Lumeau

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Lumeau
Lumeau
La mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Châteaudun
Canton Voves
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Beauce
Maire
Mandat
Marc Langé
2014-2020
Code postal 28140
Code commune 28221
Démographie
Population
municipale
171 hab. (2015 en diminution de 8,56 % par rapport à 2010)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 00″ nord, 1° 47′ 11″ est
Altitude Min. 120 m
Max. 134 m
Superficie 15,28 km2
Localisation

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Lumeau est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lumeau est situé dans la région naturelle de Beauce, dans le sud du Bassin parisien.

La commune est aux confins de la Beauce orléanaise et de la Beauce dunoise, à 26 km au nord d'Orléans et à 35 km à l'est de Châteaudun. Elle est ainsi dans une zone où l'influence d'Orléans est bien plus sensible que celle de Chartres, distant de 51 km au nord par Fains-la-Folie. Lumeau est à 92 km au sud du point zéro des routes de France.

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Communes et département limitrophes[modifier | modifier le code]

Lumeau est inséré dans un maillage de villages et hameaux, espacés de 3-4 km, qui quadrillent le territoire agricole. À vol d'oiseau entre clochers d'églises, les communes les plus proches de Lumeau sont : Baigneaux (2,5 km), Loigny-la-Bataille (4,0 km), Bazoches-les-Hautes (4,1 km), Poupry (4,3 km), Tillay-le-Péneux (4,8 km), Terminiers (5,2 km), Santilly (7,0 km), Sougy (7,1 km), Dambron (6,3 km), Rouvray-Sainte-Croix (7,5 km), Artenay (7,8 km), Orgères-en-Beauce (8,4 km), Germignonville (9,3 km), Guillonville (9,7 km), Fontenay-sur-Conie (10,3 km) et Patay (10,5 km).

Communes limitrophes de Lumeau
Tillay-le-Péneux Baigneaux
Loigny-la-Bataille Lumeau
Terminiers Sougy (Loiret) Poupry

Lumeau est au voisinage de gros bourgs ruraux et villes accessibles par des routes départementales, à 8 km à l'ouest d'Artenay, à 9 km à l'est d'Orgères-en-Beauce, à 11 km au nord de Patay, à 12 km au sud-ouest de Janville et à 24 km au sud-est de Voves.

Comme toute la Beauce, le village de Lumeau était inclus dans la province de l'Orléanais, il faisait partie de la généralité d'Orléans jusqu'en 1789. Mais lors de la formation des départements (décret de la division de la France en départements du 22 décembre 1789, promulgué le 8 janvier 1790), la commune fut rattachée au département de l'Eure-et-Loir[1], dont la préfecture est Chartres. La commune est frontalière du département du Loiret avec la commune voisine de Sougy.

Village, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

L'habitat groupé et la faible densité de population sont typiques d'une région de forte mécanisation agricole productiviste, où chaque chef d'exploitation gère seul plusieurs centaines d'hectares céréaliers, les récoltes étant commercialisées par une coopérative agricole.

Les habitations du bourg de Lumeau[L 1] s'étendent sur une longueur de 900 m et une largeur d'environ 200 m de part et d'autre de la grande rue qui prolonge la route D 3.9, approximativement entre ses deux intersections avec la route D 19.

Les hameaux d'Écuillon[L 2], Neuvilliers[L 3], Auneux[L 4], Domainville[L 5] et les écarts d'Égron[L 6] et de Tivoly[L 7] sont inclus dans le territoire de la commune de Lumeau, dont les limites territoriales modernes ont été délimitées en 1793[L 8] pour une superficie de 15,3 km2.

Géologie et sols[modifier | modifier le code]

Géodésie du plateau de Beauce[modifier | modifier le code]

Lumeau[L 9] se situe sur le plateau calcaire[2] de la Beauce. Dans le canton d'Orgères, le plateau de Beauce a une altitude moyenne de 130 mètres. Il s'abaisse légèrement du nord-ouest au sud-est. Le point haut (134 m) de la commune de Lumeau est à l'ouest de Neuvilliers en direction de Villepion. La déclivité est descendante de Neuvilliers (129 m) vers le bourg de Lumeau (122 m) et les hameaux d'Auneux (121 m) et Domainville (122 m). Le dénivelé est de 0.3%.

Trois points hauts sont identifiés comme sites géodésiques du nivellement général de la France:

Historiquement, trois moulins aujourd'hui disparus ont aussi pu servir de hauts repères : le moulin de Lumeau, le moulin de Tivoly et le moulin d'Auneux.

Il y a en outre dix repères de nivellement dans la commune :

  • W.B.03-1 : Lumeau, faubourg Saint-Martin (altitude NGF-IGN 1969=124,044 m)[L 13]
  • W.B.03-2 : Auneux, écurie (altitude NGF-IGN 1969=120,792 m)[L 4]
  • W.B.03-3 : Auneux, carrefour entre les routes D109.5 et 109.3 (altitude NGF-IGN 1969=121,883 m)[L 14]
  • W.B.N303-10 : Écuillon (altitude NGF-IGN 1969=126,273 m)[L 2]
  • W.B.N303-11 : vestige d'une remise au moulin de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=124,446 m)[L 15]
  • W.B.N303-12 : mairie de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=122,882 m)[L 1]
  • W.B.N303-13 : cimetière de Lumeau (altitude NGF-IGN 1969=125,304 m)[L 16]
  • W.B.03-35 : Neuvilliers (altitude NGF-IGN 1969=129,393 m)[L 3]
  • W.B.03-36 : Neuvilliers, monument des mobiles de 1870 (altitude NGF-IGN 1969=128,793 m)[L 17]
  • W.B.03-37 ; château d'eau de Lumeau - point B (altitude NGF-IGN 1969=124,969 m)[L 18]

Géologie et gisement de fossiles[modifier | modifier le code]

« La Beauce en géologie correspond à la zone d'affleurement des calcaires lacustres qui se sont déposés depuis l'Eocène moyen (43 millions d'années) jusqu'au début du Miocène (25 millions d'années) », recouverts d'un limon d'une épaisseur métrique[3].

Mais à la sortie est du bourg de Lumeau et surtout à l'est de la route D109, se trouve une formation géologique de sables et marnes de l'Orléanais, niveau fossilifère de quelques décimètres au dessus d'une dépression du calcaire de Beauce, formant un îlot entre Poupry, Auneux, Baigneaux, Dambron et Artenay, où des gisements d'ossements et de dents de vertébrés, essentiellement des mammifères, des fossiles de reptiles aquatiques, poissons et mollusques y ont été découverts en nombre depuis 1850 : rhinocéridés, probocidiens, cervidés et giraffidés (palaeomeryx), équidés (anchitherium aurellianensis), rongeurs (prolagus,sténéofiber), suidés (hyotherium, palaeochoerus), carnassiers (pseudaelurus, genetta, ursidae, amphicyon, hyaenidae)[C 1]. « La dépression de Poupry (...), dépression du calcaire de Beauce comblée par cette argile verte et jaunâtre, est un exemple typique de ces marnes vertes de l'Orléanais[C 1] », sous la couche de limon et recouvrant un niveau sableux. Les découvertes dans son appendice sableux entre le bourg de Lumeau et le hameau d'Auneux sont modestes :

  • Une note[L 19] d'Auguste Laugel, publiée dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences en date du , indique les découvertes suivantes dans une sablière d'Auneux: « une machoire inférieure de Steneofiber viciacensis » (castor), « une arrière-molaire du Mastodon tapiroides » (tapir), « une astragale de rhinocéros et des fossiles d'eau douce, probablement du genre Unio ».
  • En 1908, « à Lumeau, dans la carrière de sable appartenant à M. Piau jeune, il a été trouvé des débris fossiles, ossements, dents d'animaux, coquilles, haliotides de grandes dimensions et nacrées, reposant sur le tuf même, tout au fond de la sablière[L 20]. » « Le procès-verbal de la séance du 3 janvier 1908, de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans mentionne que l'haliotide de grandes dimensions trouvée à Lumeau par M. Dumuys est analogue à certaines autres haliotides du Pacifique. » La nature des fossiles recueillis indique une sédimentation en eau douce.
  • En 1916, « au nom de M. Faucheux, carrier à Lumeau, M. Esnault fait don à la Société de plusieurs morceaux d'un fragment d'arbre silicifié qui a été trouvé dans une carrière de sable sise commune de Lumeau, sur la route d'Artenay. Enfoui dans le sable à 2 mètres 80 de profondeur, ce fragment mesurait environ 1 mètre 80 de longueur sur 20 centimètres de diamètre ; il s'est désagrégé en plusieurs morceaux lors de son extraction[L 21]. » Il s'agirait d'un tronc fossilisé de palmier.

Certains de ces fossiles sont au Musée d'histoire naturelle d'Orléans ou au Muséum d'histoire naturelle de Paris. D'autres fossiles similaires issus de cette même dépression géologique sont au Musée d'histoire naturelle de Bâle, qui les avait achetés illégalement auprès d'agriculteurs indélicats, jusqu'à ce que les douanes arrêtent ce trafic archéologique international[C 2].

Souterrains[modifier | modifier le code]

  • Hypogée de Neuvilliers

Dans le hameau de Neuvilliers (cadastre section ZK, no 26), commune de « Lumeau, eut lieu la découverte en janvier 1961 d'un hypogée, comprenant une galerie et une salle circulaire qui fait certainement partie d'un ensemble assez important »[L 22].

Étudié par l'abbé Pierre Nollent de 1962 à 1968[L 23], « cet hypogée a donné des fragments de bords de pots cassés et déposés intentionnellement (des fragments de bords seulement), et ces poteries ont été également datées du XIIIe siècle[L 24]. » « Une tête de cheval se trouvait derrière une fermeture dans le souterrain de Neuvilliers, commune de Lumeau[L 25]. » Ont été aussi identifiés des palets-disques taillés dans des tuiles ou ardoises anciennes trouvés en dépôt, alignés sur les marches de l'entrée primitive du souterrain de Neuvilliers. L'hypogée de Neuvilliers (« hypogée type de Lumeau ») fait partie d'un ensemble régional de souterrains que l'on observe aussi sous l'ancien château de Terminiers ou sur les « sites de Dambron au nord d'Artenay (souterrain sous l'ancien cimetière), de Bazoches-les-Hautes et Tillay-le-Péneux »[C 3]. Leurs usages sont incertains sur des périodes allant du Ier siècle au XIIIe siècle, c'est-à-dire de « l'Empire romain païen ou à l'époque paléo-chrétienne[C 3] » jusqu'au Moyen Âge central. Ils témoignent de la persistance de pratiques rituelles anciennes. « Les très nombreux souterrains signalés un peu partout ne sont pas si anciens qu'on a souvent voulu le dire, mais bien médiévaux. Ils n'ont pas été des refuges, sinon accidentellement ; ils n'ont pas été creusés pour relier deux points éloignés l'un de l'autre comme le voudrait une affirmation très souvent entendue et qui se révèle, toujours, entièrement imaginative ; ils avaient, selon toute apparence, une origine cultuelle : demeure de l'esprit (les traditions anciennes reconnaissent trois monde : un premier, avec sa manifestation informelle : l'esprit ; un second, avec sa manifestation subtile : l'âme ; le troisième avec sa manifestation grossière : le corps)[C 4]. »

  • Souterrains de Domainville

Plusieurs souterrains ont été découverts au hameau de Domainville en 1972, au voisinage d'un site protohistorique comprenant une grande fosse-dépotoir, des fossés et une sépulture, auxquels s'ajoutent un large fossé du Ier siècle et « un habitat datable du haut Moyen Âge. »

Au nord du hameau de Domainville, un souterrain a été découvert et fouillé en 1982. À une profondeur de 6 m et sur une longueur de 14 m, se trouvent une cavité en forme de salle oblongue, une galerie, une grande salle ovale et deux salles cylindriques annexes, ainsi qu'un puit de remontée. Outre un usage cultuel éventuel comme à Neuvilliers, une interprétation complémentaire spécifique à la dépression géologique de Poupry est l'extraction ancienne de marnes de l'Orléanais en galeries, utilisables comme mortier et matériau de construction pour la fabrication du pisé ou du torchis. Un souterrain similaire de trois salles, deux couloirs et un puit de remontée a été découvert proche du hameau de Mamerault sur la commune de Poupry en 1975.

  • Carrières de pierres de construction

« Le calcaire de Beauce a fourni le matériau des constructions. (...) On extrayait autrefois la roche en affleurements à Poupry, en sous-sol à Lumeau et Terminiers. Les carrières sont pour la plupart comblées et la brique a fait sont apparition[L 26]. »

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'hydrographie est caractérisée par la nappe phréatique de Beauce[4], alimentée par les eaux de pluies qui ruissellent dans le calcaire de Beauce.

Il y a deux mares dans le bourg de Lumeau[L 27]. Le bois d'Auneux au lieu-dit « la Grande Écuelle » est une zone humide dans la cuvette marnière de Poupry ; les deux mares d'Auneux et la mare de Domainville y sont adjacentes. Il y a deux mares à la ferme d'Égron. Une petite zone humide affleure dans le bois de Neuvilliers. Une fontaine publique avec pompe à main en bronze est située sur la place de Neuvilliers. Il y une mare et deux zones humides à Écuillon.

Les puits et pompes vers la nappe phréatique dans les fermes ont été remplacés par un réseau d'adduction d'eau vers 1955. Un château d'eau[L 12] est situé sur la route entre Lumeau et Neuvilliers.

Végétation[modifier | modifier le code]

Le paysage est marqué par la céréaliculture pratiquée sur une épaisse couche de limons des plateaux, dépôts sédimentaires sur un socle calcaire drainant, qui retiennent la matière organique et les éléments nutritifs dans la couche superficielle du sol. Le calcaire riche en bases favorise une forte intensité de l'activité biologique dans le sol (micro-organismes et invertébrés de l'humus), l'humus se décompose ainsi très vite.

Depuis l'Antiquité, c'est un pays de grande culture du froment (blé tendre pour la fabrication du pain) et de l'orge (pour la cervoise gauloise et la bière). Depuis le XXe siècle, ces cultures alternent avec celles du maïs, du blé dur, du colza, du tournesol et de la betterave à sucre. L'avoine y est cultivé comme plante fourragère pour l'alimentation animale jusqu'au XIXe siècle.

Le couvert arbusif de la commune comprend plusieurs zones :

  • zones boisées dans le bourg de Lumeau et les hameaux d'Écuillon, Neuvilliers, Domainville et Auneux
  • bois de Lumeau : 18 ha (la 35ème division d'infanterie américaine y stationne à couvert le jusqu'au lendemain.)
  • bois d'Auneux : 23 ha, principalement sur la commune de Pouprix
  • bois de Domainville : 1,1 ha
  • bois des Enclos : 1,3 ha sur le chemin de Saint-Michel entre Loigny et Lumeau
  • bosquet des Garennes : 0,4 ha, à l'ouest de Neuvilliers
  • deux arbres isolés sur le chemin au Loup, au nord de Neuvilliers

À la limite extérieure de la commune, nous avons aussi :

  • bois carré de Domainville : 0,7 ha vers Poupry
  • bois d'Égron : 8 ha vers Poupry
  • bosquet de la chapelle Sainte-Radegonde : 0,2 ha vers Terminiers
  • bosquet des Champs-aux-Pois : 0,2 ha vers Villours

Les surfaces non urbanisées sont essentiellement consacrées aux cultures agricoles.

Une vision diachronique du boisement met en évidence les phénomènes d'expansion et de réduction des emblavures vis à vis de la végétation sauvage. La microtoponymie évoque des arbres isolés et un bois qui n'existent plus aujourd'hui. La carte IGN de 1950 détaille plusieurs bosquets autour du bois des Enclos[5] et identifie un taillis à l'est de Neuvilliers dans le réage Les Muids, qui ont disparu ultérieurement. La contraction actuelle du bois de Neuvilliers est aussi perceptible par référence à 1950. Au contraire, la carte d'état-major de 1866 ne mentionne que le bois de Lumeau, le bois d'Auneux et le bois de Domainville, donnant l'impression que les autres unités boisées sont de créations plus récentes. La carte de Cassini de 1757 mentionne seulement le bois de Lumeau, le bois d'Auneux et le bois des Garennes. Dans le périmètre territorial de Lumeau sous l'Ancien Régime vers 1789, la surface cultivable de 12 km2 comprenait « 2 420 arpents de terres labourables, 8 arpents de vignes, 15 arpents de bois taillis[L 8] ».

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

  • Réseau routier

La commune de Lumeau est accessible par la route

de Paris ou Orléans par la route nationale 20 (D2020 via Artenay, ancienne voie romaine d'Orléans à Allaines) ou par l'autoroute A10 (sortie Sortie 13 Artenay)
d'Artenay et Poupry via Auneux vers l'ouest sur 8 km par les routes départementales D10 et D3.9
d'Orgères-en-Beauce et Loigny via Écuillon vers l'est par la route départementale D3.9, partiellement sur le tracé d'une ancienne voie romaine d'axe ouest-est entre Chartres et Orléans
de Chartres par la route nationale 154 vers le sud via Allaines et Bazoches-les-Hautes, partiellement sur le tracé d'une ancienne voie romaine d'axe sud-nord entre Blois et Allaines
de Tillay-le-Péneux et Baigneaux vers le sud et de Sougy via Domainville vers le nord, par la route départementale D109.3, parallèle au tracé de l'ancienne voie romaine d'axe sud-nord entre Blois et Allaines
de Patay et Terminiers vers le nord via Neuvilliers par la route départementale D19.

Un ancien axe de circulation antique orienté sud-nord traverse la commune de Lumeau[C 5]. Sur le relevé de la carte d'État-Major (1820-1866), il est nommé « ancien chemin des postes, alias chemin de Blois à Albis ». Aussi nommé « grand chemin de Blois » ou « chemin d'Ablis, de Blois à Paris par Allaines[C 6] », il existait déjà avant la conquête romaine de la Gaule[C 7]. Il constitue un segment de la voie antique allant de Tours à Blois et Orléans, et qui bifurque ensuite vers Chartres ou vers Ablis en direction de Paris. Ce chemin de terre en provenance de Saint-Péravy-la-Colombe traverse Terminiers à la ferme de la Ferlauderie au lieu-dit Petit Échelles, longe Égron et Domainville puis traverse Lumeau entre le bourg et le hameau d'Auneux. En passant par le lieux-dit moulin de Tivoly (au nord-est du bourg de Lumeau), par le réage de la Haute Borne et par Bazoches-les-Hautes au lieu-dit Chauffour, il rejoint Allaines, ancien carrefour stratégique de 7 voies romaines à 11 km au nord de Lumeau, permettant ainsi d'emprunter notamment la voie romaine entre Allaines et Chartres, aujourd'hui route nationale 154. Dans ses branches vers Ablis, Dourdan et Paris[C 7], le tracé de la voie antique entre Allaines et Sainville est quasi-parallèle à celui de l'autoroute A10 (à 16 km au nord de Lumeau, un alignement d'éoliennes parcourt cette voie antique sur une distance de 13 km, visible depuis l'autoroute entre Allaines et Allainville).

Une ancienne voie romaine de Chartres à Orléans par Voves et Fains-la-Folie a l'attribut de « chemin de César »[C 7]. Elle suit un itinéraire carnute de l'Eure, affluent de la Seine, à la Loire. Passant à côté de « la Grosse Pierre » au sud du hameau d'Écuillon, elle longe la commune de Lumeau selon un axe orienté ouest à sud-est entre les hameaux de Neuvilliers et Terre noire, en provenance en ligne droite du segment de route départementale D3.9 passant par la Maladrerie d'Orgères (intersection avec la route départementale D927, ancienne voie romaine « chemin de César Le Mans-Paris par Châteaudun et Allaines ») jusqu'à l'ouest de Loigny et poursuivant en un chemin de terre en direction de Sougy, Gidy et Saran, passant aussi par la ferme de la Ferlauderie. C'était la voie romaine la plus directe pour relier Chartres à Orléans, mais elle nécessite de traverser la vallée de la Conie, contrairement à la voie antique via Allaines qui, elle, reste sur le plateau beauceron. Sur la carte d'État-Major, elle est nommé « ancienne route de Chartres à Orléans, voie gallo-romaine ». Deux paires d'éoliennes, à 3 km au sud-ouest et au sud de Lumeau, sont alignées avec cette voie romaine, qui matérialise la limite communale entre Lumeau et Terminiers.

Les parcelles agricoles sont desservies par un réseaux de chemins vicinaux et chemins d'exploitation.

  • Transport en commun routier

Les autobus des lignes 2 et 32B du réseau de mobilité interurbaine (Rémi-Transbeauce) vers Orléans, Chartres, Châteaudun et Guillonville, ont des arrêts dans la commune (Neuvilliers, Grande Rue, Écuillon).

  • Transport ferroviaire

Le train TER Centre-Val de Loire (ligne Paris-AusterlitzOrléans) est accessible à la gare d'Artenay, en exploitation depuis l'ouverture de la ligne de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans en 1840.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Une analyse du toponyme Lumeau est réalisée en 1906 dans une étude du cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans[L 28]. Mais c'est Jacques Soyer, archiviste du département du Loiret et président de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, qui est l'auteur de la principale recherche sur l'étymologie de Lumeau[L 29] en 1941.

Lumeau dérive du nom gaulois de l'orme. « Son nom est d'origine celtique : Limoialum, devenu Limogilum, Limolium, Limulium en latin médiéval. Il signifie « endroit planté d'ormes » ; du gaulois limos ou lemos (signifiant) orme (irlandais : lem) et ialon (signifiant) espace découvert, endroit, champ (gallois : ial). Limoialum est le synonyme du latin classique ulmetum, d'où provient le nom de la commune d'Ormoy (aussi en Eure-et-Loir)[L 29] ». Du latin ulmus[6] et du bas latin ulmetum dérivent aussi ulmeau, désignant l'arbre « orme » en langue d'oïl utilisée à la Renaissance. Ainsi la charte de l'abbaye Saint-Florentin de Bonneval identifie le village d'Ormoy (commune de Courbehaye) sous le nom ulmeculi en 1181 et ulmetus en 1265.

« Limogilo : ce nom est l'un de ceux qui, dans notre région, a donné la terminaison -eau. Limogilum a donc dû devenir Limeau, et si nous ne trouvons plus identiquement cette graphie, nous avons aujourd'hui Lumeau qui en est une altération. L'i s'est souvent changé en u (...) Lumeau, aujourd'hui commune du canton d'Orgère (Eure-et-Loir), est nommé au pouillé du diocèse de Chartres du XIIe siècle, Limaium, ce qui confirmerait au besoin l'identification[L 28]. »

Il est rapporté dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans que Limogilum est noté dans des actes royaux de Charles II le Chauve vers l'an 843. Limogilo est cité dans le cartulaire en 938[L 30] ; Limogilo est aussi citée en 954-972 et 979 dans des actes des rois carolingiens Lothaire et Louis V, ainsi qu'en l'an 990 dans le diplôme d'Hugues Capet décerné à l'église d'Orléans. La référence à Limogilus apparait notamment dans le diplôme émis par Louis V en 979 avec l'indication « Limogilus villa Ecclesiae Aurelian confirmatum a Ludovico R Fr[7] ». C'est aussi la « villula in Belsica Limulio » citée dans une fausse charte de l'abbaye Saint-Mesmin de Micy datée de 836 mais forgée au XIe siècle. Limolium est la dénomination utilisée en 1270 dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans, devient Lumolium en 1369-1370, dénomination utilisée jusqu'au XVIe siècle[L 29], et enfin Lumeau vers le XVIIe siècle.

Lumeau n'est pas le seul toponyme faisant référence à la nature environnante : le moulin d'Auneux (Aulneux en 1563) porte son nom d'une zone humide plantée d'aulnes. La ferme d'Écuillon (Escuillum en 1177 ; Escuillons en 1226) peut faire référence au chêne (latin aesculus) et est une métonymie gallo-romaine liée à l'aiguillon ou écouvillon. Les réages du cadastre évoquent « le Poirier » et « le Bois Salla » ainsi que « le chemin au loup ». Quant-à l'écart Égron, son nom rappelle les oiseaux du genre Egretta (aigrette, aigron ou héron) issu du francoprovençal hègron (notons à 5km d'Égron mais sur la commune de Poupry, l'aire de repos du héron cendré de l'autoroute A10) .

Domainville et Neuvilliers sont des toponymes postérieurs au Ve siècle désignant des domaines ruraux et leur hameau. La métairie de Domainville est la villa de Domyn ou Damyn (Damien). Pour la métairie de Neuvilliers, l'ordre déterminant-déterminé de cette villa "neuve" est un indice de l'influence germanique (vieux-francique, langue des Francs).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Voies romaines et sites d'occupation humaine entre l'âge de fer et le Ve siècle EC à Lumeau et alentours

Les inventaires des découvertes archéologiques à Lumeau se sont succédé, du premier questionnaire préfectoral en 1821 à la Statistique archéologique d'Eure-et-Loir de 1864[8]. Marc Bloch publie en 1930 une étude sur « les problèmes du peuplement beauceron » explorant la toponymie en Beauce. Suit le catalogue de la Beauce ancienne de Jacques Soyer en 1943 et notons son article de 1941 sur les origines de la commune de Lumeau[L 29]. Un relevé systématique de la carte archéologique de la Beauce a été initié par l'abbé André Nouel[L 31] entre 1958 et 1969, continué pour Lumeau par Robert Plessis[L 30] jusqu'en 1977 et par le groupement archéologique et historique de la région d’Artenay fondé par l'abbé Pierre Nollent et Jean-Michel Calvo[L 32], parallèlement à des fouilles locales sur l'habitat antique et du haut Moyen Âge[C 8] de 1973 à 1983 sous la direction d'Alain Ferdière[C 9], qui établit une carte des sites de l'âge de fer et des sites gallo-romains dans un rayon de 10 km autour de Dambron[C 10]. Des recherches archéologiques ont été poursuivies[9], s'appuyant notamment sur la prospection aérienne de Daniel Jalmain vers 1970-1976[C 5] et d'Alain Lelong en 1990 et 1992 puis en 2003 et 2004, avec une prospection au sol entre 2009 et 2014[C 11],[C 12].

L'inventaire patrimonial et de l'archéologie est informatisé au début du XXIe siècle et est enrichi par l'atlas des fermes et villae gallo-romaines de Beauce[C 13]. La carte archéologique[C 6] inventorie les découvertes de vestiges et mobiliers archéologiques sur une dizaine de sites localisés dans la commune de Lumeau, notamment dans le bourg de Lumeau, au lieu-dit Malmusse au nord du bois de Lumeau, au sud au lieu-dit du calvaire, à l'ouest au lieu-dit du Moulin de Lumeau (qui pourrait être le site primitif du village « situé dans une légère cuvette »), ainsi qu'à l'est du bourg sur le chemin d'Albis, au lieu-dit du Moulin d'Auneux, à Domainville et à Égron, et aussi à Neuvilliers, aux réages du Carreau et les Vallées, respectivement à l'ouest et au sud de Neuvilliers.

Le territoire de Lumeau a fait l'objet de quelques interventions archéologiques ponctuelles : les trois sites principalement fouillés en dehors du bourg de Lumeau sont la sépulture gauloise et les fosses dépotoirs de Domainville[L 32] (période de la Tène finale), la villa gallo-romaine de Villours[L 33] et l'hypogée de Neuvilliers[L 23] (Antiquité tardive et Moyen Âge).

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces laissées par les différentes occupations humaines sur le territoire de Lumeau remontent à l'époque des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique et Mésolithique, puis à celle des fermiers du Néolithique avec l'apparition de l'élevage, l'introduction des techniques agricoles, des poteries de terre cuite et de l'outillage en pierre polie, sans certitude de sédentarisation pérenne.

Des traces d'industrie lithique du Paléolithique moyen et supérieur[L 30], du Mésolithique tardenoisien[L 30] et du Néolithique ont été identifiées entre 1963 et 1968 (à Domainville : biface moustérien, autre biface, racloirs, pic-ciseau, scie, fragments de poignards, flèches ; près de Neuvilliers : hache polie en pierre dure[L 31]) et en 1972 (bois de Domainville : deux silex taillés[C 6]).

Une prospection archéologique systématique à vue sur sol nu est réalisée sous la direction d'Alain Lelong[C 11] entre 2009 et 2014 sur une surface de 761 ha labourés d'un territoire délimité par les villages de Loigny, Faverolles, Terminiers, Neuvilliers, Lumeau et Écuillon. Le mobilier de surface récolté constitue un échantillonnage représentatif de l'histoire du territoire et permet d'identifier la première occupation des sites ; il comprend, entre autres, 1 188 objets lithiques:

Pour la période Paléolithique, aucune nouveauté majeure n'a été trouvée depuis la découverte du biface moustérien de Domainville en 1967
Pour la période Mésolithique, 32 objets ont été caractérisés (armatures, micro-burins, nucleus)
Pour la période Néolithique, 330 restes ont été identifiés, dont « des fragments de haches polies, de silex du Grand-Pressigny (fragments de poignards dispersés), des armatures à pédoncules, un fragment d'anneau en serpentinite » et des céramiques. « Les objets les plus nombreux se situent le long de la route de Loigny à Lumeau, au niveau de Loigny et au sud de Lumeau ».

Un mégalithe appelé la « Pierre antique » est représenté sur la carte d'État-Major de 1820, mais est détruit ultérieurement. Il correspond au lieu-dit de « la Grosse Pierre[L 34] » selon les indications de la carte IGN de 1950, à l'est de la ferme de Villours et au sud du hameau d'Écuillon. Il s'agit peut être du « dolmen qui, consacré par son sang, fut longtemps vénéré sous le nom de Pierre de saint Lucain », ledit dolmen ayant disparu bien avant 1850. Dans la région, les concentrations de mégalithes se trouvent dans la vallée de la Conie, autour d'Orgères-en-Beauce et Tillay-le-Péneux.

Sites protohistoriques[modifier | modifier le code]

  • Âge du bronze

Une hâche à talon datée de l'âge du bronze a été trouvée entre les lieux-dits Écuillon et Goury vers 1967 et étudiée en 1974. D'une longueur de 157 mm et d'un tranchant de 67 mm, elle pèse 366 g.

  • Âge du fer

Durant l'âge du fer, la culture de la Tène ( - ) succède à la culture de Hallstatt, berceau des peuples celtes, ou du moins de populations dominées par des élites indo-européennes de langues celtes. Lumeau est une localité de la Gaule celtique sur le territoire des Carnutes, habitée de manière permanente depuis la période de la Tène finale ( - ), apogée de la civilisation celtique jusqu'à la conquête romaine.

L'habitat est formé de cabanes sur poteaux porteurs et murs de terre (technique du pisé ou torchis). Outre la culture de céréales, l'élevage en troupeaux et d'animaux de basse-cour, les objets trouvés attestent de la maîtrise des techniques artisanales de poterie, tissage et métallurgie (fabrication de fibules, d'instruments aratoires et haches en fer[10]).

« Au nord du bois de Domainville, une fouille de sauvegarde (1973)[L 32] a mis au jour un site protohistorique[C 6]. » Le site est principalement « constitué d'une sépulture à inhumation datant de la Tène finale et de plusieurs fosses dépotoirs. » « Le squelette d'une femme (âgée de 20-26 ans : taille 1,55 m : au crâne dolichocéphale) gisait au fond de l'une de ces fosses. » « La fosse contenait également de la céramique non tournée (parfois lissée, parfois peignée), de la céramique tournée à décor de baguettes, de la céramique type Besançon, des ossements d'animaux domestiques, des fragments de plaque de foyer en terre cuite, des fragment de pisé brulé, un fragment de fusaïole en terre cuite, une perle en terre cuite ». Une dizaine d'autres fusaïoles ont été trouvées dans un rayon de 600 m, formant des disques percés qui servent de volant d'inertie pour activer la rotation d'un fuseau de filage textile[L 30]. Deux fibules hallstattiennes ont été ramassées à proximité. La présence de scories signale une pratique locale de l'artisanat du métal. « Plusieurs concentrations noirâtres, distantes de 250 m pourraient correspondre à des cabanes[C 6]. »
Deux sites le long du chemin de Chartres à Orléans et entre le lieux-dit Terre-Noire et l'ouest de Neuvilliers sont occupés à l'age de fer uniquement, tandis qu'un troisième site adjacent a des traces d'occupation continue de la Tène finale ou la période gallo-romaine précoce jusqu'au IIIe siècle[C 10].
Une hache en fer travaillé, de localisation indéterminée, a été donnée en 1875 au musée historique et archéologique de la ville d'Orléans[C 6].
Des monnaies gauloises en bronze coulé ou frappé découvertes en quantité dans les environs de Terminiers, Lumeau, Poupry, Baigneaux et Bazoches-les-Hautes témoignent de la possibilité d'ateliers monétaires carnutes. Par ailleurs, à 4 km au nord de Lumeau, le triangle entre les lieux-dits « Champtier de La Fortune », Chaufour et la Fauconnière forme le périmètre des principaux vestiges d'une agglomération commerçante antique de 42 ha à Bazoches-les-Hautes, où la fouille d'une nécropole en 1839 a mis au jour des vases contenant de 400 à 500 pièces de monnaies gauloises. Il est possible de faire l'hypothèse d'une association étroite entre cette agglomération secondaire et les divers ateliers ruraux des sites environnants.

Les ingérences romaines dans les affaires gauloises à partir de conduisent à la Guerre des Gaules. Les Carnutes se rallient à César, effrayés par les légions romaines en marche qui circulent rapidement sur le réseau routier gaulois. Le territoire des Carnutes devient alors un protectorat romain, dirigé par un fidèle de César, le roi carnute Tasgétios qui est assassiné en l'an . En janvier de l'an , les Carnutes Cotuatos et Conconnetodumnos prennent la tête d’une insurrection et massacrent les négociants romains qui se trouvent à Cenabum (Orléans) : c'est le premier acte de la révolte générale des Gaules, avec l'Arverne Vercingétorix à sa tête. Après la reddition de Vercingétorix en septembre , deux légions romaines sont cantonnées dans Cenabum en ruines, d'où elles lancent de sanglantes opérations de commando contre les Carnutes. Au cours de l'été , les Carnutes se soumettent, d'où découle l'administration romaine de la civitas Carnutum, rattachée à la province de la Gaule lyonnaise, au sein de l'Empire romain.

Villae gallo-romaines[modifier | modifier le code]

L'activité sur le territoire de Limoialum (Lumeau) se développe fortement aux Ier et IIe siècles.

Les sites de plusieurs établissements ruraux ont été mis au jour depuis le milieu du XIXe siècle et présentent une organisation spatiale caractérisée par des bâtiments de plan quadrangulaire formant une enceinte autour d'une cour, les toitures étant recouvertes de tuiles (tegulae et imbrices). Sur la surface de 761 ha prospectée systématiquement par l'équipe d'Alain Lelong ont été ramassés 84 000 fragments de tuiles et 4 750 tessons de poterie. « La répartition des terres cuites architecturales montre que l’ensemble du territoire étudié était cultivé à l’époque gallo-romaine. La densité est plus forte près des villages (actuels) mais aussi autour des concentrations qui indiquent des sites habités à cette époque[C 11]. »

A la ferme de Villours[L 35], ont été dégagés en 1859 un hypocauste et une salle sur mosaïque des thermes d'une villa gallo-romaine s'étendant sur 10 ha[L 33]. Le mobilier comprend des fragments de marbre, de mosaïque, des statues (une divinité en bronze, une petite tête de lion), un anneau et une bague en bronze, un vase de terre rouge, des monnaies gauloises et romaines et « une pierre gravée du labarum (à rapprocher de la tradition du martyre de saint Lucain) ».
Au nord du bourg de Lumeau, « à Malmusse[L 36], quelques tegulae et tessons gallo-romains se ramassent au sol : lors d'un survol en avion, A. Lelong a repéré une petite grange gallo-romaine, présentant en façade, tournée vers le sud, deux pièces encadrant un porche permettant l'accès à la grange. Le bâtiment est inscrit dans une enceinte quadrangulaire [trapézoïdale] beaucoup plus grande et d'orientation différente. À l'ouest, on distingue une seconde enceinte quadrangulaire plus petite. Il pourrait s'agir d'une villa.[C 6]. »
Dans le bourg de Lumeau, ont été découverts des tessons gallo-romains dans l'habitat contemporain, comme matériaux de réemploi.
Au sud du bourg de Lumeau et à l'est de la route D19 reliant Lumeau à Terminiers, ont été trouvées des tegulae[C 6].
Au lieu-dit Moulin de Lumeau, à la sortie ouest du bourg, « A. Lelong a vu plusieurs bâtiments, inclus dans une cour quadrangulaire présentant un porche (ou bassin ?) semi-circulaire sur son côté sud », pouvant être une autre villa.
À la sortie est du bourg de Lumeau sur le chemin vers Artenay, « au croisement du chemin d'Albis avec la D3.9, on a découvert (prof. 1 m) quatre sépultures romaines avec de la céramique commune sans doute romaine et 16 clous à tête plate[C 6]. » Au même endroit, « à l'ouest du chemin d'Albis, près de la cote 123, ont été repérées des enceintes quadrangulaires et des fosses ».
Au lieu-dit Moulin d'Auneux, des fouilles ont mis au jour des « bâtiments, inclus dans une cour quadrangulaire présentant un porche (ou bassin) semi-circulaire (...) des tessons gallo-romains (sigillée de l'Argonne, une monnaie de Tetricus et une monnaie de Constantin). A. Ferdière pense à un site de voie (placé à 50 m de la voie romaine)[C 6]. » « Au bois d'Auneux, se rencontrent des tessons romains allant du Ier au IVe siècle (sigillée de la Gaule du sud, d'Argonne et de Jaulges-Villiers-Vineux)[C 6] », qui témoignent des échanges commerciaux de longue distance.
Le site gallo-romain de Domainville se développe dans la continuité de la ferme gauloise : au sud de Domainville se trouvent « des structures à fossés romains, dont un large, datant du Ier siècle avant J.C. et un sarcophage en grès rouge (...), des meules romaines, dont une en grès, une en pierre volcanique[C 6] » et des monnaies gauloises.
Des tessons gallo-romains ont été ramassés au lieu-dit Égron, où est située une ferme proche de la voie romaine (chemin de Blois à Albis).
Au Carreau[L 37], à l'ouest de Neuvilliers, on trouve des tessons romains.

Dans le processus d'acculturation gallo-romaine de la Beauce[11], le site de Villours avec ses thermes peut être catégorisé comme une villa à la romaine, par opposition aux autres villae et établissements identifiés, qui seraient plutôt des fermes indigènes d'exploitation agricole[C 14].

Le territoire est traversé par deux voies romaines. « La voie de Blois à Paris à travers la Beauce (...) passait (...) à peu près à égale distance de Patay (Papitacus) et de Coinces, sur le territoire de cette dernière commune, et rencontrait non loin de Terminiers (dont le nom, Termenier en vieux français, indique la frontière de la civitas Carnutum et de la civitas Aurelianorum) la route d'Orléans à Chartres, et par Lumeau (Limoialum, localité celtique), un peu à gauche, Baigneaux, un peu à droite, et Bazoches-les-Hautes (Basilicae), marché-frontière, un peu à gauche, se dirigeait sur Allaines (cantonnement d'Alains à la solde de l'Empire) où elle croisait la deuxième route d'Orléans à Chartres et la route de Sens au Mans[12]. »

Entre les hameaux de Neuvilliers et Terre-Noire, on a trouvé des monnaies en 1860, dont « un Gordien en argent parfaitement conservé. Dans les champtiers, qui s'étendent de ce même hameau à celui d'Échelles, presqu'au bord de la voie romaine qui traverse le bourg de Lumeau, on a mis à découvert (...) deux Trajanus Hadrianus (gros bronze), un (autre) gros bronze[13] » et d'autres monnaies gauloises et romaines.

À la fin du IIIe siècle, Limoialum est proche de la frontière résultant de la scission entre la civitas Carnutum (Chartres) et la civitas Aurelianorum (Orléans).

Grandes invasions[modifier | modifier le code]

Le territoire subit les grandes invasions de la fin de l'Empire romain d'Occident, parallèlement à la christianisation de la population et à la ré-organisation des exploitations agricoles en grands domaines.

La pression des Huns qui viennent d'Asie pousse les Vandales, les Wisigoths et les Burgondes à migrer vers l'ouest jusqu'au limes, frontière de l'Empire romain, où sont déjà installés des peuples germaniques qui, tels les Alamans et les Francs, forment des ligues défensives au milieu du IIIe siècle mais font aussi des incursions en Gaule (Orléans est pillée vers 260 par les Alamans puis en 275 par d'autres Germains). En Beauce, « de nombreuses cachettes de monnaies on été enterrées à cette époque. (...) La plupart des villae semble avoir été détruites et abandonnées. On en a pour preuve la brusque interruption de la céramique et surtout des monnaies sur les sites en question. Au IVe siècle, certains de ces sites seront réoccupés, souvent partiellement. Les routes elles-mêmes ont sans doute été détériorées. (...) La ruine des campagnes est alors à peu près totale.[C 8] » Sur la carte d'Alain Ferdière[C 10], seuls les sites de Loigny, Villours, un site entre Terre-Noire et l'ouest de Neuvilliers, Terminiers, les hameaux de Domainville et Auneaux, la zone de Pouprix à Dambron, ainsi que Bazoches-les-Hautes ont laissé des traces archéologiques d'occupation de la seconde moitié du Ier siècle au début du IIIe siècle. Dans tout le secteur angulaire entre Terminiers-Loigny et Terminiers-Bazoches, les autres habitations antérieures ne font apparaitre aucune trace d'occupation à cette époque.

  • Multiples petites exploitations agricoles libres en Beauce du IVe siècle

« Le relèvement au début du IVe siècle sera long et pénible, car aux Barbares avait succédé une longue période d'instabilité. Des bandes de brigands, les Bagaudes, sillonnèrent la Gaule et dévastèrent particulièrement les pays de la Loire. Mais au début du IVe siècle, grâce aux efforts des empereurs dont on retrouve les noms sur les monnaies de nos sites (Constantin, ...), la Gaule se relève peu à peu et l'on assiste à une véritable renaissance[C 8]. » En échange de la sécurité assurée par des oligarques, les populations des campagnes se rassemblent sur certains sites et forment une clientèle associée à un domaine rural issu d'un remembrement foncier : « les nouvelles exploitations regroupent plusieurs exploitations anciennes, déjà fort larges. » Le modèle de référence est celui de l'Italie romaine : « c'est le système des latifundia (ou grands fonds-fonciers) qui atteignaient des surfaces énormes.[C 8] ». Dans le secteur Dambron-Lumeau, les fouilles archéologiques indiquent cependant que « seules de rares sépultures privilégiées se détachent, avec quelques petites nécropoles[14] » et y est envisagée « l'existence d'une paysannerie libre, d'où n'émergent pas de grands propriétaires fonciers[14]. » « Les prospections systématiques (...) laissent entrevoir un semis particulièrement serré de petites exploitations : on s'oriente vers la vision d'une mise en valeur agricole par de petits paysans libres (...), et non par le système domanial "classique"[14] » (celui d'une unité juridico-économique auto-suffisante sous l'autorité d'un seul propriétaire, seigneur ou ecclésiastique).

  • Invasions du Ve siècle et sédentarisation des Alains

L'épisode du passage du Rhin (406) a des conséquences à proximité de Lumeau, comme support historique à l'hagiographie chrétienne d'un saint céphalophore : Lucain[C 15],[C 16]. Lors de l'hiver 406-407, plusieurs dizaines de milliers de Suèves, Francs, Vandales, Burgondes et Alains profitent de l'embâcle du Rhin gelé pour migrer définitivement dans les provinces occidentales de l'Empire. À l'ouest de Lumeau, « ce fut entre Villours et Villepion que fut martyrisé, l'an 407, saint Lucain, généreux missionnaire qui avait eu le courage de se mettre à la suite des Alains et des Suèves pour leur annoncer l'Évangile[13][C 6]. » Lucain était un prédicateur chrétien de l'Orléanais et fut condammé à avoir la tête tranchée[15]. « Elle ne fut pas plus tôt abattue que Lucain se leva sur ses pieds, la reprit entre ses mains et la porta comme en triomphe à une demi-lieue de l'endroit où il avait été exécuté ; il la mit sur une pierre qui, en mémoire d'un si grand prodige, a été depuis appelée la Pierre de saint Lucain[16]. » Le « pays de Lucain » (Lucaniacum puis Luigniacum-in-Belsia, Lingny-en-Beausse, saint Lucien de Longny-en-Beauce) est devenu le village de Loigny, avec son église consacrée à Saint-Lucain. Accompagnés des Vandales, les Alains franchissent la Loire en 408.

Lorsque Attila et les Huns se dirigent vers Orléans qu’ils assiègent en 451, le territoire est alors sous l'influence du royaume éphémère des Alains, dirigés par Sangiban[17]. En effet, le général romain Aetius avait conclu un fœdus avec Goar (chef alain) en l'an 422 : les Alains deviennent un peuple fédéré, auxiliaires de l'armée gallo-romaine pour contenir les révoltes bagaudes, et peuvent se sédentariser dans l'Orléanais, notamment dans la région d'Allaines[18] qui est à seulement 13 km de Lumeau. Cette installation des Alains dans la Beauce orléanaise s'est traduite par des confiscations de terres et des expulsions de propriétaires[19].

  • Incorporation au royaume des Francs

En raison du délitement continu de l'autorité politique de l'Empire romain, le général gallo-romain Ægidius proclame l'autonomie de la Gaule du Nord en 461, enclavée entre le royaume wisigoth qui a rompu le fœdus romain, le royaume burgonde et le royaume des Francs saliens établi par Clodion (les Francs saliens sont un peuple germanique fédéré à Rome depuis 342 et leur fœdus est renégocié vers 431 entre Aetius et Clodion, leur permettant de s'installer à Tournai, berceau de leur futur royaume). Ægidius est soutenu par Childéric Ier, un des successeurs de Clodion comme roi des Francs. Les fédérés alains et francs contribuent à la victoire d'Ægidius contre les Wisigoths lors de la bataille d'Orléans (463). Ce territoire isolé de l'Empire romain d'Occident, renommé domaine gallo-romain de Soissons mais grignoté par les Francs, demeure sous l'ordre juridique romain avec Syagrius, le fils d'Ægidius, jusqu'à ce que Clovis, le fils de Childéric, le vainc à la bataille de Soissons (486)[20].

Á l'exception des Francs et des Anglo-Saxons restés fidèles à leur religion païenne germanique, les peuples fédérés installés antérieurement sur les marges de l’Empire romain et fondateurs des royaumes wisigoth, burgonde, vandale et ostrogoth avaient été convertis au christianisme arien. Ils se heurtent alors aux cadres de l'administration du Bas-Empire romain encadrés par l'épiscopat gallo-romain, promoteur du christianisme nicéen. La donne change lorsque Clovis opte pour le christianisme nicéen, décision confirmée lors du concile d'Orléans (511). Les oligarques gallo-romains et le clergé catholique nicéen issus du domaine de Syagrus font alliance avec Clovis, devenus maître du territoire et des affaires militaires. Les Francs peuvent ainsi s'appuyer sur cette subsistance de l'administration romaine lors de leur conquête de la Gaule.

La sédentarisation des Francs par l'allocation de fiefs aux compagnons d'armes de Clovis se traduit dans la toponymie des hameaux, influencée par le vieux-francique : il en est ainsi pour le hameau de Neuvilliers. Des indicateurs de reconstruction mémorielle de la présence franque sont identifiables, comme au sud-ouest du hameau de Donzy (Donecy) après Sougy dans la direction du château de Langennerie (Andeglou-Chevilly), avec la ferme à l'écart nommé « Les Francs »[21] dans les réages de « la Vallée des Francs » et « la Garenne des Francs », à 9 km de Lumeau.

Ces évolutions sont le prélude à l'établissement d'une nouvelle aristocratie foncière dans le royaume des Francs, selon un système d'obligations et de services dérivé du clientélisme gallo-romain qui aboutit au régime de la féodalité médiévale.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Village mérovingien[modifier | modifier le code]

Le village est sur le territoire de la Neustrie, royaume franc issu du domaine de Syagrius conquis par Clovis en 486.

Les rois des Francs, fondateurs de la dynastie des Mérovingiens, s'appuient sur le maillage épiscopal pour l'administration civile du royaume et le contrôle des populations[22]. À la suite du baptême de Clovis entre 496 et 507, les premiers rois des Francs, nouvellement convertis au catholicisme nicéen, accordent de multiples libéralités et dotations de domaines à l'Église : le territoire de Lumeau devient possession de l'évéché d'Orléans, probablement au VIe siècle sous le reigne de Clotaire Ier, fils de Clovis. L'aristocratie franque investit aussi la haute hiérarchie de l'Église qui accorde des brevets de sainteté à des membres de leur famille.

Dans le bois de la chapelle Sainte-Radegonde[L 38], à la limite territoriale de Terminiers et de Lumeau, « la tradition raconte que sainte Radegonde (épouse de Clotaire), ayant décidé d'entrer dans les ordres au cours du VIe siècle, a fait jaillir une source, sanctifiée par la suite[C 6]. » La carte de Cassini de 1757 localise ce site au bord de la voie romaine de Chartres à Orléans, au sud-ouest du hameau de Neuvilliers par le « chemin de la chapelle » indiqué sur le cadastre de Lumeau en 1836 et longeant le lieu-dit le Ravoir par l'est, à proximité de ce qui est aujourd'hui la route D19 de Terminiers à Lumeau ; le cadastre de Terminiers en 1836 indique qu'il s'agit du réage de la Chapelle ; la carte IGN l'indique à l'est du lieu-dit Villerau, toponyme qui prédispose à une origine gallo-romaine tardive. Il s'agit d'un site protohistorique s'étendant jusqu'au lieu-dit les Vallées et il inclut les fondations d'un habitat romain ou paléo-chrétien, peut-être une cellule d'ermite ou de berger.

Des tessons mérovingiens ont été trouvés au Bois d'Auneux[C 6]. Parmi de multiples découvertes de monnaies, un « triens en or » mérovingien trouvé dans la commune de Lumeau fut acquis par le musée de Chartres en 1888[23]. Un éperon en fer mérovingien a été trouvé en 1879[C 6]. Au lieu-dit du Calvaire[L 39], sept sépultures en fosses d'une nécropole mérovingienne ont été découvertes en 1977.

Mais ultérieurement, « l'église d'Orléans (est) dépouillée de son trésor et de la plus grande partie des chartes constituant ses titres de propriétés[L 28] » : des maires du palais lui spolient des possessions et bénéfices ecclésiastiques ; des domaines de l'Église sont envahis et accaparés par des leudes francs. Limogilum (Lumeau) passe alors sous l'autorité d'un seigneur franc.

Village carolingien[modifier | modifier le code]

Une révolution de palais menée par Pépin le Bref conduit à un changement de dynastie franque et à l'avènement de l'Empire carolingien. L'alliance des rois des Francs avec l'Église est réaffirmée par la cérémonie religieuse de leur sacre et par une restitution partielle des biens dont l'Église avait été dépouillée sous la précédente dynastie, prétendue décadente.

Limogilum est cité dans un acte royal carolingien de Charles II le Chauve (entre l'an 840 et l'an 843)[24]. Le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans[L 28] précise que Jonas, évêque d'Orléans, lui demande la confirmation des possessions de son église. En effet, certains des domaines de l'Église, envahis par les leudes francs, n'avaient été restitués que sous les règnes de Pépin et de Charlemagne[L 28]. La bulle du pape Léon VII (an 938) et les diplômes de Lothaire (an 956) et de son fils Louis V (an 979) contiennent une « note des biens restitués par l'empereur Charles à l'église d'Orléans »[L 28] : Basilicas (Bazoches-les-Hautes) et Limogilo (Lumeau) font effectivement partie de la liste desdites propriétés restituées à l'Église par Charlemagne.

En 1969, « deux fragments de poterie provenant des fours de Saran (...) ont été trouvés à Lumeau et sont datables de la première moitié du IXe siècle[25]. » (Saran est localisé à 20 km au sud-est de Lumeau sur la voie romaine de Chartres à Orléans).

Au hameau de Domainville, la grande fosse-dépotoir découverte en 1972 contenait des céramiques qui semblent aussi provenir des ateliers de potiers de Saran. « Puis la surface de fouille fut élargie et d'autres structures apparurent : des fossés traversant le site, des fosses de moindre volume, des trous de poteaux avec ou sans calage de pierres, une sépulture, d'ailleurs coupée par l'un des fossés (témoigne de) la présence d'un habitat datable du haut Moyen Âge et plus précisément de l'époque carolingienne. » Les fouilles jusqu'en 1975 ont mis au jour « un large fossé du Ier siècle, contenant de la céramique du gallo-romain précoce, (qui) a été recoupé par différentes structures en creux, essentiellement d'époque carolingienne : fosses et fossés, renfermant de la céramique du type Saran, trous de poteaux, sépultures, etc. Il s'agit des dépendances d'un habitat du haut Moyen Age, ce qui donne à la fouille un intérêt exceptionnel.[L 40],[L 41] »

En 843, le traité de Verdun partage l'empire hérité de Charlemagne : l'Orléanais est en Francie occidentale.

  • Terreur viking et magyare

De crainte des attaques vikings entre 851 et 865 et à la suite du pillage d'Orléans par Hasting, un sentiment d'insécurité prévaut sur le territoire de Lumeau : les reliques de Saint-Lucain sont transférées de l'église de Loigny à la cathédrale de Paris. Â l'issue du siège de Chartres (911) par Rollon, le traité de Saint-Clair-sur-Epte concède l’établissement des vikings en Basse-Seine (Normandie) en contrepartie de l'arrêt de leur pillages. Des incursions magyares en Francie occidentale sont notées entre 912 et 937[26], celle de 937 suivant apparemment un itinéraire de pillage via Sens et l'Orléanais, la vallée de la Loire et le Berry.

Au Xe siècle, « l'évèque avait de grandes obligations à plusieurs seigneurs qui l'avaient défendu de leur mieux contre les barbares, et pour reconnaître leurs services signalés, il les gratifia de (ces) biens. » C'est à dire que des fiefs commencent à être accordés sur des terres d'Église en Beauce et leurs seigneurs associés aux bénéfices qu'en retire l'évéché.

Domaine médiéval[modifier | modifier le code]

Le comte d'Orléans, Hugues Capet, est désigné roi de la Francie occidentale en 987, devient ainsi suzerain des fiefs féodaux qui forment le Royaume de France. L'alliance des rois des Francs avec l'Église se perpétue avec la dynastie capétienne, dont les rois sont déclarés monarques de droit divin.

Les tenures de Limogilus forment un domaine rural médiéval qui fait partie du domaine royal capétien dès le Xe siècle (province de l'Orléanais, constituée en comté d'Orléans puis ultérieurement duché d'Orléans).

« Limogilus villa Ecclesiae Aurelian » est une possession temporelle (sans vocation religieuse) de l'évêché d'Orléans, confirmée en l'an 979[27] ainsi qu'en l'an 990 dans le diplôme d'Hugues Capet décerné à l'église d'Orléans[L 28]. Cela met temporairement un terme aux tentatives d'accaparement du revenu foncier par les seigneurs féodaux laïcs sans le consentement de l'Église. Il en est de même pour tout le voisinage, dont les propriétés et bénéfices sont distribués entre l'archidiaconé de Beauce rattaché à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans[28] et les chapitres des collégiales d'Orléans, qui dépendent toutes in-fine de l'évêque[L 26] : Baigneaux, Bazoches-les-Hautes, Dambron, Poupry sont propriété de l'archidiacre d'Orléans ; Fontenay-sur-Conie et Terminiers du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans ; Lumeau du chapitre Saint-Pierre en Pont d'Orléans ; Tillay le Péneux et Villeprévost du chapitre Saint-Aignan d'Orléans ; Varize d'un autre chapitre. Loigny et Nottonville dépendent de l'évêque via l'archidiaconé de Dunois. Par ailleurs, Orgères et Péronville sont des possessions de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun ; Bazoches-en-Dunois, Cormainville, Courbehaye, Guillonville sont des dépendances de l'abbaye de Bonneval, rattachée à l'évêché de Chartres.

La prospection systématique d'Alain Lelong sur 761 ha permet d'observer qu'une partie du territoire n'est plus cultivée ou mise en pâture à la fin du Haut Moyen Âge et l'activité se concentre ensuite autour du village de Lumeau. L'occupation ne redevient importante et continue qu'au XIIe siècle avec une remise en culture sur l'ensemble du territoire.

Lumeau est nommé Limalum, cité dans un pouillé (registre ecclésiastique) du XIIe siècle[29]. La dénomination Limolium (de Limolio) est notée dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans en 1270. Limulium est une désignation documentée en 1369.

Seigneurie et guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Le problème de la succession de Charles IV le Bel déclenche la guerre de Cent Ans. Limulium (Lumeau) est alors assimilé à un fief dans le duché établi en 1344 pour Philippe d'Orléans. Philippe et son frère, le roi Jean le Bon, sont faits prisonniers des anglais lors de la bataille de Poitiers (1356). Philippe sert d'otage jusqu'au payement d'une rançon, assise sur les revenus domaniaux, et sa libération en 1360.

Des anglo-bourguignons occupent le château de Terminiers et pillent les alentours, notamment en 1361[30]. Des souterrains peuvent avoir été utilisés comme refuges temporaires par la population. Le règne de Charles V le Sage est un interlude de trêve de 1364 à 1380. Mais les agissements des Grandes compagnies, composées de mercenaires démobilisés par la trêve, mettent l'Orléanais en coupe réglée, étant présents depuis 1356 sur les routes de Paris à Orléans, à Chartres, à Vendôme et à Montargis[31].

L'église de Lumeau[L 42] est évoquée comme église fortifiée en 1382, protégée par « messire Mahyet de Marquivillier, escuier, capitaine ou garde de la forteresse de l'esglise de Lumeau en Beausse[L 43],[30] ». C'est peut-être à cette époque que le partage des obligations et des revenus du fief est renégocié entre ce gentilhomme, seigneur vassal du duc d'Orléans et présent sur place, et l'évéché d'Orléans, propriétaire distant des bénéfices fonciers. Par ordonnance de 1388, Charles VI établit le « privilège des gentilshommes de Beauce », assurant une exemption d'impôt de taille sur leur fief.

L'armée du comte de Salisbury prend « Janville, en Beauce, fin août 1428, qui sera longtemps l'une des bases importantes du dispositif anglais pour la conquête des villes de la Loire et le siège devant Orléans[32]. » « De Janville sont lancées, dans plusieurs directions, des colonnes volantes. L'une d'elle, par Artenay, Poupry, Terminiers et Patay, alla soumettre plusieurs petites places entre cette dernière ville et Châteaudun, Sougy, (...)[32]. » Lumeau est sur les arrières du champ de la bataille de Patay le 18 juin 1429 entre l'armée anglaise et l'armée française de Charles VII menée par Jeanne d'Arc, à 9 km du lieu-dit « Climat du Camp » ou simplement « le Camp » entre Patay et Rouvray-Sainte-Croix, où la tradition situe les compagnies d'archers anglais de John Talbot, mises en déroute par la cavalerie française et qui s'enfuirent avec les survivants de l'armée de John Fastolf par le chemin de Blois à Paris via Lumeau[33].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

C'est en 1524 qu'est construite la chapelle Sainte-Radegonde à la limite territoriale de Terminiers et de Lumeau. Après d'importants travaux d'extension de la nef et du chœur pré-existants, l'église de Lumeau est consacrée en 1556 par Étienne de Paris, originaire d'Orléans et nommé vicaire général en 1552 par Jean de Morvillier, évêque d'Orléans[34],[L 44].

À partir de 1562 débutent les massacres des Guerres de Religion. Le parti protestant prend les armes sous la direction du prince Louis de Condé qui occupe Orléans ; l'armée de Condé traverse la Beauce, incendiant des églises et massacrant des prêtres, conduisant à des réactions symétriques du parti catholique. L'église de Lumeau est incendiée par des protestants en 1562[L 26]. L'Orléanais et la Beauce s'installent alors dans une guerre civile intermittente jusqu'à la promulgation de l'Édit de Nantes en 1598.

Les terres de Lumeau, possession de l'évéché d'Orléans, sont gérées par les hommes de main du duc d'Orléans, tels qu'Alexandre Le Jay, descendant de Guillaume Le Jay qui est écuyer de Jean d'Orléans en 1353 et époux de Marie d'Orléans[35]. En 1592, la chronique seigneuriale note la « vente par Alexandre le Jay, seigneur de Lutz, de la métairie Damyn à Lumeau, à Marin de Ramezay, seigneur de Lumeau, commandant pour le Roi en la ville et château de Janville[36] ». Marin de Ramezay « fit foi et hommage pour la terre de Lumeau à l'évêque d'Orléans ». Marin de Ramezay (marié en 1556) est le descendant de Claude de Ramezay (ou Ramesie ou Ramseys ou Ramsay). Celui-ci est un archer d'une troupe écossaise au service du Roi de France (en raison de la Auld Alliance, les soldats professionnels écossais combattent notamment dans l'armée de Charles VII et aux côtés de Jeanne d'Arc en 1429[32]), qui épouse en 1470 la fille de Louis de Chartres, seigneur de Germignonville à 10 km au nord ouest de Lumeau. Lazare de Ramezay (marié en 1584) et son fils François de Ramezay (marié en 1616) lui succèdent comme seigneurs de Lumeau, suivis par Jean de Ramezay (marié en 1639) et François de Ramezay (marié en 1677). La lignée des Ramezay de Lumeau s'interrompt lorsque Louis de Ramezay, seigneur de Lumeau et huguenot[37], quitte la France vers 1685 lors de la révocation de l'édit de Nantes[38].

L'Église prélève sa dîme, impôt religieux sur les récoltes : les bénéfices de la cure de Lumeau dans l'archidiaconé de Beauce du diocèse d'Orléans, collationnés pour l’évêque, ont une valeur annuelle de 357 livres entre 1641 et 1648 et de 430 livres entre 1750 et 1758[L 45]. « La cure est à portion congrue ; collateur, le chapitre de Saint-Pierre-Empont[L 8] » : autrement dit, la dîme de Lumeau contribue principalement à la richesse de l’évêché d'Orléans et est affectée au bénéfice de l'église collégiale de St-Pierre-Empont d'Orléans. En 1641-1648, Lumeau est d'une des dix huit prébendes de Saint-Pierre-Empont dont le bénéfice total est de 12 000 livres ; elle est proche de la moyenne (400 livres) pour les prébendes annuelles de 1750-1758[C 17].

En 1651, sous la Fronde, une agitation pour la confirmation du privilège d'exemption de taille (impôt dû au roi) conduisit à une initiative le , où « fut arrêtée à Terminiers l'union de plusieurs gentilshommes de Beauce contre les désordres des gens de guerre. Les seigneurs de Baigneaux, des Bordes, de Viabon, de Cambray, Frouville (Samuel de Frouville, sieur de l'Esperonnière), Germignonville, la Carrée, Cottainville, Lumeau, Luplanté, Menainville, Mihardouin, Montvilliers en Denonville, Villeprévost, s'unirent avec plusieurs de leurs voisins pour se défendre, eux et leurs fermiers, contre les excès des gens de guerre[39]. »

La chronique seigneuriale[36],[40] indique les faits suivants :

  • 1541 : Aveu à Françoys de Villereau, seigneur de Beauvilliers, par Anne Le Fuzellier, d'une métairie et de terres à Escuillon, paroisse de Lumeau[41]
  • 1563 : Vente de la métairie du Petit Domainville par Jean de l'Isle, sieur d'Aulneux et Domainville, à Claude Mariette, marchand d'Orléans[42]
  • 1592 : Vente par Alexandre le Jay, seigneur de Lutz, de la métairie Damyn à Lumeau, à Marin de Ramezay, seigneur de Lumeau, commandant pour le Roi en la ville et château de Janville[36].
  • 1685 : Louis de Ramezay, seigneur de Lumeau, quitte la France[37].

Rentes foncières et notables d'Orléans[modifier | modifier le code]

Après la révocation de l'édit de Nantes (1685), les redevances féodales de la seigneurie de Lumeau (champart sur les récoltes et cens payé en argent au seigneur, propriétaire éminent de la rente foncière) sont accaparées par des bourgeois orléanais, titulaires de charges anoblissantes (noblesse de robe)[43].

La chronique seigneuriale[36],[40] indique les faits suivants :

  • 1691 : Jacques de La Lande, écuyer, est « seigneur de Lumeau en Beauce (...) conseiller au bailliage et siège présidial d'Orléans, docteur-régent en l'Université et maire de la ville d'Orléans en 1691 et 1692 », jurisconsulte auteur de la « coutume d'Orléans commentée » en 1704
  • 1694 : Donation de la terre et seigneurie du Grand Domainville par Pierre Boyer [Boyetet] à Christophe François Boyer[42]
  • 1699 : Bail de la métairie d'Auneux, paroisse de Lumeau
  • 1719-1720 : Saisie des biens de François Cassegrain, à la requête de Daniel de La Lande, écuyer, seigneur de Lumeau (marié avec Claude Colas des Sablonnière en 1694)
  • 1721-1723 : Information contre Jean Vannier pour avoir chassé sur les terres du seigneur de Bazoches-les-Hautes, à Écuillon. Procès entre la fabrique de Lumeau et André Bénard pour les terres dépendantes de ladite église
  • 1721-1725 : Appels des bailliages de Brandelon et de Lumeau ; procès entre Daniel de La Lande, seigneur de Lumeau, et Claude Delaporte, pour droits féodaux
  • 1730 : Acquêt de 3 mines de terres entre Milhouard et Domainville par Jean Léon Boyetet sur Pierre Bourdin[42]
  • 1734 : Inventaire des privilèges du doyen et des titres de doyenné et du chapitre de Saint-Pierre-Empont dans la censive de Lumeau (doyenné du chapitre et des terres à Lumeau, Neuvilliers et Écuillon)[44] (chanoine Jean-François Colas)
  • 1735 : Procès de « l'église collégiale de S.-Pierre-en-Pont, de la ville d'Orléans, intimez, contre Jacques Colas de Brouville, marchand à Orléans, Louis Monceau, Pierre Jullien et autres, laboureurs, demeurans en la paroisse de Lumeau, appellans [L 46] »
  • 1736 : Action du temporel de l'évêché d'Orléans, châtellenie de La Fauconnerie, concernant la seigneurie de Lumeau et son propriétaire Jacques Colas de Brouville [45]
  • 1742 : Enquête au sujet d'une inondation survenue sur les chemins de Poupry à Janville et à Dambron par la rupture d'une digue qui retient les eaux venant d'Auneux ; appel des baillages de Neuvilliers, Cottainville, Châtillon-le-Roi et Auneux
  • 1745 : Aveux rendus au duché et châtelet d'Orléans pour des biens dépendant de la seigneurie de Cormes, à Saint-Cyr-en-Val : Domainville (paroisse de Lumeau) ; le fief de Domainville dans la paroisse de Lumeau, relève de la seignerie de Cormes, à Saint-Cyr-en-Val, qui est vendue par Maximilen Midou de Villiers à Simon Bouttin, sieur de la Source[42].
  • 1746-1751 : Saisie des biens de Nicolas Tourné, à la requête d'Elisabeth Vandebergue, veuve de Jacques Colas, sieur de Brouville, seigneur de Lumeau (le contrat de mariage de Jacques Colas et Elisabeth Vandebergue en 1795 est enregistré par Pasquier, notaire au châtelet d'Orléans. Les familles Colas[21] et Vandebergue, notables d'Orléans[43], ré-investissent dans la rente foncière agricole les bénéfices de leurs investissements dans le raffinage du sucre colonial depuis 1696.)
  • 1752 : Acquêt par Jean-Baptiste Pasquier[43], trésorier au bureau des finances de la généralité d'Orléans, de la seigneurie de Lumeau
  • 1770-1785 : Aveu et dénombrement, ports de foi et hommage rendus au duc d'Orléans pour les seigneuries de Cormes, Cornay, la Source et la censive de Saint-Pierre-le-Puellier (...) Ventilation de Cormes, Cornay, la Source et leurs dépendances, relevant en partie du duc d'Orléans, de l'évêque d'Orléans, de l'hôtel-Dieu, des abbayes (...) et des seigneurs (...). De Cormes dépendent : (...) cinq arrière-vassaux ayant la directe sur 120 arpents de terre situés dans les paroisses d'Andeglou (Chevilly), Baigneaux, Barmainville, Boulay, Bricy, Coulmiers, Guillonville, Loigny, Lumeau, Mareau-aux-Bois, Poupry, Sougy (...)
  • 1770-1772 : Lumeau, rente de 8 mines de blé due aux Carmes de Dreux, procédure menée par les Carmes contre Jean Baptiste Pasquier et autres débiteurs de la rente : état des titres depuis 1487[46]
  • 1775-1781 : Contentieux entre Pierre Genty, fermier au Grand et Petit Domainville contre le syndic des habitants au sujet de l'assiette de la taille et autres impositions[42]
  • 1788 : Acquêt par Jean-Baptiste Pasquier, seigneur de Lumeau, de la métairie de Neuvilliers, paroisse de Lumeau, moyennant 12 900 livres .

Un dénombrement fait état de « 84 feux et 320 communiants[L 8] » vers 1741. Lumeau comprend 95 feux en 1768. En 1789, Lumeau comprend 103 feux, dont 101 taillables. L'imposition de la taille de la paroisse de Lumeau en 1788 est d'environ 8 906 livres, en proportion comparable à Tillay-le-Péneux (120 feux et 6 953 livres de taille), Terminiers (192 feux et 15 424 livres) et Artenay (257 feux et 13 562 livres).

États généraux de 1789[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances de Lumeau[L 8], transmis au bailli de la justice de Saint-Aignan d'Orléans lors de la convocation des états généraux de 1789, est établi le dimanche sous la présidence du notaire d'Artenay. Les membres de la municipalité de Lumeau qui contribuent au cahier de doléances ont les métiers suivants : laboureur (12), journalier (5), homme de peine (2), meunier (2), charretier (2), tourneur, maçon, charpentier, serrurier, vigneron, aubergiste, cordonnier, marchand ; vingt d'entre eux savent signer ; ils payent chacun une taille comprise entre 4 et 1 083 livres, sachant que 8 laboureurs payent plus de 309 livres et 15 d'entre eux moins de 32 livres. Germain Greslon, maçon, est le syndic de la municipalité, élu par l'assemblée des chefs de famille de la paroisse, et déclare payer 31 livres de taille.

Dans la liste des gentilshommes admis à voter à l'assemblée de l'ordre de la noblesse du bailliage d'Orléans convoqués en mars 1789, notons Pierre Colas de Brouville, écuyer et seigneur de Lumeau, Charles Boyetet, écuyer et seigneur des Grand et Petit Domainville, Louis-Pierre Dumaitz de Goimpy, chevalier, seigneur du fief du Colombier de Domainville, paroisse de Lumeau, ainsi que Pierre-Clément Sinson, écuyer et seigneur de la baronnie d'Auneux, comparant par M. Louis Colas de Brouville, écuyer.

Troubles révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chauffeurs d'Orgères.

De 1785 à 1798, les fermes isolées de Beauce ont subi les attaques d'une bande criminelle, nommée les chauffeurs d'Orgères.

Le compte rendu de leur procès en 1800 indique que les fermes d'Auneux et de Domainville sur la commune de Lumeau, ainsi que les fermes voisines du Milhouard et de Mamerault sur la commune de Poupry, avaient notamment été les cibles de leurs pillages[C 18]. Un acte marquant, retenu comme charge majeure dans le procès, eu lieu par un mouvement de la bande à partir du bois de Goury au nord-ouest de Lumeau vers le bois Pussin à l'est après Poupry, en volant et assassinant Nicolas Fousset, cultivateur du hameau du Milhouard[C 19].

Vente des biens nationaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aliénation des biens nationaux.

Après le décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation le dans l'objectif de rembourser l'énorme dette accumulée par l'État monarchique et éviter la banqueroute, la vente des biens nationaux consolide le capitalisme agraire pour la bourgeoisie entrepreneuriale. Cette vente aurait dû permettre l'émiettement direct de la propriété agricole[47] et favoriser davantage l'émergence d'une élite rurale acquise au nouveau régime. Mais les décrets de novembre 1790 imposent la vente rapide des biens de l'Église en corps d'exploitation et incitent même les districts à regrouper les biens trop modestes, ce qui favorise les acheteurs aisés. La majorité des biens nationaux passe dans les mains de propriétaires-rentiers qui mettent les propriétés en location ou métayage, ou les découpent en petites parcelles et les revendent ultérieurement à la paysannerie. Les paysans parcellaires sont issus de la politique de la Première République, de ses lois de démembrement des droits féodaux traduites dans le Code civil par la propriété foncière et le droit égalitaire des successions, de la réforme fiscale révolutionnaire supprimant la dîme (impôt religieux) : le paysan, avec la sécurité juridique du Code civil lui assurant la propriété de sa parcelle de terre sans subir les droits seigneuriaux et servitudes d'Ancien Régime, peut ainsi espérer survenir à ses besoins. « Les paysans parcellaires constituent une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés (...) Leur terrain de production, la parcelle, ne permet, dans la culture, aucune division du travail, aucune utilisation des méthodes scientifiques, par conséquent, aucune diversité du développement, aucune diversité de talents, aucune richesse de rapports sociaux.[48] » Ils restent ainsi dépendants des grandes fermes commerciales qui sont les plus productives.

Cependant, la vente des biens nationaux du district de Janville à partir du n'aboutit pas à un transfert massif de propriétés foncières sur le territoire de Lumeau, mais en fait à leur consolidation durant le Consulat et l'Empire (les Colas et Pasquier sont en relation avec les Beauharnais d'Orléans, eux-mêmes grands propriétaires fonciers alliés des Bonaparte).

Les archives du Loiret et d'Eure-et-Loir conservent la chronique communale suivante :

  • Acte d'adjudication de terres situées à Lumeau au profit d'Antoine Fauconnier, marchand beurrier à Loigny, 23 thermidor an XII (8 août 1804)[49].
  • Extrait du procès-verbal d'adjudication des biens de Françoise Barrault à Antoine Fauconnier sur la commune de Lumeau (24 octobre 1813)[49]

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Occupation prussienne en 1815[modifier | modifier le code]

Du au des troupe d'occupation prussiennes puis bavaroises sont présentes à Orléans. « Faut-il parler maintenant des tristesses de l'occupation prussienne, bavaroise et russe en 1815 ? Orléans et les pays de la rive droite de la Loire ont gardé un souvenir amer de leurs violences et de leurs lourdes réquisitions.[50] »

Modernisation agricole précoce[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution agricole.

Au XIXe siècle, la Beauce est « une région réputée pour son entrée précoce dans la modernité[51] », héritant de plusieurs millénaires de pratiques de la céréaliculture intensive. « La période comprise entre le premier âge du fer () et la fin du haut Moyen Âge () est une période charnière dans l'histoire de l'agriculture. La maîtrise de la sidérurgie et de la métallurgie du fer constitue une étape fondamentale dans l'évolution de l'agriculture. La mise au point de l'outillage agricole au premier âge du fer prendra toute son ampleur au second âge du fer.[52] » Après les évolutions du Moyen Âge, il faut attendre la révolution agricole et la révolution industrielle pour que soit modifié l'équipement technique des agriculteurs.

Depuiz l'Antiquité, la production céréalière de Beauce est destinée au marché et non à la seule autosuffisance locale. « La Beauce, en effet, est représentative des régions de grande culture des plateaux limoneux du Bassin parisien où le capitalisme a largement pénétré la vie rurale bien avant la révolution de 1789. Dans cette région faiblement peuplée (...) le fermage est prédominant et la production est pour l'essentiel commercialisée[51]. »

L'assolement triennal y est pratiqué dans les « champtiers » depuis l'introduction de la charrue vers le IXe siècle jusqu'à la révolution agricole du XIXe siècle, sur des terres fertiles qui laissent peu de place à l'élevage. Avec seulement le droit de vaine pâture, le bétail reste fréquemment à l'étable avant la fin des moissons ou dans des jachères éloignées des habitations ; l'élevage ovin permet un artisanat hivernal de bonneterie lainière. La majorité de la population est alors formée de journaliers et de domestiques agricoles, dont les travaux sont soutenus par une minorité d'artisans (charrons, maréchaux-ferrants, ...).
Les structures sociales beauceronnes distinguent alors quatre types d'exploitants selon les critères d'indépendance de l'agriculteur, de l'emploi du travail salarié et du rôle du chef d'exploitation[53] : « au bas de l'échelle sociale, les paysans parcellaires - qui doivent trouver un complément de ressources dans le travail salarié - sont très nombreux » et sont identifiés comme journaliers, payés à la tâche ou salariés de longue durée. Les laboureurs, « exploitants indépendants - de 10 à 20 hectares - représentent la petite culture » moins aisés que « les paysans moyens - de 20 à 50 hectares - faisant appel à la main d'oeuvre salariée autant qu'au travail des membres de la famille. » « Au delà de 50 hectares, on a véritablement des exploitants capitalistes qui utilisent de façon déterminante le travail salarié. Cette grande culture occupe la moitié du sol » ; « en Beauce, la dimension moyenne des grandes fermes se situe autour de 150 hectares[51]. ». Les fermes des hameaux de Neuvilliers, Écuillon, Auneux et Domainville ainsi que l'exploitation dirigée depuis le château de Lumeau[L 47] sont représentatives de cette grande culture céréalière. La présence de ces grandes exploitations et de moyennes exploitations dans les hameaux explique que le prolétariat agricole soit très nombreux : en 1852, il représente les trois-quarts des actifs agricoles et encore la moitié en 1892.

Le progrès agricole au XIXe siècle comprend trois aspects :

  • le perfectionnement des assolements, c'est à dire une modification des techniques culturales avec le remplacement de la jachère par des prairies artificielles qui permettent l'augmentation des troupeaux (notamment de moutons), donc de l'engrais et des rendements céréaliers. « Cette révolution culturale, commencée dès le Premier Empire, est pratiquement terminée en Beauce au milieu du XIXe siècle[51] » ;
  • l'utilisation des engrais chimiques, qui se généralise après le Second Empire[51] ;
  • « le perfectionnement de l'outillage ancien (charrues, herses, rouleaux pour lesquels le métal tend à remplacer le bois) et l'apparition de nouveaux outils (brabants, semoirs, pulvérisateurs, etc.)[51] » ; le changement des techniques de moisson avec des machines agricoles qui permettent une économie de temps et de main d'oeuvre[51] et « sont un modérateur du prix excessif de la main d'oeuvre[51] ».

Les techniques de coupe et de battage du grain évoluent : le remplacement de la faucille par la faux au début du XIXe siècle, puis l'utilisation de la machine à battre au lieu du battage au fléau sous le Second Empire, enfin l'adoption des moissonneuses dans les années 1870-1880, induisent des bouleversements importants aux conséquences sociales notables : la coupe plus efficace nécessite moins de migrants saisonniers (notamment issus du Perche) venant faire la moisson l'été ; le battage, activité majeure hivernale, nécessite un moins grand nombre de journaliers agricoles. « Ensuite, les familles de journaliers ne peuvent plus guère compter sur le travail d'appoint fourni par une industrie rurale à domicile qui occupait femmes et enfants pendant l'hiver : la bonneterie à l'aiguille (...) fabrication de bas, chaussons, bonnets et gants de laine (...) qui achève de disparaître[51]. »

« Les nécessités économiques (besoin de davantage de paille, raréfaction de la main d'oeuvre saisonnière, hausse des salaires) ont donc incité les fermiers beaucerons à profiter largement de la liberté de culture, ici de l'usage de la faux, instauré par la Révolution. (...) L'adoption des machines à battre appelle une réflexion similaire. (...) C'est dans la première décennie du Second Empire que les batteuses à manège, mues par les animaux, vont se répandre. Il s'agit de machines en travers ou en biais qui agissent sur les épis par frottement, le manège faisant corps avec la machine. Elles sont mues par un ou deux chevaux qui actionnent une sorte de tapis roulant en plan incliné, d'où le nom imagé qui les désigne en Beauce : les trépigneuses. Dans la deuxième décennie du Second Empire apparaissent les batteuses à vapeur, avec machines fixes puis locomobiles ensuite. (...) Les batteuses mues par les animaux restant les plus nombreuses jusqu'à la première Guerre Mondiale [51] ». Le progrès technique se diffuse dans toutes les exploitations : « Pour les exploitants parcellaires qui sont souvent des journaliers-propriétaires ou des domestiques, il y a la possibilité d'emprunter les machines de la grande ferme, ce qui est un moyen pour celle-ci de stabiliser la main d'oeuvre locale[51]. »

Guerre franco-allemande de 1870[modifier | modifier le code]

Les combats de Beauce[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Armée de la Loire.

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, les alentours de Lumeau sont l'objet de combats du 26 septembre au 6 octobre 1870. L'armée prussienne traverse le secteur de Lumeau le 10 octobre en direction d'Orléans.

La présence de l’armée prussienne en Beauce est attestée pour la première fois le 26 septembre avec l’apparition d’éclaireurs dans les communes d’Oinville-Saint-Liphard et de Poinville[54]. Le 26 septembre, 600 cavaliers prussiens s'avancent à Chevilly, puis se replient à Toury, après une escarmouche à la Croix-Briquet avec l'Armée de la Loire. En provenance de Rambouillet, les Prussiens s’établissent le lendemain dans les alentours de Toury. Ils font des réquisitions d'approvisionnements de fourrage et de bestiaux.

« Les Prussiens s'établissent à Toury au nombre de 5 000 hommes, se répandent à Janville, le Puiset, Mervilliers, etc, puis le 28 dans le canton de Voves et dans quelques communes du canton d'Orgères, où ils font immédiatement les plus onéreuses réquisitions[54]. »

Des combats contre des francs-tireurs ont lieu à Trancrainville et Cercottes le 4 octobre, à Toury le 5 octobre et à Santilly le 6 octobre. Les armées prussiennes et bavaroises opèrent un mouvement de glissement vers Orléans en traversant les localités de Terminiers, Lumeau, Poupry et Dambron[54]. Des combats ont lieu à Artenay le 10 octobre, aux Aydes et dans les faubourgs d'Orléans jusqu'à la prise d'Orléans (11 octobre 1870) par les Bavarois.

« Après la prise d'Orléans, l'ennemi songe à marcher sur Chartres et prend son chemin par les cantons d'Orgères et de Châteaudun[54]. » Le 14 octobre ont lieu les combats de Civry et Varize avec l'incendie de 74 maisons. La destructrice bataille de Châteaudun a lieu le et Chartres tombe le . Les combats sont à Châteaudun le 25 novembre et à nouveau à Varize le 29 novembre.

Bataille du [modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bataille de Loigny.

Lumeau fait partie du champ de bataille de Loigny-Poupry, impliquant près de 40 000 soldats de l'armée de la Loire et 35 000 soldats des troupes bavaroises et prussiennes le , après un premier combat à Villepion le .

La bataille débute après deux semaines d'escarmouches impliquant l'avant-poste français de Terminiers et des éclaireurs allemands, les troupes bavaroises s'étant retirées d'Orléans le 5 novembre 1870 puis de Patay le 10 novembre après la bataille de Coulmiers (9 novembre 1870). Le 25 novembre, les allemands occupent Péronville, Guillonville, Gommiers, Faverolles, Nonneville, Villepion, Loigny et Lumeau. Des confrontations ont lieu le 21 novembre à Bazoches-les-Hautes et le 27 novembre à la ferme de Gaubert. Les avant-postes français présents à Terminiers depuis le 15 novembre ne peuvent s'avancer au delà de Terre-Noire et Neuvilliers et se replient à Rouvray-Saint-Croix le 30 novembre.

En prenant en compte le combat de Villepion le , la largeur du champ de la bataille du 2 décembre est de 10 km sur une profondeur de 6 km sur les communes de Terminiers, Loigny, Lumeau et Poupry. La bataille fait près de 9 000 victimes, principalement entre Villepion, Loigny, Écuillon, Goury, Lumeau, Neuvilliers et Auneux.

Lumeau est principalement impliqué du 29 novembre au 3 décembre 1870, des activités d'ambulance ayant cours du 2 décembre 1870 au 18 février 1871[54].

« Dans la journée du 1er décembre, le général Chanzy avait repoussé les avant-postes bavarois en arrière de la ligne Nonneville-Villepion. Néanmoins, le gros des troupes du général Von der Thann était toujours établi entre Orgères, Bazoches et Loigny, les avant-postes s'étendant jusqu'à Lumeau. »

« Les positions occupées par les Français s'étendaient en cercle du nord au sud par Nonneville, Terminiers, Patay, Artenay et Bucy-le-Roy. Les positions à emporter étaient Loigny, le Château-Goury, Lumeau et Poupry, formant la seconde ligne bavaroise. (...) Le grand-duc de Mecklembourg, qui commandait en chef, avait résolu de faire un effort au centre vers Lumeau et Patay, pour couper le général Chanzy du général d'Aurelle.(...) la 17e division prussienne, débouchant d'Allaines par la route de Chartres, vint se jeter sur les troupes des généraux Barry et Jauréguiberry. L'arrivée de ces renforts détermina un mouvement de recul parmi les Français; la division Morandy fut rejetée de Lumeau sur Terminiers. (...) Les Bavarois, délivrés à Château-Goury, s'étaient emparés de Loigny avec les Prussiens de Tresckow. Le général de Sonis lança alors les zouaves pontificaux commandés par Charelle, de Patay sur Loigny, qu'on reprit[55]. »

Le détail des mouvements le 2 décembre témoigne de l'importance des combats à Loigny, Goury et Lumeau dans l'issue de la bataille.

« La 2e division du 16e corps se porta de Terminiers sur Loigny, tandis que la 3e division vint occuper sa place à Terminiers pour se diriger de là sur Lumeau. (...) Loigny fut enlevé de la façon la plus brillante, la brigade bavaroise qui l'occupait se retira (...) dans le château de Goury. Le général Barry, à la tète de la 2e division, ne fait que traverser Loigny, se porte sur Goury et l'enlève, dans un brillant effort. Malheureusement, les batteries établies à Lumeau rendaient cette position presque intenable. La division Barry, quelque peu démoralisée par la mitraille, se replia brusquement sur Loigny.

L'amiral Jauréguiberry dut se porter en avant, dans la direction de Goury, que les Bavarois avaient immédiatement réoccupé. La 3e division était en marche sur Lumeau dont il importait de se rendre maître pour faciliter l'attaque de Goury. La 17e division d'infanterie prussienne, venant d'Allaines et de Janville, avait occupé Lumeau et c'étaient ses batteries qui avaient fait reculer déjà la division Barry. La 3e division du 16e corps, en arrivant en vue de Lumeau, fut accueillie par une canonnade excessivement vive. Toute l'artillerie de la 17e division allemande dut concentrer maintenant ses feux sur les colonnes qui s'approchaient. (...) Malheureusement, la 3* division, très-impressionnée par les pertes que lui causaient les projectiles ennemis, se replia vers trois heures dans la direction de Sougy.

(...) Par contre, la 17e division prussienne, n'ayant plus d'adversaires devant ses lignes, se dirigeait de Lumeau sur Goury pour soutenir et dégager les Bavarois. (...) Le général de Sonis, qui venait d'arriver de Saint-Péravy et de Patay, continue sa route avec la division qu'il a sous la main. (...) Le général de Sonis se met lui-même à la tête de sa colonne, et marche directement sur Loigny, qu'il enlève aux Bavarois qui viennent de le réoccuper ; poursuivant son effort, il se dirige sur Chàteau-Goury. Mais les batteries de la 17e division d'infanterie prussienne ouvrent un feu terrible sur nos colonnes. Le général de Sonis tombe frappé d'un éclat d'obus. Le colonel Charette, commandant des zouaves pontificaux, est grièvement blessé; son bataillon subit des pertes énormes. La nuit, du reste, va arriver ; il importe de se retirer en ordre, et le général Chanzy, prenant par intérim le commandement du 17e corps, prescrit la retraite sur Patay[56]. »

Les dégâts matériels dans le canton d'Orgères le 2 décembre sont les suivants : le hameau d'Écuillon est incendié par des bombes ; idem pour le bourg de Loigny et la ferme de Pruneville, la ferme de Bourneville et Villepereux[54]. Les combats qui ont lieu à Poupry le 2 décembre de 1 h à 6 h conduisent à la mort du général von der Konstrel et à des pillages[54].

Après la bataille de Loigny, la retraite française conduit à d'autres combats à Artenay et Chevilly le 3 décembre, à Patay jusqu'à Orléans le 4 décembre (bataille d'Orléans).

Huit mois d'occupation allemande[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Loigny le 2 décembre et la bataille d'Orléans (2 au 4 décembre), la Beauce orléanaise est sous le régime d'occupation allemande pendant encore 6 mois.

La population de Lumeau est de 506 personnes jusqu'au 13 février 1871 ; il y en a 1200 à Terminiers jusqu'au 13 mars. Les pertes sont estimées à 358 714 francs à Loigny, 176 714 francs à Lumeau, 148 610 francs à Pouprix. Les pertes cumulées de la guerre et de l'occupation sont estimées à 2 530 531 francs pour le canton d'Orgères et 11 678 649 francs pour l'arrondissement de Châteaudun[54].

L'armistice franco-allemand est conclu le . Par application du traité de Francfort signé le 10 mai 1871, les départements d'Eure-et-Loir et du Loiret sont parmi ceux qui sont immédiatement évacués par l'occupant.

Occupation allemande 1940-1944[modifier | modifier le code]

Agriculture à haut rendement[modifier | modifier le code]

Les premiers tracteurs agricoles apparaissent après la première Guerre Mondiale. La traction animale disparait et le machinisme agricole atteint son apogée dans la seconde partie du XXe siècle avec le développement de la production céréalière à grand rendement, soutenue par la politique agricole commune européenne.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, à la veille des États généraux de 1789, la paroisse de Lumeau est comprise dans le ressort de la généralité d'Orléans, du bailliage d'Orléans pour les affaires judiciaires et financières, de l'élection d'Orléans et sa subdélégation de Janville (Yenville) en matière fiscale, ainsi que du grenier à sel de Janville pour la perception de la gabelle du sel.

Le droit coutumier applicable dans le bailliage d'Orléans et dans la seigneurie de Lumeau est fondé sur les usages et privilèges de la coutume d'Orléans, qui fait l'objet d'un recueil commenté en 1704 par Jacques de La Lande puis d'un traité en 1740 par Robert-Joseph Pothier. La coutume d'Orléans est prise en compte pour l'écriture du Code civil, applicable depuis 1804.

Sur le plan ecclésiastique, la paroisse de Lumeau est d'abord rattachée au diocèse d'Orléans et à l'archidiaconé de Beauce. Après la formation du département d'Eure-et-Loir, elle est rattachée au diocèse de Chartres, doyenné de Beauce.

Le territoire de la commune de Lumeau est précisément délimité en 1793, à partir du finage antérieur. Il est alors dans le canton d'Orgères. Le canton est rattaché au district de Janville de 1790 à 1795[57], puis à l'arrondissement de Châteaudun à partir de 1806. Ils font partie du département d'Eure-et-Loir créé le 4 mars 1790 et de la région Centre établie en 1956. Pour les élections législatives depuis 1986, Lumeau fait partie de la quatrième circonscription d'Eure-et-Loir. Lumeau fait partie du canton de Voves depuis 2015 et de la communauté de communes Cœur de Beauce depuis 2017.

Terrier et cadastre[modifier | modifier le code]

La propriété des parcelles de terres, les baux, les droits féodaux et la fiscalité sont consignés dans le livre terrier de la seigneurie de Lumeau du XVe siècle à la Révolution française.

Le cadastre dit napoléonien résulte de relevés de terrain effectués en 1836, qui témoignent de la continuité cadastrale depuis l'Ancien Régime, avec des centaines de parcelles sous forme de lanières et quelques dizaines de grandes pièces d'un seul tenant. La toponymie des parcelles hérite de l'organisation traditionnelle des cultures avec les dénominations de champtiers d'assolement triennal et les unités de mesures de surfaces antérieures à la décimalisation et au système métrique.

La révolution agricole du XIXe siècle, l'évolution du droit rural et la mécanisation au XXe siècle conduisent à plusieurs remembrements des surfaces, par aggrégation de parcelles et modifications du tracé de voies d'exploitation.

Administration communale[modifier | modifier le code]

Politique municipale[modifier | modifier le code]

Durant l'Ancien Régime, la municipalité représente la communauté des habitants pour coordonner les activités agricoles, l'usage des communs et organiser les perceptions fiscales imposées par le seigneur, l'église et le roi selon le droit féodal. Depuis l'abolition des privilèges, des droits féodaux, des inégalités fiscales et de la vénalité des offices lors de la nuit du 4 août 1789 et l'application du Code civil, la propriété privée est redéfinie et la municipalité est autonome pour administrer la commune et définir la fiscalité foncière locale.

La construction d'une mairie et maison d'école mixte est proposée en 1880, décidée en 1881[L 48] et son financement approuvé en 1884 ; le bâtiment scolaire est agrandi en 1930. À la fin du XXe siècle, l'intercommunalité scolaire prévaut en raison de la démographie et de la densité de la population.

Les réseaux d'adduction d'eau, d'électricité et de télécommunications sont installés au cours du XXe siècle.

La commune s'équipe de matériel de lutte contre l'incendie vers 1930 et 1960, avant de totalement mutualiser le service d'incendie et de secours avec le centre départemental d'Orgères en 1996.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  2008 Gaston Langé    
2008 2014 Charlie Peillon    
2014 en cours Marc Langé SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Le registre paroissial de Lumeau est conservé depuis l'an 1586[58], soit 47 ans après l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui rend obligatoire la tenue des registres des baptêmes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[59]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[60].

En 2015, la commune comptait 171 habitants[Note 1], en diminution de 8,56 % par rapport à 2010 (Eure-et-Loir : +1,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
424413379421484466463503501
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
503508506472442447477454463
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
482428409327345337350320313
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
267297229194179177184185184
2015 - - - - - - - -
171--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[61] puis Insee à partir de 2006[62].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Lumeau est située dans l'académie d'Orléans-Tours. Une école primaire publique a été construite en 1884 et fermée fin du XXe siècle au profit d'un système scolaire intercommunal.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Les festivités liées au calendrier agricole à l'époque moderne ont fait la place à l'activité associative du club de Lumeau.

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité économique sur la commune est caractéristique les grandes cultures céréalières de Beauce.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument des mobiles à Neuvilliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Loigny.

Un monument[L 17],[L 49], en forme d'obélisque blanc d'une hauteur de huit mètres sur socle, ossuaire de granit entouré d'une chaine[L 50], est élevé à Neuvilliers, hameau de Lumeau, en 1873[L 51]. Le monument marque l'emplacement de la charge de la division du général Maurandy qui tente de prendre Lumeau, sous la mitraille des batteries de la 17e division d'infanterie prussienne du général von Treskow au matin du 2 décembre 1870.

« La 3e division (Général Maurandy) appuyait la droite de la 2e en se portant de Terminiers sur Lumeau. L'ennemi, après un premier moment de surprise, se reforma et la 2e division, qui était déjà maîtresse du château de Goury, fut obligée de se replier sur Loigny, laissant, dans sa retraite, la 3e division, qui s'avançait entre Écuillon et Neuvilliers après s'être emparée de ce dernier point, exposée aux feux directs des batteries allemandes de Lumeau, et aux feux d'écharpe de celles de Goury[63]. ».

Il s'agit de l'un des plus sanglants épisodes de la bataille de Loigny. L'ossuaire sous le monument contenait initialement les ossements de plus d'un millier de soldats, parmi les neuf mille victimes dispersées sur le champ de bataille de la journée du 2 décembre 1870. Le monument rend hommage aux combattants de la Haute-Vienne[L 52] (71e régiment de mobiles de la Haute-Vienne, 2e brigade, 3e division d'infanterie (général Maurandy) du 16e corps d'armée du général Chanzy) durant la bataille de Loigny, avec des mentions sur plaques de marbre :

  • « À la mémoire des mobiles du 71e régiment tués à Lumeau. Combats de Lumeau 2 XII 1870, le département de la Haute-Vienne. Le département de la Haute-Vienne garde un souvenir reconnaissant aux habitants de Neuvilliers et Lumeau qui ont recueilli ses blessés. ».
  • « Sous ce monument reposent les ossements de 1100 soldats français appartenant à divers régiments dont le 71e mobiles et de 40 allemands tués le 2 décembre 1870 en différents points du champ de bataille. »
  • « Melius est nos mori in bello quam videre mala gentis nostre (Il vaut mieux pour nous mourir que d’être spectateurs des malheurs de notre nation), Premier livre des Macchabée (1 Mac 3, 59). »

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le monument a été élevé avec le concours du département de la Haute-Vienne[L 53] qui y a perdu 500 soldats.

Église de Lumeau[modifier | modifier le code]

L'église de Lumeau[L 11] a été construire et rebâtie durant au moins trois périodes historiques. De l'édifice primitif d'architecture romane, l'église conserve un chœur rénové. La tour beauceronne quadrangulaire de l'église est un élément architectural typique dans le canton ; ses fondations sont antérieures au XIVe siècle ; la tour date du XVIe siècle pour sa dernière surélévation par une flèche de charpente[L 42],[64]. « Trois parties nettement différenciées s'étagent de l'ouest à l'est : importante tour avec tourelle d'escalier à l'angle sud-ouest, nef flanquée d'un chapiteau moderne et chœur, plus élevé que celle-ci, sur la face sud duquel on voit une cage d'escalier menant aux combles. L'abside, arrondie à la base, se rétrécit au dessus et passe à trois pans, témoignant des remaniements subis au cours des âges. Remaniements encore plus visibles au nord où un pan de mur en équerre conserve la trace d'un bel arc ogif.[L 26] » « Les trois parties du bâtiment se retrouvent à l'intérieur : vestibule dans la partie basse de la tour, nef surmontée d'une voute moderne et séparée par un mur percé d'un grand arc, le chœur dont la voute semble plus ancienne : les retombées d'arc s'ornent de sculptures naïves, têtes grimaçantes, bustes présentant des écus aux armes effacées.[L 26] » « L'église est consacrée en 1556, sans doute après d'importants travaux, (... l'église est incendiée en 1562). Le retable date du XVIIIe siècle. Une nouvelle restauration eut lieu en 1820[L 26] » : les fenêtres sont du XIXe siècle. Au XXe siècle, le cimetière, historiquement adjacent à l'église, est déplacé en périphérie nord-est du bourg de Lumeau ; des travaux de rénovation du clocher conduisent au remplacement de son bourdon.

Saint Loup, saint Gilles et saint Pierre sont associés à l'église de Lumeau et peuvent être rattachés aux contextes historiques de l'Orléanais :

  • L'église de Lumeau est d'abord consacrée à saint Loup[L 26]. Il s'agit probablement de Loup de Sens, saint né à Orléans vers 573 et évêque de Sens, le diocèse d'Orléans faisant alors partie de la province ecclésiastique de Sens. Peut être est-ce aussi une allusion discrète à Loup de Ferrières, ecclésiastique franc de l'abbaye de Ferrières au IXe siècle, précepteur de Charles II le Chauve, dont il assista au sacre à Orléans en 848, et qui dénonça les nobles comme pilleurs des biens de l’Église. Église saint-Loup-de-Lumeau est ainsi la dénomination imprimée en 1615 dans les Annales du chanoine Charles de la Saussaye[65].
  • Gilles l'Ermite (en latin : Ægidius) étant fêté le même jour que Loup de Sens, le , les deux saints peuvent se partager la dédicace de l'église de Lumeau. Cela constitue également un rappel d'Ægidius, le général gallo-romain de la Gaule du Nord autonome devenue domaine gallo-romain de Soissons au Ve siècle.
  • La cure de Lumeau est citée dans un pouillé du diocèse d'Orléans vers 1650, étudié par Symphonien Guyon[66] : elle dépend alors du chapitre de la collégiale de Saint-Pierre-Empont à Orléans, d'où la mention d'église Saint-Pierre-de-Lumeau[L 45] toujours applicable en 1789.

« Nous remarquons une variante de vocables pour les cures de Lumeau et Poupry : la première appelée par La Saussaye Saint-Loup-Saint-Gilles, et la deuxième Saint-Sulpice, tandis que Guyon les nomme Saint-Pierre-de-Lumeau et Notre-Dame-de-Poupry. Nous ne pouvons nous expliquer cette différence de vocables qu'en admettant l'hypothèse d'anciennes églises détruites et de vocables tombées en désuétude.[C 17] »

Jusqu'au XIXe siècle, les croyances populaires sur les causes d'événements naturels ou prétendus surnaturels conduisent à des troubles à l'ordre public : « plusieurs curés furent menacés de la fureur populaire, entre autres ceux de Terminiers, Lumeau, Sancheville et Gironville[67] . »

Château de Lumeau[modifier | modifier le code]

Le château de Lumeau[L 47], comprend un corps de logis du XVIIe siècle et une ferme attenante à proximité de l'église, de l'ancien cimetière et de la grande mare de Lumeau[L 27]. Le parc est adjacent au bois de Lumeau.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Dans le voisinage[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  • Lumeau
  1. a et b Mairie de Lumeau « NGF W.B.N303-12 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 58,1″ N, 1° 47′ 11,6″ E.
  2. a et b Hameau d'Écuillon « NGF W.B.N303-10 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 08,2″ N, 1° 44′ 53,8″ E.
  3. a et b Hameau de Neuvilliers « NGF W.B.03-35 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 22,8″ N, 1° 45′ 58,2″ E.
  4. a et b Hameau d'Auneux« NGF W.B.03-2 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 37,4″ N, 1° 48′ 03″ E.
  5. Hameau de Domainville 48° 05′ 54,82″ N, 1° 47′ 56,63″ E.
  6. Écart d'Égron 48° 05′ 22,77″ N, 1° 47′ 18,27″ E.
  7. Écart de Tivoly 48° 07′ 07,95″ N, 1° 47′ 41,95″ E.
  8. a b c d et e Cahiers de doléances du bailliage d'Orléans pour les Etats généraux de 1789 : Cahier de demandes de la paroisse de Lumeau, qu'elle a chargé ses députés de remettre à l'assemblée du bailliage d'Orléans, Orléans, (notice BnF no FRBNF41629602, lire en ligne).
  9. « Lumeau - Carte géologique », sur www.geoportail.gouv.fr (consulté le 7 mai 2014)
  10. Sommet du monument des mobiles de 1870 à Neuvilliers « NGF Lumeau A », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 24,7561″ N, 1° 46′ 16,3211″ E. hauteur=181,49 m , altitude Lambert-93=136,8 m.
  11. a et b Lumeau, flèche de l'église « NGF Lumeau B », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 59,4699″ N, 1° 47′ 13,7686″ E, hauteur=192,47 m , altitude Lambert-93=147,8 m.
  12. a et b Lumeau, sommet du château d'eau « NGF Lumeau I.1 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 46,7964″ N, 1° 46′ 56,4713″ E. hauteur=202,36 m , altitude Lambert-93=157,68 m.
  13. Lumeau, faubourg Saint-Martin « NGF W.B.03-1 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 50″ N, 1° 47′ 25,6″ E.
  14. Carrefour d'Anneux« NGF W.B.03-3 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 32,3″ N, 1° 48′ 00,8″ E.
  15. Moulin de Lumeau « NGF W.B.N303-11 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 02,4″ N, 1° 46′ 48,2″ E.
  16. Cimetière de Lumeau « NGF W.B.N303-13 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 07′ 02,1″ N, 1° 47′ 21,8″ E.
  17. a et b Monument des mobiles de 1870 à Neuvilliers« NGF W.B.03-36 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 25,2″ N, 1° 46′ 17″ E.
  18. Château d'eau de Lumeau « NGF W.B.03-37 », sur geodesie.ign.fr, position 48° 06′ 46,8″ N, 1° 46′ 53,6″ E.
  19. Auguste Laugel, « Note sur la découverte d'un castor (steneofiber viciacensis) à Auneux et sur le terrain falunien dans l'Eure-et-Loir », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 53, no juillet-décembre 1861,‎ (ISSN 0001-4036, notice BnF no FRBNF34348108, lire en ligne).
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  34. Pierre Antique - La Grosse Pierre 48° 06′ 54,64″ N, 1° 44′ 16,42″ E.
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  38. Chapelle Sainte-Radegonde 48° 05′ 37,96″ N, 1° 45′ 36,44″ E.
  39. Calvaire de Lumeau 48° 06′ 50,97″ N, 1° 47′ 01,77″ E.
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  • Canton d'Orgères-en-Beauce
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  39. Société archéologique d'Eure-et-Loir, « Procès-verbaux de la Société archéologique d'Eure-et-Loir », Procès-verbaux de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, vol. 1880 (T7)-1885.,‎ , p. 226 (ISSN 1149-7203, lire en ligne)
  40. a et b Cours et juridictions seigneuriales antérieures à 1790, in Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, archives départementales du Loiret.
  41. AD Loiret 2 J 688
  42. a b c d et e AD Loiret 430 J 14
  43. a b et c Alan Duran, « les notables d'Orléans vers 1780 », Mémoires, Académie d'Orléans ; agriculture, sciences, belles-lettres et arts, série VI, no 14,‎ , p. 51-69 (ISSN 1288-6750, notice BnF no FRBNF36596662).
  44. AD Loiret 2 J 1779 : Collection Jarry. > Séries anciennes > Affaires religieuses, clergé, hopitaux > Clergé séculier > Diocèse d'Orléans > Eglises collégiales > Grand archidiaconé d'Orléans > Orléans, église Saint-Pierre-Empont : temporel du chapitre, autres terres. > 1734-1784 et s.d.
  45. AD Loiret 2 J 1762 : Collection Jarry. > Séries anciennes > Affaires religieuses, clergé, hopitaux > Clergé séculier > Diocèse d'Orléans > Evêché d'Orléans > Temporel de l'évêché > Châtellenie de La Fauconnerie (Orléans) concerne aussi la seigneurie de Lumeau et son propriétaire Jacques Colas de Brouville (c.1736).
  46. AD Loiret 430 J 47. Biens en Beauce [Pasquier de Lumeau]
  47. Éric Teyssier, « La vente des biens nationaux et la question agraire, aspects législatifs et politiques, 1789-1795 », Rives nord-méditerranéennes [En ligne], no 5,‎ (DOI 10.4000/rives.100, lire en ligne).
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  49. a et b AD Loiret 487 J 9 Fonds Fauconnier
  50. Abbé Eugène Duchateau, Histoire du diocèse d'Orléans depuis son origine jusqu'à nos jours, Orléans, H. Herluison, , 1 vol. (XX-543 p.)In-8° p. (notice BnF no FRBNF34104841), p. 407.
  51. a b c d e f g h i j et k Jean-Claude Farcy, « le monde rural face au changement technique : le cas de la Beauce au XIXe siècle », Histoire, économie et société ; Le changement contemporain : approches historiques, vol. 2, no 1,‎ , p. 161-180 (lire en ligne).
  52. Alain Ferdière, Véronique Matterne, Patrice Méniel, Anne Nissen-Jaubert et Bénédicte Pradat, Histoire de l'agriculture en Gaule: 500 Avant J-C - 1000 après J-C, Éditions Errance, , 231 p. (ISBN 2877723275 et 978-2877723275).
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  62. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
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  66. Symphonien Guyon, Histoire de la ville, diocèse et université d'Orléans, Orléans, C. et J. Borde, (notice BnF no FRBNF30564876).
  67. Ernest Sevrin, « Croyances populaires et médecine supranaturelle en Eure-et-Loir au XIXe siècle. », Revue d'histoire de l'Église de France., no Tome 32. N°121,‎ , p. 265-308 (ISSN 0048-7988, lire en ligne)