Loxosceles reclusa

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Loxosceles reclusa est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Sicariidae[1].

Elle est appelée « recluse brune » ou comme d'autres Loxosceles « araignée violoniste ».

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Cette espèce se rencontre principalement aux États-Unis dans le Sud-Central américain, dans l'Ouest du Sud profond et dans le Sud du Middle West[2].

Elle a également été observée en Californie, en Arizona, au Colorado, en Floride, en Ohio, au New Jersey, dans l'État de New York, au Maine ou en Oregon, au Canada dans le Sud-Est de l'Ontario et au Mexique au Tamaulipas.

Description[modifier | modifier le code]

Loxosceles reclusa
Loxosceles reclusa

Le mâle holotype mesure 8 mm et la femelle 9 mm[2].

Le nom de cette araignée vient de sa couleur (allant du jaune foncé au marron) et de ses habitudes de vie : elle préfère la solitude et ne se montre que très rarement.

Elle est désignée sous le nom d’« araignée violoniste » comme d'autres Loxosceles en raison de la forme de violon de son céphalothorax. Cette caractéristique est plus ou moins marquée suivant les espèces, particulièrement dans le sud-ouest des États-Unis.

Éthologie[modifier | modifier le code]

La période de reproduction et de ponte de Loxosceles reclusa se situe entre mai et juillet. La femelle pond entre 40 et 50 œufs qu’elle enferme dans un cocon de soie. Chaque femelle peut ainsi produire plusieurs sacs d’œufs en plusieurs mois.

Les petits émergent des sacs après environ 1 mois d’incubation. Leur développement est long et est très influencé par les conditions climatiques et la nourriture disponible. Il faut compter environ 1 an pour obtenir un adulte qui vivra encore entre un et deux ans, et qui pourra parfois jeûner entre 4 et 6 mois. Sa taille adulte varie de 8 à 10 mm[3].

Loxosceles reclusa tisse des toiles irrégulières, en forme de cône, qui lui servent de nid. Celui-ci lui sert de retraite pour la journée et est généralement construit dans un endroit calme où elle ne sera pas dérangée. Elle peut s’installer aussi bien en extérieur qu’en intérieur (caves, greniers, toilettes, placards, conduits d’air conditionné, boîtes de rangement, chaussures, etc.)[4].

Cette araignée sort la nuit à la recherche de proies. Des études récentes de l’université du Kansas ont montré que celle-ci est largement charognarde et préfère se nourrir d’insectes morts.

Loxosceles reclusa n’est généralement pas agressive, mais peut mordre lorsqu’elle est dérangée ou attaquée. Quelques personnes ont déjà été mordues dans leur lit en se roulant par inadvertance sur une araignée de ce type, d’autres en rangeant des aires de stockage de matériel[4].

Venin[modifier | modifier le code]

Dans les cas les plus graves, la morsure peut évoluer vers une nécrose des tissus touchés.

La réaction physique après une morsure d’une Loxosceles reclusa dépend de la quantité de venin injectée et de la sensibilité de l’individu mordu. Certaines personnes n’ont aucune séquelle après ce genre de morsure, mais la plupart du temps, les morsures sont très douloureuses, surtout si elles ne sont pas traitées à temps (pour bien faire, le traitement doit intervenir au plus tard dans les deux jours qui suivent la morsure, idéalement dans les 24 heures).

Le venin détruit artères et veines[5]. Dans les cas les plus graves, sa morsure peut provoquer la nécrose des tissus touchés et des infections. Les lésions observées sont généralement de type « volcanique », c’est-à-dire caractérisées par un trou dans la chair dû aux tissus sous-cutanés gangrenés qui provoquent une éruption infectieuse. Six à huit semaines de guérison sont alors nécessaires selon la surface du corps touchée.

Dans de très rares cas, la douleur peut provoquer des vomissements, des nausées, de la fièvre, des paralysies partielles. Les victimes peuvent mourir d'une défaillance circulatoire ou d'une insuffisance rénale[5].

Dans d’autres cas, généralement pour les enfants ou les gens en mauvaise condition physique, une morsure peut entraîner des séquelles physiques graves.

En cas de morsure, il est très important de consulter au plus vite un médecin ou un service d'urgence médicale.

Erreurs de diagnostic[modifier | modifier le code]

On estime qu’environ 80 % des morsures annoncées comme dues à Loxosceles reclusa sont en fait mal diagnostiquées[6]. Ces erreurs pourraient retarder l’application de traitements pour de maladies bien plus graves[7]. Bien que son utilisation ne soit pas encore systématique, il existe aujourd’hui un test Elisa fiable dans la détection du venin de Loxosceles reclusa[8],[7].

La principale raison des erreurs de diagnostic au sujet de la morsure de Loxosceles reclusa vient du fait que son symptôme principal est une nécrose de la peau[4]. Ainsi de nombreux médecins ont diagnostiqué une morsure de la recluse dans des lieux pourtant éloignés de la zone endémique de la recluse, empêchant ainsi les soins des maux réels. De nombreuses pathologies peuvent déclencher une nécrose, qu’elles soient de type infectieux (staphylocoque, herpès…) ou non (Pyoderma gangrenosum, ulcère diabétique, brûlures chimiques…). Ces dernières causes sont en général plus probables qu’une morsure de recluse, même en zone endémique[7].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Gertsch & Mulaik, 1940 : The spiders of Texas. I. Bulletin of the American Museum of Natural History, no 77, p. 307-340 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. a et b Gertsch & Ennik, 1983 : The spider genus Loxosceles in North America, Central America, and the West Indies (Araneae, Loxoscelidae). Bulletin of the American Museum of Natural History, vol. 175, p. 264-360 (texte intégral).
  3. Dermatologie pédiatrique par Susan Bayliss Mallory, Gérard Lorette ; p. 150 (extrait Google Livres).
  4. a, b et c Loxosceles reclusa sur le site de l'université de Californie
  5. a et b D'après John Timbrell, The Poison Paradox : Chemicals as Friends and Foes, Oxford University Press,‎ (ISBN 0192804952), « Natural born killers », p. 163
  6. Vetter RS, Cushing PE, Crawford RL, et al., « Diagnoses of brown recluse spider bites (loxoscelism) greatly outnumber actual verifications of the spider in four western American states. », Toxicon., no 42,‎ , p. 413-418 (lire en ligne)
  7. a, b et c (en) Swanson & Vetter, « Bites of brown recluse spiders and suspected necrotic arachnidism. », N Engl J Med, vol. 352, no 7,‎ , p. 700–7 (PMID 15716564, DOI 10.1056/NEJMra041184)
  8. (en) Gomez, Krywko & Stoecker, « A new assay for the detection of Loxosceles species (brown recluse) spider venom », Ann Emerg Med, vol. 39, no 5,‎ , p. 469–74 (PMID 11973553, DOI 10.1067/mem.2002.122914)