Luigi Tenco

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Luigi Tenco
Luigi Tenco 1967.jpg

Luigi Tenco en 1967

Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 28 ans)
SanremoVoir et modifier les données sur Wikidata
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Luigi Tenco, né à Cassine le et mort dans des circonstances mystérieuses à Sanremo le (à l'âge de 28 ans), est un chanteur, musicien (piano, guitare et saxophone) et compositeur italien.

Son suicide, alors qu’il se trouvait à San Remo pour participer au festival de la chanson italienne, a été longtemps entouré d’un voile de mystère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il n’a pas connu son père, Giuseppe, qui mourut avant sa naissance dans des circonstances jamais totalement élucidées. Certains[1] affirment que Giuseppe n’était pas son vrai père et qu’il serait le fruit d’une relation extraconjugale de sa mère, Teresa Zoccola.

Il passe sa première enfance entre Cassine et Ricaldone, d’où est originaire sa mère. En 1948, la famille se déplace vers la Ligurie, d'abord à Nervi et ensuite à Gênes, où sa mère ouvre un commerce de vins. Il fréquente, avec d’assez bons résultats, d'abord le lycée classique puis le lycée scientifique.

Durant ces années, il crée (en 1953) un groupe musical, le Jerry Roll Boys Jazz band (composé de Danilo Dègipo à la batterie, Bruno Lauzi au banjo, Alfred Gerard à la guitare et lui-même à la clarinette). Puis le groupe I Diavoli del Rock est constitué avec Roy Grassi et Gino Paoli.

Il s’inscrit à la faculté d’Ingénierie puis à celle de Sciences politiques. Pendant cette période, il fait partie du Modern Jazz Group de Mario De Sanctis. Avec Marcello Minerbi et Luigi Coppola il crée un trio au nom curieux de Trio Garibaldi, qui n'a qu'une vingtaine de jours d'existence.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Ses débuts discographiques remontent à 1959 avec le groupe Les Cavaliers, dont font partie Gianfranco Reverberi, Paolo Tomelleri, Enzo Jannacci et Nando De Luca, et qui enregistre le 45 tours Mai, suivi de Mi chiedi solo amore. C'est à cette époque que Luigi Tenco adopte le pseudonyme de Gigi Mai.

En 1961, il sort son premier disque solo sous son vrai nom : I miei giorni perduti. En 1962, il traverse une brève expérience cinématographique avec le film La cuccagna di Luciano Salce, dans lequel il chante le morceau La ballata dell'eroe, composé par son ami Fabrizio De André[2].

Toujours dans les années soixante, il noue une grande amitié avec le poète anarchiste génois Riccardo Mannerini.

Le premier 33 tours de Tenco sort en 1962 et contient des succès comme Mi sono innamorato di te et Angela, mais aussi Cara maestra qui est rejeté par la commission de censure (la retransmission de ce morceau est interdite pendant deux ans sur la RAI).

En 1963, il rompt son amitié avec Gino Paoli en raison de la relation de ce dernier avec la jeune actrice Stefania Sandrelli, qu’il n’approuve pas.

En septembre de la même année, ses chansons Io sì et Una brava ragazza sont de nouveau bloquées par la censure. Peu de temps auparavant, il avait quitté la maison de disques Ricordi pour Jolly (Joker).

En 1965, après de nombreux reports, il fait son service militaire, mais il sera souvent hospitalisé.

L'année suivante, il signe un contrat avec RCA et sort Un giorno dopo l'altro, qui devient la musique de la série télévisée Le commissaire Maigret. Les autres succès de l'époque sont : Lontano lontano, Uno di questi giorni ti sposerò, E se ci diranno, Ognuno è libero.

À Rome, il fait la connaissance de la chanteuse Dalida. Une liaison s'ensuivra, qui sera rompue par la mort du chanteur.

Toujours à cette époque, il collabore avec le groupe beat The Primitives, conduit par Mal, pour lequel il écrit, en association avec Sergio Bardotti, le texte en italien de deux chansons I ain't gonna eat my heart anymore, qui deviendra le grand succès Yeeeeeeh!, et Thunder'n lightnin, traduit par Johnny no! et inclus dans l’album du groupe Blow Up.

Suicide[modifier | modifier le code]

En 1967 il se présente, peut-être à contrecœur, au Festival de Sanremo avec la chanson Ciao amore, ciao, chantée, comme c’était l’usage à cette époque, par deux chanteurs séparément : d'abord Tenco lui-même, ensuite Dalida. Selon quelques témoignages, il semble qu'initialement Tenco n'appréciait pas Ciao amore ciao, mais Dalida réussit à le convaincre de la présenter au festival. Ce détail montre l'ironie du sort, compte tenu de tout ce qu’il advint par la suite.

La chanson n'est pas retenue à la soirée finale du Festival, se classant à la douzième place. Au repêchage, c'est la chanson La rivoluzione de Gianni Pettenati qui est choisie. Tenco en est totalement découragé. Revenu dans sa chambre de l’hôtel Savoy, il est par la suite trouvé mort, une balle dans la tête, par Dalida elle-même. On a trouvé dans la chambre un billet écrit de sa main portant ces mots : « Je n’ai voulu que le bien au public italien et je lui ai dédié inutilement cinq ans de ma vie. Je fais ceci non parce que je suis fatigué de la vie (pas du tout) mais comme un acte de protestation contre un public qui envoie Io tu e le rose en finale et contre une commission qui sélectionne La rivoluzione. J'espère que cela servira à ouvrir des yeux... Ciao. Luigi.  »

Ceci, évidemment, fait tout d'abord penser à un suicide. D’autant que Tenco avait fait l’acquisition, l'année précédente, d’un revolver pour sa défense personnelle. Toutefois, pendant plusieurs décennies, de nombreux doutes se sont accumulés sur les causes réelles de sa mort : par exemple, le corps avait été retrouvé avec une blessure par balle à la tempe gauche : détail particulièrement troublant, Tenco n’était pas du tout gaucher. En outre, on ne retrouva jamais le projectile responsable de la mort.

Pour ces raisons, après des années de pressions exercées par la presse, le , soit 38 ans après le drame, le Procureur général de San Remo demande l’exhumation du corps pour tenter d’établir la vérité une fois pour toutes, c'est-à-dire pour savoir si Tenco s’était suicidé ou, comme la rumeur en avait couru durant toutes ces années, s'il avait été assassiné pour des raisons à déterminer.

Le , l’affaire Tenco est officiellement close. En effet, la nouvelle expertise du corps de Tenco aboutit à réaffirmer la thèse du suicide, toutes les autres hypothèses étant écartées. Cependant, contre toute attente, la balle n’a pas été retrouvée dans le crâne, et naturellement la thèse d'un assassinat continue de circuler en dépit de la décision de justice.

Il est enterré au cimetière de Ricaldone.

Hommages[modifier | modifier le code]

Inauguration du musée Tenco

Peu de mois après la mort de Tenco, Fabrizio De André publie Preghiera in gennaio (Volume I) pour honorer la mémoire de son ami disparu. Ce texte, depuis des décennies, fait partie des nombreuses anthologies scolaires de littérature italienne.

Quelques années plus tard, Francesco De Gregori, évoque Tenco dans la chanson Festival. En 1974, en son honneur, est créé le "Prix Tenco", manifestation à laquelle ont participé les plus grands chanteurs. En 1972, Amilcare Rambaldi fonde à San Remo le « Club Tenco » dans le but de réunir tous ceux qui, en recueillant le message de Luigi Tenco, se proposent de valoriser la chanson d'auteur. Tous les ans au Théâtre Ariston de San Remo est programmée la "Rassegna" (rencontre) de la chanson d’auteur. À Ricaldone, un hommage est rendu tous les ans à Tenco, en été, au travers de la manifestation "L'isola in collina" avec la participation de chanteurs.

Un 45 tours de Luigi Tenco

En 1988, Steven Brown (Tuxedomoon) sort l'album 33 tours Steven Brown plays Luigi Tenco, avec Daniele Biagini au piano. Une tournée s'ensuit en Italie, qui rencontre un vif succès. En 1989, une seconde tournée, Steven Brown with friends, a lieu en Italie avec les chansons de Luigi Tenco au répertoire et les musiciens Steven Brown, Nikolas Klau, Luc Van Lieshout et le pianiste belge Marc Lerchs.

Le a été inauguré à San Remo le "Centro di Documentazione Permanente Luigi Tenco", premier musée en Italie consacré à un chanteur. Le souvenir de Luigi Tenco suscite beaucoup d’émotion dans l’autobiographie de son ami Bruno Lauzi [3].

Au cours de la dernière soirée du festival de 2007, Renato Zero interprète à San Remo Ciao Amore, Ciao dans un pot-pourri en hommage à Tenco et touche le public de l’Ariston et l'Italie entière par son interprétation magistrale.

Dans le film biopic Dalida (2017), Luigi Tenco est interprété par Alessandro Borghi.

Lors du festival de Sanremo 2017, à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort, Tiziano Ferro chante une de ses chansons en hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aldo Fegatelli Colonna, Luigi Tenco. Vita breve e morte di un genio musicale, (ISBN 88-04-50087-5), pag. 23-25
  2. Fabrizio De André et Luigi Tenco
  3. Bruno Lauzi, Tanto domani mi sveglio, autobiografia in controcanto Gammarò editori,pag. 49-51 e 67-70

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]