? « La fosse contenait également de la céramique non tournée (parfois lissée, parfois peignée), de la céramique tournée à décor de baguettes, de la céramique type Besançon, des ossements d'animaux domestiques, des fragments de plaque de foyer en terre cuite, des fragment de pisé brulé, un fragment de fusaïole en terre cuite, une perle en terre cuite ». Une dizaine d'autres fusaïoles ont été trouvées dans un rayon de 600 m, formant des disques percés qui servent de volant d'inertie pour activer la rotation d'un fuseau de filage textile[L 34]. Deux fibules hallstattiennes ont été ramassées à proximité. La présence de scories signale une pratique locale de l'artisanat du métal. « Plusieurs concentrations noirâtres, distantes de 250 m pourraient correspondre à des cabanes[C 8]. »
Deux sites le long du chemin de Chartres à Orléans et entre le lieux-dit Terre-Noire et l'ouest de Neuvilliers sont occupés à l'age de fer uniquement, tandis qu'un troisième site adjacent a des traces d'occupation continue de la Tène finale ou la période gallo-romaine précoce jusqu'au IIIe siècle[C 14].
Une hache en fer travaillé, de localisation indéterminée sur le territoire de Lumeau, a été donnée en 1875 au musée historique et archéologique de la ville d'Orléans[C 8].
Des monnaies gauloises en bronze coulé ou frappé découvertes en quantité dans les environs de Terminiers, Lumeau, Poupry, Baigneaux et Bazoches-les-Hautes témoignent de la possibilité d'ateliers monétaires carnutes. Par ailleurs, à 4 km au nord de Lumeau, le triangle entre les lieux-dits « Champtier de La Fortune », Chaufour et la Fauconnière forme le périmètre des principaux vestiges d'une agglomération commerçante antique de 42 ha à Bazoches-les-Hautes, comprenant un marché couvert[B 30], où la fouille d'une nécropole en 1839 a mis au jour des vases contenant de 400 à 500 pièces de monnaies gauloises. Il est possible de faire l'hypothèse d'une association étroite entre cette agglomération secondaire et les divers ateliers ruraux des sites environnants.

Après la bataille du confluent en et l'annexion par les Romains de la partie méridionale de la Gaule transalpine, la romanisation des provinces formant un continuum territorial de la Gaule cisalpine à l'Hispanie s'accomplit ; l'acculturation remonte aussi vers le nord par les voies du commerce de la Gallia comata indépendante. Les ingérences romaines dans les affaires gauloises à partir de conduisent à la Guerre des Gaules. Les Carnutes se rallient à César, effrayés par les légions romaines en marche qui circulent rapidement sur le réseau routier gaulois. Le territoire des Carnutes devient alors un protectorat romain, dirigé par un fidèle de César, le roi carnute Tasgétios qui est assassiné en l'an . En janvier de l'an , les Carnutes Cotuatos et Conconnetodumnos prennent la tête d’une insurrection et massacrent les négociants romains qui se trouvent à Cenabum (Orléans) : c'est le premier acte de la révolte générale des Gaules, avec l'Arverne Vercingétorix à sa tête. Après la reddition de Vercingétorix en septembre , deux légions romaines sont cantonnées dans Cenabum en ruines, d'où elles lancent de sanglantes opérations de commando contre les Carnutes. Au cours de l'été , les Carnutes se soumettent, d'où découle l'administration romaine de la civitas Carnutum, rattachée à la province de la Gaule lyonnaise, au sein de l'Empire romain[B 26].

Villae gallo-romaines[modifier | modifier le code]

Comme les Rèmes dont ils deviennent clients[13], les Carnutes bénéficient du statut de cité fédérée, alliée de Rome et par conséquent libre de tout tribut ; ils sont assujettis au service militaire romain[B 10], qui peut leur valoir la citoyenneté romaine. En l'an de notre ère, pendant la censure de Claude (empereur romain né en Gaule, à Lugdunum), les Éduens, puis les Rèmes et les Carnutes, obtiennent le droit de cité complet, c'est à dire la citoyenneté romaine pour les hommes libres et la possibilité aux notables d'entrer au sénat romain. Ce droit est étendu à toute la Gaule peu après l'an 48 comme en témoigne la table claudienne et les actions des empereurs Galba et Vitellius pour les Lingons et les Helvètes.

L'activité sur le territoire de Limoialum (Lumeau) se développe fortement aux Ier et IIe siècles.

Les sites de plusieurs établissements ruraux y ont été mis au jour depuis le milieu du XIXe siècle et présentent une organisation spatiale caractérisée par des bâtiments de plan quadrangulaire formant une enceinte autour d'une cour, les toitures étant recouvertes de tuiles (tegulae et imbrices). Sur la surface de 761 ha prospectée systématiquement par l'équipe d'Alain Lelong ont été ramassés 84 000 fragments de tuiles et 4 750 tessons de poterie. « La répartition des terres cuites architecturales montre que l’ensemble du territoire étudié était cultivé à l’époque gallo-romaine. La densité est plus forte près des villages (actuels) mais aussi autour des concentrations qui indiquent des sites habités à cette époque[C 15]. »

Des tessons gallo-romains ont été ramassés au lieu-dit Égron, où est située une ferme proche de la voie romaine (chemin de Blois à Albis).
Le site gallo-romain de Domainville se développe dans la continuité de la ferme carnute : au sud de Domainville se trouvent « des structures à fossés romains, dont un large, datant du Ier siècle avant J.C. et un sarcophage en grès rouge (...), des meules romaines, dont une en grès, une en pierre volcanique[C 8] » et des monnaies gauloises.
Au lieu-dit Moulin d'Auneux, des fouilles ont mis au jour des « bâtiments, inclus dans une cour quadrangulaire présentant un porche (ou bassin) semi-circulaire (...) des tessons gallo-romains (sigillée de l'Argonne, une monnaie de Tetricus et une monnaie de Constantin). A. Ferdière pense à un site de voie (placé à 50 m de la voie romaine)[C 8]. » « Au bois d'Auneux, se rencontrent des tessons romains allant du Ier au IVe siècle (sigillée de la Gaule du sud, d'Argonne et de Jaulges-Villiers-Vineux)[C 8] », qui témoignent des échanges commerciaux de longue distance.
À la sortie est du bourg de Lumeau sur le chemin vers Artenay, « au croisement du chemin d'Albis avec la D3.9, on a découvert (prof. 1 m) quatre sépultures romaines avec de la céramique commune sans doute romaine et 16 clous à tête plate[C 8]. » Au même endroit, « à l'ouest du chemin d'Albis, près de la cote 123, ont été repérées des enceintes quadrangulaires et des fosses ».
Au nord du bourg de Lumeau, « à Malmusse[L 40], quelques tegulae et tessons gallo-romains se ramassent au sol : lors d'un survol en avion, A. Lelong a repéré une petite grange gallo-romaine, présentant en façade, tournée vers le sud, deux pièces encadrant un porche permettant l'accès à la grange. Le bâtiment est inscrit dans une enceinte quadrangulaire [trapézoïdale] beaucoup plus grande et d'orientation différente. À l'ouest, on distingue une seconde enceinte quadrangulaire plus petite. Il pourrait s'agir d'une villa[C 8]. »
Dans le bourg de Lumeau, ont été découverts des tessons gallo-romains dans l'habitat contemporain, comme matériaux de réemploi.
Au lieu-dit Moulin de Lumeau, à la sortie ouest du bourg, « A. Lelong a vu plusieurs bâtiments, inclus dans une cour quadrangulaire présentant un porche (ou bassin ?) semi-circulaire sur son côté sud », pouvant être une autre villa.
Au sud du bourg de Lumeau et à l'est de la route D19 reliant Lumeau à Terminiers, ont été trouvées des tegulae[C 8].
Au Carreau[L 41], à l'ouest de Neuvilliers, on trouve des tessons romains.
A la ferme de Villours[L 42], ont été dégagés en 1859 un hypocauste et une salle sur mosaïque des thermes d'une villa gallo-romaine s'étendant sur 10 ha[L 37]. Le mobilier comprend des fragments de marbre, de mosaïque, des statues (une divinité en bronze, une petite tête de lion), un anneau et une bague en bronze, un vase de terre rouge, des monnaies gauloises et romaines et « une pierre gravée du labarum (à rapprocher de la tradition du martyre de saint Lucain) ». « Villepion, village situé au nord-ouest de Terminiers, nous a offert un assez nombreux bagage archéologique, conjointement avec les fermes de Villours, qui n'en sont qu'à une faible distance. (...) Villours, placé à proximité de plusieurs voies romaines, se recommande à l'attention des archéologues (...) Au centre même de Villours, auprès de la dernière ferme limitrophe de Loigny, est un précieux fragment de mosaïque, entouré de ruines gallo-romaines (...) C'est un carré long d'environ 1m50 sur 1 mètre. (...) D'un côté, elle touche aux ruines d'un fourneau à demi-calciné, de l'autre à une petite chambre un peu plus basse dont le carrelis est encore visible. Vis-à-vis se trouve une autre mosaïque, engagée sous la terre arable.[B 32]. »

Dans le processus d'acculturation gallo-romaine de la Beauce[14], le site de Villours avec ses thermes peut être catégorisé comme une villa à la romaine, par opposition aux autres établissements identifiés qui seraient plutôt des bâtiments de fermes d'exploitation agricole[C 24] en succession des établissements agricoles laténiens.

Le territoire de Lumeau est traversé par deux voies romaines. « La voie de Blois à Paris à travers la Beauce (...) atteignait Saint-Péravy-la-Colombe (Columna, ou columna vicus) où elle croisait la route d'Orléans à Châteaudun. Elle passait ensuite à peu près à égale distance de Patay (Papitacus) et de Coinces, sur le territoire de cette dernière commune, et rencontrait non loin de Terminiers (dont le nom, Termenier en vieux français, indique la frontière de la civitas Carnutum et de la civitas Aurelianorum) la route d'Orléans à Chartres, et par Lumeau (Limoialum, localité celtique), un peu à gauche, Baigneaux, un peu à droite, et Bazoches-les-Hautes (Basilicae), marché-frontière, un peu à gauche, se dirigeait sur Allaines (cantonnement d'Alains à la solde de l'Empire) où elle croisait la deuxième route d'Orléans à Chartres et la route de Sens au Mans[B 33]. »

Entre les hameaux de Neuvilliers et Terre-Noire, on a trouvé des monnaies en 1860, dont « un Gordien en argent parfaitement conservé. Dans les champtiers, qui s'étendent de ce même hameau à celui d'Échelles, presqu'au bord de la voie romaine qui traverse le bourg de Lumeau, on a mis à découvert (...) deux Trajanus Hadrianus (gros bronze), un (autre) gros bronze, médaille commémorarive de Trajan-Hadrien ; deux pièces frrustes du même module, ainsi qu'une Augusta (...) Parmi les bronzes moyens, nous distinguons une médaille fruste et un Claude-le-Gothique, trois Gratien bien conservés, un autre brisé, deux Constance second (...) Quinze médailles frustes ou rompues de la dynastie des Constantin[B 32] » et d'autres monnaies gauloises et romaines.

En , l'Édit de Caracalla généralise l'accès à la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.

À la fin du IIIe siècle, Limoialum (Lumeau) est proche de la frontière résultant de la scission entre la civitas Carnutum (Chartres) et la civitas Aurelianorum (Orléans). Lumeau est dans la civitas Aurelianorum. Terminiers, village de l'Orléanais adjacent à Lumeau au sud-ouest, est un point frontière de la civitas Aurelianorum, tandis que Loigny, autre village adjacent à Lumeau à l'ouest, est dans le Dunois dépendant de la civitas Carnutum.

Sous Constantin, la Lyonnaise première, dont la capitale est Lugdunum (Lyon), est divisée en deux provinces : l'Orléanais, tout comme le pays chartrain, se retrouve alors dans la province de la Lyonnaise quatrième, dont la capitale est Agendicum (Sens).

Grandes invasions[modifier | modifier le code]

Le territoire subit les grandes invasions de la fin de l'Empire romain d'Occident, c'est-à-dire l'accueil des réfugiés et aventuriers germains parallèlement à la christianisation de la population et au remembrement des exploitations agricoles.

La pression des Huns qui viennent d'Asie pousse les Vandales, les Wisigoths et les Burgondes à migrer vers l'ouest jusqu'au limes, frontière de l'Empire romain, où sont déjà installés des peuples germaniques qui, tels les Alamans et les Francs, forment des ligues défensives au milieu du IIIe siècle mais font aussi des incursions en Gaule (Orléans est pillée vers 260 par les Alamans puis en 275 par d'autres Germains). En Beauce, « de nombreuses cachettes de monnaies ont été enterrées à cette époque[C 12]. »

La crise du troisième siècle de l’empire romain se caractérise par des menaces aux frontières dans un contexte de déclin démographique, de régression économique, pression fiscale, inflation, et d’abandon d'exploitations agricoles. En Beauce, « la plupart des villae semble avoir été détruites et abandonnées. On en a pour preuve la brusque interruption de la céramique et surtout des monnaies sur les sites en question. (...) Les routes elles-mêmes ont sans doute été détériorées. (...) La ruine des campagnes est alors à peu près totale[C 12] ». Une économie autarcique se substitue au grand commerce. Sur la carte d'Alain Ferdière[C 14] représentant le territoire autour de Lumeau, seuls les sites de Loigny, Villours, un site entre Terre-Noire et l'ouest de Neuvilliers, Terminiers, les hameaux de Domainville et Auneaux, la zone de Pouprix à Dambron, ainsi que Bazoches-les-Hautes ont laissé des traces archéologiques d'occupation de la seconde moitié du Ier siècle au début du IIIe siècle. Dans tout le secteur angulaire entre Terminiers-Loigny et Terminiers-Bazoches, les autres habitations antérieures ne font apparaitre aucune trace d'occupation permanente à cette époque.

  • Villæ et multiples petites exploitations agricoles en Beauce du IVe siècle

« Le relèvement au début du IVe siècle sera long et pénible, car aux Barbares avait succédé une longue période d'instabilité. Des bandes de brigands, les bagaudes, sillonnèrent la Gaule et dévastèrent particulièrement les pays de la Loire. Mais au début du IVe siècle, grâce aux efforts des empereurs dont on retrouve les noms sur les monnaies de nos sites (Constantin, ...), la Gaule se relève peu à peu et l'on assiste à une véritable renaissance[C 12]. »

En échange de la sécurité assurée par des oligarques, les populations des campagnes se rassemblent sur certains sites et forment une clientèle associée à un domaine rural issu d'un remembrement foncier : « les nouvelles exploitations regroupent plusieurs exploitations anciennes, déjà fort larges. » Le modèle de référence des archéologues est celui de l'Italie romaine : « c'est le système des latifundia (ou grands fonds-fonciers) qui atteignaient des surfaces énormes[C 12]. ».

Dans le secteur Dambron-Lumeau, les fouilles archéologiques indiquent cependant que « seules de rares sépultures privilégiées se détachent, avec quelques petites nécropoles[B 34] ». « Les prospections systématiques (...) laissent entrevoir un semis particulièrement serré de petites exploitations[B 34]. » L'économie agricole semble donc y reposer sur une majorité de petites exploitations, sans grande villa résidentielle.

Quand bien même le statut des exploitants des petits établissements agricoles et leur degré de dépendance sociale vis-à-vis d'éventuelles villæ est difficile à évaluer par la seule archéologie, il est plausible d'envisager soit un système domanial "classique", celui d'une unité juridico-économique des petites exploitations, certes éparpillées, mais sous l'autorité d'un seul propriétaire, seigneur ou ecclésiastique, avec sa main-d’œuvre servile et ses métayers, soit « l'existence d'une paysannerie libre, d'où n'émergent pas de grands propriétaires fonciers[B 34] », soit un système mixte de complémentarité et interdépendance entre le système domanial et des petits propriétaires exploitants libres. Dans ces deux dernières interprétations, de telles exploitations libres et alleux paysans du IVe siècle disparaitront ultérieurement, par l'expropriation violente ou l'obligation de « rendre foi et hommage » et payer redevance d'inféodation assurant la concentration de la propriété foncière au Xe siècle.

  • Migrations du Ve siècle et sédentarisation des Alains

L'épisode du passage du Rhin (406) a des conséquences à proximité de Lumeau, comme support historique à l'hagiographie chrétienne d'un saint céphalophore : Lucain[B 35],[B 36]. Lors de l'hiver 406-407, plusieurs dizaines de milliers de Suèves, Vandales, Burgondes et Alains profitent de l'embâcle du Rhin gelé pour migrer définitivement dans les provinces occidentales de l'Empire. À l'ouest de Lumeau, « ce fut entre Villours et Villepion que fut martyrisé, l'an 407, saint Lucain, généreux missionnaire qui avait eu le courage de se mettre à la suite des Alains et des Suèves pour leur annoncer l'Évangile[B 32][C 8]. » Lucain était un prédicateur chrétien de l'Orléanais et fut condammé à avoir la tête tranchée[B 37]. « Elle ne fut pas plus tôt abattue que Lucain se leva sur ses pieds, la reprit entre ses mains et la porta comme en triomphe à une demi-lieue de l'endroit où il avait été exécuté ; il la mit sur une pierre qui, en mémoire d'un si grand prodige, a été depuis appelée la Pierre de saint Lucain[15]. » Le « pays de Lucain » (Lucaniacum puis Luigniacum-in-Belsia, Lingny-en-Beausse, Longny-en-Beauce) est devenu le village de Loigny, avec son église consacrée à Saint-Lucain (Lucain est à rapprocher du nom moderne Lucien). Accompagnés des Vandales, les Alains franchissent la Loire en 408.

« La voie de Blois à Paris à travers la Beauce (...) à la hauteur d'Épieds-en-Beauce (...) était gardée par un cantonnement de Vandales (en vieux français Vandres ou Vendres), dont le nom s'est perpétué dans Villevandreux ou Villevoindreux (Villa Vandalorum). Puis elle atteignait Saint-Péravy-la-Colombe (Columna, ou columna vicus) où elle croisait la route d'Orléans à Châteaudun[B 33]. »

Une des deux voies d'Orléans à Chartres passe par « Notre-Dame-des-Aydes, la Montjoie, l'Allemagne, qui rappelle (Alamania) un cantonnement d'Alamans surveillant la route, Cercottes, Langenerie, laissant Chevilly sur la gauche et Andeglou (localité celtique) sur la droite, atteignait la Croix-Brisquet, (...) limite aux communes du Creuzy et d'Artenay. La voie, après avoir dépassé Villeneuve, sert de limite aux communes d'Artenay (Loiret) et de Poupry (Eure-et-Loir). Laissant Dambron et Santilly sur la droite, elle arrivait à Allaines (qui doit son nom à un cantonnement d'Alains), où elle croisait la voie de Blois à Paris, celle de Sens au Mans et celle du Mans à Paris (par Châteaudun), laquelle se confondait, à partir d'Allaines, avec celle de Bois à Paris. Un peu au delà d'Allaines, on entrait dans la civitas Carnutum et on arrivait à Chartres (Autricum), capitale de cette civitas, par Allonnes (localité celtique)[B 33]. »

Lorsque Attila et les Huns se dirigent vers Orléans qu’ils assiègent en 451, le territoire est alors sous l'influence de cantonnements d'Alains, dirigés par Sangiban[16]. En effet, le général romain Aetius avait conclu un fœdus avec Goar (chef alain) en l'an 441 : les Alains deviennent auxiliaires de l'armée gallo-romaine pour contenir les révoltes bagaudes, et peuvent se sédentariser dans l'Orléanais, notamment dans la région d'Allaines[B 38] qui est à seulement 13 km de Lumeau. Cette installation des Alains dans la Beauce orléanaise s'est traduite par des confiscations de terres et des expulsions de propriétaires[17], avant qu'ils ne se fondent dans la population autochtone.

Aetius avait aussi négocié un fœdus avec des Francs saliens menés par Clodion le Chevelu, afin de limiter les visées expansionnistes franques. Les Francs saliens sont une confédération de tribus germaniques de l'estuaire rhénan et de Toxandrie, alliés de l'Empire romain depuis 288 quand le roi salien Gennobaud se soumet à l’autorité impériale sous le statut de lètes et s'installe à Tongres. Ils deviennent des fédérés francs en 342 ; des officiers francs se mettent au service de Rome dès le IVe siècle, tels que Mérobaud, Richomer et Bauto. Le fœdus négocié par Aetius vers 445 permet à la tribu franque de Clodion de s'installer à Tournai, berceau de leur futur royaume ; il renforce leur rôle de peuple fédéré, pilier de la défense romaine en Gaule belgique. Les Francs saliens de Mérovée (successeur de Clodion en 447) et les Alains de Sangiban sont membres de la coalition de fédérés et d'alliés de l'Empire menée par Aetius contre les Huns, d'abord lors du siège d'Orléans par Attila puis lors de la bataille des champs Catalauniques (451).

  • Incorporation au royaume des Francs

En raison du délitement continu de l'autorité politique de l'Empire romain et à la suite de l'assassinat d'Aetius en 454 et de l'empereur Majorien en 461, le général gallo-romain Ægidius proclame l'autonomie de la Gaule du Nord, enclavée entre le royaume wisigoth qui a rompu le fœdus romain, le royaume burgonde et le royaume des Francs saliens. Ce territoire isolé de l'Empire romain d'Occident est renommé domaine gallo-romain de Soissons. Les fédérés alains et francs contribuent à la victoire d'Ægidius contre les Wisigoths lors de la bataille d'Orléans (463). Ægidius a autorité sur les francs saliens de 458 à 463, en l'absence de Childéric Ier, successeur de Mérovée et roi des Francs, parti en Thuringe. Néanmoins, à son retour, Childéric annexe l'est du domaine gallo-romain au profit du royaume des Francs, tout en aidant Ægidius à l'ouest contre les Saxons et Wisigoths sur la Loire en 463-464, où Childéric s'empare d'Angers. À la mort d'Ægidius vers 464, Childéric continue de défendre le nord de la Gaule à la tête des Francs saliens, au nom de l'Empire. Après la bataille de Déols, la Touraine tombe temporairement aux mains des Wisigoths en 470. Le domaine gallo-romain subsistant demeure sous l'ordre juridique romain avec Syagrius, le fils d'Ægidius, qui se rapproche des Wisigoths en un retournement d'alliance, jusqu'à ce que Clovis, le fils de Childéric, le vainc à la bataille de Soissons (486)[18] . Le domaine gallo-romain de Syagrius est alors annexé au royaume des Francs.

Á l'exception des Francs et des Anglo-Saxons restés fidèles à leur religion païenne germanique, les peuples fédérés installés antérieurement sur les marges de l’Empire romain et fondateurs des royaumes wisigoth, burgonde, vandale et ostrogoth avaient été convertis au christianisme arien, permettant à chacun de leurs rois de conserver en une seule main la légitimité de chef et le pouvoir religieux tout en discriminant romains et conquérants. Ils se heurtent alors aux cadres de l'administration du Bas-Empire romain encadrés par l'épiscopat gallo-romain, promoteur du christianisme selon le symbole de Nicée. La donne change lorsque Clovis opte pour le christianisme nicéen après la bataille de Tolbiac (496), décision confirmée lors du concile d'Orléans (511). Les oligarques gallo-romains et le clergé catholique nicéen issus du domaine de Syagrus font alliance avec Clovis, devenu maître du territoire et des affaires militaires. En outre, les Francs parlent le francique et non pas le bas latin ou le gallo-roman, d'où la nécessité de l'intercession de l'élite gallo-romain entre les deux composantes linguistiques du royaume. Les Francs peuvent ainsi s'appuyer sur cette subsistance de l'administration romaine lors de leur conquête de la Gaule, tandis que l'aristocratie gallo-romaine collaboratice préserve sa richesse foncière et sa prédominance dans les fonctions publiques civiles et religieuses. À la suite de la bataille de Vouillé (507) et la conquête de l'Aquitaine wisigothe, Clovis rend applicable à tous les sujets gallo-romains de son royaume le Bréviaire d'Alaric, texte de lois romaines inspiré du Code théodosien, et complète la loi salique pour les Francs.

La sédentarisation des Francs par l'allocation de bénéfices fonciers aux compagnons d'armes de Clovis se traduit dans la toponymie des hameaux, influencée par le vieux-francique : il en est peut-être ainsi sur le territoire de Lumeau pour le hameau de Neuvilliers. Des indicateurs de reconstruction mémorielle de la présence franque sont identifiables, comme au sud-ouest du hameau de Donzy (Donecy) après Sougy dans la direction du château de Langennerie (Andeglou-Chevilly), avec la ferme à l'écart nommé « Les Francs »[B 39] dans les réages de « la Vallée des Francs » et « la Garenne des Francs », à 9 km de Lumeau.

Ces évolutions sont le prélude à l'établissement d'une nouvelle aristocratie foncière dans le royaume des Francs, selon un système d'obligations et de services dérivé du clientélisme gallo-romain qui aboutit au régime de la féodalité médiévale.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Village mérovingien[modifier | modifier le code]

Le village est sur le territoire de la Neustrie, royaume franc issu du domaine de Syagrius conquis par Clovis en 486.

Les rois des Francs, fondateurs de la dynastie des Mérovingiens, s'appuient sur le maillage épiscopal pour l'administration civile du royaume et le contrôle des populations[19]. À la suite du baptême de Clovis entre 496 et 507, les premiers rois des Francs, nouvellement convertis au catholicisme nicéen, accordent de multiples libéralités et dotations de domaines à l'Église : le territoire de Lumeau devient possession de l'évéché d'Orléans, probablement au VIe siècle sous le reigne de Clotaire Ier, fils de Clovis[20]. L'aristocratie franque investit aussi la haute hiérarchie de l'Église qui accorde des brevets de sainteté à des membres de leur famille.

Dans le bois de la chapelle Sainte-Radegonde[L 43], à la limite territoriale de Terminiers et de Lumeau, « la tradition raconte que sainte Radegonde (épouse de Clotaire), ayant décidé d'entrer dans les ordres au cours du VIe siècle, a fait jaillir une source, sanctifiée par la suite[C 8]. » La carte de Cassini de 1757 localise ce site au bord de la voie romaine de Chartres à Orléans, au sud-ouest du hameau de Neuvilliers par le « chemin de la chapelle » indiqué sur le cadastre de Lumeau en 1836 et longeant le lieu-dit le Ravoir par l'est, à proximité de ce qui est aujourd'hui la route D19 de Terminiers à Lumeau ; le cadastre de Terminiers en 1836 indique qu'il s'agit du réage de la Chapelle ; la carte IGN l'indique à l'est du lieu-dit Villerau, toponyme qui prédispose à une origine gallo-romaine tardive. Il s'agit d'un site protohistorique s'étendant jusqu'au lieu-dit les Vallées et il inclut les fondations d'un habitat romain ou paléo-chrétien, peut-être une cellule d'ermite ou de berger.

Des tessons mérovingiens ont été trouvés au Bois d'Auneux[C 8]. Parmi de multiples découvertes de monnaies, un « triens en or » mérovingien trouvé dans la commune de Lumeau fut acquis par le musée de Chartres en 1888[L 44]. Un éperon en fer mérovingien a été trouvé en 1879[C 8]. Au lieu-dit du Calvaire[L 45], sept sépultures en fosses d'une nécropole mérovingienne ont été découvertes en 1977.

Mais ultérieurement, « l'église d'Orléans (est) dépouillée de son trésor et de la plus grande partie des chartes constituant ses titres de propriétés[B 18] » : des maires du palais lui spolient des possessions et des bénéfices ecclésiastiques afin de rémunérer la fidélité des vassaux ; des domaines de l'Église sont envahis et accaparés par des leudes francs. C'est donc par l'usurpation de la propriété ecclésiastique que Limogilum (Lumeau) passe sous l'autorité d'un seigneur franc.

En Austrasie, Neustrie, Bourgogne et Aquitaine (qui conservent leur individualité et leur palais au sein du royaume des Francs : e.g. capitale Reims puis Metz pour l'Austrasie, Soissons puis Blois pour la Neustrie), les maires du palais s'emparent progressivement du gouvernement effectif, dont ils dépossèdent de facto les rois mérovingiens. En 687, Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie, réussit à s'attribuer toutes les autres mairies de palais, conduisant les Grands de Neustrie à se révolter. Son fils, Charles Martel, duc des Francs et maire du palais d'Austrasie, décide de créer une cavalerie après la bataille de Poitiers (732). Afin de doter les soldats des ressources nécessaires, une large distribution de terres est faite aux vassaux du maire du palais d'Austrasie, qui n'hésite pas à séculariser, à cette fin, bon nombre de biens d'Église. Chaque homme d'armes gratifié d'une tenure noble précaire (tenure en usufruit viager) est obligé, sous serment de fidélité, d'élever un cheval de guerre et de fournir le service d'ost à toute réquisition. Le soldat libre, qui antérieurement se rémunérait uniquement par le pillage, devient ainsi un vassal dont l'existence est assurée par le bénéfice foncier non héréditaire qui lui est attribué. L'organisation féodale en découle, tout comme la prise de pouvoir par la famille des Arnulfiens issus des Pépinides, aussi appelés Carolingiens.

Une pandémie de peste dite peste de Justinien s'installe en méditerranée en 541, remonte l'axe de commerce ligérien et sévit en plusieurs poussées épidémiques jusqu'au VIIIe siècle[21].

Village carolingien[modifier | modifier le code]

Une révolution de palais menée par Pépin le Bref en 751 conduit à un changement de dynastie franque et à l'avènement de l'Empire carolingien. L'alliance des rois des Francs avec l'Église est réaffirmée par la cérémonie religieuse de leur sacre et par une restitution partielle des biens dont l'Église avait été dépouillée sous la précédente dynastie, prétendue décadente. La capitale du royaume des Francs, passée de Tournai à Paris en 508, devient Aix-la-Chapelle de 795 à 843.

Avec le « pouvoir militaire, autoritaire et violent[22] » de Charlemagne et l'idéologie unitaire centralisée qui l'accompagne, « l'unité franque revendiquée à l'intérieur du royaume hérité de Clovis se transforme en hégémonie franque projetée à l'échelle de l'Occident. Le règne de Charlemagne (768-814) est donc décisif pour la définition de ce qui serait « un royaume franc » à distinguer du « royaume des Francs » : par ses conquêtes incessantes, parce qu'il ajoute à la Frise et à la partie de la Germanie conquises au VIIIe siècle toute la Lombardie, la Saxe et ce qu'il restait de Germanie jusqu'au Danube, le roi transforme le cœur du royaume de Clovis en une périphérie[22] ». Le concile de Tours (813) acte que le latin n'est plus compris par la population, malgré son usage à l'écrit pour les actes administratifs et religieux. Alors que Charlemagne parle latin et un dialecte francique rhénan à Aix-la-Chapelle , la population et l'aristocratie de Neustrie s'expriment en gallo-roman (rusticam Romanam linguam), métissage du latin vulgaire et du gaulois avec un superstrat vieux-francique, c'est-à-dire en ancien français : les deux dialectes sont utilisés lors des serments de Strasbourg en 842. « Le déplacement du centre de gravité de l'empire vers l'est a son importance pour apprécier le bouleversement que constitue le partage planifié à Verdun en 843 : ce partage de l'empire fabrique, pour un nouveau Charles, dit le Chauve (840-877), un nouveau royaume de « Francie occidentale » [22]. » En , dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, Charles le Chauve est sacré roi par l’archevêque de Sens, Wénilon[23]. « Parce que l'essentiel des terres austrasiennes pippinides lui échappe, Charles le Chauve doit inventer un royaume qui se gouverne depuis Reims, Auxerre et Compiègne, et dont les vallées de la Seine et de la Loire deviennent le cœur. (...) Les Carolingiens de Francie occidentale se maintiennent sur le trône, en dépit de leurs revers militaires constants et de la fidélité douteuse des aristocrates de leur royaume, au prix d'un développement sans égal d'un discours de légitimation[22]. » Les rois de Francie occidentale sont déclarés monarques de droit divin et leur capitale est Paris.

Limogilum (Lumeau) est cité dans un acte royal carolingien de Charles le Chauve entre l'an 840 et l'an 843[24]. Le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans[B 18] précise que Jonas, évêque d'Orléans, lui demande la confirmation des possessions de son église. En effet, certains des domaines de l'Église, envahis par les leudes francs, n'avaient été restitués que sous les règnes de Pépin et de Charlemagne[B 18]. La bulle du pape Léon VII (an 938) et les diplômes du roi Lothaire (an 956) et de son fils Louis V (an 979) contiennent une « note des biens restitués par l'empereur Charles à l'église d'Orléans »[B 18] : Basilicas (Bazoches-les-Hautes) et Limogilo (Lumeau) font effectivement partie de la liste desdites propriétés restituées à l'Église[Note 7].

Afin de maintenir la fidélité des aristocrates guerriers, Charles le Chauve promulgue le Capitulaire de Quierzy en 877, qui reconnait l'hérédité de la charge de comte, étape vers la transmission héréditaire de tous les fiefs et l'établissement pérenne d'une aristocratie foncière. Le comté d'Orléans est donné à Robert le Fort par Charles le Chauve.

En Beauce, l'habitat carolingien reste une structure légère sur poteaux de bois et murs de torchis, nécessitant de probables réparations fréquentes ... et peu de vestiges archéologiques spectaculaires. Les fossés délimitent l'enclos quadrilatère d'habitat, utile pour drainer la cour et contenir les animaux. Un foyer dans l'habitat ou un fumoir peut éventuellement contribuer à dessiquer la nourriture à conserver. Des fosses servent de silos à grain ou à denrées puis sont converties en dépotoirs ; des greniers surélevés peuvent aussi exister.

En 1969, « deux fragments de poterie provenant des fours de Saran (...) ont été trouvés à Lumeau et sont datables de la première moitié du IXe siècle[B 40]. » Des fragments de même origine ont été trouvé à la ferme de Domainville, à Terminiers et à Ruan (Saran est localisé à 20 km au sud-est de Lumeau sur la voie romaine de Chartres à Orléans).
Au hameau de Domainville, la grande fosse-dépotoir découverte en 1972 contenait des céramiques qui semblent aussi provenir des ateliers de potiers de Saran. « Puis la surface de fouille fut élargie et d'autres structures apparurent : des fossés traversant le site, des fosses de moindre volume, des trous de poteaux avec ou sans calage de pierres, une sépulture, d'ailleurs coupée par l'un des fossés (témoigne de) la présence d'un habitat datable du haut Moyen Âge et plus précisément de l'époque carolingienne. » Les fouilles jusqu'en 1975 ont mis au jour « un large fossé du Ier siècle, contenant de la céramique du gallo-romain précoce, (qui) a été recoupé par différentes structures en creux, essentiellement d'époque carolingienne : fosses et fossés, renfermant de la céramique du type Saran, trous de poteaux, sépultures, etc. Il s'agit des dépendances d'un habitat du haut Moyen Age, ce qui donne à la fouille un intérêt exceptionnel[B 41],[L 46]. »
  • Terreur viking et magyare

Des querelles dynastiques affaiblissent la capacité d'une réponse militaire efficace aux attaques des vikings et les rançons honteuses payées pour éviter les pillages et destructions compromettent la réputation des rois de Francie occidentale.

De crainte des attaques vikings répétées dans l'Orléanais en 851, 854, et surtout à la suite du pillage d'Orléans en 856 et 865 par le danois Hasting et en 868, un sentiment d'insécurité prévaut sur le territoire de Lumeau : les reliques de Saint-Lucain sont transférées de l'église de Loigny à la cathédrale de Paris[B 42] entre 886 et 911.

« En 886, les Normands établis sur la Seine abandonnèrent Paris et s'acheminèrent vers la Loire, en dévastant le pays situé entre les deux fleuves[C 25]. » Le village voisin de Lumeau, Tillay-le-Péneux, est un lieu rappelant des Normands : « Tigletus Paganorum »[C 25], nom du domaine rural propriété du chapitre de Saint-Aignan d'Orléans, confirmé par le roi de Francie Charles-le-Simple en 914. En effet, « dans l'été de 911, Rollon et ses compagnons ravagèrent le Dunois et le pays chartrain, et c'est fort probablement à l'une de ces deux dates, 886 ou 911, qu'une poignée de ces « hommes du Nord » ou « païens » s'installa en Beauce, sur les confins du Dunois et de l'Orléanais, dans cette villa de Tigletus, qui devint, dès lors Tigletus Paganorum. » (« Tilleyo Pagani[B 19] » dans les comptes de l'archidiaconé de Beauce en 1369-1370) « Les païens (Pagani) ici nommés ne sont autres que les pirates danois ou normands[C 25]. » « Le souvenir de ce repaire de pirates s'est perpétué dans le très curieux vocable de Tillay-le-Péneux (...) Tigletus est la forme carolingienne de Tilietum, qui signifie endroit planté de tilleuls (...) Quant au génitif pluriel Paganorum, il subsiste sous la forme Péneux, qui est l'aboutissement phonétique très régulier de paganorum, par les intermédiaires paienor, paenor, paienuer, paeneur, peienues, paeneus, paineux, péneux[C 25]. » Â l'issue du siège de Chartres (911) par Rollon, le traité de Saint-Clair-sur-Epte concède l’établissement des vikings en Basse-Seine (Normandie) en contrepartie de l'arrêt de leur pillages.

Des incursions magyares en Francie occidentale sont notées entre 912 et 937[25], celle de 937 suivant apparemment un itinéraire de pillage via Sens et l'Orléanais, la vallée de la Loire et le Berry.

Au Xe siècle, « l'évèque avait de grandes obligations à plusieurs seigneurs qui l'avaient défendu de leur mieux contre les barbares, et pour reconnaître leurs services signalés, il les gratifia de (ces) biens. » C'est à dire que des fiefs sont accordés sur des terres d'Église en Beauce et leurs seigneurs associés aux bénéfices qu'en retire l'évêché. C'est à cette époque de l'affaiblissement de l'ordre carolingien que les aristocrates et grands écclésiastiques prennent de l'autonomie vis à vis du roi et que se multiplient des fiefs héréditaires et des seigneuries foncières exerçant la justice locale par délégation royale. La transformation forcée des propriétés allodiales et bénéfices fonciers en fiefs royaux, fiefs seigneuriaux ou fiefs d'Église, et leur vassalisation au bénéfice des seigneurs les plus puissants, sont achevées vers la fin de la domination carolingienne et constituent une transition vers la monarchie féodale.

Domaine médiéval[modifier | modifier le code]

Le comte d'Orléans, Hugues Capet, issu du lignage des Robertiens implantés en Neustrie, est désigné roi de la Francie occidentale en 987, devient ainsi suzerain des fiefs qui forment le Royaume de France. L'alliance des rois des Francs avec l'Église se perpétue dans la féodalité avec la dynastie capétienne.

La prospection systématique d'Alain Lelong sur 761 ha permet d'observer qu'une partie du territoire n'est plus cultivée ou mise en pâture à la fin du Haut Moyen Âge et l'activité se concentre ensuite autour du village de Lumeau.

Le modèle de la seigneurie banale se diffuse, et avec lui se renforce de manière coercitive le prélèvement seigneurial sur le travail des paysans. Les tenures sont des portions de la seigneurie de Limogilus (Lumeau) dont le sol est exploité en usufruit par des paysans tenanciers, moyennant redevances. La réserve, domaine seigneurial, est exploitée en corvée par les paysans et des serfs. Elles forment un domaine rural médiéval qui fait partie du domaine royal capétien dès le Xe siècle (province de l'Orléanais, constituée en comté d'Orléans puis ultérieurement duché d'Orléans).

« Limogilus villa Ecclesiae Aurelian » est une possession temporelle (sans vocation religieuse) de l'évêché d'Orléans, confirmée en l'an 979[B 43] ainsi qu'en l'an 990 dans le diplôme d'Hugues Capet décerné à l'église d'Orléans[B 18]. Il en est de même pour tout le voisinage, dont les propriétés et bénéfices sont distribués entre l'archidiaconé de Beauce rattaché à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans[B 44] et les chapitres des collégiales d'Orléans, qui dépendent toutes in-fine de l'évêque[L 23] : Baigneaux, Bazoches-les-Hautes, Dambron, Poupry sont propriété de l'archidiacre d'Orléans ; Fontenay-sur-Conie, Terminiers, Sougy et Rouvray-Sainte-Croix du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans ; Lumeau du chapitre Saint-Pierre en Pont d'Orléans ; Tillay le Péneux et Villeprévost du chapitre Saint-Aignan d'Orléans ; Varize d'un autre chapitre. De manière similaire dans le diocèse de Chartres, Loigny et Nottonville dépendent de l'évêque de Chartres via l'archidiaconé de Dunois. Par ailleurs, Orgères et Péronville sont des possessions de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun ; Bazoches-en-Dunois, Cormainville, Courbehaye, Guillonville sont des dépendances de l'abbaye de Bonneval, rattachée à l'évêché de Chartres. Cela met temporairement un terme aux tentatives d'accaparement du revenu foncier par les seigneurs féodaux laïcs sans le consentement de l'Église, tels que Hugues III du Puiset[C 11] contre lequel le roi Louis VI le Gros doit lutter en alliance avec Suger, prévôt de Toury et abbé de Saint-Denis, afin d'assurer la paix civile et liberté de circulation entre Paris et Orléans au XIIe siècle.

L'occupation ne redevient importante et continue qu'au XIIe siècle avec une remise en culture sur l'ensemble du territoire de Lumeau, parallèlement à l'expansion démographique. Le XIIe siècle est l'époque des villes neuves (villae novae). « La mise en place d’un régime seigneurial aux XIe et XIIe siècles avait conduit le tenancier à produire toujours plus, car il organisait librement son travail tout en reversant une grande partie de sa production à son seigneur. (…) Par ailleurs, l’essor démographique soutenait la demande et entraînait une augmentation régulière des prix agricoles[26]. » De nouvelles techniques agricoles se diffusent : charrues à roue et à versoir qui aèrent le sol, herses qui brisent les mottes.

En 1180, Louis VII affranchit les serfs d'Orléans et des environs à 5 lieues à la ronde[B 45]. En 1260, les serfs des domaines beaucerons du chapitre de Sainte Croix d'Orléans sont affranchis moyennant une redevance proportionnée à leur richesse.

La croisade des pastoureaux de 1251, insurrection populaire contestant l'ordre social féodal, traverse la Beauce depuis Paris, envahit Orléans et massacre des prêtres[B 45].

Lumeau est nommé Limalum, cité dans un pouillé (registre ecclésiastique) du XIIe siècle[B 46]. Notons dans le Cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans en 1247, la « vente au chapitre du droit de barrage sur les grains et autres choses conduites à la grange de Terminiers, par Etienne, maire de Terminiers, pour 72 livres parisis[B 18] ». La dénomination Limolium (de Limolio) est notée dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans en 1270. Limulium est une désignation documentée en 1369.

À partir du XIIIe siècle, les notaires royaux écrivent les actes administratifs principalement en langue française au lieu du latin. L'Orléanais est un dialecte parlé du francien, d'où est issu le français.

« Au XIVe siècle, l’économie paysanne traditionnelle dominait, mais se portait mal. Faute de nouvelles terres à conquérir, les tenanciers se trouvaient réduits à morceler leur exploitation pour caser leurs fils. La solution à ce blocage passait par l’intensification des cultures (…) or la croissance de la population se stabilisant vers 1300, on peut imaginer qu’ils avaient trouvé dans la réduction, volontaire ou non, de leur descendance une solution à la réduction de la taille de leur exploitation. Cela ne les incitait donc pas, surtout en période d’équilibre comme au début du XIVe siècle, à risquer la disette par des expériences hasardeuses, tandis que le système excluait le seigneur de la gestion agricole alors qu’il était pourtant le seul capable de s’y risquer et d’investir dans des équipements. Enfin, les tenanciers avaient trouvé une autre solution à leur paupérisation dans l’emploi salarié saisonnier sur la réserve seigneuriale, mais ce palliatif était sans avenir, car le seigneur s’appauvrissait aussi. (...) Si les crises de surproduction dominent, cela n’exclut pas des crises de subsistance ponctuelles et violentes dues à des conditions climatiques inclémentes ou à des perturbations du travail agricole par les épidémies et les guerres[26] » : un exemple de crise frumentaire est la grande famine de 1315-1317 qui précède de deux décennies l'arrivée de la peste et la guerre de Cent Ans.

Seigneurie et guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Le problème de la succession de Charles IV le Bel déclenche la guerre de Cent Ans en 1337. Limulium (Lumeau) est alors assimilé à un fief dans le duché établi en apanage en 1344 pour Philippe d'Orléans, fils cadet du roi de France Philippe VI de Valois. En 1346, une partie de l'armée royale destinée à guerroyer en Guyenne (terre d'Édouard III, qui revendique le trône de France en tant que petit-fils de Philippe IV le Bel, et dont est déclaré la commise par le roi Philippe VI) se rassemble en Beauce et dans l'Orléanais.

Outre la guerre, la peste noire est une épidémie qui tue le tiers de la population européenne en cinq ans (1348-1352) ; elle est considérée comme le début explosif et dévastateur d'une pandémie de peste qui dure, de façon plus sporadique, jusqu'au début du XVIIIe siècle[21].

« La guerre de Cent Ans a été l’occasion d’un accroissement vertigineux de la pression fiscale sur les populations rurales. (…). Cette pression s’exerce fortement en France à partir de la capture du roi Jean en 1356[26]. » En effet, Philippe d'Orléans et son frère aîné, le roi Jean le Bon, sont faits prisonniers des anglais lors de la bataille de Poitiers (1356). Ils sont retenus à Londres jusqu'au début de payment d'une rançon, assise sur leurs revenus domaniaux, et leur libération en 1360. Pierre de Pathay, seigneur beauceron de Patay, et d'autres nobles français sont alors donnés en otages aux anglais jusqu'au payment complet de la rançon royale de 3 millions d'écus (l'équivalent de 12 tonnes d'or) conformément au traité de Brétigny.

« Les pestes et les guerres entraînent la chute de la population, de la demande et des prix, qui ruinent les seigneurs, poussés à l’aventure guerrière, alors que la chute de la production ainsi qu’une fiscalité de plus en plus lourde affament les paysans et les empêchent de relancer la démographie[26]. »

« Les incursions continuelles des partis ennemis au cours de la guerre de Cent Ans amenèrent la transformation en forteresse d'un grand nombre d'églises rurales. Dès l'année 1358, beaucoup de villages dépourvus de fortification avaient fait de leur église des postes de refuge, en les entourant de fossés et en installant dans les clochers des planchers supportant des machines bien pourvues de projectiles en pierre. Sur les tours des églises, on élevait des échauguettes dans lesquelles se tenaient des veilleurs chargés de signaler au son de la corne ou de la cloche, l'approche de troupes ennemies[B 47]. »

Des anglo-bourguignons occupent le château de Terminiers et pillent les alentours, notamment en 1361[27]. Des souterrains peuvent avoir été utilisés comme refuges temporaires par la population. Le règne de Charles V le Sage est un interlude de trêve de 1364 à 1380. Mais les agissements des Grandes compagnies, composées de mercenaires démobilisés par la trêve, mettent l'Orléanais en coupe réglée, étant présents depuis 1356 sur les routes de Paris à Orléans, à Chartres, à Vendôme et à Montargis[B 48].

Lumeau est nommé dans les comptes de procurations payées en 1369 et 1370 au Saint-Siège par les bénéficiers du diocèse d'Orléans, : « Archidiaconatu Belsie ; Curatus de Limolio ; Beneficia : debet ut supra. Nichil solvit propter paupertatem. Solutiones : nil[B 19] ».

L'église de Lumeau[L 47] est évoquée comme église fortifiée en 1382, protégée par « messire Mahyet de Marquivillier, escuier, capitaine ou garde de la forteresse de l'esglise de Lumeau en Beausse[L 48],[27] ». C'est peut-être à cette époque que le partage des obligations et des revenus du fief est renégocié entre ce gentilhomme, seigneur et vassal du duc d'Orléans et présent sur place, et l'évéché d'Orléans, propriétaire distant des bénéfices fonciers. Par ordonnance de 1388, Charles VI établit le « privilège des gentilshommes de Beauce », assurant une exemption d'impôt de taille sur leur fief.

En 1405 est établi un « état des fiefs du ressort de la châtellenie de Yenville possédés par non nobles, tant ceux mouvans de la dite châtellenie que de ceux mouvans d'autres seigneurs particuliers avec les noms des propriétaires, la mention des taxes par quelqu'uns d'entr'eux (...) Henry Bruneau, à Malemuce, paroisse de Lumeau.[L 49] »

Louis d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI qui est atteint de folie, prend le contrôle de l'État et s'allie avec des seigneurs du Sud-Ouest, formant le clan des Armagnacs contre son oncle Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et allié des anglais. Le traité de Troyes, négocié par Philippe III de Bourgogne, est signé en 1420 par Charles VI et son gendre Henri V d'Angleterre, et déshérite le dauphin, le futur Charles VII. Celui-ci, autoproclamé régent du royaume de France en 1418, eu égard à l'indisponibilité de son père Charles VI, combat à partir du sud de la Loire avec ses partisans Armagnacs et Orléans comme bastion nord.

L'armée du comte de Salisbury prend « Janville, en Beauce, fin août 1428, qui sera longtemps l'une des bases importantes du dispositif anglais pour la conquête des villes de la Loire et le siège devant Orléans[28]. » « De Janville sont lancées, dans plusieurs directions, des colonnes volantes. L'une d'elle, par Artenay, Poupry, Terminiers et Patay, alla soumettre plusieurs petites places entre cette dernière ville et Châteaudun, Sougy, (...)[28]. » Parmi les 40 villes que Salisbury déclare avoir conquises, notons « Yenville, Lapesett, Towry, Saint Ely, Praperye, Termenerys, Sowche, Harteney, Patoye[B 49] ».

Lumeau est sur les arrières du champ de la bataille de Patay le 18 juin 1429 entre l'armée anglaise et l'armée française de Charles VII menée par Jeanne d'Arc. Lumeau est en effet à 9 km du lieu-dit « Climat du Camp » ou simplement « le Camp », le long du chemin de Blois à Paris entre le hameau de Lignerolles à Patay et Rouvray-Sainte-Croix, où la tradition situe les compagnies d'archers anglais de John Talbot ; celles-ci sont mises en déroute par la cavalerie française et s'enfuient avec les survivants de l'armée de John Fastolf par le chemin de Blois à Paris via Lumeau[B 50]. Les fuyards sont poursuivis jusqu'au delà de Janville.

Charles VII fait la paix avec les Bourguignons au traité d'Arras (1435). « Outre les alertes occasionnées par les opérations militaires, les habitants de nos malheureuses campagnes eurent encore à se garantir contre les Écorcheurs, gens de guerre pillards de tous les partis, qui sévirent principalement de 1435 à 1444[B 47]. »

Aux États généraux de 1439 à Orléans sont discutées les conditions de la paix avec les Anglais, la mise en place d'une armée nationale afin de réduire les désordres et les pillages du territoire, et la perception d'un impôt royal permanent (la taille générale) pour financer l'armée, abolissant ainsi l'impôt de taille seigneural. Les compagnies d'ordonnance du roi sont créées en 1445 et dispersent les pillards. Les Anglais sont finalement chassés de France en 1453 après la bataille de Castillon.

« La guerre de Cent Ans, loin de susciter des vocations militaires promptes à combler les vides, a détruit la gentilhommerie beauceronne. Au xvie siècle, 71 % des nobles sont des hommes nouveaux. La reconstruction du pays fut autant sociale qu'économique.[B 51],[B 52] »

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

Un pouillé du XVIe siècle indique en latin d'église la dépendance de Lumeau à la collégiale de Saint-Pierre-des-Hommes d'Orléans (ou collégiale Saint-Pierre-Empont)[Note 8],[B 45] : « Archidiaconatus Belsie ; Curatus de Limolio : Capitulum Sancti Petri Virorum Aurelianensis presentat[B 19] ».

C'est en 1524 qu'est construite la chapelle Sainte-Radegonde à la limite territoriale de Terminiers et de Lumeau. Après d'importants travaux d'extension de la nef et du chœur pré-existants, l'église de Lumeau est consacrée en 1556 par Étienne de Paris, originaire d'Orléans et nommé vicaire général en 1552 par Jean de Morvillier, évêque d'Orléans[29],[B 53].

Les États généraux de 1560 ont lieu à Orléans sous la direction de Michel de L'Hospital, où les factions catholiques et réformées s'opposent (Jean Calvin et Théodore de Bèze, porte-parole de la Réforme, avaient été étudiants à l'université d'Orléans, respectivement en 1525 et en 1535). L'application de l'Édit de tolérance de janvier 1562 déclenche les massacres des Guerres de Religion. Le parti protestant prend les armes sous la direction du prince Louis de Condé (oncle du futur Henri IV) qui occupe Orléans ; l'armée de Condé traverse la Beauce, incendiant des églises et massacrant des prêtres, conduisant à des réactions symétriques du parti catholique. L'église de Lumeau est incendiée par des protestants en 1562[L 23]. Le siège d'Orléans (1563) par les troupes catholiques prend fin avec l'assassinat du catholique duc François de Guise à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. L'Orléanais et la Beauce s'installent alors dans une guerre civile intermittente, avec le siège de Chartres (1568) par les troupes protestantes et l'épisode extrême du massacre de la Saint-Barthélemy où les protestants sont éradiqués d'Orléans en 1572, jusqu'à la promulgation de l'Édit de Nantes en 1598.

Les terres de Lumeau, possession de l'évéché d'Orléans, sont gérées par les hommes de main du duc d'Orléans, tels qu'Alexandre Le Jay, descendant de Guillaume Le Jay qui est écuyer de Jean d'Orléans en 1353 et époux de Marie d'Orléans[30]. En 1592, la chronique seigneuriale note la « vente par Alexandre le Jay, seigneur de Lutz, de la métairie Damyn à Lumeau, à Marin de Ramezay, seigneur de Lumeau, commandant pour le Roi en la ville et château de Janville[B 54] ». Marin de Ramezay « fit foi et hommage pour la terre de Lumeau à l'évêque d'Orléans ». Marin de Ramezay (marié en 1556) est le descendant de Claude de Ramezay (ou Ramesie ou Ramseys ou Ramsay). Celui-ci est un archer d'une troupe écossaise au service du Roi de France (en raison de la Auld Alliance, les soldats professionnels écossais combattent notamment dans l'armée de Charles VII et aux côtés de Jeanne d'Arc en 1429[28] et notamment les soldats du connétable Jean Stuart de Derneley lors de la journée des Harengs à Rouvray-Saint-Denis), qui épouse en 1470[B 55] la fille de Louis de Chartres, seigneur de Germignonville à 10 km au nord ouest de Lumeau. Lazare de Ramezay (marié en 1584) et son fils François de Ramezay (marié en 1616) lui succèdent comme seigneurs de Lumeau, suivis par « Luc de Ramezay, écuyer, sieur de Lumeau, demeurant ordinairement en sa maison de Tournoisis, bailliage d'Orléans[31] » (marié en 1633), Jean de Ramezay (marié en 1639) et François de Ramezay (marié en 1677). La lignée des Ramezay de Lumeau s'interrompt lorsque Louis de Ramezay, seigneur de Lumeau et huguenot[B 56], quitte la France vers 1685 lors de la révocation de l'édit de Nantes[B 57].

L'Église prélève sa dîme, impôt religieux sur les récoltes : les bénéfices de la cure de Lumeau dans l'archidiaconé de Beauce du diocèse d'Orléans, collationnés pour l’évêque, ont une valeur annuelle de 357 livres entre 1641 et 1648 et de 430 livres entre 1750 et 1758[L 50]. « La cure est à portion congrue ; collateur, le chapitre de Saint-Pierre-Empont[B 58],[L 28] » : autrement dit, la dîme de Lumeau contribue principalement à la richesse de l’évêché d'Orléans et est affectée au bénéfice de l'église collégiale de St-Pierre-Empont d'Orléans. En 1641-1648, Lumeau est d'une des dix huit prébendes de Saint-Pierre-Empont[B 59] dont le bénéfice total est de 12 000 livres ; elle est proche de la moyenne (400 livres) pour les prébendes annuelles de 1750-1758[B 60]. « La justice du chapitre de Saint-Pierre-des-Hommes[B 61] ou de Saint-Pierre-Empont s'étendait sur quatre territoires. Le premier se composait de l'enceinte du cloître et des habitations y attenant à l'extérieur ; le second, d'une très petite partie du faubourg Saint-Vincent ; le troisième, de la paroisse de Creusy ; le quatrième, de la paroisse de Lumeau, toutes deux situées en Beauce. Il est impossible de retrouver, nous le pensons du moins, les titres de fondation de ces justices, et pour nous ils se confondent avec la qualité de seigneur. Le principe : nulle terre sans seigneur, qui était le fonds du droit public sous le régime féodal, définit le droit de justice qui se rattache, en ce qui concerne les chapitres et autres établissement religieux, aux donations qui leur étaient faites des terres nécessaires à leurs résidences, à leur existence matérielle et à leur influence religieuse elle-même. (...) Voilà pourquoi aussi, dans tous les procès-verbaux d'assises et dans ses actes juridiques, le bailli du chapitre s'institulle : « juge ordinaire, civil et criminel de la justice, terre et seigneurie de l'église collégiale et chapitre de Saint-Pierre-Empont ». (...) Il ne nous est resté aucune trace de cette formalité (le droit de justice) accomplie dans aucun temps sur la paroisse de Lumeau, et, sans des actes de greffe très rare concernant ses habitants, on ne soupçonnerait pas qu'elle ait été jamais comprise dans la juridiction du chapitre. (...) Les conséquences de la qualité de seigneur, sauf les exceptions dérivant des coutumes et des fondations particulières, surtout lorsqu'il s'agissait d'établissements religieux, étaient généralement uniformes. Elles se résolvaient en droits de lods et ventes, champarts et banalités. (...) On assure qu'une redevance de cinq sous lui était payéee par chaque habitant de Lumeau qui se mariait, et que, dans des temps très anciens, il percevait une certaine somme, que l'on ne détermine pas, pas chaque affranchissement des serfs de ses domaines[B 58]. »

En 1650, sous la Fronde, un mouvement nobiliaire se développe en Beauce, contestant la dynastie royale et l’absolutisme monarchique, lorsque Mazarin tente de faire payer la taille (impôt dû au roi) par les nobles de l'élection de Dourdan, portant ainsi atteinte à leur statut et privilèges en les rabaissant fiscalement et socialement à la condition applicable aux paysans. Cet affront conduit à une agitation pour la confirmation du privilège d'exemption de taille des gentilshommes de Beauce, dont des soubresauts persisteront jusqu'en 1658 et 1659, s'étendant à l'Orléanais, Perche-Gouët, Normandie et Vexin[32]. Depuis l'automne 1651, « la Beauce, théâtre pendant plusieurs mois des combats, est dévastée par le passage des deux armées », à savoir les troupes de la maison de Condé contre l'armée de la Grande Mademoiselle, qui prend finalement Orléans le 27 mars 1652 et est associée à Mazarin, à la tête de sept mille mercenaires allemands, poursuivant des combats dans la vallée de la Loire[32]. Le « fut arrêtée à Terminiers l'union de plusieurs gentilshommes de Beauce contre les désordres des gens de guerre. Les seigneurs de Baigneaux, des Bordes, de Viabon, de Cambray, Frouville (Samuel de Frouville, sieur de l'Esperonnière), Germignonville, la Carrée, Cottainville, Lumeau, Luplanté, Menainville, Mihardouin, Montvilliers en Denonville, Villeprévost, s'unirent avec plusieurs de leurs voisins pour se défendre, eux et leurs fermiers, contre les excès des gens de guerre[B 62]. » « Les discordes intérieures soulevées par la Fronde et les périodes troublées qui en furent la suite déchainèrent encore sur notre pays les troupes de gens de guerre et de dangereux vagabonds contre lesquelles il fallut à nouveau songer à se mettre en défense. Les habitants des campagnes se liguèrent pour leur commune protection et les travaux de fortification furent repris autour des édifices religieux[B 47]. »

La réduction du coût de fabrication du papier au XVIe siècle, conséquence indirecte de la diffusion de la technique d'imprimerie à caractères mobiles inventée par Gutenberg vers 1440, permet la production croissante de rapports et archives concernant Lumeau. La chronique seigneuriale[B 54],[B 63] indique les faits suivants :

  • 1492-1494 : Quittance donnée par l'Évêque à Jean Julien des moissons de sa métairie de Lumeau[L 51].
  • 1499 : pic épidémique de peste
  • 1541 : Aveu à Françoys de Villereau, seigneur de Beauvilliers et Villeneuve, par Anne Le Fuzellier, d'une métairie et de terres à Escuillon, paroisse de Lumeau[B 64]
  • 1546 : Don à Gyon Letirant, archer de la garde du roi, de 20 écus d'or soleil à prendre sur le produit de la vente de l'office de notaire royal dans les villages de Baigneaux, Santilly-le-Moutier et Lumeau, au baillage d'Orléans, vacant par la mort de Jean Carré[B 65]
  • 1563 : Vente de la métairie du Petit Domainville par Jean de l'Isle, sieur d'Aulneux et Domainville, à Claude Mariette, marchand d'Orléans[B 66]
  • 1573 : Madeleine de l'Hôpital, fille unique de Michel de L'Hospital, est héritière de la seigneurie d'Auneux en 1573. Elle épouse le protestant Robert Hurault de Bélesbat, chancelier de Marguerite de France, dont l'ancêtre Philippe Hurault avait pour épouse Marie de Villebresme, qui se remaria en 1352 à Guillaume le Jay. Suivent son fils Robert Hurault de l'Hôpital, baron d'Auneux, son petits fils André Hurault de l'Hôpital, baron d'Auneux et de Vignay en 1639[33].
  • 1580 : Rédaction des coutumes de la prévosté et vicomté de Paris ; procès verbal co-signé par Martin Ramisery, seigneur de Lumeau[34]
1591 : François de Chastillon, comte de Coligny sur le siège de Mun (Meung-sur-Loire) le  : « je fis avancer le régiment du sieur de Lacroix et la compagnie du sieur de Lumeau vers Blois[35]. »
  • 1592 : Vente par Alexandre le Jay, seigneur de Lutz, de la métairie Damyn à Lumeau, à Marin de Ramezay[B 55], seigneur de Lumeau, commandant pour le Roi en la ville et château de Janville[B 54].
  • 1598 : Application de l'édit de Nantes, autorisant le culte réformé exclusivement dans les « lieux de l'obéissance royale où il était établi et fait publiquement en l'année 1596 et en l'année 1597 ». Le culte protestant est particulièrement développé en Beauce dunoise, notamment à Varize, Bazoches-en-Dunois et au hameau de Gaubert à Guillonville, mais aussi de Sancheville à Courbehaye, Fontenay-sur-Conie et Germignonville[36].
  • 1617 : Noble homme Adrian d'Aubenoist, sieur d'Aulneux[B 67]
  • 1661-1662 : Crise de l'avènement, crise céréalière et famine contemporaine de la prise de pouvoir absolu par Louis XIV
  • 1666 : Présentation des titres de noblesse de Marthe Stuart, veuve de Jean de Ramezay, seigneur de Lumeau et de Ramezay, de Villeprévost, demeurant à Bazoches-les-Gallerantes[B 68],[B 69], en exécution de l'arrest du Conseil du 22 mars 1666 (Grande enquête sur la noblesse)
  • 1677 : Charlotte Lucrère de Ramsay-Lumeau est baptisée comme huguenote à Bazoches-en-Dunois, fille de François de Ramsay et de Charlotte de la Haye ; Information, à fin de séparation de bien pour Charlotte de la Haye, contre François de Ramezay, seigneur de Lumeau, son mari.[37]
  • 1682 : François de Ramezay, sieur de Villeprévost, fils de Joseph de Ramezay et capitaine au régiment de La Fère, abjura à Paris.
  • 1684 : Anne de Ramezay de Lumeau « avait rallié la religion dans laquelle elle était née ».
  • 1685 : Louis de Ramezay, seigneur de Lumeau, quitte la France[B 56].

Les lendemains des guerres de religions sont l'occasion de redistribuer une partie de la propriété censitaire[B 30].

Rentes foncières et notables d'Orléans[modifier | modifier le code]

Pour lever des fonds pour les finances royales, François Ier avait généralisé la vénalité des charges et offices : des bourgeois peuvent accéder aux charges de l’État par leur seule fortune, en retirer des revenus et entrer dans la noblesse de robe avec ses privilèges (exemption d'impôt). L’affermissement de la propriété paysanne s'effectue progressivement sous le couvert de la tenure roturière et de la tenure censitaire, transmissible par héritage mais grevée des redevances du régime seigneurial ; ces redevances féodales peuvent être titrisées en rentes financières qu'acquièrent des bourgeois qui ne sont pas domiciliés sur le territoire mais qui s'attribuent ainsi l'apparence nobiliaire de la seigneurie. Le fief de Lumeau est aussi démembré par afféagement, autonomisant les hameaux d'Auneux et Domainville. Après la révocation de l'édit de Nantes (1685) par Louis XIV, les terres de réserve seigneuriale et les redevances féodales de la seigneurie de Lumeau (champart sur les récoltes et cens payé en argent au seigneur, propriétaire éminent de la rente foncière) sont accaparées par des notables d'Orléans[B 70].

Outre 11 famines générales au XVIIe siècle et 16 au XVIIIe siècle, la France connait trois crises majeures de subsistance : en 1661-1662 (crise de l'avènement), en 1693-1694 (la grande famine) et en 1709 (grand hiver).

La chronique seigneuriale[B 54],[B 63] indique les faits suivants :

  • 1691 : Jacques de La Lande[B 55],[L 52], écuyer, est « seigneur de Lumeau en Beauce (...) conseiller au bailliage et siège présidial d'Orléans, docteur-régent en l'Université et maire de la ville d'Orléans en 1691 et 1692 », jurisconsulte auteur de la « coutume d'Orléans commentée[B 71] » en 1704
  • 1694 : Donation de la terre et seigneurie du Grand Domainville par Pierre Boyer [Boyetet] à Christophe François Boyer[L 52],[B 66]
  • 1699 : Bail de la métairie d'Auneux, paroisse de Lumeau ; sentence entre Jean-Paul Hurault de l'Hospital, chevalier, seigneur et baron d'Auneux (...) touchant les créances établies sur la terre d'Auneux[B 72]
  • 1699 : Une des châsses déterrées à Notre-Dame-de-Paris contient des reliques de Saint-Lucain.
  • 1700 : Sentence entre Daniel de La Lande, écuyer, sieur de Lumeau, gentilshomme ordinaire de la Grande-Fauconnerie de France, et les marguillers de la paroisse de Lumeau[B 72]
  • 1706 : Daniel de La Lande, escuier, seigneur de Lumeau et d'Auneux[B 67]
  • 1719-1720 : Saisie des biens de François Cassegrain, à la requête de Daniel de La Lande, écuyer, seigneur de Lumeau (marié avec Claude Colas des Sablonnière en 1694)
  • 1721-1723 : Information contre Jean Vannier pour avoir chassé sur les terres du seigneur de Bazoches-les-Hautes, à Écuillon. Procès entre la fabrique de Lumeau et André Bénard pour les terres dépendantes de ladite église
  • 1723 : Lettre de Lalande à Maraldi (observatoire de Paris), Lumeau, avril 1723[38]
  • 1721-1725 : Appels des bailliages de Brandelon et de Lumeau ; procès entre Daniel de La Lande, seigneur de Lumeau, et Claude Delaporte, pour droits féodaux
  • 1730 : Acquêt de 3 mines de terres entre Milhouard et Domainville par Jean Léon Boyetet sur Pierre Bourdin[B 66]
  • 1731 « L'an 1731, le 9e jour d'aoust, a été bénite une cloche de l'église de Lumeau et nommée Jacque-Thérèse par messire Jacque Colas de Brouville[L 52], seigneur de la justice de Lumeau, et par dame Thérèse Bagnault, épouse de messire Pierre Scinson, écuyer, seigneur de la baronie d'Auneux, thrésorier de France au Bureau des finances de la généralité d'Orléans. »
  • 1734 : Inventaire des privilèges du doyen et des titres de doyenné et du chapitre de Saint-Pierre-Empont dans la censive de Lumeau (doyenné du chapitre et des terres à Lumeau, Neuvilliers et Écuillon)[B 73] (chanoine Jean-François Colas)
  • 1735 : Procès de « l'église collégiale de S.-Pierre-en-Pont, de la ville d'Orléans, intimez, contre Jacques Colas[B 55] de Brouville, marchand à Orléans, Louis Monceau, Pierre Jullien et autres, laboureurs, demeurans en la paroisse de Lumeau, appellans [L 53] »
  • 1736 : Action du temporel de l'évêché d'Orléans, châtellenie de La Fauconnerie, concernant la seigneurie de Lumeau et son propriétaire Jacques Colas de Brouville [B 74]
  • 1742 : Enquête au sujet d'une inondation survenue sur les chemins de Poupry à Janville et à Dambron par la rupture d'une digue qui retient les eaux venant d'Auneux ; appel des baillages de Neuvilliers, Cottainville, Châtillon-le-Roi et Auneux[B 75]
  • 1745 : Aveux rendus au duché et châtelet d'Orléans pour des biens dépendant de la seigneurie de Cormes, à Saint-Cyr-en-Val : Domainville (paroisse de Lumeau) ; le fief de Domainville dans la paroisse de Lumeau, relève de la seignerie de Cormes, à Saint-Cyr-en-Val, qui est vendue par Maximilen Midou de Villiers à Simon Bouttin, sieur de la Source[B 66].
  • 1746-1751 : Saisie des biens de Nicolas Tourné, à la requête d'Elisabeth Vandebergue, veuve de Jacques Colas, sieur de Brouville, seigneur de Lumeau (le contrat de mariage de Jacques Colas et Elisabeth Vandebergue en 1795 est enregistré par Pasquier, notaire au châtelet d'Orléans. Les familles Colas[B 55],[B 39] et Vandebergue, notables d'Orléans[B 70], ré-investissent dans la rente foncière agricole les bénéfices de leurs investissements dans le raffinage du sucre colonial depuis 1696.)
  • 1750-1752 : Acquêt par Jean-Baptiste Pasquier[B 70],[B 55], trésorier au bureau des finances de la généralité d'Orléans, de la seigneurie de Lumeau (vendeur : Colas de Brouville)[L 54]
  • 1768 : Lumeau : déclaration des terres de la fabrique[B 76] ; Jean-Baptiste Pasquier, écuyer, conseiller du Roy, thrésorier de France au Bureau des finances de la généralité d'Orléans, seigneur du château de Lumeau, Beaugency et autres lieux, en présence de dame Marie-Françoise Levassor du Bouchet, femme dudit seigneur de Lumeau, et de Pierre-Clément Sinson d'Auneux
  • 1770-1785 : Aveu et dénombrement, ports de foi et hommage rendus au duc d'Orléans pour les seigneuries de Cormes, Cornay, la Source et la censive de Saint-Pierre-le-Puellier (...) Ventilation de Cormes, Cornay, la Source et leurs dépendances, relevant en partie du duc d'Orléans, de l'évêque d'Orléans, de l'hôtel-Dieu, des abbayes (...) et des seigneurs (...). De Cormes dépendent : (...) cinq arrière-vassaux ayant la directe sur 120 arpents de terre situés dans les paroisses d'Andeglou (Chevilly), Baigneaux, Barmainville, Boulay, Bricy, Coulmiers, Guillonville, Loigny, Lumeau, Mareau-aux-Bois, Poupry, Sougy (...)
  • 1770-1772 : Lumeau, rente de 8 mines de blé due aux Carmes de Dreux, procédure menée par les Carmes contre Jean Baptiste Pasquier et autres débiteurs de la rente : état des titres depuis 1487[B 77]
  • 1771 : « L'an 1771, le dimanche 3 novembre, a été bénite la grosse cloche de cette église; du poids de 818 livres, fondue par le sieur Defays, fondeur à Orléans ; nommée Pierre par Jean-Baptiste Barillon, fils de Marie Halouin, veuve de Jean-Emery Barillon, receveur des dixmes et champart de cette paroisse, et par Marie-Françoise Desforges, fille de Jean Desforges, laboureur, et de Marie-Anne Guérineaux.[L 55] »
  • 1775 : Guerre des farines, émeute contre les affairistes et les fermiers des grandes exploitations suite à la hausse spéculative du prix des céréales
  • 1775-1781 : Contentieux entre Pierre Genty, fermier au Grand et Petit Domainville contre le syndic des habitants au sujet de l'assiette de la taille et autres impositions[B 66]
  • 1777 : « L'an 1777, le dimanche 24e d'aoust, a été bénie la grosse cloche de cette église. Elle a eu pour parrein et pour mareine, qui l'ont nommée Charles-Marie, messire Charles Boyetet, écuyer, seigneur des Grand et Petit Domainville, ancien échevin de la ville d'Orléans, et damoiselle Marie-Françoise Levassort, dame épouse de messire Jean-Baptiste Pasquier, écuyer, seigneur des censives de Lumeau, conseiller du Roy, thrésorier de France au Bureau des finances de la généralité d'Orléans.[L 55] »
  • 1788 : Acquêt par Jean-Baptiste Pasquier, seigneur de Lumeau, de la métairie de Neuvilliers, paroisse de Lumeau, moyennant 12 900 livres[L 56] .

Alors qu'il y avait 92 feux à Lumeau en 1616[B 78], un dénombrement fait état de « 84 feux et 320 communiants[L 28] » vers 1741. Lumeau comprend 95 feux en 1768. En 1789, Lumeau comprend 103 feux, dont 101 taillables. L'imposition de la taille de la paroisse de Lumeau en 1788 est d'environ 8 906 livres, en proportion comparable à Tillay-le-Péneux (120 feux et 6 953 livres de taille), Terminiers (192 feux et 15 424 livres) et Artenay (257 feux et 13 562 livres).

États généraux de 1789[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances de Lumeau[L 28], transmis au bailli de la justice de Saint-Aignan d'Orléans lors de la convocation des états généraux de 1789, est établi le dimanche sous la présidence du notaire d'Artenay.

Les membres de la municipalité de Lumeau, citoyens de 25 ans accomplis inscrits au rôle des impositions, contribuent au cahier de doléances et ont les métiers suivants : laboureur (12), journalier (5), homme de peine (2), meunier (2), charretier (2), tourneur, maçon, charpentier, serrurier, vigneron, aubergiste, cordonnier, marchand ; vingt d'entre eux savent signer ; ils payent chacun un impôt de taille et capitation compris entre 4 et 1 083 livres, sachant que, parmi les contribuables, 8 laboureurs payent plus de 309 livres et 15 d'entre eux moins de 32 livres. Germain Greslon, maçon, est le syndic de la municipalité, élu par l'assemblée des chefs de famille de la paroisse, et déclare payer 31 livres de taille et capitation. Quand bien même 8 laboureurs forment l’élite des fortunes roturières locales identifiables par leur niveau d'imposition élevé, le niveau de vie des propriétaires notables citadins, officiers et marchands bourgeois orléanais, les surpasse : ces derniers possèdent une bonne partie des fermes et métairies du territoire de Lumeau.

Dans la liste des gentilshommes admis à voter à l'assemblée de l'ordre de la noblesse du bailliage d'Orléans convoqués en mars 1789, notons Pierre Colas de Brouville[L 52], écuyer et seigneur de Lumeau, Charles Boyetet[L 52], écuyer et seigneur des Grand et Petit Domainville, Louis-Pierre Dumaitz de Goimpy[39], chevalier, seigneur du fief du Colombier de Domainville, paroisse de Lumeau, ainsi que Pierre-Clément Sinson, écuyer et seigneur de la baronnie d'Auneux, comparant par M. Louis Colas de Brouville, écuyer.

La Révolution abolit le régime seigneurial.

Troubles révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chauffeurs d'Orgères.

De 1785 à 1798, les fermes isolées de Beauce ont subi les attaques d'une bande criminelle, nommée les chauffeurs d'Orgères[C 26].

Le compte rendu de leur procès en 1800 indique que les fermes d'Auneux et de Domainville sur la commune de Lumeau, ainsi que les fermes voisines du Milhouard et de Mamerault sur la commune de Poupry, avaient notamment été les cibles de leurs pillages[C 27]. Un acte marquant, retenu comme charge majeure dans le procès, eut lieu par un mouvement de la bande à partir du bois de Goury au nord-ouest de Lumeau vers le bois Pussin à l'est après Poupry, en volant et assassinant Nicolas Fousset, cultivateur du hameau du Milhouard[C 28].

Vente des biens nationaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aliénation des biens nationaux.

Après le décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation le dans l'objectif de rembourser l'énorme dette accumulée par l'État monarchique et éviter la banqueroute, la vente des biens nationaux consolide le capitalisme agraire pour la bourgeoisie entrepreneuriale. Cette vente aurait dû permettre l'émiettement direct de la propriété agricole[40] et favoriser davantage l'émergence d'une élite rurale acquise au nouveau régime. Mais les décrets de novembre 1790 imposent la vente rapide des biens de l'Église en corps d'exploitation et incitent même les districts à regrouper les biens trop modestes, ce qui favorise les acheteurs aisés. La majorité des biens nationaux passe dans les mains de propriétaires-rentiers qui mettent les propriétés en location ou métayage, ou les découpent en petites parcelles et les revendent ultérieurement à la paysannerie.

La France rurale va alors se caractériser par une multitude de petites exploitations agricoles : les paysans parcellaires sont issus de la politique de la Première République, de ses lois de démembrement des droits féodaux traduites dans le Code civil par la propriété foncière et le droit égalitaire des successions, de la réforme fiscale révolutionnaire supprimant la dîme (impôt religieux) : le paysan, avec la sécurité juridique du Code civil lui assurant la propriété de sa parcelle de terre sans subir les droits seigneuriaux et servitudes d'Ancien Régime, peut ainsi espérer survenir à ses besoins. « Les paysans parcellaires constituent une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés (...) Leur terrain de production, la parcelle, ne permet, dans la culture, aucune division du travail, aucune utilisation des méthodes scientifiques, par conséquent, aucune diversité du développement, aucune diversité de talents, aucune richesse de rapports sociaux[41]. » Ils restent ainsi dépendants des grandes fermes commerciales qui sont les plus productives.

Cependant, la vente des biens nationaux du district de Janville à partir du n'aboutit pas à un transfert massif de propriétés foncières sur le territoire de Lumeau, mais en fait à leur consolidation durant le Consulat et l'Empire (les Colas et Pasquier sont en relation avec les Beauharnais d'Orléans, eux-mêmes grands propriétaires fonciers alliés des Bonaparte). Messieurs Tassin de Villepion et Tassin de Charsonville, d'une famille de notables fonctionnaires royaux d'Orléans et investisseurs dans le négoce de sucre et devenus propriétaires de terres à Lumeau, font partie des anoblis du XVIIIe siècle qui traversent la période révolutionnaire et sont les deux plus riches propriétaires d'Orléans en 1790[B 79] et au début du XIXe siècle.

Les rares archives de l'Orléanais concernant la période révolutionnaire et l'Empire, non détruites par l'incendie d'Orléans en 1940, conservent la chronique communale suivante :

  • Assemblée des habitants de Ruan et de Lumeau concernant le droit de champart (5 et 10 janvier 1790)[L 57].
  • Séquestre révolutionnaire. Titres de terres et seigneuries à Bucy-le-Roi, Allainville, Andegloux, Sougy, Bazoches-les-Hautes, Baigneaux, Poupry, Lumeau[L 58].
  • Vente de la métairie de "Menerault" (Mamerault) à Poupry comme bien national[L 59]
  • Acte d'adjudication de terres situées à Lumeau au profit d'Antoine Fauconnier, marchand beurrier à Loigny, 23 thermidor an XII (8 août 1804)[B 80].
  • Extrait du procès-verbal d'adjudication des biens de Françoise Barrault à Antoine Fauconnier sur la commune de Lumeau (24 octobre 1813)[B 80]

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Occupation prussienne en 1815[modifier | modifier le code]

Le , les cosaques chevauchent dans la plaine de Beauce[B 30]. Napoléon abdique le 6 avril 1814.

Du au , des troupes d'occupation prussiennes puis bavaroises sont présentes à Orléans. « Faut-il parler maintenant des tristesses de l'occupation prussienne, bavaroise et russe en 1815 ? Orléans et les pays de la rive droite de la Loire ont gardé un souvenir amer de leurs violences et de leurs lourdes réquisitions[B 81]. »

En 1832, la deuxième pandémie mondiale de choléra atteint la vallée de la Conie et les villages alentour de la Beauce. Une nouvelle poussée épidémique a lieu en 1849.

Modernisation agricole précoce[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution agricole.

Au XIXe siècle, la Beauce est « une région réputée pour son entrée précoce dans la modernité[B 82] », héritant de plusieurs millénaires de pratiques de la céréaliculture intensive. Après les évolutions du Moyen Âge, il faut attendre la révolution agricole et la révolution industrielle pour que soit modifié l'équipement technique des agriculteurs.

Depuis l'Antiquité, la production céréalière de Beauce est destinée au marché et non à la seule autosuffisance locale. « La Beauce, en effet, est représentative des régions de grande culture des plateaux limoneux du Bassin parisien où le capitalisme a largement pénétré la vie rurale bien avant la révolution de 1789. Dans cette région faiblement peuplée (...) le fermage est prédominant et la production est pour l'essentiel commercialisée[B 82]. »

L'assolement triennal y est pratiqué dans les « champtiers » depuis l'introduction de la charrue vers le IXe siècle jusqu'à la révolution agricole du XIXe siècle, sur des terres fertiles qui laissent peu de place à l'élevage. Avec seulement le droit de vaine pâture, le bétail reste fréquemment à l'étable avant la fin des moissons ou dans des jachères éloignées des habitations ; l'élevage ovin permet un artisanat hivernal de bonneterie lainière. La majorité de la population est alors formée de journaliers et de domestiques agricoles, dont les travaux sont soutenus par une minorité d'artisans (charrons, maréchaux-ferrants, ...).
Les structures sociales beauceronnes distinguent alors quatre types d'exploitants selon les critères d'indépendance de l'agriculteur, de l'emploi du travail salarié et du rôle du chef d'exploitation[B 83] : « au bas de l'échelle sociale, les paysans parcellaires - qui doivent trouver un complément de ressources dans le travail salarié - sont très nombreux » et sont identifiés comme journaliers, payés à la tâche ou salariés de longue durée. Les laboureurs, « exploitants indépendants - de 10 à 20 hectares - représentent la petite culture » moins aisés que « les paysans moyens - de 20 à 50 hectares - faisant appel à la main d'oeuvre salariée autant qu'au travail des membres de la famille. » « Au delà de 50 hectares, on a véritablement des exploitants capitalistes qui utilisent de façon déterminante le travail salarié. Cette grande culture occupe la moitié du sol » ; « en Beauce, la dimension moyenne des grandes fermes se situe autour de 150 hectares[B 82]. » Les fermes des hameaux de Neuvilliers, Écuillon, Auneux et Domainville ainsi que l'exploitation dirigée depuis le château de Lumeau[L 60] sont représentatives de cette grande culture céréalière. La présence de ces grandes exploitations et de moyennes exploitations dans les hameaux explique que le prolétariat agricole soit très nombreux : en 1852, il représente les trois-quarts des actifs agricoles et encore la moitié en 1892.

Le progrès agricole au XIXe siècle comprend trois aspects :

  • le perfectionnement des assolements, c'est à dire une modification des techniques culturales avec le remplacement de la jachère par des prairies artificielles ensemencées de plantes fourragères qui permettent l'augmentation des troupeaux (notamment de moutons), donc de l'engrais naturel et des rendements céréaliers. « Cette révolution culturale, commencée dès le Premier Empire, est pratiquement terminée en Beauce au milieu du XIXe siècle[B 82] » ;
  • l'utilisation des engrais chimiques, qui se généralise après le Second Empire[B 82]. L'« industrialisation de la production des engrais est salutaire pour la France, car ses terres étaient littéralement épuisées depuis la fin du XVIIIe siècle[42] ».
  • « le perfectionnement de l'outillage ancien (charrues, herses, rouleaux pour lesquels le métal tend à remplacer le bois) et l'apparition de nouveaux outils (brabants, semoirs, pulvérisateurs, etc.)[B 82] » ; le changement des techniques de moisson avec des machines agricoles qui permettent une économie de temps et de main d'oeuvre[B 82] et « sont un modérateur du prix excessif de la main d'oeuvre[B 82] ».

Les techniques de coupe et de battage du grain évoluent : le remplacement de la faucille par la faux au début du XIXe siècle, puis l'utilisation de la machine à battre au lieu du battage au fléau sous le Second Empire, enfin l'adoption des moissonneuses faucheuses-javeleuses dans les années 1880-1890, induisent des bouleversements importants aux conséquences sociales notables : la coupe plus efficace nécessite moins de migrants saisonniers (notamment issus du Perche) venant faire la moisson l'été ; le battage, activité majeure hivernale, nécessite un moins grand nombre de journaliers agricoles. « Ensuite, les familles de journaliers ne peuvent plus guère compter sur le travail d'appoint fourni par une industrie rurale à domicile qui occupait femmes et enfants pendant l'hiver : la bonneterie à l'aiguille (...) fabrication de bas, chaussons, bonnets et gants de laine (...) qui achève de disparaître[B 82]. »

« Les nécessités économiques (besoin de davantage de paille, raréfaction de la main d'oeuvre saisonnière, hausse des salaires) ont donc incité les fermiers beaucerons à profiter largement de la liberté de culture, ici de l'usage de la faux, instauré par la Révolution. (...) L'adoption des machines à battre appelle une réflexion similaire. (...) C'est dans la première décennie du Second Empire que les batteuses à manège, mues par les animaux, vont se répandre. Il s'agit de machines en travers ou en biais qui agissent sur les épis par frottement, le manège faisant corps avec la machine. Elles sont mues par un ou deux chevaux qui actionnent une sorte de tapis roulant en plan incliné, d'où le nom imagé qui les désigne en Beauce : les trépigneuses. Dans la deuxième décennie du Second Empire apparaissent les batteuses à vapeur, avec machines fixes puis locomobiles ensuite. (...) Les batteuses mues par les animaux restant les plus nombreuses jusqu'à la première Guerre Mondiale [B 82] ». Le progrès technique se diffuse dans toutes les exploitations : « Pour les exploitants parcellaires qui sont souvent des journaliers-propriétaires ou des domestiques, il y a la possibilité d'emprunter les machines de la grande ferme, ce qui est un moyen pour celle-ci de stabiliser la main d'oeuvre locale[B 82]. »

Guerre franco-allemande de 1870[modifier | modifier le code]

Les combats de Beauce[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Armée de la Loire.

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, les alentours de Lumeau sont l'objet de combats du 26 septembre au 6 octobre 1870. L'armée prussienne traverse le secteur de Lumeau le 10 octobre en direction d'Orléans.

La présence de l’armée prussienne en Beauce est attestée pour la première fois le 26 septembre avec l’apparition d’éclaireurs dans les communes d’Oinville-Saint-Liphard et de Poinville[B 84]. Le 26 septembre, 600 cavaliers prussiens s'avancent à Chevilly, puis se replient à Toury, après une escarmouche à la Croix-Briquet avec l'Armée de la Loire. En provenance de Rambouillet, les Prussiens s’établissent le lendemain dans les alentours de Toury. Ils font des réquisitions d'approvisionnements de fourrage et de bestiaux.

« Les Prussiens s'établissent à Toury au nombre de 5 000 hommes, se répandent à Janville, le Puiset, Mervilliers, etc, puis le 28 dans le canton de Voves et dans quelques communes du canton d'Orgères, où ils font immédiatement les plus onéreuses réquisitions[B 84]. »

Des combats contre des francs-tireurs ont lieu à Trancrainville et Cercottes le 4 octobre, à Toury le 5 octobre et à Santilly le 6 octobre. Les armées prussiennes et bavaroises opèrent un mouvement de glissement vers Orléans en traversant les localités de Terminiers, Lumeau, Poupry et Dambron[B 84]. Des combats ont lieu à Artenay le 10 octobre, aux Aydes et dans les faubourgs d'Orléans jusqu'à la prise d'Orléans (11 octobre 1870) par les Bavarois.

« Après la prise d'Orléans, l'ennemi songe à marcher sur Chartres et prend son chemin par les cantons d'Orgères et de Châteaudun[B 84]. » Le 14 octobre ont lieu les combats de Civry et Varize avec l'incendie de 74 maisons. La destructrice bataille de Châteaudun a lieu le et Chartres tombe le . Les combats sont à Châteaudun le 25 novembre et à nouveau à Varize le 29 novembre.

Bataille du [modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bataille de Loigny.

Lumeau fait partie du champ de bataille de Loigny-Poupry, impliquant près de 40 000 soldats de l'armée de la Loire et 35 000 soldats des troupes bavaroises et prussiennes le , après un premier combat à Villepion le .

La bataille débute après deux semaines d'escarmouches impliquant l'avant-poste français de Terminiers et des éclaireurs allemands, les troupes bavaroises s'étant retirées d'Orléans le 5 novembre 1870 puis de Patay le 10 novembre après la bataille de Coulmiers (9 novembre 1870). Le 25 novembre, les allemands occupent Péronville, Guillonville, Gommiers, Faverolles, Nonneville, Villepion, Loigny et Lumeau. Des confrontations ont lieu le 21 novembre à Bazoches-les-Hautes et le 27 novembre à la ferme de Gaubert. Les avant-postes français présents à Terminiers depuis le 15 novembre ne peuvent s'avancer au delà de Terre-Noire et Neuvilliers et se replient à Rouvray-Saint-Croix le 30 novembre.

En prenant en compte le combat de Villepion et les destructions à Guillonville le , la largeur du champ de la bataille du 2 décembre est de 10 km sur une profondeur de 6 km sur les communes de Terminiers, Loigny, Lumeau et Poupry. La bataille fait près de 9 000 victimes, principalement entre Villepion, Loigny, Écuillon, Goury, Lumeau, Neuvilliers et Auneux.

Lumeau est principalement impliqué du 29 novembre au 3 décembre 1870, des activités d'ambulance ayant cours du 2 décembre 1870 au 18 février 1871[B 84].

« Dans la journée du 1er décembre, le général Chanzy avait repoussé les avant-postes bavarois en arrière de la ligne Nonneville-Villepion. Néanmoins, le gros des troupes du général Von der Thann était toujours établi entre Orgères, Bazoches et Loigny, les avant-postes s'étendant jusqu'à Lumeau. »

« Les positions occupées par les Français s'étendaient en cercle du nord au sud par Nonneville, Terminiers, Patay, Artenay et Bucy-le-Roy. Les positions à emporter étaient Loigny, le Château-Goury, Lumeau et Poupry, formant la seconde ligne bavaroise. (...) Le grand-duc de Mecklembourg, qui commandait en chef, avait résolu de faire un effort au centre vers Lumeau et Patay, pour couper le général Chanzy du général d'Aurelle.(...) la 17e division prussienne, débouchant d'Allaines par la route de Chartres, vint se jeter sur les troupes des généraux Barry et Jauréguiberry. L'arrivée de ces renforts détermina un mouvement de recul parmi les Français; la division Morandy fut rejetée de Lumeau sur Terminiers. (...) Les Bavarois, délivrés à Château-Goury, s'étaient emparés de Loigny avec les Prussiens de Tresckow. Le général de Sonis lança alors les zouaves pontificaux commandés par Charelle, de Patay sur Loigny, qu'on reprit[43]. »

Le détail des mouvements le 2 décembre témoigne de l'importance des combats à Loigny, Goury et Lumeau dans l'issue de la bataille.

« La 2e division du 16e corps se porta de Terminiers sur Loigny, tandis que la 3e division vint occuper sa place à Terminiers pour se diriger de là sur Lumeau. (...) Loigny fut enlevé de la façon la plus brillante, la brigade bavaroise qui l'occupait se retira (...) dans le château de Goury. Le général Barry, à la tète de la 2e division, ne fait que traverser Loigny, se porte sur Goury et l'enlève, dans un brillant effort. Malheureusement, les batteries établies à Lumeau rendaient cette position presque intenable. La division Barry, quelque peu démoralisée par la mitraille, se replia brusquement sur Loigny.

L'amiral Jauréguiberry dut se porter en avant, dans la direction de Goury, que les Bavarois avaient immédiatement réoccupé. La 3e division était en marche sur Lumeau dont il importait de se rendre maître pour faciliter l'attaque de Goury. La 17e division d'infanterie prussienne, venant d'Allaines et de Janville, avait occupé Lumeau et c'étaient ses batteries qui avaient fait reculer déjà la division Barry. La 3e division du 16e corps, en arrivant en vue de Lumeau, fut accueillie par une canonnade excessivement vive. Toute l'artillerie de la 17e division allemande dut concentrer maintenant ses feux sur les colonnes qui s'approchaient. (...) Malheureusement, la 3* division, très-impressionnée par les pertes que lui causaient les projectiles ennemis, se replia vers trois heures dans la direction de Sougy.

(...) Par contre, la 17e division prussienne, n'ayant plus d'adversaires devant ses lignes, se dirigeait de Lumeau sur Goury pour soutenir et dégager les Bavarois. (...) Le général de Sonis, qui venait d'arriver de Saint-Péravy et de Patay, continue sa route avec la division qu'il a sous la main. (...) Le général de Sonis se met lui-même à la tête de sa colonne, et marche directement sur Loigny, qu'il enlève aux Bavarois qui viennent de le réoccuper ; poursuivant son effort, il se dirige sur Chàteau-Goury. Mais les batteries de la 17e division d'infanterie prussienne ouvrent un feu terrible sur nos colonnes. Le général de Sonis tombe frappé d'un éclat d'obus. Le colonel Charette, commandant des zouaves pontificaux, est grièvement blessé; son bataillon subit des pertes énormes. La nuit, du reste, va arriver ; il importe de se retirer en ordre, et le général Chanzy, prenant par intérim le commandement du 17e corps, prescrit la retraite sur Patay[44]. »

Les dégâts matériels dans le canton d'Orgères le 2 décembre sont les suivants : le hameau d'Écuillon est incendié par des bombes ; idem pour le bourg de Loigny et la ferme de Pruneville, la ferme de Bourneville et Villepereux[B 84]. Les combats qui ont lieu à Poupry le 2 décembre de 1 h à 6 h conduisent à la mort du général von der Konstrel et à des pillages[B 84].

Après la bataille de Loigny, la retraite française conduit à d'autres combats à Artenay et Chevilly le 3 décembre, à Patay jusqu'à Orléans le 4 décembre (bataille d'Orléans).

Huit mois d'occupation allemande[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Loigny le 2 décembre et la bataille d'Orléans (2 au 4 décembre), la Beauce orléanaise est sous le régime d'occupation allemande pendant encore 6 mois.

La population de Lumeau est de 506 personnes jusqu'au 13 février 1871 ; il y en a 1200 à Terminiers jusqu'au 13 mars. Les pertes sont estimées à 358 714 francs à Loigny, 176 714 francs à Lumeau, 148 610 francs à Pouprix. Les pertes cumulées de la guerre et de l'occupation sont estimées à 2 530 531 francs pour le canton d'Orgères et 11 678 649 francs pour l'arrondissement de Châteaudun[B 84].

L'armistice franco-allemand est conclu le . Par application du traité de Francfort signé le 10 mai 1871, les départements d'Eure-et-Loir et du Loiret sont parmi ceux qui sont immédiatement évacués par l'occupant.

Réparations de guerre en 1918[modifier | modifier le code]

À la suite d'une circulaire du du ministère de l'agriculture concernant la « main d’œuvre prisonnière », des prisonniers de guerre allemands contribuent au curage de la grande mare de Lumeau en 1918.

Une partie de la population française est contaminée par la grippe de 1918, pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court.

Occupation allemande 1940-1944[modifier | modifier le code]

L'armée française en retraite traverse la Beauce vers le , tandis que des civils prennent le chemin de l'exode.

Les archives départementales du Loiret à Orléans brûlent le , anéantissant mille ans d'archives anciennes concernant Lumeau, incluses dans les archives de la généralité d'Orléans, des cours et juridictions, des administrations provinciales, les titres de l’évêché et chapitres, les dossiers d'engagement et d'aliénation à des seigneurs, les titres féodaux, les dossiers de confiscation des biens protestants, les assemblées d'habitants, les registres censiers et terriers, les rôles des tailles, du ban et de l'arrière ban, les arrêts de justices des bailliages et les affaires relatives aux bandes criminelles de la fin du XVIIIe siècle, les archives révolutionnaires et celles sur les biens nationaux[B 85].

Lumeau est libéré le .

Agriculture à haut rendement[modifier | modifier le code]

Les premiers tracteurs agricoles à moteur à combustion interne apparaissent après la première Guerre Mondiale. Le machinisme agricole motorisé atteint son apogée dans la seconde partie du XXe siècle et se substitue à la force humaine et animale pour les travaux des champs.

Basé sur la disponibilité abondante d'hydrocarbures fossiles à très grande densité énergétique et soutenu par le génie chimique et agronomique, le système productif modernisé permet d'une part de produire industriellement et transporter à faible coût de nombreux intrants dont l'usage se généralise pour doper la croissance des plantes et tuer les espèces nuisibles, et d'autre part de labourer, semer, traiter et récolter efficacement avec une main d'oeuvre très réduite chargée de piloter le travail des puissantes machines agricoles. Grâce à la sélection variétale et la multiplication des apports azotés, le rendement annuel moyen en blé tendre à l'hectare, d'une valeur stable de 12 quintaux du XIIe siècle au milieu du XIXe siècle, passe de 16 quintaux en 1946 à 25 en 1950, 45 en 1975 et 70 en l'an 2000[45].

L'investissement financier nécessaire pour atteindre le seuil de rentabilité d'une production céréalière à grand rendement est soutenu par la politique agricole commune (PAC). L'intervention publique est portée par le fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA) qui assure un prix minimal et subventionne les exportations tandis que le prix des terres agricoles est maintenu bas par chaque société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER).

S'inscrivant dans la croissance des Trente Glorieuses soutenant les grandes exploitations productivistes dans une société de consommation devenue majoritairement urbaine, la filière agricole se transforme en un système agro-industriel intégré, tandis que l'emploi agricole se réduit et qu'est marginalisée la petite propriété agricole qui avait été la base des politiques agrariennes de la Révolution française à la Quatrième République. « Dans cette grande transformation de l'agriculture que le sociologue Henri Mendras qualifie de « fin des paysans », l'énergie, la fertilisation des sols, les semences, la protection des plantes, comme la reproduction et la santé des bêtes, autrefois autoproduites à la ferme, sont désormais achetées au secteur industriel (tracteurs, pétrole, engrais, semences et variétés certifiées, pesticides, ...) ; la terre est dorénavant conçue comme outil de production commerciale, plutôt que comme rente ou comme terroir rattachant à une tradition[46]. » Sous la Cinquième République et dans le contexte des politiques coordonnées à l'échelle européenne, la chaîne de valeur se déplace vers l'aval où opèrent, loin du territoire de récolte, les conglomérats agro-alimentaires mondialisés.

L'irrigation des surfaces agricoles sur le calcaire de Beauce (qui ne retient pas l'eau de pluie) fait sont apparition à la fin du XXe siècle[45].

Au début du XXIe siècle, les externalités négatives induites par l'agriculture productiviste (telles que les pollutions par excès de nitrates et produits phytopharmaceutiques déversés par l'industrie agricole et qui se retrouvent présents dans les eaux superficielles[45]) et l'appauvrissement en matière organique des sols[45] (ce qui nuit à leur fertilité) mettent en exergue l'agriculture biologique en France, dont un enfant du canton d'Orgères-en-Beauce, André Birre[C 29],[C 30], co-fondateur de l'association Nature et progrès[C 31], avait été le promoteur depuis 1948 avec sa « Croisade pour l’Humus [C 5],[C 6],[C 32] ».

Le séquençage du génome des plantes cultivées apporte une compréhension nouvelle des voies métaboliques qui gouvernent leur rendement, l’économie de l’eau, la résistance aux maladies, au chaud ou au froid, et conduit à des hybridations performantes.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Lumeau a fait partie du territoire des Carnutes, de la civitas Carnutum puis de la civitas Aurelianorum, de la province de l'Orléanais, du comté d'Orléans, du domaine royal puis du duché d'Orléans.

Sous l'Ancien Régime, à la veille des États généraux de 1789, la paroisse de Lumeau est comprise dans le ressort de la généralité d'Orléans, du bailliage d'Orléans pour les affaires judiciaires et financières, de l'élection d'Orléans et sa subdélégation de Janville (Yenville) en matière fiscale, ainsi que du grenier à sel de Janville pour la perception de la gabelle du sel.

Le droit coutumier applicable dans le bailliage d'Orléans et dans la justice de la seigneurie de Lumeau est fondé sur les usages et privilèges de la coutume d'Orléans, qui fait l'objet d'un ouvrage par Achille de Harlay en 1583, d'un recueil commenté en 1704 par Jacques de La Lande[B 71] (seigneur de Lumeau) puis d'un traité en 1740 par Robert-Joseph Pothier. La coutume d'Orléans est prise en compte pour l'écriture du Code civil, applicable depuis 1804.

Sur le plan ecclésiastique, la paroisse de Lumeau est d'abord rattachée au diocèse d'Orléans et à l'archidiaconé de Beauce. Après la formation du département d'Eure-et-Loir, elle est rattachée au diocèse de Chartres, doyenné de Beauce.

Le territoire de la commune de Lumeau est précisément délimité en 1793, à partir du finage antérieur. Il est alors dans le canton d'Orgères. Le canton est rattaché au district de Janville de 1790 à 1795[47], puis à l'arrondissement de Châteaudun à partir de 1806. Ils font partie du département d'Eure-et-Loir créé le 4 mars 1790 et de la région Centre établie en 1956. Pour les élections législatives depuis 1986, Lumeau fait partie de la quatrième circonscription d'Eure-et-Loir. Lumeau fait partie du canton de Voves depuis 2015 et depuis 2017 de la communauté de communes Cœur de Beauce[L 61], dont le siège est à Janville.

Terrier et cadastre[modifier | modifier le code]

La propriété des parcelles de terres, les baux, les droits féodaux et la fiscalité sont consignés dans le livre terrier de la seigneurie de Lumeau du XVe siècle à la Révolution française.

Le cadastre dit napoléonien résulte de relevés de terrain effectués en 1836, qui témoignent de la continuité cadastrale depuis l'Ancien Régime, avec des centaines de parcelles sous forme de lanières et quelques dizaines de grandes pièces. La toponymie des parcelles hérite de l'organisation traditionnelle des cultures avec les dénominations de climat (subdivision territoriale d'un pays), réage (ensemble de parcelles laniérées qui se labourent en raies parallèles), champtier d'assolement triennal, pièce d'un seul tenant (un seul locataire-tenancier d'une tenure) et les unités de mesures de surfaces antérieures à la décimalisation et au système métrique (e.g. mine, muid, carreau, arpent).

La révolution agricole du XIXe siècle, l'évolution du droit rural et la mécanisation au XXe siècle conduisent à plusieurs remembrements des surfaces, par aggrégation de parcelles et modifications du tracé de voies d'exploitation.

Administration communale[modifier | modifier le code]

Politique municipale[modifier | modifier le code]

Durant l'Ancien Régime, la municipalité représente la communauté des habitants pour coordonner les activités agricoles, l'usage des communs et organiser les perceptions fiscales imposées par le seigneur, l'église et le roi selon le droit féodal.

Depuis l'abolition des privilèges, des droits féodaux, des inégalités fiscales et de la vénalité des offices lors de la nuit du 4 août 1789 et à la suite de l'application du Code civil, la propriété privée est redéfinie et la municipalité est autonome pour administrer la commune, définir la fiscalité foncière locale et entretenir les espaces publics. Afin de mutualiser les investissements, la politique municipale est coordonnée au niveau cantonal depuis le XIXe siècle et au sein d'une communauté de communes de Beauce depuis la dernière décennie du XXe siècle.

Une maison d'école est assignée à l'enseignement avant 1836, probablement sous l'impulsion de la loi Guizot de 1833. Elle sert aussi de salle de réunions publiques.
La construction d'une mairie et maison d'école mixte est planifiée en 1841 par l'acquisition d'un terrain dans le centre du bourg de Lumeau[L 62]. Une construction est proposée en 1880, décidée en 1881[L 63] et son financement approuvé en 1884 ; le bâtiment scolaire est agrandi en 1930. À la fin du XXe siècle, l'intercommunalité scolaire prévaut en raison de la démographie et de la densité de la population.
Une coopérative de battage est créée à Lumeau en 1926, participant à un mouvement d'ensemble régional. En 1926 également, la Société générale des Transports Départementaux pour l'exploitation d'un réseau d'autobus en Eure-et-Loir opère pour le compte du département une ligne Janville à Bonneval via Lumeau et Orgères.
La commune s'équipe de matériel de lutte contre l'incendie vers 1850, 1930 et 1960 (pompe à bras et moto-pompe garées dans l'« arsenal[L 64] »), avant de totalement mutualiser le service d'incendie et de secours avec le centre départemental d'Orgères en 1996, puis avec celui de Voves.
Les réseaux d'adduction d'eau, d'électricité et d'éclairage public, de télécommunications sont installés au cours du XXe siècle. Un réseau communal d'adduction d'eau remplaçant les puits domestiques est installé vers 1930 ; il est ultérieurement interconnecté avec celui d'autres communes pour former un réseau commun d'accès à l’eau potable. Pour les eaux usées, Lumeau est dans une zone d'assainissement non collectif. Le ramassage hebdomadaire et le traitement des ordures ménagères est géré au niveau intercommunal. L'électrification à 110 V est effectuée en 1922[48] par Sud-électricité (membre de l'Union d'électricité d'Ernest Mercier) au nom du syndicat d'électrification du canton d'Orgères, puis le passage à 220 V est effectué par EDF vers 1976. Le réseau téléphonique filaire est installé par les PTT vers 1960, le service mobile est accessible à partir de 1994. Le canton est partie prenante du syndicat mixte Eure-et-Loir numérique, favorisant l'accès au réseau internet à haut débit par le déploiement d'artères en fibre optique jusqu'au répartiteur communal[B 86].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  2008 Gaston Langé    
2008 2014 Charlie Peillon    
2014 en cours Marc Langé SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Le registre paroissial de Lumeau est conservé depuis l'an 1586[B 87], soit 47 ans après l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui rend obligatoire la tenue des registres des baptêmes et des sépultures, et 7 ans après l'ordonnance de Blois qui impose les registres de mariages.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[49]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[50].

En 2015, la commune comptait 171 habitants[Note 9], en diminution de 8,56 % par rapport à 2010 (Eure-et-Loir : +1,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
424413379421484466463503501
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
503508506472442447477454463
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
482428409327345337350320313
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
267297229194179177184185184
2015 - - - - - - - -
171--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[51] puis Insee à partir de 2006[52].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Lumeau est située dans l'académie d'Orléans-Tours. Un instituteur est recensé dans la commune en 1836. Une école primaire publique mixte a été construite en 1884 et fermée fin du XXe siècle au profit d'un système scolaire intercommunal.

Le service de transport scolaire PO4 vers l'école primaire de Terminiers a un arrêt à Lumeau et à Neuvilliers. Le service de transport scolaire CO2 conduit au collège de Patay.

Santé[modifier | modifier le code]

La maladrerie d'Orgères est ouverte en l'an 1320, à 6 km du bourg de Lumeau. Au XXIe siècle, la maison de santé à Orgères-en-Beauce assure les prestations de médecine générale, de cabinet infirmier et dentiste[C 33], en supplément du cabinet de médecine générale à Terminiers.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Les festivités liées au calendrier agricole à l'époque moderne ont fait la place à l'activité associative du club de Lumeau et de la maison de la Beauce à Orgères.

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité économique sur la commune est caractéristique les grandes cultures céréalières de Beauce.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument des mobiles à Neuvilliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Loigny.

Un monument[L 17],[L 65], en forme d'obélisque blanc d'une hauteur de huit mètres sur socle, ossuaire de granit entouré d'une chaine[L 66], est élevé à Neuvilliers, hameau de Lumeau, en 1873[L 67]. Le monument marque l'emplacement de la charge de la division du général Maurandy qui tente de prendre Lumeau, sous la mitraille des batteries de la 17e division d'infanterie prussienne du général von Treskow au matin du 2 décembre 1870.

« La 3e division (Général Maurandy) appuyait la droite de la 2e en se portant de Terminiers sur Lumeau. L'ennemi, après un premier moment de surprise, se reforma et la 2e division, qui était déjà maîtresse du château de Goury, fut obligée de se replier sur Loigny, laissant, dans sa retraite, la 3e division, qui s'avançait entre Écuillon et Neuvilliers après s'être emparée de ce dernier point, exposée aux feux directs des batteries allemandes de Lumeau, et aux feux d'écharpe de celles de Goury[53]. ».

Il s'agit de l'un des plus sanglants épisodes de la bataille de Loigny. L'ossuaire sous le monument contenait initialement les ossements de plus d'un millier de soldats, parmi les neuf mille victimes dispersées sur le champ de bataille de la journée du 2 décembre 1870. Le monument rend hommage aux combattants de la Haute-Vienne[L 68] (71e régiment de mobiles de la Haute-Vienne, 2e brigade, 3e division d'infanterie (général Maurandy) du 16e corps d'armée du général Chanzy) durant la bataille de Loigny, avec des mentions sur plaques de marbre :

  • « À la mémoire des mobiles du 71e régiment tués à Lumeau. Combats de Lumeau 2 XII 1870, le département de la Haute-Vienne. Le département de la Haute-Vienne garde un souvenir reconnaissant aux habitants de Neuvilliers et Lumeau qui ont recueilli ses blessés. ».
  • « Sous ce monument reposent les ossements de 1100 soldats français appartenant à divers régiments dont le 71e mobiles et de 40 allemands tués le 2 décembre 1870 en différents points du champ de bataille. »
  • « Melius est nos mori in bello quam videre mala gentis nostre (Il vaut mieux pour nous mourir que d’être spectateurs des malheurs de notre nation), Premier livre des Macchabée (1 Mac 3, 59). »

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Le monument a été élevé avec le concours du département de la Haute-Vienne[L 69] qui y a perdu 500 soldats.

Église de Lumeau[modifier | modifier le code]

L'église de Lumeau[L 10] a été construire et rebâtie durant au moins trois périodes historiques. De l'édifice primitif d'architecture romane, l'église conserve un chœur rénové. La tour beauceronne quadrangulaire de l'église est un élément architectural typique dans le canton ; ses fondations sont antérieures au XIVe siècle ; la tour date du XVIe siècle pour sa dernière surélévation par une flèche de charpente[L 47],[27]. « Trois parties nettement différenciées s'étagent de l'ouest à l'est : importante tour avec tourelle d'escalier à l'angle sud-ouest, nef flanquée d'un chapiteau moderne et chœur, plus élevé que celle-ci, sur la face sud duquel on voit une cage d'escalier menant aux combles. L'abside, arrondie à la base, se rétrécit au dessus et passe à trois pans, témoignant des remaniements subis au cours des âges. Remaniements encore plus visibles au nord où un pan de mur en équerre conserve la trace d'un bel arc ogif.[L 23] » « Les trois parties du bâtiment se retrouvent à l'intérieur : vestibule dans la partie basse de la tour, nef surmontée d'une voute moderne et séparée par un mur percé d'un grand arc, le chœur dont la voute semble plus ancienne : les retombées d'arc s'ornent de sculptures naïves, têtes grimaçantes, bustes présentant des écus aux armes effacées.[L 23] » « L'église est consacrée en 1556, sans doute après d'importants travaux, (... l'église est incendiée en 1562). Le retable date du XVIIIe siècle. En 1731, 1771 et 1777, des cloches de l'église ont été bénies. Une nouvelle restauration eut lieu en 1820[L 23] » : les fenêtres sont du XIXe siècle. Un plan de l'église[L 70] a été relevé en 1852. Des travaux sont effectués en 1876. Des travaux de rénovation du clocher à la fin du XXe siècle conduisent au remplacement de son bourdon.

Saint Loup, saint Gilles et saint Pierre sont associés à l'église de Lumeau et peuvent être rattachés aux contextes historiques de l'Orléanais :

  • L'église de Lumeau est d'abord consacrée à saint Loup[L 23]. Il s'agit probablement de Loup de Sens, saint né à Orléans vers 573 et évêque de Sens, le diocèse d'Orléans faisant alors partie de la province ecclésiastique de Sens. Peut être est-ce aussi une allusion discrète à Loup de Ferrières, ecclésiastique franc de l'abbaye de Ferrières-en-Gâtinais au IXe siècle, précepteur de Charles II le Chauve, dont il assista au sacre à Orléans en 848, et qui dénonça les nobles comme pilleurs des biens de l’Église. Église saint-Loup-de-Lumeau est ainsi la dénomination imprimée en 1615 dans les Annales du chanoine Charles de la Saussaye[B 88].
  • Gilles l'Ermite (en latin : Ægidius) étant fêté le même jour que Loup de Sens, le , les deux saints peuvent se partager la dédicace de l'église de Lumeau. Cela constitue également un rappel d'Ægidius, le général gallo-romain de la Gaule du Nord autonome devenue domaine gallo-romain de Soissons au Ve siècle.
  • La cure de Lumeau est citée dans un pouillé du diocèse d'Orléans vers 1650, étudié par Symphonien Guyon[B 89] : elle dépend alors du chapitre de la collégiale de Saint-Pierre-Empont à Orléans, d'où la mention d'église Saint-Pierre-de-Lumeau[L 50] toujours applicable en 1789.

« Nous remarquons une variante de vocables pour les cures de Lumeau et Poupry : la première appelée par La Saussaye Saint-Loup-Saint-Gilles, et la deuxième Saint-Sulpice, tandis que Guyon les nomme Saint-Pierre-de-Lumeau et Notre-Dame-de-Poupry. Nous ne pouvons nous expliquer cette différence de vocables qu'en admettant l'hypothèse d'anciennes églises détruites et de vocables tombées en désuétude[B 60]. »

Jusqu'au XIXe siècle, les croyances populaires sur les causes d'événements naturels ou prétendus surnaturels conduisent à des troubles à l'ordre public : « plusieurs curés furent menacés de la fureur populaire, entre autres ceux de Terminiers, Lumeau, Sancheville et Gironville[B 90] . »

Vers 1922, le cimetière, historiquement adjacent à l'église, est translaté en périphérie nord-est du bourg de Lumeau, sur la route de Baigneaux. Le monument du cimetière rend hommage à ses 18 morts entre 1914 et 1920 et au mort de 1940.

Château de Lumeau[modifier | modifier le code]

Le château de Lumeau[L 60] comprend un corps de logis du XVIIe siècle et une ferme attenante à proximité de l'église, de l'ancien cimetière et de la grande mare de Lumeau[L 27]. Le parc est adjacent au bois de Lumeau.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Sainte Radegonde, épouse de Clotaire Ier (fils de Clovis), roi des Francs, couronné roi d'Orléans en 524.
  • Émile Barillon (1860-1935)[54], né à Lumeau, évêque de Malacca (Malaisie-Singapour) de 1904 à 1933.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Dans le voisinage[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dénomination de rues, chemins, lieux dits, réages et champarts de la commune de Lumeau : AU LEVANT DES ENCLOS, AU MIDI DES ENCLOS, AUNEUX, DOMAINVILLE, RUE DU CHATEAU D'EAU, RUE DU FAUBOURG SAINT MARTIN, RUE DU PARC, ECUILLON, EGRON, GRANDE RUE, L'ENFUME, LA PIECE DE LA FERME, LA PRECHE, LE BAS DE LOISON, LE BAS DE NEUVILLIERS, LE BOIS DE DOMAINVILLE, LE BOIS SALLA, LE CARREAU, LE CHEMIN AU LOUP, LE MOULIN, LE MOULIN D'AUNEUX, LE PARC, LE POIRIER, LE RAVOIR, LE REAGE COURBE, LES BAS D'ECHELLE, LES VALLEES, LUMEAU, MALMUSSE, NEUVILLIERS, SOUS LUMEAU, SUR LE CHEMIN D'ECHELLE, SUR LE CHEMIN DE BLOIS, SUR LE CHEMIN DE DOMAINVILLE, SUR LOIGNY, TIVOLY, VERS AUNEUX.
  2. Jusqu'à la Révolution française, le droit de chasse est un privilège du seigneur sur ses terres et la pratique de la chasse est non autorisée aux paysans qui exploitent lesdites terres.
  3. Toponymes en -villiers (latin Villare) proches de Neuvilliers : château d'Auvilliers avec hameau sur un point haut et rue d'Auvilliers à Artenay à 8 km de Neuvilliers ; ferme de Beauvilliers à Loigny à 4 km de Neuvilliers ; hameau de Gauvilliers à Tillay-le-Péneux à 8 km de Neuvilliers ; Mervilliers (Marvillari) près d'Allaines à 9 km de Neuvilliers ; Grandvilliers, hameau de Germignonville à 10 km de Neuvilliers, et plus loin Mérouvilliers et Planchevilliers à Ymonville. La construction est différente de Villepion (Villare pium), à 2 km de Neuvilliers, car nous avons besoin d'un qualificatif antéposé.
  4. Jean-Louis Brunaux, « Nos ancêtres les Gaulois », 2008 : « Sur les populations celtiques extérieures à la Gaule au sens large - d'Ancône aux rives du Rhin -, il n'est pas possible de tenir un discours historique, car nous ne connaissons ni le nom de leurs principales entités ni celui qu'elles donnaient à leur territoire. Nous ne savons rien non plus des étapes de leur formation ethnique, encore moins de leur organisation politique. Mais il en va tout différemment des Gaulois qui ont commercé très tôt avec les Grecs, ont combattu précocément les Romains, ont établi des traités commerciaux et politiques avec les uns et les autres, au point d'entrer plusieurs siècles avant le début de notre ère dans les archives officielles de ces États. Certes, on nous a dit à juste raison que nous ne connaissions l'histoire de ces Gaulois qu'à travers celle de leurs voisins du monde méditerranéen, ce qui les fait placer dans une catégorie particulière de la préhistoire, « la protohistoire ». (...) Les Gaulois eux aussi ont pratiqué leur propre histoire. (...) César nous apprend en effet que les druides conservaient la mémoire des grands événements de chaque peuple, notamment des différentes étapes de ses migrations (...) celle-ci ne s'est pas conservée. Mais elle existe - évidemment sous une autre forme - dans celle de ses deux plus prestigieux voisins, les Grecs et les Romains. La documentation est présente, hétérogène, mais abondante. (...) Aujourd'hui, elle peut être en outre enrichie par l'exploration d'éléments (...) révélés par l'archéologie. »
  5. Une faux gauloise datant du IIIe siècle avant J.C. a été découverte à Chevilly en 2009.
  6. À 9 km de Lumeau, un habitat carnute et une nécropole ont fait l'objet de fouilles en 2005-2006 à Chevilly : « La Pièce de Chameul (A19 - A2-7) », sur www.inrap.fr, . « Le site de La Pièce de Chameul à Chevilly regroupe, dans une zone de fouille de près de 4 hectares, un habitat rural aristocratique gaulois et une nécropole de près de 40 tombes à inhumation et à incinération (IIIe-Ier s. avant notre ère). »
  7. Cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans (814-1300) : « Res autem quas jamdictus imperator Karolus eidem reddidit ecclesiæ, et postea gloriosus rex Ludovicus suo confirmavit præcepto hæ sunt : Basilicas, Ulmetus, Perpetiacus, Geveniolus, Mariggillus, Lidiacus, Cadonnus cum villis ad se pertinentibus, Buxerola, Vienna, Vienna , Limogilo, Silviniaco, cum aliis rebus et mancipiis ad easdem villas pertinentibus. »
  8. Collégiale Saint-Pierre-Empont à Orléans fondée au XIIe siècle, bien du clergé vendu en 1793 et transformé en grenier-magasin ; « Sanctus Petrus Virorum que l'on croit avoir été un baptistère pour les hommes, démoli en 1830. une grande nef et deux bas côtés sans transept ; arcades plein cintre reposant sur des piliers romans ; au chevet quelques restes d'opus reticulatum, sous le cœur crypte en berceau. Tour carré romane construite dans l'axe de la nef, elle renfermait autrefois la cloche du beffroi. Le chapitre de Saint-Pierre-Empont était composé de trois titulaires et treize chanoines, le doyen était curé de la paroisse établie dans cette église sous le titre de la Madeleine. En 1461, le doyen prit possession, suivant son droit, en habits séculiers avec éperons dorés, ceinture, épée et oiseau sur le poing. » Existe aux A.D. Loiret, cote 50 J 24, une copie de la copie délivrée en 1663 au chanoine Chotard, doyen du chapitre de Saint Pierre-Empont, d'un acte de Manasses de Garlande, évêque d'Orléans, en faveur de cette église, daté de 1163.
  9. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  • Lumeau
  1. a et b Mairie de Lumeau « NGF W.B.N303-12 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 58,1″ N, 1° 47′ 11,6″ E.
  2. a et b Hameau d'Écuillon « NGF W.B.N303-10 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 08,2″ N, 1° 44′ 53,8″ E.
  3. a et b Hameau de Neuvilliers « NGF W.B.03-35 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 22,8″ N, 1° 45′ 58,2″ E.
  4. a et b Hameau d'Auneux« NGF W.B.03-2 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 37,4″ N, 1° 48′ 03″ E.
  5. Hameau de Domainville 48° 05′ 54,82″ N, 1° 47′ 56,63″ E.
  6. Écart d'Égron 48° 05′ 22,77″ N, 1° 47′ 18,27″ E.
  7. Écart de Tivoly 48° 07′ 07,95″ N, 1° 47′ 41,95″ E.
  8. « Lumeau - Carte géologique », sur www.geoportail.gouv.fr (consulté le 7 mai 2014)
  9. Sommet du monument des mobiles de 1870 à Neuvilliers « NGF Lumeau A », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 24,7561″ N, 1° 46′ 16,3211″ E. hauteur=181,49 m , altitude Lambert-93=136,8 m.
  10. a et b Lumeau, flèche de l'église « NGF Lumeau B », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 59,4699″ N, 1° 47′ 13,7686″ E, hauteur=192,47 m , altitude Lambert-93=147,8 m.
  11. a et b Lumeau, sommet du château d'eau « NGF Lumeau I.1 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 46,7964″ N, 1° 46′ 56,4713″ E. hauteur=202,36 m , altitude Lambert-93=157,68 m.
  12. « M. Illaire, Energie et subsistances. Enquêtes sur les moulins à blé ; Extrait de la notice : F/20/291 Lumeau [Eure-et-Loir], un moulin à vent, an II. ; F/20/294 Lumeau [Eure-et-Loir], deux moulins à vent, an X. », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr, an ii ; an x.
  13. Lumeau, faubourg Saint-Martin « NGF W.B.03-1 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 50″ N, 1° 47′ 25,6″ E.
  14. Carrefour d'Anneux« NGF W.B.03-3 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 32,3″ N, 1° 48′ 00,8″ E.
  15. Moulin de Lumeau « NGF W.B.N303-11 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 02,4″ N, 1° 46′ 48,2″ E.
  16. Cimetière de Lumeau « NGF W.B.N303-13 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 02,1″ N, 1° 47′ 21,8″ E.
  17. a et b Monument des mobiles de 1870 à Neuvilliers« NGF W.B.03-36 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 25,2″ N, 1° 46′ 17″ E.
  18. Château d'eau de Lumeau « NGF W.B.03-37 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 46,8″ N, 1° 46′ 53,6″ E.
  19. Auguste Laugel, « Note sur la découverte d'un castor (steneofiber viciacensis) à Auneux et sur le terrain falunien dans l'Eure-et-Loir », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 53, no juillet-décembre 1861,‎ (ISSN 0001-4036, notice BnF no FRBNF34348108, lire en ligne).
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  21. a b et c Abbé Pierre Nollent, « L'hypogée de Lumeau (Eure-et-Loir) », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, Société archéologique et historique de l'Orléanais, vol. 6, nos 43-44,‎ , p. 79-80 (ISSN 1151-3101, notice BnF no FRBNF34431883).
  22. Société archéologique d'Eure-et-Loir, « Lumeau : hypogée de Neuvilliers », Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir,‎ , p. 9 (lire en ligne).
  23. a b c d e f et g Église de Lumeau dans Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir : édifices religieux du canton d'Orgères-en-Beauce., Chartres, Société archéologique d'Eure-et-Loir, coll. « Spécial inventaire monumental » (no 12), , 25 cm (ISSN 1149-6789, notice BnF no FRBNF34426702, lire en ligne)
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  30. a et b Chemin au Loup 48° 06′ 41″ N, 1° 45′ 59″ E.
  31. a b et c « Projet de classement au rang des lignes de grande communication du chemin vicinal de moyenne communication n°36 d'Orgères à Artenay », Rapports et délibérations / Département d'Eure-et-Loir, Conseil général,‎ , p. 217 (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
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  33. a b c et d Jacques Soyer, « Origines de la commune de Lumeau », Bulletin de la société archéologique orléanaise, vol. 24, no 241,‎ , p. 163-164 (lire en ligne) disponible sur Gallica
  34. a b c d et e Robert Plessis, « Lumeau à travers les âges », Bulletin de liaison du groupement archéologique et historique de la région d’Artenay,‎ .
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  36. a b et c Jean-Michel Calvo, « Une sépulture gauloise à Lumeau, Eure-et-Loir (28.221.01) », Revue archéologique du Loiret, no 1,‎ , p. 28-30 (ISSN 0758-1203, notice BnF no FRBNF34389266, lire en ligne) ; Jean-Michel Calvo, « Deux fibules protohistoriques », Revue archéologique du Loiret, no 1,‎ (lire en ligne) ; Docteur Pierre Bardet et Claude Georgiade, « Étude du squelette de Lumeau », Revue archéologique du Loiret, no 1,‎ , Structure et remplissage de la fosse à inhumation. Description du squelette (annexe anthropologique: femme de 25 ans ayant subi un traumatisme facial). Matériel céramique tourné et non tourné. Industrie lithique peu abondante. Fragments de pisé. Faune. Datation à La Tène III. Deux fibules ont été ramassés à proximité, et dateraient de la fin de l'Age du fer. (présentation en ligne, lire en ligne)
  37. a b et c Louis-Gustave Guérineau de Boisvillette, « Découverte d'une villa romaine à Villours », Procès verbaux de la Société archéologique d'Eure-et-Loir ; séance du 07.04.1859, no 1,‎ , p. 197-200.
  38. « Séance du 25 janvier 1963 », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais,‎ , p. 3 (ISSN 0337-579X, lire en ligne).
  39. Pierre Antique - La Grosse Pierre 48° 06′ 54,64″ N, 1° 44′ 16,42″ E.
  40. Malmusse (commune de Lumeau) 48° 07′ 29,02″ N, 1° 46′ 43,88″ E.
  41. Le Carreau, Neuvilliers (commune de Lumeau) 48° 06′ 11,42″ N, 1° 45′ 33,95″ E.
  42. Villa gallo-romaine de Villours 48° 06′ 53,67″ N, 1° 43′ 46,36″ E.
  43. Chapelle Sainte-Radegonde 48° 05′ 37,96″ N, 1° 45′ 36,44″ E.
  44. Musée de Chartres ; inventaire n°5555
  45. Calvaire de Lumeau 48° 06′ 50,97″ N, 1° 47′ 01,77″ E.
  46. Jean-Michel Calvo, « Une sépulture gauloise à Lumeau (Eure-el-Loir) », Rev. arch. du Nord du Loiret,‎ .
  47. a et b Abbé Sainsot, Église de Lumeau [20 Décembre 1900], Chartres, Archives du diocèse de Chartres, coll. « Eglises et chapelles du diocèse de Chartres, IX. 3e série, Archives du diocèse de Chartres - Bibliothèque municipale de Chartres Fonds Sael SA 1137 et C 484/9, Fonds Jusselin R 238/2 - Médiathèque d'Orléans H5224.10 et H5224.11 », 1901, 1904, 20 p., 8°, 7 fig. p. (notice BnF no FRBNF32701448, présentation en ligne)
  48. Charles VI, roi de France (dir.) et J. de Monteacuto, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, publiées par la Société de l'histoire de France : Femme qui s'était réfugiée dans un fort et que le capitaine abandonne par faiblesse à ses gens d'armes ; 25 mai 1382 (Arch. de l'Emp. Tres. du Ch. JJ. 120, pièce 307), vol. 2, Paris, Vve de J. Renouard, coll. « Acte royal », 1863-1864 (notice BnF no FRBNF30351469, 303514697), p. 89-91 disponible sur Gallica.
  49. A.823 (Registre) In-quarto, 118 feuillets, papier
  50. a et b Pouillé des bénéfices de Lumeau aux XVIIe et XVIIIe siècles : valeurs du bénéfice en 1641-1648 et 1750-1758 dans A. de Foulques de Villaret, « Note sur un pouillé de l'ancien diocèse d'Orléans, d'après un manuscrit de l'évêché », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, vol. 1888/01/01 (T9,N135)-1888/03/31., t. 9, no 135,‎ , p. 216 (ISSN 1145-7430, lire en ligne)
  51. AD Loiret 1790 B.2274 page 146
  52. a b c d et e AD Loiret ; Fonds Colas des Francs. Cote 13 J 1 - 603 ; branche Colas de Brouville (13 J 64 à 75) ; familles alliées : Famille Boytet (Boyetet) (13 J 138 à 142) 13 J 139 ; Famille de La Lande 13 J 597 ; les seigneuries, les dîmes et censives et les domaines ; des titres de propriété (contrats d'acquisition ou de vente), des titres féodaux (aveux et dénombrements, réceptions de fois et hommages) des baux, des pièces comptables, des pièces de contentieux.
  53. Mémoire pour les doyen, chanoines et chapitre de l'église collégiale de S.-Pierre-en-Pont, de la ville d'Orléans, intimez, contre Jacques Collas de Brouville, marchand à Orléans, Louis Monceau, Pierre Jullien et autres, laboureurs, demeurans en la paroisse de Lumeau, appellans. (Me Cadet, avoc.), Paris, Imp. de Moreau, coll. « [Factum. Collégiale Saint-Pierre-en-Pont. Orléans. 1735] », , In-fol. p. (notice BnF no FRBNF36769341).
  54. AD Loiret 3E 10550 et 10552 : Acquêt de la seigneurie de Lumeau, 21 juillet 1750 et 21 août 1752.
  55. a et b AD Loiret Antérieur à 1790 Série E. (Supp.) Canton d'Orgères - Commune de Lumeau p. 251
  56. AD Eure-et-Loir 28-B 1009
  57. AD Loiret ; Archives notariales (série 3 E) Etude Petit (Jean), notaire à Artenay ; minutes de 1790 à l'an VIII. Cote 3 E 36603
  58. « Archives nationales ; Archives des particuliers émigrés ou condamnés pendant la Révolution. Première partie : T//1 à 345 ; papiers de Guillaume Charles Bioche et d'Angélique Jouhannin, sa femme, représentant François Jouhannin, absent. Série T : Inv. somm. ms., par N. Valois, J. Guillaume, Fr. Soehnée et E. Martin-Chabot, 1891-1902, 1922 et 1934-1935, 8 vol. Index ms. des noms géographiques, de personnes et de quelques matières de l'inv. précédent, par Fr. Soehnée et E. Martin-Chabot, 1894-1922 et 1934-1935, 287 p. », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr
  59. AD Loiret Cote : 1 J 94.
  60. a et b Château de Lumeau 48° 07′ 01,37″ N, 1° 47′ 10,94″ E.
  61. « Lumeau dans la communauté de communes Cœur de Beauce », sur www.coeurdebeauce.fr, .
  62. « Commune de Lumeau. Plan de la mairie et de la maison d'école mixte : élévation, rez-de-chaussée, premier étage, plan d'ensemble, plan des abords. Archives départementales d'Eure-et-Loir 5 Fi 175 », sur www.archives28.fr, .
  63. « Projets avec emprunts : Lumeau, construction d'une école mixte », Rapports et délibérations / Département d'Eure-et-Loir, Conseil général,‎ , p. 4, 156 (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
  64. Arsenal des pompiers de Lumeau 48° 06′ 58,57″ N, 1° 47′ 13,88″ E.
  65. « Entretien du monument de Lumeau en mémoire des mobiles de la Haute-Vienne », Rapports et délibérations - Eure-et-Loir, Conseil général, vol. 1889/08/19,‎ (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
  66. « Lumeau Eure-et-Loir Monument des mobiles de la Haute-Vienne au hameau de Neuvilliers », sur www.loire1870.fr (consulté le 12 mai 2014)
  67. « Mobiles de la Haute-Vienne ; entretien du monument de Lumeau », Rapports et délibérations - Eure-et-Loir, Conseil général,‎ , p. 184 (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
  68. « Subvention pour les dépenses extraordinaires ; subvention du département de la Haute-Vienne pour l'entretien du monument de Lumeau », Rapports et délibérations - Eure-et-Loir, Conseil général,‎ , p. 92 (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
  69. Rapports et délibérations - Eure-et-Loir, Conseil général : Monument des mobiles de la Haute-Vienne à Lumeau, , 183 p. (ISSN 1262-6155, notice BnF no FRBNF34524781, lire en ligne), Au terme d'un traité que j'ai conclu avec M. le Préfet de la Haute-Vienne, en vertu de votre délibération du 22 avril 1884, le département d'Eure-et-Loir s'est obligé à entretenir le monument élevé dans la commune de Lumeau, à la mémoire des Mobiles de la Haute-Vienne tués en 1870, moyennant un abonnement de 100 fr
  70. « Plan de l'église de Lumeau, par l'agent-voyer cantonal du département d'Eure-et-Loir », sur www.archives28.fr, .
  • Canton d'Orgères-en-Beauce
  1. a et b La dépression de Poupry dans Bureau de recherches géologiques et minières, service géologique national, Carte géologique de la France à 1/50 000 : Neuville aux Bois, t. XXII-18, Orléans, BRGM (lire en ligne).
  2. a et b Vauthey Max, Crédot Roger, Dominique Michel (dir.), Abbé Nollent., « Congrès et manifestations. Journée d'information d'archéologie chthonienne, Artenay (Loiret) — 16 mai 1965 », Revue archéologique du Centre de la France, vol. Tome 4, fascicule 3-4,‎ , p. 357-359 (lire en ligne).
  3. Abbé Bellanger, « Monographie de Fontenay-sur-Conie », Bulletin de la Société dunoise : archéologie, histoire, sciences et arts, vol. XIII,‎ , p. 293-396 (ISSN 0335-9166, lire en ligne).
  4. Dr Paul Rousseau, « Reviviscence en 1916 d'un foyer endémique du paludisme en Beauce », Bulletin de l'Académie nationale de médecine, vol. 76,‎ , p. 367-368 (ISSN 0001-4079, notice BnF no FRBNF34348109, lire en ligne).
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  9. « Les cartes et le détail des aménagements du projet de réouverture au trafic voyageurs de la ligne ferroviaire Chartres-Orléans ; Secteur 3 > La Beauce d'Orgères », sur www.chartres-orleans.fr.
  10. De Torquat, « Découvertes faites au chemin dit de César entre la Croix-Briquet et Artenay (Château d'Auvilliers) », Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais,‎ , p. 310-314 (ISSN 1145-7422, notice BnF no FRBNF34422791, lire en ligne).
  11. a et b Ch. Cuissard, « Les péages du Puiset », Bulletin de la Société dunoise : archéologie, histoire, sciences et arts, vol. IX,‎ , p. 330-332 (ISSN 0335-9166, notice BnF no FRBNF34375323, lire en ligne).
  12. a b c d et e Alain Ferdière, « La Beauce à l'époque romaine », Groupement archéologique et historique de la région d'Artenay, no XIII,‎ (lire en ligne).
  13. Alain Ferdière, Recherches sur l'habitat rural gallo-romain en Beauce : Autour de la fouille de Dambron (1972), Université Paris IV, coll. « Archives départementales du Loiret & Service de recherche archéologique Centre-Auvergne », , Thèse de 3e cycle :6 vol., 946 p. + 266 pl. h.t. p..
  14. a b et c Carte des sites gallo-romains dans un rayon de 10 km autour de Dambron (1978), y compris l'identification des sites occupés seulement à l'Âge du Fer, des sites occupés dès La Tène finale ou à la période gallo-romaine précoce et des sites occupés de la seconde moitié du Ier siècle au début du IIIe siècle après J.-C. : c.f fig.4 & fig.5 in Alain Ferdière, « La mise en place du réseau gallo-romain d'occupation du sol en Gaule centrale : Orléanais, Berry et Auvergne. », Revue archéologique de Picardie, no 11,‎ , p. 245-260 (DOI 10.3406/pica.1996.1896, lire en ligne).
  15. a b et c Alain Lelong, « Étude du peuplement beauceron ; Résultats des prospections de surfaces en Eure-et-Loir de 2009 à 2014 », Recueil des conférences du GAHRA,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  16. Alain Lelong, Le peuplement antique en Beauce. Canton d’Orgères-en-Beauce (Eure-et-Loir), : Prospection thématique annuelle, Service régional de l'archéologie, .
  17. La Grosse-Pierre (ou Pierre de Gargantua ou dolmen de la Chouannière) entre la Conie et la route D.107 au nord de Fontenay-sur-Conie ; le dolmen de la Puce entre la route D153.4 et le bois de Cambrai.
  18. Les trois dolmens de la Garenne de Granvilliers, entre Fontenay-sur-Conie et Germignonville
  19. À Tillay-le-Péneux, deux dolmens sont détruits après 1864 (la Piere Peyrolle et la Pierre Cocharde) et deux vestiges subsistent (la Pierre Godon et la sépulture des Closeaux).
  20. a et b « Dolmen de la Pierre Godon à Soignolles, commune de Tillay-le-Péneux », notice no PA00097226, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. a et b « Tumulus mégalithique de Menainville, commune de Tillay-le-Péneux », notice no PA00097227, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. Dolmen de Bazoches-les-Hautes : la Grosse-Pierre, visible au réage de la carrière du Mesnil, entre le hameau du Mesnil et la route nationale 154.
  23. Fontenay-sur-Conie : Tumulus du château rond au nord du dolmen de la Puce, deux tables de dolmen et tumulus-sépultures (détruits après 1864) de la butte de Féaslé et le tumulus du Parpaillot.
  24. Fumière du lieu-dit Villeneuve à Poupry (zone d’activité de Villeneuve près du péage d'Artenay) : cf. Grégory Poitevin, Mathieu Carlier, Auréline Hamel, Fabrice Couvin, Philippe Gardère, Morgane Liard, Sophie Martin, Pascal Verdin et Carole Vissac, « La question des fumières antiques dans le secteur de la Loire moyenne : identification, caractérisation et interprétation des structures archéologiques », dans Frédéric Trément (dir.), édité avec la collaboration d'Alain Ferdière, Philippe Leveau et François Réchin., Produire, transformer et stocker dans les campagnes des Gaules romaines. Problèmes d’interprétation fonctionnelle et économique des bâtiments d’exploitation et des structures de production agro-pastorale., Bordeaux, Aquitania, supplément 38, (ISBN 978-2-910763-00-8), p. 285-303.
  25. a b c et d Jacques Soyer, « Un nom de lieu orléanais rappelant des Normands : « Tigletus Paganorum » (Tillay-le-Péneux) », Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, vol. XX,‎ , p. 196-200 (ISSN 1145-7430, notice BnF no FRBNF34422792, lire en ligne).
  26. André Zysberg, « L'affaire d'Orgères », Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, vol. XXX,‎ , p. I à XXXVIII et 1 à 189 (ISSN 1149-7238, notice BnF no FRBNF34427921, lire en ligne).
  27. Discours et résumés dans l'affaire d'Orgères, instruite par-devant le tribunal criminel d'Eure et Loir, séant à Chartres, par le Citoyen G. Liendon, alors président, et maintenant premier juge au même tribunal : Jugement rendu par le tribunal criminel (9 thermidor an VIII-28 juillet 1800), chez Labalte et Durand, (lire en ligne), p. 5
  28. Armand Fouquier, Causes célèbres de tous les peuples. : Les Chauffeurs. La bande d'Orgères, Lebrun, 1858-1867 (notice BnF no FRBNF30453979, lire en ligne), p. 17
  29. « André Birre (1904-1991), né au hameau d'Ormoy à Courbehaye et promoteur pionnier de l'agrobiologie », sur www.bio-lelivre.com.
  30. Les pionniers de l'agriculture biologique dans Gil Rivière-Wekstein (préf. Jean de Kervasdoué), Bio, fausses promesses et vrai marketing, Paris, le Publieur, , 244 p. (ISBN 978-2-35061-019-1, notice BnF no FRBNF42501121, lire en ligne).
  31. « Les fondateurs de Nature & Progrès, des défricheurs cultivés ! », sur www.natureetprogres.org
  32. André Birre, Une autre révolution : pour se réconcilier avec la terre, Paris, J.P. Delarge, coll. « Encyclopédie universitaire », , 392 p. (notice BnF no FRBNF34558036).
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  • Beauce et Orléanais
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  14. Richer et Vallée, « Note sur la faune des environs de Châteaudun ; I. Mammifères ; Loup (canis lupus) », Bulletin de la Société dunoise : archéologie, histoire, sciences et arts, no 125,‎ , p. 194 (ISSN 0335-9166, notice BnF no FRBNF34375323, lire en ligne).
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  20. Lucien Merlet, Dictionnaire topographique du département d'Eure-et-Loir : comprenant les noms de lieu anciens et modernes rédigés sous les auspices de la société archéologique d'Eure-et-Loir, Paris, Imprimerie nationale, , 254 p. (notice BnF no FRBNF30931080, lire en ligne), p. 6, 60, 63, 106.
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  23. Ingrid Renault, Dynamique d’occupation et zones de confins à l’époque antique : la question du territoire carnute : Thèse de Doctorat d’Histoire, Université de Paris IV, coll. « École doctorale Mondes anciens et médiévaux », , 4 vol., 1378 p p.
  24. PCR « Atlas des fermes et villae gallo-romaines de Beauce » (2015-2018); Alain Lelong (coord.) et Alain Ferdière
  25. P. Le Berre, Les argiles à silex du bassin de Paris, produits de substitution des granulats alluvionnaires : étude préliminaire, Orléans, BRGM, coll. « 78-SGN-030-MTX », , 39 p. (lire en ligne), Tableau 3: présentation des affleurements d'argiles à silex ; tableau 4: Composition granulométrique ; annexe : analyse granulométrique de l'échantillon à Vallières près de Nottonville.
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  45. a b c et d Laurent Bisault, « Une période favorable de 50 années s’est achevée : les rendements du blé et du maïs ne progressent plus », Agestre primeur, no 210,‎ (ISSN 0246-1803, lire en ligne).
  46. Armel Campagne et al., « Le nouvel ordre agricole mondial », dans Patrick Boucheron, Histoire mondiale de la France, Seuil, (ISBN 978-2-02-140422-7).
  47. Louis Marie Prudhomme, Dictionnaire géographique et méthodique de la République française en 120 départements, volume 1, Paris, Louis Marie Prudhomme, , 673 p. (notice BnF no FRBNF33347516, lire en ligne).
  48. Enquête sur l'habitation rurale en France : Enquête entreprise à la demande de la Société des nations sur la situation économique, sociale et sanitaire des campagnes au point de vue du logement [préparée et publiée par Maurice Vignerot, avec la collaboration d'Aimé Dantier et de Léon Boutbien. Préface du Dr Jacques Parisot]. Tome I. Considérations générales sur la situation de l'habitation dans le cadre de la vie rurale et de l'aménagement des campagnes avec plans et photographies. [ - Tome II. Rapports départementaux sur la situation de l'habitation dans le cadre de la vie rurale et de l'aménagement des campagnes., Paris, H. Dannaud, , 2 vol. in-fol., 238 et 439 p., fig., cartes, plans, graphiques. p. (notice BnF no FRBNF34202646).
  49. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  50. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  51. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  52. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  53. Antoine-Eugène-Alfred Chanzy, Campagne de 1870-1871. La deuxième armée de la Loire par le général Chanzy (20 juin 1871.), Plon, (notice BnF no FRBNF34081902, lire en ligne)
  54. « Notice biographique d'Émile Barillon (1860-1935), Malaisie », sur archives.mepasie.org. Vicaire à la mission de Penang et de Malacca (1884-1892), théologien au Séminaire des Missions étrangères de Paris (1892-1902), évêque de Malacca (1904-1933) ;« Consécration épiscopale de Mgr Barillon », sur mep-archives.bayardserviceweb.com.