Lucien Millevoye

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Lucien Millevoye
Lucien Millevoye en 1914
Lucien Millevoye en 1914
Fonctions
Parlementaire français
Député 1889-1893
1898-1918
Gouvernement IIIe république
Groupe politique Action libérale
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Somme
Seine

Lucien Millevoye, né le à Grenoble (Isère) et mort le à Paris, est un journaliste et homme politique français.

Petit-fils du poète Charles Hubert Millevoye et fils d'un ancien président de cour d'appel, il est avocat au barreau de Lyon de 1872 à 1875, puis magistrat de 1875 à 1880. Il démissionne au moment de l'expulsion des congrégations, pour marquer son opposition politique à cette mesure. Il se lance alors dans le journalisme politique, où il connait un grand succès.

Il devient bientôt un proche du général Boulanger, dont il rédige les programmes et discours. Candidat boulangiste dans la Somme en 1889, il bat René Goblet, ancien président du Conseil. C'est un député très fougueux et emporté, qui collectionne les sanctions disciplinaires pour ses écarts de langage. En 1893, il attaque Georges Clemenceau à la tribune de la Chambre, l'accusant, sur la base d'un faux grossier forgé par un certain Norton, d'être un agent de l'Angleterre. Le scandale est tel qu'il est contraint de démissionner de son mandat de député.

Liée à Maud Gonne, il a enfant illégitime de cette dernière en 1894 : Iseult Gonne.

Il reprend alors le journalisme, devenant rédacteur en chef du journal nationaliste La Patrie. Il est alors l'un des piliers du camp antidreyfusard, qu'il rejoint notamment par antisémitisme[1]. Il est réélu député en 1898, mais cette fois dans le 16e arrondissement de Paris, et conserve son siège jusqu'à sa mort en 1918. Il est un orateur nationaliste très écouté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1896, il fit partie d'une commission chargée de départager les candidats à un concours organisé par La Libre Parole d'Édouard Drumont « sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France ». Les autres membres de cette commission étaient l'ancien député Maurice Barrès, le colonel-comte Gaston de Brémond d'Ars, le publiciste Paul de Chamberet, l'ouvrier typographe Conty, le député Théodore Denis, le député Julien Dumas, le médecin Dupouy, le journaliste Urbain Gohier, le vicomte d'Hugues, député, le comte Louis de Montfort, député, le journaliste Nemours-Godré, le vicomte Fernand de Pontbriand, député, l'ingénieur Émile Rouyer, l'ancien député Edmond Turquet, le journaliste Charles Vincent et le lieutenant-colonel Wilbois. Souhaitant lutter directement contre les préjugés antisémites, Bernard Lazare, historien de l'antisémitisme et lui-même juif, fit brièvement partie de cette commission avant d'en démissionner « à la suite d'un incident regrettable » (cf. A. J. Jacquet, République plébiscitaire, Paris, Nouvelle bibliothèque nationale, 1897, p. 5-6.)

Sources[modifier | modifier le code]