Lucy-sur-Cure

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Lucy-sur-Cure
Lucy-sur-Cure
Vue du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Joux-la-Ville
Intercommunalité Chablis, Villages et Terroirs
Maire
Mandat
Christiane Colas
2014-2020
Code postal 89270
Code commune 89233
Démographie
Gentilé Lucyats
Population
municipale
216 hab. (2015 en diminution de 0,92 % par rapport à 2010)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 38′ 00″ nord, 3° 45′ 00″ est
Altitude Min. 117 m
Max. 240 m
Superficie 10,58 km2
Localisation

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Lucy-sur-Cure est une commune française située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Lucyats.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lucy-sur-Cure est situé à 28 km au sud-est d'Auxerre[1] sur la rive droite (côté Est) de la Cure, affluent quelque peu mouvementé de la rivière Yonne. La Cure marque la limite de communes avec Bessy-sur-Cure en rive gauche[2].

Le village est sur la route départementale D606 Auxerre-Avallon, à 28 km au sud-est d'Auxerre et à 24 km au nord-ouest d'Avallon. La sortie n° 21 (Nitry) de l'autoroute A6 (« autoroute du soleil ») est à 16 km au nord-est[1].

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lucy-sur-Cure
Vermenton Vermenton (Sacy)
Lucy-sur-Cure Joux-la-Ville
Bessy-sur-Cure Arcy-sur-Cure

Autres localités proches : Accolay, Bazarnes, Bois-d'Arcy, Cravant, Mailly-la-Ville, Prégilbert, Sainte-Pallaye, Sery.

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Du XIIe siècle jusqu'en 1791 le village a appartenu aux abbayes de Crisenon et de Reigny qui y logeaient leurs famuli.

On a longtemps cru que Alix, fille du roi Robert et femme de Renaud comte d'Auxerre, a fondé l'abbaye de Crisenon. Elle a seulement fondé sur le lieu une modeste chapelle dédiée à saint Nicolas en 1040, année de la mort de son mari Renaud comte d'Auxerre[3],[note 1].

L'abbaye de Crisenon est fondée par Ithier, Hugues et Nargeot ou Nargaud, trois frères seigneurs de Toucy, Bazarnes et autres lieux, qui possèdent en commun l'île de Crisenon[4]. Les croisades ont le vent en poupe à cette époque ; avec l'espoir d'acquérir des fiefs en terre sainte ou en chemin, il est plus facile de faire des donations pour recommander son âme à Dieu et peut-être aussi compenser les aliénations des biens ecclésiastiques par les aïeux des seigneurs lors des périodes pré-carolingienne et carolingienne — le XIIe siècle est particulièrement notable pour la quantité de fondations et donations au clergé par des seigneurs laïcs[5]. Les trois seigneurs de Toucy suivent le mouvement. En 1096 avant de partir pour la première croisade (1096-1099) ils font remplacer la chapelle Saint-Nicolas par une église dédiée à Notre-Dame et par un monastère ; puis ils donnent le tout à saint Robert, abbé de Molesme. En 1099 saint Robert y place de ses religieux, avec un prieur[4]. L'établissement est donc en premier lieu un prieuré.

Quelques dizaines d'années plus tard, Innocent II (pape 1130–1143) cherche à favoriser les bénédictines nouvellement fondées à Juilly[note 2], et obtient de Hugues de Montaigu (évêque d'Auxerre 1115-1136) qu'un échange soit fait : Molesme reçoit le prieuré Saint-Gervais à Auxerre et donne Crisenon à l'évêque ; les religieux de Molesme qui occupent Crisenon déménagent à Auxerre et un détachement des bénédictines de Juilly vient s'installer à Crisenon. L'acte d'échange est de 1134 ; Molesme s'y réserve la gouvernance spirituelle des bénédictines de Crisenon et tous les ans, le jour de la Purification, les bénédictines de Crisenon doivent leur donner un cierge pesant une livre[4].

Crisenon devient rapidement l'un des établissements les plus florissants du diocèse d'Auxerre[4]. En 1145 cette abbaye-fille de Juilly reçoit l'autorisation de Clément III pour fonder un nouvel établissement, qui est le prieuré de la Ferté près de Decize. L'affluence de candidates est telle que Crisenon reçoit l'ordre de limiter le nombre de ses religieuses à cent[5].

La 7e abbesse de Crisenon est Beatrix de Bourbon en 1240 ; trois abbesses sont issues de la maison de Chastellux[6]. En 1409 l'abbesse est Alixant de Tanlay[7],[note 3].

Le village a été longtemps isolé[5], la route royale puis l'impériale empruntant un autre chemin après Vermenton. Et ce n'est que par une ordonnance royale du 20 août 1839 que le trajet de la route no 6 a été rectifié pour permettre, en 1846 seulement, que la chaussée passant par Lucy-sur-Cure soit ouverte à la circulation[8].

Ce n'est qu'au XXe siècle que Lucy-sur-Cure a administrativement absorbé le village d'Essert, initialement créé au XVIe siècle par les frères convers de l'abbaye cistercienne de Fontenoy avant que cette abbaye ne se transporte à Reigny.

De nombreuses crues ont eu lieu. Parmi les plus récentes, celle du 14 mars 2001 : ce jour-là, la Cure est montée jusqu'à la place du Calvaire, soit environ 1,5 mètre, le jour même où, sur une période de 46 ans, un débit instantané maximal était enregistré à proximité.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Amâtre, près de la Cure. Une partie de la nef daterait du XIIe ou du XIIIe siècle. Elle a été agrandie vers 1760 pour Marie de Sennevoy, abbesse de Crisenon. Le clocher a été construit en 1868. La façade porte la date de 1834. L'église est principalement constituée de calcaire, de moellons et d'enduit. À l'intérieur se trouve un document racontant le financement des aménagements de l'église. On y trouve également plusieurs statues, ainsi qu'un triptyque.
  • Église d'Essert
L'église d'Essert.
  • Cimetière, dans la partie haute du village. On peut y trouver un monument dédié aux morts durant les guerres.
  • Gare
  • Salle des fêtes
  • Place du Calvaire
  • Parc : construit il y a une quinzaine d'années (à vérifier : 1992-1993), celui-ci borde la Cure. Il s'y trouve des bancs. Anciennement, des jeux pour enfants y prenaient place.

Le GR 13 longent la commune à l'ouest, sur la rive gauche de la Cure (commune de Bessy-sur-Cure)[2].

À 4 km au sud du bourg se trouvent les grottes d'Arcy-sur-Cure.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
         
1995 2001 Gérard Huot    
mars 2001 en cours Christiane Colas[9]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2015, la commune comptait 216 habitants[Note 1], en diminution de 0,92 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
255294279325341325280276285
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
251255252253260262252233221
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
214197169150152143137143143
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
126117332201186171201205224
2015 - - - - - - - -
216--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leclerc, Abbaye de Crisenon, Auxerre, Annuaire historique de l'Yonne, , 20 p. (lire en ligne), p. 25-45

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Renaud est en conflit avec son beau-frère Robert duc de Bourgogne au sujet des limites du comté d'Auxerre. Une bataille a lieu le 29 mai 1040, au cours de laquelle Renaud est tué. Le lieu exact de la bataille est inconnu : il est seulement indiqué Sylviniacum. Supposant une erreur de copiste, l'abbé Lebeuf indique Seignelay, qui est effectivement situé à une frontière du comté d'Auxerre en direction de Sens et de la Champagne — et s'appelait autrefois Saliniacum. Mais M. Chardon (Histoire d'Auxerre) fait remarquer que Renaud n'avait pas de conflit de ce côté, et était nettement plus susceptible d'en avoir du côté du Nivernais. Selon l'usage à l'époque, la veuve a pu faire construire un memoriam à son mari sur le lieu de cette bataille. Voir Leclerc 1844, p. 25-26.
  2. Juliacum castrum ou Juilly-le-Chastel, devient Juilly-les-Nonains après l'installation de bénédictines avec sainte Humbline, sœur de saint Bernard, comme première abbesse. Le village est une annexe de la paroisse de Villemorien dans le comté de Bar-sur-Aube. Voir Leclerc 1844, p. 27, note (1) en bas de page.
  3. Plan de l'abbaye de Crisenon et de ses dépendances immédiates en 1788 sur archivesenligne.yonne-archives.fr.
Notes sur la démographie
  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lucy-sur-Cure sur la carte de google.fr.
  2. a et b Lucy-sur-Cure sur geoportail.fr – cartes IGN. Couches « Cartes IGN classiques » et « Limites administratives » activées. Vous pouvez moduler, désactiver ou supprimer chaque couche dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche.
  3. Leclerc 1844, p. 25.
  4. a, b, c et d Leclerc 1844, p. 27.
  5. a, b et c Leclerc 1844, p. 28.
  6. Leclerc 1844, p. 30.
  7. Père Anselme, Histoire généalogique de France, 1713, p. 242.
  8. Déy, 'Précis historique sur la construction des routes impériales du département de l'Yonne, Annuaire historique de l'Yonne, 1844, p. 17. Route n°6 : pp. 13-19.
  9. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 27 décembre 2013.
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.