Lucie Pinson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lucie Pinson est une militante en faveur de la transition énergétique, aujourd'hui à la tête de l'ONG « Reclaim Finance » qui promeut le désinvestissement des énergies fossiles.

En , Lucie Pinson a reçu l'un des prix Goldman pour l'environnement, souvent nommé « le Nobel de l'environnement »[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Originaire des Sorinières en Loire-Atlantique[2], Lucie Pinson obtient une licence en histoire et sciences politiques à l'université Rhodes en Afrique du Sud. Au cours des deux ans passés dans ce pays, elle observe les conséquences environnementales et sanitaires catastrophiques du charbon[3]. Elle obtient ensuite un double master en science politique et en politique de développement à l'université de la Sorbonne à Paris en 2010 et 2011[4],[3]. Au cours de ses études, elle participe à l'organisation de contre-sommets du G8 et du G20[5].

Travail aux Amis de la Terre[modifier | modifier le code]

En 2013, Lucie Pinson commence sa carrière au sein des Amis de la Terre, une organisation non gouvernementale (ONG) qui milite pour l'environnement, comme chargée de campagne « finance privée »[3],[2]. Rapidement, elle s'oriente vers la question des énergies fossiles et notamment le charbon, principale source d'émission de CO2 au monde[2].

La stratégie de Lucie Pinson est de s'attaquer à la filière charbon en coupant leurs financements[6]. Elle se rapproche des acteurs bancaires et milite auprès d'eux pour qu'ils cessent leurs investissements dans les entreprises extrayant du charbon, par exemple en participant aux assemblées générales après avoir acheté des actions et en pratiquant le name and shame[3],[1].

Dès 2015, la stratégie se montre efficace puisque trois des plus grosses banques françaises (Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas) décident de réduire leurs soutiens dans les entreprises actives dans l'extraction du charbon[7]. Pinson s'attaque également aux compagnies d'assurances[8]. En tout, plus de 40 banques et assurances arrêtent de soutenir la construction de mines et de centrales à charbon[3].

Création de Reclaim Finance[modifier | modifier le code]

En 2020, Lucie Pinson décide de créer sa propre ONG : « Reclaim Finance ». L'objectif est toujours de promouvoir le désinvestissement des énergies fossiles de la part des acteurs financiers, mais Lucie Pinson souhaite se positionner dans une dimension plus internationale. D'où le nom anglophone de « Reclaim Finance »[9]. Le charbon n'est plus l'unique cible et l'organisation appelle également à stopper le soutien au gaz et au pétrole[10].

De plus, au sein des Amis de la Terre, l'aspect « finances » était un axe parmi d'autres. En créant « Reclaim Finance », Lucie Pinson cherche à développer un outil entièrement dédié au suivi des financements des banques dans les énergies fossiles[9] :

« On les ennuie en publiant des choses qu’ils ne veulent pas voir sortir, mais il s’avère qu’on est aussi assez utiles pour eux en leur apportant des informations sur des projets trop risqués. Car la triste réalité, c’est que la plupart des banques n’ont pas mis en place les processus nécessaires pour avoir des systèmes d’alerte sur les projets les plus controversés »[6]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2020, Lucie Pinson reçoit le prix Goldman pour l'environnement pour la région Europe. Il s'agit d'un prix remis chaque année aux plus grands défenseurs de l'environnement[3]. Ce prix lui est donné pour son combat face à trois banques françaises qui investissaient massivement dans la filière charbon. À la suite de son combat, ces trois banques ainsi que deux grosses compagnies d'assurance ont stoppé le financement direct de mines et centrales à charbon.

Lucie Pinson est la quatrième personnalité française à être lauréate du prix depuis sa création en 1990, après Claire Nouvian en 2018, Bruno Van Peteghem en 2001 et Christine Jean en 1992[11],[3].

Contributions et articles[modifier | modifier le code]

Lucie Pinson collabore ponctuellement à l'hebdomadaire français Politis[12].

De septembre 2017 à novembre 2019, elle a également tenu un blog nommé « le blog d'une amie de la Terre » hébergé par le magazine Alternatives économiques[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Lucie Pinson : prix Goldman pour la décarboneuse de banques », sur L'Humanité, (consulté le 9 décembre 2020)
  2. a b et c Anthony Chaud, « Le prix Goldman pour l’environnement 2020 décerné à la Nantaise Lucie Pinson », sur Ouest France (consulté le 9 décembre 2020)
  3. a b c d e f et g Audrey Garric, « La militante anticharbon Lucie Pinson reçoit la plus haute distinction pour l’environnement », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 décembre 2020)
  4. « Qui sommes nous ? », sur ReclaimFinance.org (consulté le 9 décembre 2020)
  5. « Le Prix Goldman pour l’environnement récompense le combat de la française Lucie Pinson pour une finance décarbonée », sur GoodPlanet mag', (consulté le 11 décembre 2020)
  6. a et b Philippe Chassepot, « Lucie Pinson, la militante verte qui veut faire plier le banquier », Le temps,‎ (lire en ligne, consulté le 16 février 2021).
  7. « 2015 : en route pour la fin des financements des banques au secteur du charbon », sur amisdelaterre.org (consulté le 9 décembre 2020)
  8. Christelle GUIBERT, « Prix Goldman : six personnalités et six combats pour l’environnement dans le monde », sur ouest-france.fr, (consulté le 10 décembre 2020)
  9. a et b « Mon but n’est pas de rendre les banques éthiques, mais de limiter leur impact sur le climat », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 11 décembre 2020)
  10. www rfj ch, RFJ, Radio Fréquence Jura, « Finance verte: les assureurs appelés à sortir du pétrole et du gaz », sur www.rfj.ch (consulté le 11 décembre 2020)
  11. (en-US) « Recipient List », sur Goldman Environmental Foundation (consulté le 9 décembre 2020)
  12. « Les articles de Lucie Pinsonsur Politis », sur Politis.fr, 20201206 16:21 (consulté le 9 décembre 2020)
  13. « Pinson », sur blogs.alternatives-economiques.fr (consulté le 9 décembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]