Ludwik Mierosławski

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Ludwik Mierosławski
Ludwik Mierosławski.PNG

Mierosławski dans les années 1860

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Grade militaire

Ludwik Mierosławski, né le à Nemours et mort le à Paris, est un militant politique polonais, qui a participé à de nombreuses actions dans son pays (1830-1831 et 1863-1864) ainsi qu'en Italie (1849 et 1861) et en Allemagne (1846-1848).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mierosławski est le fils d'un officier polonais de la Grande Armée, aide de camp du général Davout, Kacper Mierosławski, et d'une Française, Camille Notté de Vaupleux.

À partir de 1820, il vit dans le royaume de Pologne, créé par le Congrès de Vienne et dévolu au tsar de Russie[1], mais qui dispose d'un gouvernement spécifique et d'une armée nationale.

Il fait des études secondaires à Lomza, puis entre à l'école des cadets de Kalisz.

L'insurrection de 1830-1831 et l'exil en France (1831-1846)[modifier | modifier le code]

À l'âge de 16 ans, il participe en tant qu'enseigne à l'insurrection de 1830-1831 contre Nicolas I. Il fait partie du corps du général Samuel Różycki .

Après la défaite des insurgés (septembre 1831), les troupes de Różycki sont désarmées en Autriche ; après quelques semaines d'internement, Mierosławski se réfugie en France, comme des milliers d'autres Polonais de la Grande Émigration.

En 1843, il devient membre de la Société démocratique polonaise (Towarzystwo demokratyczne polskie, créée en 1832) et est élu membre de son comité central (Centralizacja)[2].

Il est aussi proche du mouvement Młoda Polska, lié à la Jeune Italie de Giuseppe Mazzini.

Les interventions en Pologne (1846-1848)[modifier | modifier le code]

En 1846, il est meneur du projet d’insurrection qui devait avoir lieu dans la province de Posnanie alors sous la domination de la Prusse. Il est arrêté, emprisonné à Berlin et lors du procès de la Pologne qui débute le condamné à la peine de mort[2],[3].

En 1848, sa peine est commuée en prison à perpétuité, puis il est gracié et libéré avec d'autres révolutionnaires polonais dans le même cas[4].

Après quoi, en avril et mai 1848, il mène la révolte en Posnanie pour la libération et l'union de la Pologne. Mais le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV fait intervenir ses troupes et la révolte est matée en mai, éloignant du même coup le risque d'une guerre contre la Russie. Mierosławski est donc de nouveau emprisonné[5].

Grâce à l'intervention du gouvernement français, issu révolution de février 1848, il est de nouveau gracié le et expulsé en France[5].

Les interventions en Italie et en Allemagne (1849)[modifier | modifier le code]

Début 1849, il se rend en Sicile dans le cadre des guerres d'indépendances italiennes et y commande les révolutionnaires locaux. Là aussi ses troupes sont défaites au siège de Catane. Blessé, il doit revenir à Paris le 24 mai pour se soigner[6],[5].

Le , il est appelé par le gouvernement provisoire du pays de Bade afin d'organiser son armée révolutionnaire après que le précédent commandant, Franz Sigel, ait été blessé. Il est nommé commandant en chef et tente de se battre contre les troupes prussiennes menées par le futur Guillaume Ier. Il parvient à arrêter l'armée prussienne entre Heidelberg et Mannheim. Puis son armée est contournée et prise à revers lors de la bataille de Waghäusel le 21 juin. Il bat en retraite vers le sud, afin de former une nouvelle ligne de défense à Rastatt[5].

Malgré son talent tactique, Mierosławski ne réussit pas à arracher la victoire. Résigné et déçu par la faiblesse politique du gouvernement badois ainsi que par le mauvais armement de son armée, il présente sa démission le , ne voulant pas conduire ses troupes à une défaite certaine[5].

Il s'exile pendant 3 mois en Suisse[5].

Après 3 semaines de siège, le , la forteresse de Rastatt tombe devant les troupes prussiennes, marquant la fin de la révolte badoise et de la révolution de mars[7].

Mierosławski retourne à Paris où il travaille comme précepteur.

Les interventions en Italie et en Pologne (1861-1864)[modifier | modifier le code]

En 1861, il reprend le combat en rejoignant Giuseppe Garibaldi. Celui-ci lui donne le commandement de la légion internationale italienne pour lutter contre les autrichiens en Italie du Nord.

Jusqu'en 1862, il est commandant de l'école militaire polonaise de Gênes[5].

Il reprend les armes une dernière fois lors de l'insurrection polonaise en 1863 et 1864 . Il se proclame dictateur.

Après une nouvelle défaite, il revient à Paris où il reste jusqu'à sa mort le [5].

Même si toutes les révolutions qu'il a mené se sont soldées par des échecs, sa réputation en a fait un « Napoléon polonais », voulant une liberté sans concession, un être indépendant qui a toujours mêlé ses aspirations à voir une Pologne libre avec un profond internationalisme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la révolution de Pologne, t. 1-3, Paris, 1837-1878
  • La tache de Caïn, Paris, 1841. sous le pseudonyme de L. Notté de Vaupleux.
  • (de) Kritische Darstellung des Feldzugs von 1831, Berlin, (lire en ligne)
  • (de) Berichte über den Feldzug in Baden, Berlin, (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Celina Bobińska, Marx und Engels über Polen, Dietz Verlag,
  • (de) Alfred Georg Frey et Kurt Hochstuhl, Wegbereiter der Demokratie. Die badische Revolution 1848/49. Der Traum von der Freiheit, Karlsruhe, G. Braun, (ISBN 3-7650-8168-X)
  • (de) Julia Franke, Ein europäischer Freiheitskämpfer. Ludwik Mieroslawski 1814–1878, Berlin, (ISBN 3-88609-525-8)
  • (pl) Notice biographique du Słownik biograficzny oficerów powstania listopadowego (Dictionnaire biographique des officiers de l'insurrection de Novembre), en ligne sur le site Sejm Wielki [très détaillée]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par ailleurs, la Russie contrôlait directement d'anciennes provinces polonaises annexées à la fin du XVIIIème siècle lors des partages de la Pologne.
  2. a et b (de) « Biographie sur Mierosławski » (consulté le 16 avril 2012)
  3. (de) « Mierosławskis et d'autres prisonniers polonais sont libérés pendant la révolution de mars » (consulté le 16 avril 2012)
  4. (de) Lothar Gall, 1848, Aufbruch zur Freiheit, Berlin, Nicolaische Verlag, (ISBN 3-87584-677-X), p. 108
  5. a, b, c, d, e, f, g et h (de) « Courte Biographie de Mieroslawski » (consulté le 17 avril 2012)
  6. (en) « Poles in European revolutions 1848-1849 » (consulté le 17 avril 2012)
  7. Gall, p. 376