Lucy Parsons

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Lucy Parsons
1886 Photo Lucy Parsons.jpg

En 1886

Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière germanique de Waldheim (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
signature de Lucy Parsons

signature

Grave of Lucy Parsons 1may2015 by IWPCHI.jpg

Vue de la sépulture.

Photo d'identité judiciaire en 1915.
En 1920.

Lucy Ella Parsons, née en 1853 et morte à Chicago le , est une anarchiste américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucy Parsons (d'origine afro-américaine mexicaine et indienne (Creek)) grandit dans un ranch au Texas, probablement comme esclave.

Elle se marie avec Albert Parsons, ancien soldat confédéré devenu républicain radical vers 1871, puis anarchiste, jusqu'à la fin de ses jours.

En 1874, ils s'installent à Chicago et s'engagent dans le mouvement révolutionnaire socialiste. Albert écrit des articles sur les sans-logis et les chômeurs pour le journal The socialist (1878), et participe à la fondation de l'International Working People's Association. Lucy collabore à l'hebdomadaire The Alarm en 1884. Lucy rédige et publie également des articles.

Albert Parsons se fera l'avocat des droits des noirs américains victimes du racisme et de la pauvreté. En 1886, il est accusé dans l'affaire de la bombe de Haymarket Square. Il sera pendu avec quatre autres compagnons libertaires le 11 novembre 1887 (Black Friday).

Après cette tragédie, Lucy écrira une biographie de son compagnon, ainsi que des articles et pamphlets dans les journaux anarchistes : Freedom (1890-1892) The liberator (1905-1906) The Alarm (1915-1916). Elle restera une révoltée et donnera des conférences pour dénoncer le racisme et les conditions ouvrières déplorables jusqu'à la fin de sa vie.

Le 7 mars 1942, elle meurt à Chicago, dans l'incendie de sa maison.

Activités anarchistes[modifier | modifier le code]

Parsons et son mari sont devenus des organisateurs anarchistes efficaces au point que dans les années 1920, la police de Chicago les décrivait comme étant "plus dangereux que mille émeutiers". À la fin du XIXe siècle, ils ont d'abord été impliqués dans le mouvement ouvrier ("labor movement"), et ont aussi pris part à l'activisme révolutionnaire de la part de prisonniers politiques, de personnes de couleur, de sans-abris et de femmes. Parsons a commencé à écrire pour The Socialist and The Alarm, la revue de l'International Working People's Association (IWPA) qu'elle et son mari ont contribué à fonder en 1883. Son mari, qui s'était fortement impliqué dans la campagne pour la journée de huit heures, a été arrêté, jugé, et exécuté le 11 novembre 1887 par l'état de l'Illinois, au motif qu'il avait fomenté la Haymarket Riot. Cet événement, considéré comme un coup-monté, marqua le début des manifestations de la fête du travail (May Day) [1],[2].

Le journal anarchiste français Les Temps Nouveaux a invité Parsons à écrire, et elle a pris la parole aux côtés de William Morris et de Peter Kroptokin pendant une visite en Grande-Bretagne en 1888[3].

En 1892, elle a brièvement publié pour le périodique Freedom: A Revolutionary Anarchist-Communist Monthly. Elle a été arrêtée à de nombreuses reprises pour avoir donné des discours publics et pour avoir distribué de la littérature anarchiste. Tout en continuant à soutenir la cause anarchiste, elle a eu des désaccords idéologiques avec certains de ses contemporains, notamment Emma Goldman, parce que celle-ci se concentrait sur les politiques de classe plutôt que sur les luttes se rapportant au genre et au sexe[4].

En 1905, elle a participé à fonder la Industrial Workers of the World (IWW), et elle a commencé à éditer le Liberator, un journal anarchiste qui soutenait la IWM à Chicago. L'intérêt de Lucy s'est reporté sur les luttes de classe autour de la pauvreté et du chômage, et elle a organisé les grèves de la faim de Chicago en janvier 1915, ce qui a poussé la Fédération Américaine du Travail, le Parti Socialiste d'Amérique, et la "Hull House" de Jane Addams à prendre part à une manifestation majeure le 12 février. Une des citations attribuées à Parsons dit que : "Ma conception de la grève du futur ne consiste pas à faire la grève et se laisser mourir de faim, mais de faire la grève et s'approprier la production"[5]. Parsons a anticipé les occupations des lieux aux États-Unis et, plus tard, les prises de contrôle d'entreprises par les ouvriers en Argentine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trachtenberg, Alexander (March 2002) [1932]. The History of May Day. Marxists.org. Consulté le 19 janvier 2008
  2. Foner, Philip S. (1986). "The First May Day and the Haymarket Affair". May Day: A Short History of the International Workers' Holiday, 1886-1986. New York: International Publishers. pp. 27–39. (ISBN 0-7178-0624-3).
  3. "Lucy Parsons: American Anarchist". Anarchist Writers. Consulté le 14 août 2013.
  4. "Lucy Parsons: Woman Of Will." Industrial Workers of the World
  5. Wobblies! 14