Lukas Hoffmann

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Lukas Hoffmann
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
CamargueVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Emanuel Hoffmann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Maja Sacher (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Vera Oeri-Hoffmann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Distinctions

Hans Lukas Hoffmann dit Luc Hoffmann, né le 23 janvier 1923 à Bâle (Suisse) et mort le 21 juillet 2016 en Camargue (France)[1], est un ornithologue, défenseur de l’environnement et philanthrope suisse[2],[3]. Il a également été, entre 1953 et 1996, membre du conseil d'administration de la société pharmaceutique F. Hoffmann-La Roche créée par sa famille. Il utilise sa fortune pour doter la Fondation MAVA qui finance des projets de préservation de la nature dans le monde entier.

Cofondateur du Fonds mondial pour la nature (WWF), il aide également à élaborer la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides. Il créé le centre de recherche de la Tour du Valat en Camargue. Il est l’auteur de plus de 60 livres, consacrés pour la plupart à l’ornithologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Généalogie et naissance[modifier | modifier le code]

Luc Hoffmann est le petit-fils de Fritz Hoffmann-La Roche, fondateur de la société Hoffmann-La Roche en 1896. Il est le fils de l’industriel Emanuel "Manno" Hoffmann (1896-1932) et de la sculptrice Maja née Stehlin (1896-1989) et le frère de Vera Oeri-Hoffmann. Sa famille est l’actionnaire majoritaire de la société pharmaceutique F. Hoffmann-La Roche, dont il est membre du conseil d'administration entre 1953 et 1996[4].

Luc Hoffmann est né à Bâle (Suisse), deuxième fils de l’homme d’affaires et amateur d’art Emanuel Hoffmann et de la sculptrice Maja Hoffmann-Stehlin. Son père meurt dans un accident de voiture quand il a neuf ans, et l’année suivante, son frère aîné est emporté par une leucémie. Sa mère épouse ensuite le compositeur suisse Paul Sacher. Malgré la fortune considérable de la famille, Hoffmann est élevé de façon très modeste. Son enthousiasme pour le monde naturel se manifeste dès son enfance où il passe beaucoup de temps à observer les oiseaux dans la région de Bâle. Son premier article universitaire, Der Durchzug der Strandvögel in der Umgebung Basels (« le passage des oiseaux de mer aux environs de Bâle ») paraît dans Der Ornithologische Beobachter (« l’Observateur des oiseaux ») en 1941, alors qu’il est encore écolier.

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

En 1941, il s’inscrit à l’université de Bâle pour étudier la zoologie. En 1943, il est appelé dans l’armée suisse où il obtiendra le rang de lieutenant. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Luc Hoffmann se lance dans la recherche scientifique et passe son doctorat consacré aux différents motifs de couleurs des oisillons de la Sterne pierregarin (Sterna hirundo) en Camargue, sur la côte méditerranéenne de la France. Son directeur de thèse à l’université de Bâle est Adolf Portmann.

Mariage et famille[modifier | modifier le code]

En 1953, à Vienne (Autriche), Luc Hoffmann épouse Daria Razumovsky (1925-2002), deuxième fille du comte Andreas Razumovsky et de S.A.S. la princesse Katharina Nikolajevna Sayn-Wittgenstein, qui ont fui la Russie en 1918 après la révolution d’Octobre. Le couple a quatre enfants : Vera, Maja, André et Daria.

Fonds mondial pour la nature (WWF)[modifier | modifier le code]

Avec Peter Scott, Julian Huxley, Max Nicholson et d’autres, Luc Hoffmann est l’un des membres fondateurs du Fonds mondial pour la nature (WWF) en 1961[5]. Il en devient vice-président lors de la réunion constitutive et assume ces fonctions jusqu’en 1988. Il est nommé vice-président d’honneur en 1998. Hoffmann contribue à créer le Parc national de Doñana en Andalousie en 1963. Il aide également à lancer l’appel national en Autriche en 1963 et préside l’appel national français dans les années 1980.

Convention de Ramsar sur les zones humides[modifier | modifier le code]

Luc Hoffmann figure parmi les pères fondateurs de la Convention de Ramsar sur les zones humides, l’un des premiers traités intergouvernementaux destinés à protéger l’environnement[6],[7]. Cette convention vise à préserver les zones humides : des terres qui sont couvertes en permanence ou périodiquement par des eaux peu profondes et qui accueillent généralement des oiseaux migrateurs. À ce jour, 169 pays se sont engagés à protéger leurs zones humides au titre de la Convention. L'idée a émergé en 1962, lors d'une conférence qu'il a organisée à Saintes-Maries-de-la-Mer. Il a ensuite contacté les associations internationales et des Etats, ce qui a permis la signature de cette convention en 1971[8].

Tour du Valat[modifier | modifier le code]

En 1948, Luc Hoffmann achète une propriété en Camargue (France) et en 1954, il y implante la station de recherche biologique de la Tour du Valat. C’est au travail de défense de l’environnement effectué à la Tour du Valat qu’on attribue le fait que les grands flamants roses (Phoenicopterus roseus) sont toujours présents en France. Hoffmann soutient également l’élevage du cheval de Przewalski (Equus ferus przewalskii) non loin de là, et contribue à le réintroduire en 2004 en Mongolie d’où il était originaire. La Tour du Valat est une station qui a formé des générations d’écologistes, parmi lesquels il faut notamment citer John Krebs. Plus de 60 doctorats ont été décernés pour des recherches menées à la Tour du Valat par des étudiants inscrits dans des universités de France, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, du Canada et du Royaume-Uni.

Fondation Vincent Van Gogh Arles[modifier | modifier le code]

En 2008, Luc Hoffmann relance l’ambition de Yolande Clergue de créer une fondation Van Gogh en instaurant à Arles un cadre permanent appelé Fondation Vincent Van Gogh Arles, pour les activités destinées à préserver la mémoire de Vincent Van Gogh et à encourager l’art contemporain.

Autres activités de défense de l'environnement[modifier | modifier le code]

Luc Hoffmann a apporté des contributions importantes à la préservation de la nature au lac de Neusiedler en Autriche, au Parc national Hortobagy en Hongrie, dans la région de Prespa qui chevauche la Grèce, l’Albanie et la Macédoine, ainsi qu’au Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie. En 1994, Hoffmann a créé la Fondation MAVA qui décerne des bourses pour la préservation de la nature dans la région méditerranéenne, sur la côte ouest de l’Afrique et dans les Alpes.

Prix, médailles et nominations[modifier | modifier le code]

  • 1981 : Fellow de l'Association américaine pour l’avancement des sciences (États-Unis)
  • 1986 : Membre Honoraire du WWF International
  • 1989 : Chevalier de la Légion d'honneur (France) ; Commandeur de l'Ordre de l'arche d'or (Pays-Bas)
  • 1990 : Docteur honoris causa, université de Bale (Suisse)
  • 1992 : Docteur honoris causa, université de Thessalonique (Grèce)
  • 1993 : Croix du Mérite pour les sciences et les arts (Autriche) ; Pro Natura Dij (Hongrie) ; Médaille Konrad Lorenz, Société Konrad Lorenz (Autriche)
  • 1994 : Prix Kai-Curry-Lindhal, Colonial Waterbird Society (États-Unis) ; Officier de l'Ordre du mérite national (Mauritanie)
  • 1998 : Commandeur de l'Ordre du mérite (Grèce) ; Médaille de la Conservation du Duc d'Edinburgh (WWF International)
  • 2001 : Docteur honoris causa, université de Bale (Suisse)
  • 2003 : Citoyen d'Honneur, Demos de Prespa (Grèce) ; création de la chaire « Luc Hoffmann », Edward Grey Institute of Field Ornithology, université d'Oxford (Royaume-Uni)
  • 2004 : Citoyen d'Honneur de la commune de Nouamghar (Mauritanie) ; Prix européen pour la Culture ; Médaille John C. Philips, UICN (Suisse) ; Prix Intecol, International Association for Ecology (Pays-Bas) ; Fellow de l'Union américaine d’ornithologie (États-Unis)
  • 2005 : Prix Byron Antipas, Société hellénique pour la protection de la nature (Grèce)
  • 2007 : Prix Euronatur de l’Excellence environnementale
  • 2009 : Médaille du Président, BirdLife International (Kenya) ; Médaille d'Ordre d'Isabelle la catholique décerné par le roi Juan Carlos (Espagne)
  • 2010 : Membre d'honneur, Ala - Schweizerische Gesellschaft für Vogelkunde und Vogelschutz (Suisse) ; Président d’honneur, Fondation MAVA (Suisse) ; Seden d'honneur, Parc naturel régional de Camargue (France) ; Officier de la Légion d'honneur (France)
  • 2012 : Prix honorifique, 40e anniversaire de la Convention de Ramsar (Roumanie)
  • 2013 : Docteur honoris causa, Business School Lausanne (Suisse)
  • 2014 : Prix Zayed pour l'Action environnementale ayant un impact positif sur la société (Émirats arabes unis)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Aïna Skjellaug, « Décès de Luc Hoffmann, pionnier de l’écologie », sur Le Temps, (consulté le 25 juillet 2016).
  2. (en) The International Who's Who 2004, Routledge, (ISBN 1857432177)
  3. (en) Nicholas Polunin & Lynn M. Curme, World Who Is Who and Who Does What in Environment & Conservation, Earthscan, , p. 138
  4. « Roche: Luc Hoffmann, petit-fils du fondateur, est décédé », sur agefi.com, (consulté en juillet 2016)
  5. (en) « Ramsar honours WWF pioneers »,
  6. « Prix honorifique Ramsar du 40e anniversaire »
  7. (en) « Interview with Dr Luc Hoffmann »
  8. Le groupe "Zones humides", « Hommage à Luc Hoffmann », Zones Humides Infos, no 92-93,‎ 3e-4e trimestres 2016, p. 3 (ISSN 1165-452X et 2271-4464, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]