Luc Julia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Luc Julia
Description de cette image, également commentée ci-après
Luc Julia en 2019
Naissance (54 ans)
Toulouse (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Drapeau des États-Unis Américain
Pays de résidence États-Unis
Diplôme
Doctorat d'informatique
Profession
Activité principale
Vice-président chargé de l'innovation chez Samsung
Formation
Distinctions

Luc Julia est un ingénieur et informaticien franco-américain né en à Toulouse, spécialisé dans l'intelligence artificielle. Il est l'un des concepteurs de l'assistant vocal Siri et est depuis 2012 vice-président chargé de l'innovation chez Samsung. Il dirige également le Laboratoire d'intelligence artificielle de Samsung (SAIL) à Paris depuis 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né à Toulouse (Haute-Garonne) en [1], Luc Julia se passionne durant son enfance pour l'électronique et l'informatique, bricolant notamment un robot pour faire son lit à sa place, et apprend la programmation à partir de 12 ans[2]. Ayant obtenu son bac scientifique, il se dirige vers un DEUG de mathématiques à l'Université Pierre-et-Marie-Curie (désormais Sorbonne Université), où il obtient une maîtrise en mathématiques et informatique, ainsi qu'un DEA d'informatique. Il part ensuite étudier à l'École nationale supérieure des télécommunications (désormais Télécom Paris), où il décroche un doctorat d'informatique[3].

Au début des années 1990, il intègre le CNRS[2], dans une unité de recherche rattachée à Télécom ParisTech[3]. N'appréciant pas le côté « trop administratif » de cette institution, il n'y reste que quelques semaines[4] avant de partir aux États-Unis pour y poursuivre sa thèse[5].

Carrière aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Luc Julia passe d'abord par le MIT, puis intègre SRI International (dépendant de l'Université Stanford), situé au sein de la Silicon Valley en Californie, où il travaille en tant que chercheur dans le domaine des interfaces vocales[6]. Il a depuis toujours vécu dans la Silicon Valley, et a obtenu la nationalité américaine[2].

En 1994, il participe au lancement de Nuance Communications, entreprise de reconnaissance vocale devenue leader dans son domaine[7],[4]. En 1997, SRI lui propose d'avoir son propre laboratoire[5]. Il fonde donc le Computer Human Interaction Center (CHIC ) en 1998, laboratoire spécialisé en intelligence artificielle qui développe les premiers réfrigérateurs connectés et travaille sur des prototypes de voiture intelligente avec BMW[4]. L'année suivante, il fonde avec le milliardaire Joe Costello l'incubateur « BravoBrava! », qui emploie 9 ingénieurs français, et sert à développer des jeunes pousses high-tech[5]. Au début des années 2000, il développe aussi la startup « Orb », ayant notamment créé un logiciel transformant les PC en serveurs multimédia, et qui sera revendue à Qualcomm[1]. Il travaille aussi un temps pour Hewlett Packard, où il développe des imprimantes connectées[4].

Conception de Siri[modifier | modifier le code]

En 1997, il dépose avec son ami Adam Cheyer les brevets de ce qui deviendra plus tard Siri, et présente en 1999 « The Assistant », ancêtre de l'assistant vocal. Il quitte le projet avant que l'entreprise Siri ne soit fondée en 2007[8],[9]. Cette dernière est rachetée en 2010 par Apple, que Luc Julia n'appréciait pas à l'époque[10]. Il rejoint cependant la multinationale en 2011 afin d'aider Adam Cheyer dans le développement de l'assistant[6]. Il y reste pendant 1 an, gardant un souvenir mitigé de son passage au sein d'Apple[1],[4].

Samsung[modifier | modifier le code]

En 2012, il intègre l'entreprise Samsung en tant que vice-président chargé de l'innovation, dirigeant le centre d'innovation du groupe situé en Californie. Il est ainsi mis à la tête d'une équipe d'ingénieurs travaillant sur des nouvelles technologies en lien avec l'internet des objets, les données ou encore l'IA[1],[3].

Après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence en 2017, il déclare vouloir « faire quelque chose pour la France » et propose en à Samsung d'installer à Paris un laboratoire dédié à l'intelligence artificielle. Devant le refus du groupe, il démissionne, mais est rapidement réembauché[4]. En 2018 est donc fondé le Laboratoire d'intelligence artificielle de Samsung (SAIL), qu'il dirige, situé dans le 2e arrondissement de Paris, dans un ancien bâtiment du Crédit lyonnais[11],[12]. La même année, Vanity Fair le classe 22e parmi les 50 Français les plus influents au monde[13].

En 2019, il publie L'intelligence artificielle n'existe pas aux Éditions First, avec pour but de déconstruire les idées reçues sur l'intelligence artificielle. Il y critique les discours alarmistes sur les dangers de l'IA, et indique préférer le terme d'« intelligence augmentée »[10],[14].

Distinction[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Nicolas Rauline, « Luc Julia, l'électron libre français de Samsung », sur lesechos.fr,
  2. a b et c Patrick Cappelli, « Luc Julia, l'inventeur de Siri, veut augmenter l'intelligence artificielle », sur latribune.fr,
  3. a b et c Béatrice Madeline, « Devenez ingénieur, c’est super-rigolo ! », sur lemonde.fr,
  4. a b c d e et f Gilles Fontaine, « Luc Julia, le gourou de l’IA à qui on ne dit pas non », sur challenges.fr,
  5. a b et c Anne Vidalie, « Ces Français qui ne veulent plus rentrer », sur lexpress.fr,
  6. a et b « Le père de l’assistant Siri d’Apple : Luc Julia, vice-président du centre de recherche de Samsung », sur usinenouvelle.com,
  7. « Luc Julia – Conférencier », sur londonspeakerbureau.com
  8. Thierry Derouet, « Luc Julia: "L'intelligence artificielle est un terrain de jeu fabuleux" », sur hubinstitute.com,
  9. Arnaud Devillard et Valentine Delattre, « Luc Julia : "L'intelligence artificielle, ce n'est pas de l'intelligence" », sur sciencesetavenir.fr,
  10. a et b Marco Mosca, « Apple, Steve Jobs, Elon Musk, IA… ce qu’en dit le cocréateur de Siri », sur lesnumeriques.com,
  11. « Le génie qui change notre monde », sur france.tv,
  12. Vincent Fagot, « Au cœur de Paris, la boîte à idées de Samsung », sur lemonde.fr,
  13. « Les 50 Français les plus influents du monde en 2018 », sur vanityfair.fr,
  14. Bastien L., « Intelligence artificielle : le top 20 des influenceurs français », sur lebigdata.fr,
  15. « Décret du 31 décembre 2019 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur », sur legifrance.gouv.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]