Aller au contenu

Lucie de Tripoli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Lucie de Tripoli
Lucie de Tripoli, pendant le siège de 1289
Titres de noblesse
Comtesse de Tripoli
-
Prédécesseur
Princesse titulaire d'Antioche
Princesse
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Bohémond VII de Tripoli
Marie d'Antioche (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Philippe de Toucy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Écartelé, en 1 et 4 de gueules et en 2 et 3 d'azur semé de fleurs de lys d'or

Lucie de Poitiers († 1299), dernière comtesse de Tripoli (1287-1288) et princesse titulaire d'Antioche, est la fille de Bohémond VI d'Antioche et de Sibylle d'Arménie.

États latins en 1240.
États latins en 1271.

Lucie est la dernière descendante du plus jeune fils de Guillaume IX, duc d'Aquitaine et de Gascogne, Raymond de Poitiers (1098 † 1149), dont le mariage est arrangé avec Constance, princesse d'Antioche alors qu'il séjourne en Angleterre auprès du roi Henri Ier. Raymond respecte ainsi la tradition de l'époque qui veut qu'un cadet de famille parte chercher fortune dans les royaumes francs d'Orient.

Son titre de princesse d'Antioche n'est plus qu'honorifique depuis la prise de la ville par les Mamelouks en 1268.

Dernière comtesse de Tripoli

[modifier | modifier le code]

Fille de Bohémond VI et de sa femme, Sibylle d'Arménie, Lucie quitte la Syrie à son mariage pour s'installer d'abord dans les Pouilles, puis à Auxerre, tandis que son frère Bohémond VII est élevé à la cour de leur oncle, le roi Léon III d'Arménie, en Cilicie. Deux autres sœurs, Isabeau, et Marie, épouse de Nicolas de Saint-Omer, bailli de Morée, devaient décéder jeunes. Lorsque Bohémond meurt fin 1287, sans enfants de sa femme Marguerite de Beaumont, petite-fille de Jean de Brienne, l'aristocratie locale offre le comté à sa mère Sibylle. Celle-ci insiste pour nommer bailli l'évêque de Tortosa, qui a déjà gouverné pendant la minorité de son fils mais est très peu apprécié. La noblesse ayant repoussé cette régence, Sibylle nomme alors successivement Barthélémy Embriaco, comte de Gibelet, puis son fils Bertrand. Celui-ci se rend rapidement impopulaire dans la ville de Tripoli, qui crée sa propre administration tout en le nommant maire et les tensions subsistèrent jusqu'à l'arrivée de Lucie, qui prend les rênes du comté mais doit subir l'opposition à la fois de la commune et des Génois, soutien des Gibelet. Ceux-ci, sous la conduite de l'amiral Benedetto Zaccaria, tentent d'installer un podestat, un administrateur officiel de Gênes qui aurait fait de Tripoli essentiellement une colonie génoise. Pour les contrer, Bertrand de Gibelet consent à reconnaître Lucie comme comtesse de Tripoli mais celle-ci s'allie aux Génois, leur accordant au passage des privilèges commerciaux.

Les Vénitiens et les Pisans, qui commercent également avec Tripoli, en sont fortement mécontentés et conspirent avec Qalawun, le sultan mamelouk, pour attaquer la ville. Lucie, de son côté, s'allie aux Mongols, dont Tripoli est le vassal depuis 1260. Ceux-ci, sachant que la ville est trop faible pour se défendre même avec leur aide, lui font demander des renforts en Europe, mais aucune aide ne parvient. Après un mois de siège, Qalawun prend la ville de Tripoli le et Lucie doit s'enfuir à Chypre, chez son parent le roi Henri II, également aux prises avec les Mamelouks. Tripoli est rasée au sol, la population massacrée ou réduite en esclavage et une forteresse reconstruite à l'intérieur des terres, au pied du mont Pèlerin, sur ordre de Qalawun[1]. Deux ans plus tard, Saint-Jean-d'Acre, dernière forteresse croisée en Terre Sainte après la perte de Margat, Lattaquié, Tyr et Beyrouth, tombe à son tour.

Mariage et descendance

[modifier | modifier le code]

Les prétentions de son suzerain, Charles d'Anjou, sur le royaume de Jérusalem favorisent le mariage de Narjot IV de Toucy, seigneur de Laterza, capitaine-général de Durazzo et amiral du royaume de Sicile, avec Lucie, qu'il a épousé à Auxerre vers 1275 ou 1278. Narjot de Toucy ne vient jamais à Tripoli, trop occupé par des affaires au royaume de Naples, où il meurt en 1292.

Ils ont un fils, Philippe, qui hérite de la seigneurie de Laterza à la mort de son père et du titre de prétendant d'Antioche. Il meurt après 1300, après avoir été brièvement marié à Éléonore d'Anjou.

Notes et références

[modifier | modifier le code]