Lucie Basch

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Lucie Basch
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Lucie Basch, née le à Paris, est une ingénieure et cheffe d'entreprise française. Elle co-fonde en 2016 l'application Too Good To Go, qui met en relation des commerçants ayant des invendus en fin de journée avec des consommateurs.

Ingénieure française connue pour sa lutte contre le gaspillage alimentaire, son application lui a valu d'obtenir le prix Margaret 2018 lors de la Journée de la femme digitale où elle a été qualifiée de « Femme entrepreneure de l’année ». Lucie Basch est membre du board de France Digitale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Lucie Basch est née le à Paris[1]. Après des classes préparatoires au lycée Charlemagne à Paris, Lucie Basch intègre l’École centrale de Lille dont elle est diplômée en 2014[2]. Durant l'année 2013-2014, elle est également diplômée d'un master en logistique de l'université de Cranfield au Royaume-Uni[1].

Carrière professionnelle dans l'agro-alimentaire[modifier | modifier le code]

En , à l'issue de ses études, Lucie Basch commence sa carrière au sein des usines Nestlé au Royaume-Uni. Elle y travaille pour améliorer la production « pour faire plus vite et moins cher » notamment dans la mise en œuvre de la méthode Six Sigma[3].

C'est alors qu'elle prend conscience que le gaspillage alimentaire est intégré et pris en compte dans le processus de production. Ne comprenant pas comment des produits encore bons à être consommés peuvent être jetés et comment ce mode de fonctionnement peut être accepté, elle réagit, choquée par la quantité de nourriture jetée[4] : « Je suis ingénieur et j'ai un esprit rationnel. Le gaspillage alimentaire m'a toujours dérangé car cela n'a pas de sens. Quelle que soit l'usine dans laquelle je me rendais, que ce soit pour produire des céréales ou du café, la mentalité était la même »[3].

En , un séjour à Oslo en Norvège au sein de l'organisation Open Food Network, lui permet de découvrir l’économie collaborative et l’entreprenariat social[5]. Elle décide alors de faire face au gaspillage alimentaire et refuse ce monde qui « n'existera plus dans 40 ans ». Profitant de l'expérience du réseau OuiShare de l'économie collaborative, elle s'initie à la technologie informatique des sites collaboratifs et avec d'autres personnes qui travaillent sur ce sujet du gaspillage alimentaire, elle met sur pied son projet de site web destiné à lutter contre le gaspillage alimentaire[3] : une plateforme mettant en relation les commerçants et les particuliers afin que les invendus de la journée ne soient pas jetés[6].

Too Good To Go[modifier | modifier le code]

Le , Lucie Basch crée la société SAS TOO GOOD TO GO FRANCE[7] et lance l'application en France dans le mois suivant. La loi Garot est votée en France la même année, obligeant les distributeurs à réduire le gaspillage alimentaire[3].

Too Good To Go est créée pour permettre à chacun de lutter à son échelle contre le gaspillage alimentaire. L'application est une plateforme de mise en relation entre commerçants de bouche (petits commerçants, distributeurs...) et utilisateurs responsables. Grâce à la géolocalisation, ces derniers peuvent repérer des produits invendus qui sont alors vendus à un prix inférieur à leur valeur originelle. Le principe est d'inciter les commerçants à écouler leurs produits invendus en fin de journée à des prix attractifs pour les consommateurs[8].

En 2017, le cuisinier Thierry Marx dit de Lucie qu'« elle a compris que le téléphone s'est imposé comme deuxième cerveau et que les applications peuvent être militantes »[9] et au sujet de l'application proposée, il dit que « le consommateur aussi doit devenir militant, en connaissant pour chaque produit la responsabilité sociale et environnementale de celui-ci. En attendant qu'un organisme indépendant se charge de nous aiguiller vers les bons produits, on n'a pas trouvé mieux qu'une telle appli ».

En 2019, Lucie déclare : « Partout dans le monde, un tiers de la nourriture finit à la poubelle, soit 41 tonnes par seconde. Nous avons l’obligation de tenter tout ce qui est possible »[10].

En 2020, Too Good To Go compte en France plus de 6,2 millions de téléchargements; 1,6 million d'utilisateurs actifs, 14 000 partenaires, et revendique avoir "sauvé" 17 millions de repas depuis sa création[11],[12]. A l'international, Too Good To Go compte 25 millions d'utilisateurs dans 14 pays européens : en France, Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Autriche, Suisse, Italie, Espagne, Portugal. L'application est lancée aux Etats-Unis en septembre 2020[13].

Après 4 années d'activité, la société compte en 2020 plus de 85 employés[11]. Concernant son impact, Lucie Basch déclare : « On crée de la valeur pour la société, on a construit un modèle économique qui fait sens et on peut viser un impact social positif »[14].

Dates de péremption[modifier | modifier le code]

Pour Lucie Basch, la lutte contre le gaspillage alimentaire passe notamment par une révision des dates de péremption, responsables de 10% du gaspillage en Europe. Elle fait un travail d'éducation et de sensibilisation dans les médias[15] mais aussi auprès des professionnels, notamment avec la parution du premier livre blanc sur les dates de péremption[16] et le lancement en janvier 2020 du Pacte sur les Dates de Consommation signé par une cinquantaine d’acteurs de la filière alimentaire (industriels, distributeurs, fédérations et associations de consommateurs et de protection de l’environnement). Le Pacte comprend 10 engagements concrets et mesurables, portant sur la gestion et la compréhension des dates de consommation et bénéficie du soutien des Ministères de la Transition Écologique et de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Bel est le premier signataire du Pacte à faire évoluer l'emballage de la Vache qui rit pour inclure un intercalaire expliquant aux Français ce qu'est une Date de Durabilité Minimale et que le produit peut être consommé une fois la date dépassée[17].

Selon Lucie, « Il est temps que les consommateurs fassent confiance à leurs sens : le visuel, l'odeur et le goût du produit. "Prenez un comté, si vous l'achetez dans un supermarché, il est assorti de cette DDM. Si vous allez dans une fromagerie, vous vous fierez à vos sens. Preuve qu'on sait le faire. »[18]

Recyclage [à recycler][modifier | modifier le code]

Lucie Basch estime que « Le recyclage, c’est un peu une arnaque. On se sent bien quand on a jeté un truc à la poubelle. Ça donne l’impression d’avoir fait une bonne action. Cependant, le mieux, ça reste quand même le déchet qui n’existe pas. C’est vers là qu’il faut tendre. Et le recyclage, c’est tromper les gens sur la véritable urgence. Dans ma tête, en 2084, tout le monde a ses contenants et c’est interdit d’avoir des emballages pour les produits alimentaires »[19].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

En , elle intègre le comité d’orientation alimentaire de Carrefour[20].

En , Lucie Basch rejoint le Board de France Digitale[21].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le , Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes, et Gwenaëlle Huet, directrice générale d'Engie Energies renouvelables, lui remettent le prix Margaret entrepreneur[22],[23]. Elle y est nommée « Femme entrepreneure de l’année », un an après que le magazine L'Obs en ait fait l'une des 100 personnalités qui auront fait 2018[24].

En avril 2019, SNCF Développement qui « révèle aujourd'hui les réussites de demain » intègre Lucie Basch dans son programme « Jeune pousse » de l'économie circulaire[25].

La même année, Lucie Basch reçoit pour Too Good To Go le Trophée de l’avenir Europe 1 dans la catégorie alimentation[26]. La même année, Lucie intègre le palmarès LSA des 50 femmes qui comptent dans le retail et l'e-commerce[27].

En juillet 2020, Lucie Basch intègre le top des 40 Femmes Forbes[réf. nécessaire].

En juillet 2020, Lucie Basch est citée par le magazine Challenges parmi "les 100 femmes qui changent le monde"[réf. nécessaire].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Lucie Basch : lutte contre le gaspillage alimentaire », sur le site pressreader.com (consulté le 13 avril 2019).
  2. Amandine Vachez, « [Anciennes de Centrale] Lucie Basch crée Too Good to Go, une appli innovante contre le gaspillage alimentaire », sur le site actu.fr de la presse quotidienne régionale Ouest France, (consulté le 13 avril 2019).
  3. a b c et d Guillaume Bregeras, « Lucie Basch, la centralienne partie à la chasse au gaspillage alimentaire », (consulté le 13 avril 2019).
  4. « Lucie Basch, fondatrice de Too Good To Go : « La question du gaspillage s’est imposée en France » », sur le site du quotidien L'Est Républicain, (consulté le 15 avril 2019).
  5. « Une appli contre le gâchis alimentaire », sur le site du quotidien Le Télégramme (consulté le 15 avril 2019).
  6. Laura Makary, « De Nestlé à l'antigaspi, la reconversion réussie de Lucie Basch », sur le site du magazine Capital, (consulté le 15 avril 2019).
  7. « SAS TOO GOOD TO GO FRANCE », sur la recopie du registre du commerce (consulté le 15 avril 2019).
  8. Jean-Pierre Montanay, « De Nestlé à l'antigaspi, la reconversion réussie de Lucie Basch », sur le site du magazine L'Express, (consulté le 15 avril 2019).
  9. Thierry Marx, « Lucie Basch, par Thierry Marx : "Une génération qui donne du sens à ses actions" », sur le site du magazine L'Obs, (consulté le 15 avril 2019).
  10. « Ceux qui nous inspirent en cette rentrée 2019 », sur GQ France (consulté le 4 septembre 2019).
  11. a et b Après l'Europe, Too Good to Go se lance à la conquête de l'Amérique, La Tribune, 11 septembre 2020
  12. Ces 10 applis qui facilitent l'antigaspi, LSA Conso, 10 juin 2020
  13. Gaspillage alimentaire: l'application Too good to go se lance aux Etats-Unis, Le Soir, le 8 octobre 2020
  14. Béatrice Madeline, « Les entreprises bousculées par des jeunes en quête de sens », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 4 septembre 2019).
  15. « VIDEO. Mieux comprendre les dates de péremption des aliments pour moins de gaspillage », sur Franceinfo, (consulté le 4 septembre 2019).
  16. « Notre Livre Blanc », sur toogoodtogo.fr (consulté le 4 septembre 2019).
  17. « La Vache qui rit invite à manger son fromage même après la date marquée sur la boîte », sur BFMTV (consulté le 21 juillet 2020).
  18. Par Emilie TorgemenLe 10 février 2019 à 18h39 et Modifié Le 10 Février 2019 À 20h34, « Gaspillage alimentaire : et si on arrêtait de respecter les dates limites de péremption? », sur leparisien.fr, (consulté le 4 septembre 2019).
  19. Guillaume Joly, « “Il faut redonner du sens à notre alimentation” – entretien avec Lucie Basch », sur le site leshorizons.net, « un média qui produit une veille à destination d’un public B2B sur les solutions et initiatives favorisant la transition écologique. », (consulté le 16 avril 2019).
  20. « Carrefour se dote d'un "comité d'orientation alimentaire" », sur Capital.fr, (consulté le 21 juillet 2020).
  21. Ariane Beky, « Start-up et capital risque : France Digitale renouvelle son board », sur Silicon, (consulté le 25 novembre 2019).
  22. Anne-Marie Rocco, « Cette start-up a trouvé une solution étonnante pour lutter contre le gaspillage alimentaire », sur le site du magazine Challenges, (consulté le 15 avril 2019).
  23. Anne-Marie Rocco, « Lucie Basch, élue Femme Entrepreneure 2018 lors du Prix Les Margaret », sur le site web.babbler.fr, (consulté le 15 avril 2019).
  24. « Lucie Basch, fondatrice de Too Good To Go, « Femme d’Influence 2018 » », sur le site cuisine-et-des-tendances.com, (consulté le 15 avril 2019).
  25. « Portrait d'entrepreneure : Lucie Basch », sur le site de SNCF Développement (consulté le 15 avril 2019).
  26. « Raphaëlle Duchemin : Les Lauréats des Trophées de l’Avenir 2019 », sur Europe 1 (consulté le 4 septembre 2019).
  27. « 50 femmes qui comptent dans la grande conso [Edition 2019] », sur lsa-conso.fr (consulté le 4 septembre 2019).