Lucien Schnegg

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Lucien Schnegg
Buste Lucien Schnegg, Cimetière du Montparnasse.jpg
Lucien Schnegg, Autoportrait (vers 1909)[1],
Paris, cimetière du Montparnasse.
Naissance
Décès
(à 45 ans)
Paris 15e
Nom de naissance
Jacques Lucien Schnegg
Nationalité
Activité
Formation

Lucien Schnegg[2], né à Bordeaux le et mort dans le 15e arrondissement de Paris le [3], est un sculpteur français.

Proche d'Auguste Rodin, tout en s’éloignant de son style très expressif, il est à l’origine d’un retour à une esthétique classique parmi une nouvelle génération de sculpteurs du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Schnegg est issu d’une famille originaire de Bavière, dont les membres étaient ébénistes. Son frère, Gaston Schnegg, est aussi sculpteur et peintre.

Lucien Schnegg débute sa formation chez un ornemaniste chez qui il pratique la taille directe. Il obtient son premier prix de sculpture en 1883 à l’école municipale de dessins de la ville de Bordeaux et intègre, l’année suivante, l’atelier d’Alexandre Falguière à l’École des beaux-arts de Paris. Peu assidu aux cours, il préfère étudier en dessinant dans les musées.

Il présente une première œuvre, un portrait de son frère, au Salon des artistes français de 1887. En 1898, les deux frères écrivent une lettre à Auguste Rodin pour le soutenir contre les opposants à son Monument à Balzac[4]. À partir de 1902, Lucien Schnegg travaille comme praticien pour Rodin. En parallèle, il rassemble autour de lui de jeunes sculpteurs en quête d’une nouvelle esthétique, se détachant de l’expressionnisme de Rodin. Ces sculpteurs, parmi lesquels Charles Despiau, Alfred Jean Halou, Jane Poupelet, Robert Wlérick, sont appelés la « Bande à Schnegg[5]».

En 1903, Lucien Schnegg connaît un succès en présentant le buste de Jane Poupelet au Salon de la Société nationale des beaux-arts (marbre, Paris, musée d’Orsay[6]). La même année il est à l’instigation d’un banquet donné en l’honneur de Rodin qui vient de recevoir la Légion d’honneur.

Il meurt des suites d’une fièvre typhoïde en 1909. Une exposition lui est consacrée au Salon de la Société nationale des beaux-arts l'année suivante.

Pour aider la famille endeuillée, Rodin organise, avec l’aide de Gaston Schnegg, une tombola. Il déclare à cette occasion : « Il a eu le courage d’être un véritable sculpteur : il a tant tiré de lui-même à la façon des réformateurs. Il a laissé des œuvres de chemin, de plus belles encore, puis un chef d’œuvre plein : Le buste de la République. Aussi il a sculpté sur des maisons, palais, d’un goût retourné aux belles époques qu’il comprenait avec passion. Dans la décoration il était intuitif et un conseiller savant. Le sculpteur enthousiaste ne désirait pas d’orgueil inutile, mais il avait la fierté de celui qui se sent vrai et pauvre. La mort l’a mis en sa place avec les héros du travail[7] ».

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1887 à 1909.
  • Paris, galerie Georges Petit, « Certains », 1904.
  • Paris, musée Bourdelle, « La Bande à Schnegg », 1974.
  • Calais, musée des beaux-arts, « Un siècle de dessins de sculpteurs 1850-1975 », 1976.
  • Bordeaux, galerie des Beaux-Arts, « Gaston Schnegg (1866-1953) », du 5 janvier au 10 février 1986.
  • Paris, musée d'Orsay, « Le Corps en morceaux », 1990[16].
  • Paris, musée d'Orsay, « Oublier Rodin ? La sculpture à Paris, 1905-1914 », du 10 mars au 31 mai 2009[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lucien Schnegg - Autoportrait », notice de l'exemplaire en bronze conservé au musée d'Orsay.
  2. Né « Jacques Lucien Schnegg ».
  3. Archives de Paris, acte de décès n°5102 dressé le 23/12/1909, vue 20/31.
  4. Gaston Schnegg (1866-1953), Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, .
  5. Un article de Louis Vauxcelles en 1913 mentionne le nom de « bande à Schnegg » (cf. Louis Vauxcelles, « Le Salon de la Société Nationale des beaux-arts », Gil Blas, 30 avril 1913).
  6. « Musée d'Orsay », sur www.musee-orsay.fr (consulté le 7 février 2015).
  7. Frédéric Damay, « Lucien Schnegg », Études touloises,‎ .
  8. culture.gouv.fr.
  9. culture.gouv.fr.
  10. culture.gouv.fr.
  11. culture.gouv.fr.
  12. musee-orsay.fr.
  13. culture.gouv.fr.
  14. culture.gouv.fr.
  15. a et b photo.rmn.fr.
  16. musee-orsay.fr.
  17. musee-orsay.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Dictionnaire Bénézit, t. XII, 1999.
  • Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'école français au XIXe siècle, 1921.
  • Charles Saunier, « Lucien Schnegg », Art et Décoration, T. XXI, 1907, p. 97-105 (en ligne).
  • Jean Alazard, « Lucien Schnegg et la sculpture française contemporaine », La Gazette des Beaux-Arts, T. XII, 1er semestre 1935 (en ligne).
  • Henri Martinie, L'Art français depuis 20 ans : La Sculpture, Rieder, 1928.
  • Frédéric Damay, « Lucien Schnegg », in Études touloises, 1997 ([PDF] en ligne).
  • Amandine Placin-Geay, « La Bande à Schnegg : examen d'un groupe de sculpteurs indépendants », Histoire de l'art, n°53, novembre 2003, p. 45-55.
  • Anne-Françoise Ponthus, La Société Nouvelle (1900-1914). Un réseau d’amis peintres et sculpteurs (Claus, Cottet, Le Sidaner, Martin, Ménard, Simon, Desbois, Meunier, Poupelet, Rodin, Schnegg, Troubetzkoy…), Éditions universitaires européennes, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]