Luc de Brabandere

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Luc de Brabandere
Description de l'image Portrait Luc de Brabandere.jpg.
Naissance (71 ans)
Gand
Nationalité Belge
Diplôme

Licence en Mathématiques appliquées (1971), Université catholique de Louvain

Licence en Philosophie (2002), Université catholique de Louvain
Activité principale
Philosophe d'entreprise
Auteur

Œuvres principales

Les Philosophes dans le métro, Le Pommier. Les Infoducs. Un nouveau mot, un nouveau monde, Duculot.

Luc de Brabandere, né le 27 mai 1948[1], à Gand, est un philosophe d'entreprise belge. Il est Fellow du Boston Consulting Group, co-fondateur de l'agence Cartoonbase et enseigne la philosophie dans différentes universités. Il est administrateur du WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement).

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere vit en Belgique. Il est marié, père d'un fils et de deux filles. Passionné de vélo, il effectue, à l'occasion de ses 60 ans, le trajet Bruxelles-Jérusalem en 60 jours[2].

Éducation[modifier | modifier le code]

À 20 ans, en pleine révolution de Mai 68, Luc de Brabandere entreprend des études de Mathématiques appliquées à l'Université catholique de Louvain. Il en est diplômé en 1971. En 2002, il obtient une licence en Philosophie dans la même université.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Les débuts dans le secteur bancaire[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere commence sa carrière à la Société Générale de Banque, en 1974, en tant que responsable des systèmes d'information. Il y est employé jusqu'en 1989. À 41 ans, il est nommé directeur général de la Bourse de Bruxelles par le ministre des Finances en charge de la réforme du marché des capitaux. Il quitte son poste en 1991 et se lance dans le conseil en entreprise.

Une période de transition[modifier | modifier le code]

Entre 1997 et 1999, Luc de Brabandere préside l'Institut géographique national de Belgique. En 2001, il rejoint le Boston Consulting Group en tant que vice-président et spécialiste de la gestion du changement dans les organisations. Il y est responsable du développement de la créativité, en lien avec la stratégie. Luc de Brabandere est aujourd'hui Fellow du groupe[réf. nécessaire].

Parallèlement, il crée, avec Olivier Saive, la société Cartoonbase (agence de communication où collaborent artistes et consultants). La société est initialement destinée à promouvoir le cartoon humoristique comme vecteur de communication dans les entreprises[3]. Chez Cartoonbase comme au sein du Boston Consulting Group, Luc de Brabandere privilégie une approche philosophique de l'entreprise[réf. souhaitée]. Une passion qu'il décide de professionnaliser en reprenant des études de philosophie à l'Université catholique de Louvain, en 1994.

La philosophie en entreprise[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere vulgarise l'apport de la philosophie dans des domaines variés, allant du langage à la logique, des biais cognitifs à l'humour. Dans une quinzaine de livres publiés sur ces sujets[4], il témoigne d'un même projet: celui de la rigueur intellectuelle quand il n'y a pas de chiffres[5],[6]. Selon Luc de Brabandere, l'entreprise a du mal à raisonner sans l'appui des chiffres. La philosophie devient alors un outil de la rigueur, et l'usage précis des mots, nécessaire, car le langage structure la pensée[7].

La philosophie enseignée aux étudiants[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere enseigne la philosophie à l'Université catholique de Louvain, à la Solvay Business School of Economics and management et à l'École centrale Paris. Il collabore avec l'ETH Zurich dans différents projets. Pour lui, la nouvelle génération est une source d'énergie. Comme c'est le cas avec les entreprises, le philosophe s'attelle à transmettre ses connaissances et son approche de la créativité aux étudiants[8]. De manière générale, le souhait de transmettre est devenu une priorité dans sa vie. Il a par exemple longtemps collectionné les machines à calculer avant de léguer sa collection à deux entités: le Musée L de Louvain-la-Neuve et le Planétarium de Bruxelles[9].

Idées[modifier | modifier le code]

La créativité pour moteur[modifier | modifier le code]

Pour Luc de Brabandere, "c'est la créativité qui permet à une entreprise d'initier le changement plutôt que de le subir"[10]. En 1989, il consacre son deuxième livre, Le Latéroscope, préfacé par Joël de Rosnay, à cette thématique.

Son approche va à l'encontre des conceptions classiques sur la créativité. Alors que l'expression utilisée est de "penser en dehors du cadre", le philosophe affirme qu'il nous est impossible de penser sans un cadre bien défini. "Plus que 'sortir de la boîte', être créatif c'est se demander quelle est la nouvelle boîte. Car l'ancienne – comme toute simplification – s'use, malgré toutes les innovations qu'elle a permis de déduire (produit moins cher, plus joli, exécuté plus rapidement, etc.)"[7],[11]

Selon le philosophe, l'humour est un autre outil indispensable à la créativité[8]. Dans Petite philosophie des histoires drôles, ce dernier mène une réflexion sur l'humour de Platon aux cartoons. Il affirme que si l'humour est à ce point important, c'est parce que « chaque idée nouvelle qui surgit s'accompagne d'un moment joyeux ». Et de poursuivre : « si une personne comprend comment elle rit, elle comprend comment elle pense[12]. » La société Cartoonbase qu'il a cofondée promeut le dessin humoristique comme vecteur de communication dans les entreprises.

La philosophie à l'école[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere plaide pour l'intégration de la philosophie dans l'enseignement secondaire. Elle permet, selon lui, d'apprendre à penser, et donc de combattre le populisme[13]. Une idée qu'il plébiscite également dans le cadre de sa fonction d'administrateur du WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), poste auquel l'a nommé le parti Ecolo, en juillet 2019.

En 2019, Luc de Brabandere publie une réédition de son livre Les philosophes dans le métro et développe un site Internet pour guider les professeurs dans leur enseignement de la philosophie aux élèves.

Écologie et économie[modifier | modifier le code]

Passionné d'écologie, Luc de Brabandere est le premier en Belgique à installer une éolienne à son domicile[14], en 1977. En 1978, il est pour la première fois candidat sur une liste écologiste. En mai 2019, il rejoint la liste européenne d'Ecolo où il figure comme 4e suppléant.

Luc de Brabandere défend une approche de l'écologie qui tend à la réconcilier avec l'économie. Il est notamment en faveur de l'instauration d'un Prix Nobel de l'Écologie. Plutôt que de parler de "fiscalité verte", il préfère développer les principes d'une "comptabilité verte" pour organiser la liberté d'entreprendre en respectant les limites de l'écosystème[3],[15],[16].

Humanisme numérique[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere invite à réinventer l'humanisme et ses valeurs dans un monde devenu digital[17],[18].

En 1985, il publie son premier livre intitulé Les Infoducs (par référence à aqueduc ou oléoduc pour évoquer les nouveaux réseaux de télécommunications). Il y envisage la convergence des réseaux de télécommunication et l'avènement d'Internet.

Son livre Petite philosophie de la transformation digitale (2019) incite à piloter une nouvelle société qui conjugue humanisme et numérique. Il invite à réinventer les métiers essentiels dans un monde devenu numérique, plutôt que de tenter de les numériser: "L'intelligence dite artificielle peut remplacer l'intelligence logique, déductive, mathématique. Mais je ne peux pas croire à une intelligence artificielle qui englobe toutes les formes de raisonnement (…). En réalité, si un jour, l'intelligence artificielle devait exister, c'est parce que nous aurions renoncé à utiliser la nôtre."[13] "Le refus philosophique de déléguer 100 % de ce qui fait notre humanité à un ordinateur devra guider l'homme dans la transformation digitale."[19],[20]

Publications[modifier | modifier le code]

Luc de Brabandere est auteur et coauteur de plusieurs livres.

  • Les Philosophes dans le métro, Le Pommier, 2e éd., 2019 (avec Anne Mikolajczak).
  • Petite Philosophie de la transformation digitale, Les Belles Lettres, 2019 (avec Gabrielle Halpern).
  • Petite Philosophie des mots espiègles, Eyrolles, 2017 (avec Gabrielle Halpern).
  • Homo Informatix, Le Pommier, 2017.
  • La Bonne idée existe!, Eyrolles, 2013 (avec Alan Iny et Gabrielle Halpern).
  • Thinking in New Boxes, Random House, 2013 (avec Alan Iny et Gabrielle Halpern).
  • Les mots et les choses de l'entreprise, Mols, 2012.
  • Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes, Eyrolles, 2e éd., 2011 (avec Anne Mikolajczak).
  • Petite Philosophie des mathématiques vagabondes, Eyrolles, 2011 (avec Christophe Ribesse).
  • Petite Philosophie des grandes trouvailles, Eyrolles, 2010.
  • Le Plaisir des idées, Dunod, 4e éd., 2010 (avec Anne Mikolajczak).
  • Balade dans le jardin des grands philosophes, Mols, 2009 (avec Stanislas Deprez).
  • Petite philosophie des histoires drôles, Eyrolles, 2e éd., 2009.
  • Pensée magique, pensée logique, Petite philosophie de la créativité, Le Pommier, 2008.
  • La Valeur des idées, De la créativité à la stratégie en entreprise, Dunod, 2007 (avec Anne Mikolajczak).
  • The Forgotten Half of Change, Kaplan, 2005.
  • Le Sens des idées, Dunod, 2004 (avec Stanislas Deprez).
  • Machiavel, Erasme et More, Trois philosophes pour les managers d’aujourd’hui, en collaboration avec Jean-Michel Besnier et Charles Handy, Pearson Education France (Village Mondial), 2000.
  • Calculus, les Machines de calcul non électriques, Mardaga, 1994.
  • Le Latéroscope. Systèmes et Créativité, préfacé par Joël de Rosnay, La Renaissance du Livre, 1990 (avec Anne Mikolajczak).
  • Les Infoducs. Un nouveau mot, un nouveau monde, Duculot, 1985 (avec Anne Mikolajczak).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric de Bellefroid, « Le sourcier de l'imagination », sur www.lalibre.be, (consulté le 27 janvier 2010).
  2. « Luc de Brabandere, À vélo à Jérusalem », Le Soir,‎ , p. 16-17.
  3. a et b « Luc de Brabandere sur la liste Ecolo pour l'Europe », sur L'Echo, (consulté le 11 septembre 2019)
  4. « Métro, philo, philo… », sur Les Echos, (consulté le 10 octobre 2019)
  5. « Un philosophe dans l'entreprise numérique | France Dirigeants - La formation par des séminaires uniques aux dirigeants et cadres dirigeants », sur Formations France Dirigeants, (consulté le 24 septembre 2019)
  6. « Un philosophe dans l'entreprise numérique | France Dirigeants - La formation par des séminaires uniques aux dirigeants et cadres dirigeants », sur Formations France Dirigeants, (consulté le 24 septembre 2019)
  7. a et b Francis Lecompte, « L’homme qui pousse les entreprises à se réinventer », Management,‎ 1er septembre 2017.
  8. a et b « Luc de Brabandere "La Belgique a besoin de projets, comme un Molenbeek-la-Neuve" », sur L'Echo, (consulté le 24 septembre 2019)
  9. « La Curta, une ancêtre de la calculette au futur musée de l'UCL », sur www.lavenir.net (consulté le 11 septembre 2019)
  10. « Luc de Brabandere (BCG) : "C'est la créativité qui permet à une entreprise d'initier le changement, plutôt que de le subir" », sur www.journaldunet.com (consulté le 24 septembre 2019)
  11. « Comment être créatif dans un monde numérique ? Luc de Brabandère à USI Connect », sur USI Events - Blog, (consulté le 11 septembre 2019)
  12. « Entretien de Jean-François Marmion », Le Cercle psy,‎ dec 17/fev 18, p.26-29
  13. a et b « Luc de Brabandere "La Belgique a besoin de projets, comme un Molenbeek-la-Neuve" », sur L'Echo, (consulté le 11 septembre 2019)
  14. « Luc de Brabandere sur la liste Ecolo pour l'Europe », L’Echo,‎ 15 mars 2019.
  15. « Réconcilier économie et écologie » (consulté le 11 septembre 2019)
  16. « A quand un Prix Nobel d'Ecologie ? », sur Site-LeVif-FR, (consulté le 11 septembre 2019)
  17. « Penser la transformation digitale », sur Les Echos, (consulté le 11 septembre 2019)
  18. La Libre.be, « Comment (ré)agir face aux trois défis d’Internet : comprendre, inventer et décider », sur www.lalibre.be, (consulté le 10 octobre 2019)
  19. La Libre.be, « Comment ne pas subir le monde numérique? Éléments de réponse », sur www.lalibre.be, (consulté le 11 septembre 2019)
  20. « "Transformation digitale" », sur L'Echo, (consulté le 11 septembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Éric de Bellefroid, « Petit traité de la mécanique du rire », La Libre Belgique, 29 June 2007 (lire en ligne).
  • Dominique Berns, «  C'est l'idée qui fait la différence », Le Soir, 28 May 2005 (lire en ligne).
  • Pierre-Louis Germain, « Luc de Brabandere (BCG): "C'est la créativité qui permet à une entreprise d'initier le changement, plutôt que de la subir" » (interview), JournalDuNet.com, 16 October 2007 (lire en ligne).
  • François Tefnin, «  Un demi-Tintin pour tous !  » (interview), Neuf exposant, no 24, March-April 2005 (archive).
  • Didier Béclard, «  La place de l'humour dans l'entreprise », L'Écho, 17 January 2012 (lire en ligne).
  • Site officiel