Lounès Matoub

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Lounès Matoub
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Lounès Matoub, peinture murale sur la façade de sa maison transformée en musée (Taourirt Moussa)

Informations générales
Nom de naissance Lwennas Meɛṭub
Naissance
Taourirt Moussa, Tizi Ouzou, Kabylie (Algérie)
Décès (à 42 ans)
Thala Bounane,
Ath Aïssi
Drapeau de l'Algérie Algérie
Activité principale Chanteur, Poète, auteur-compositeur-interprète
Genre musical Musique kabyle, Chaâbi
Instruments Voix, guitare, darbouka, mandole
Années actives 1978 - 1998
Site officiel http://matoub.rebelle.free.fr/
Statue en cire de Lounès Matoub dans sa maison transformée en musée.
(Taourirt Moussa, Algérie.)

Lounès Matoub (en kabyle : Lwennas Meɛṭub, écrit en tifinagh,ⵍⵡⴻⵏⵏⴰⵙ ⵎⴻⵄⵜⵓⴱ ou ⵎⵄⵟⵓⴱ ⵍⵓⵏⵉⵙ , Lwennas At Lewnis), communément appelé Matoub Lounès, né le à Taourirt Moussa, Kabylie (Algérie) et assassiné le à Thala Bounane, est un chanteur, musicien et auteur-compositeur-interprète Algérien d'expression Kabyle.

Il a été militant de la cause identitaire amazighe en Algérie et a apporté sa contribution dans la revendication et la popularisation de la culture amazighe et du combat pour la démocratie ainsi que pour la laïcité en Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub est né le en Kabylie à Taourirt Moussa Ouamar, un village de la tribu et actuelle commune Ait Mahmoud du cercle de Ath Douala dans la wilaya de Tizi-Ouzou (intégrée à la commune mixte Fort National, dans l'époque de l'coloniale française. Il meurt le , assassiné sur la route qui relie Tizi Ouzou et son village au lieu-dit Taberquqt à Ait Aïssi.

Depuis la sortie de son premier album A Yizem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) Lounès Matoub célèbre les combattants de l'indépendance et fustige les dirigeants de l'Algérie auxquels il reproche d'avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d'expression[1],[2]. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue Kabyle[2], Lounès Matoub est grièvement blessé par un gendarme en . Il raconte sa longue convalescence dans l'album L'Ironie du sort (1989).

Opposé au terrorisme islamiste, Lounès Matoub condamne l'assassinat d'intellectuels. Il fut enlevé le par un groupe armé, puis libéré au terme d'une forte mobilisation de l'opinion kabyle[3],[4]. La même année, il publie un ouvrage autobiographique Le Rebelle et reçoit le Prix de la Mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1995, il participe à la « marche des rameaux » en Italie pour l'abolition de la peine de mort, alors qu'en mars 1995, le Ski Club international des journalistes (Canada) lui remet le Prix de la liberté d'expression.

Le , il est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à Ath Douala (Kabyli) à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes et la Kabylie a connu plusieurs semaines d'émeutes et de deuil. Son dernier album Lettre ouverte aux…, paru quelques semaines après son assassinat, contient une parodie de l'hymne national de l'Algérie coloniale dans laquelle il dénonce le pouvoir en place.

Enfance[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub nait le au sein d'une famille humble, dans la région d'Aït Douala dans la Kabylie montagneuse, à une vingtaine de kilomètres de Tizi Ouzou. Le petit Lounès est contraint de vivre loin de son père parti en exil. Il deviendra ainsi le « petit homme » du foyer, aux côtés de sa mère et grand-mère qui occupaient ensemble leur maison à Taourirt Moussa. Après la naissance de sa sœur Malika (1963) il garda toujours son statut de « l'homme de la maison », il demeurait, alors, gâté en dépit des carences multidimensionnelles dues à la misérable situation où sombrait l'Algérie colonisée. Pour se consoler de l'absence de son père, Lounès nourrit un puissant attachement à sa mère qu'il considérait « merveilleuse ». En effet, c'était elle qui veillait aux besoins de la maison en l'absence de son mari. En ces moments rudes, la mère de Lounès endossait toutes les charges ; elle se soumettait aux exigences de la vie quotidienne, chez elle ou ailleurs, et prenait en charge son enfant. Tout en s'absorbant dans le travail, qu'il soit à la maison, aux champs… elle chantait - afin de se consoler - ce qui avait suscité chez son enfant une vigoureuse volonté de s'aventurer dans la chanson. Héritant le critère oral qui détermine la culture berbère, elle racontait à son fils, chaque soir, des contes kabyles desquels le futur chanteur acquiert un lexique d'une richesse « terrible ». Consciente de ce que vaut l'instruction, la mère de Lounès insistait pour que son fils fréquente l'école avant d'atteindre l'âge requis[5].

Scolarisé en 1961 à l'école de son village, une des vieilles écoles de Kabylie construite à la fin du XIXe siècle,il passait plus de temps dans les champs à capturer les oiseaux que dans les salles de classe .D'absences répétées en retards systématiques, il finit par être renvoyé de tous les collèges de sa région. Ses seuls bons souvenirs d'école sont ceux des pères blancs -des missionnaires catholiques- dont l'enseignement  dit-il lui a ouvert l'esprit, ne l'a pas dévoyé ou annexé.Il découvre l'histoire algérienne celle des Amazigh, la résistance de Jugurtha contre les Romains, il apprend les principes élémentaires de la République, des notions aussi fondamentales que la démocratie et la laïcité[5].

C'est en plein guerre de libération (1954-1962) que grandit lounes .En kabylie l'armée française était partout, le  village comptait trois postes militaires .la population vivait au rythme des combats, les conversations des adultes, les détails qu'ils donnaient sur la guerre le passionnaient. Tous ces récits servaient de modèle aux enfants qui avec des morceaux de bois ou de roseau, ou des morceaux de ferraille  fabriquaient  des mitraillettes et reproduisaient ces batailles. Chacun, bien sûr, voulait tenir le rôle de moudjahid   Il y avait aussi des moments plus difficiles comme les opérations de ratissage à la recherche de maquisards, les fouilles au milieu de la nuit des lieux qu'ils soupçonnait être des lieux de ravitaillement  ,les arrestations sommaires, les tortures...Mais la plus grande crainte des villageois était celle  des harkis -des gens qui trahissaient les leurs- Une fois, en rentrant de l'école, ses copains et lui avaient vu trois hommes pendus à un arbre,   des harkis, sans doute. Ils avaient été pendus par des maquisards. L'image resta gravée dans sa mémoire.. À la même période les actions terroristes de l’OAS qui tentait de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie  avaient poussé  beaucoup de Kabyles qui vivaient à Alger à retourner dans leurs villages. Lounes jugeait les habitants de la capitale hautains. il était surtout très jaloux des enfants qui avaient de vrais jouets alors que lui fabriquait tant bien que mal les siens[5].

1962-1980[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub âgé de 17 ans en 1973.
Ses débuts dans la chanson au milieu des années soixante-dix.

Lounès et sa génération assistent, en 1963, au conflit qui oppose le régime de Ben Bella, président de l'Algérie indépendante, aux officiers de la wilaya III (Kabylie) avec à leur tête Hocine Aït Ahmed président du FFS (Front des forces socialistes).Belkacem Krim, un homme politique reconnu, signataire des Accords d'Évian, se démarque de ce conflit. Matoub considérera cet antagonisme comme première déchirure de la Kabylie. Le conflit fit plus de 400 morts et près de 3000 personnes arrêtés, des centaines de militants ou sympathisants sont torturés dans les commissariats[6]. Après l'arrestation d'Ait ahmed, le président Ben Bella exulte : « Le traître Aït Ahmed vient d'être arrêté par l'armée nationale populaire,.... L'arrestation d'Aït Ahmed, c'est la joie qui pénètre dans tous les foyers d'Algérie »[7]. La stigmatisation des kabyles et l'interdiction du berbère, sa langue maternelle provoquèrent en lui un rejet de la langue arabe[5].

La lecture d'auteurs comme Descartes, Zola, Hugo, le théâtre de Racine ou la poésie de Baudelaire et des auteurs Algériens comme  Mouloud Mammeri et Mouloud Feraoun lui permirent de se forger intellectuellement, un élan stoppé alors qu'il était au lycée par la politique d'arabisation imposée du président Boumédiènne[5].

À neuf ans il fabrique sa première guitare avec un vieux bidon d'huile de voiture un manche en bois et quelques fils à pêche, il n'a jamais appris la musique à l'école : « Je n'ai jamais étudié ni la musique, ni l'harmonie. ... j'ai acquis cette oreille musicale en écoutant les anciens, en assistant aux veillées funèbres, là où les chants sont absolument superbes, de véritables chœurs liturgiques. »[5] En 1972, son père rentre au pays après 30 ans d'émigration en France et lui offre un mandole, acheté à Paris chez Paul Beuscher. Une année plus tard, au cours d'une partie de poker, il mise sur le mandole et perd sa mise. L'année suivante, il se débrouille pour s'acheter une guitare puis commence à animer régulièrement des fêtes[5]. Durant l'année 1974, alors qu'il est interne au lycée de Bordj Menaïel, il est renvoyé à plusieurs reprises par le surveillant général pour cause de mauvaise conduite. Il blesse un jeune garçon à coup de rasoir à la suite d'une bagarre qui a éclaté dans un salon de coiffure. Interpellé par la gendarmerie, il devait être relâché le lendemain. Au tribunal, Lounès a osé demander au procureur une cigarette. Ce dernier abasourdi par un tel comportement décide de l'incarcérer. Lounès purge alors un mois de prison. À sa sortie, il fait un stage de mécanique générale à Alger, après avoir été reçu à l'examen final, il enchaîne avec six mois de formation en ajustage[5].

Lounès Matoub pendant son service militaire de 1975 à 1977.

En 1975, il est appelé sous les drapeaux. Il rejoint Oran pour passer ses deux années de service militaire, il y subit le racisme et la ségrégation[8], et pour oublier, il se réfugie dans la poésie, l'écriture et la composition de chansons << C'était pour moi une façon d'échapper à tout ce qui m'entourait, à la mesquinerie ambiante et à l'étroitesse d'esprit de ceux qui me commandaient >> écrit-il. À la fin du service national il est embauché à l'économat du collège d'enseignement moyen d'Ait Douala où son père était cuisinier depuis 1972, ne prenant pas trop au sérieux son travail, il se fait renvoyer. Munis des poèmes écrits pendant et après le service militaire et des quelques notions de musique, il se lance dans la chanson. Voyant un certain succès à chacune des fêtes qu'il animait, il décide de tenter sa chance ailleurs[5]. En 1978, il vient en France. Un soir, il anime une soirée dans un café où il gagne 4 000 F, ce qui l'encourage à monter à Paris. Il se produit dans les cafés très fréquentés par la communauté émigrée kabyle. Un ami -Ramdane- lui présente le chanteur Idir qui l'invite un jour à chanter en compagnie d'autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d'un récital intitulé La nouvelle chanson berbère organisé par la coopérative Imedyazen en collaboration avec le groupe d'Étude berbère de l'Université de Vincennes. Au cours de ce concert, il fait la connaissance de Slimane Azem et Hnifa. Il réadapte même quelques-unes de leurs chansons. Il dira plus tard : « C'est au cours de ce concert que j'ai rencontré deux monuments de la chanson kabyle : Slimane Azem et H'nifa. Et je leur ai parlé ! J'étais aux anges. Aujourd'hui, ils sont morts, tous les deux. Slimane est mort en France des suites d'un cancer de la gorge, il y a une dizaine d'années. Le régime de Boumediène l'avait contraint à l'exil : ses chansons étaient jugées trop critiques à l'égard du pouvoir. Quant à H'nifa, qu'on avait surnommée « la voix d'or de la chanson kabyle », elle est morte oubliée de tous. Son corps n'a été retrouvé que plusieurs jours après son décès, dans une chambre d'hôtel minable de la proche banlieue de Paris. Triste destinée pour ce bouleversant rossignol. Que tous deux reposent en paix »[5].

Idir l'accompagne dans une maison d'édition pour faire son premier enregistrement. Premier disque, premier succès[5]. Puis les événements se précipitent.[interprétation personnelle]

1980-1988[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub en tenue para lors d'un concert à l'Olympia après les évènements du printemps berbère du 20 avril 1980

En , Matoub Lounès se produit à l'Olympia. Ce concert le contraint à suivre les événements de loin par le biais de la presse, depuis la France. Il raconte:<< Lorsque je suis entré sur la scène de l'Olympia, la guitare à la main, je portais un treillis militaire, une tenue de combat.Geste de solidarité envers la Kabylie, que j'estimais en guerre.>> [5]

<<Ces événements, je les suivais de loin, car j'étais en France à ce moment-là. Je dévorais la presse, je passais mon temps à téléphoner car je voulais être informé heure par heure de leur déroulement. J'enrageais de ne pas y participer, mais il y avait l'Olympia, et mon premier grand concert à Paris. J'étais déchiré, partagé entre le besoin d'être parmi les miens et mon engagement d'artiste.>>, il tente avec quelques militants kabyles, d'organiser une manifestation devant l'ambassade de l'état colonial d'Alger à Paris. La manifestation fut interdite, Lounès s'est fait embarqué par la police en compagnie de ses camarades en se retrouvant entassé dans des cellules minuscules. Depuis, Lounès Matoub a toujours répondu favorablement lors des célébrations du printemps berbère où il a animé plusieurs galas dans les milieux universitaires, notamment durant la décennie 80-90[5].

. En 1985 Hocine Aït Ahmed et Ben Bella - celui-là même qui l'avait condamné à mort en 1964[9] et responsable de l' impitoyable répression qui s'est abattue sur la population kabyle - se rencontrent à Londres dans l'objectif de constituer une alliance contre le régime en place . Matoub qualifie cette initiative d'absurde et aberrante. En produisant un album "Les deux compères"[10] pour exprimer son rejet à cette fallacieuse alliance, le journal Libération le qualifie de fasciste: «le fascisme d'un certain Matoub Lounès qui propose, entre deux accords de guitare, de jeter les Arabes à la mer»[5].

Il voyait dans le Mouvement culturel berbère (MCB) un cadre rassembleur. En effet, le , date d'une marche historique, il a été désigné pour remettre un rapport à l'APN (Assemblée Populaire Nationale). Lounès déplore les divisions du mouvement : « malheureusement, c'est là où le bât blesse, lorsqu'on voit le mouvement s'effriter, alors que c'est notre force de frappe et de persuasion. Pour ma part, je ne prête pas attention à ce genre de discours. Le MCB est un mouvement qui draine énormément de foules donc sujet à des exploitations. »[réf. nécessaire][11]

Matoub qui contestait le régime sous le règne de Boumédiène, garda de similaires positions pour celui de Chadli qui maintenait son indifférence à la calamité succédant le . Il lui fait grief également, à lui et son gouvernement, d'être à l'origine de ce qui s'est passé le .[réf. nécessaire]

1988-1994[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub en octobre 1988 après ses blessures par balles (clinique des orangers à Alger)
Lounès Matoub (au centre) à sa sortie d'hôpital Beaujon en France, le

Le Matoub, en compagnie de deux étudiants, à bord de son véhicule, a pris la destination de Ain El Hammam (ex Michelet) venant de l'université de Tizi Ouzou pour distribuer un tract appelant la population à une grève générale de deux journées et au calme à la suite des manifestations d'Alger. Intercepté par des gendarmes qui le suivaient, l'un d'eux tire à bout pourtant sur Lounès après l'avoir insulté tout en passant les menottes aux deux étudiants. Lounès Matoub s'effondre ; il est atteint de cinq balles dont l'une lui traverse l'intestin et fait éclater le fémur droit. Il est ensuite évacué vers l'hôpital de Ain El Hammam puis à l'hôpital de Tizi Ouzou. Ensuite il est transféré à la clinique des orangers à Alger. Il y est resté six mois avant d'être transféré en France pour des soins plus intensifs à l'hôpital Beaujon le . Six semaines plus tard, il anime un gala au stade de Tizi-Ouzou devant une immense foule alors qu'il portait des béquilles. En dix-huit mois, il a subi quatorze opérations chirurgicales.

Au cours de son séjour à la Clinique des Orangers à Alger, Isabelle Adjani lui rend visite. Deux ans plus tard il est poignardé par son voisin  dans les locaux mêmes de la gendarmerie[5].

Le , lors de la marche organisée à Alger pour exiger la vérité sur les circonstances de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, il se trouve aux côtés de Saïd Saadi et Khalida Toumi quand une bombe explose au niveau de l'hôpital Mustapha faisant deux morts et plusieurs blessés.

Le , à 21h environ, il est enlevé par un groupe armé qui le surprend dans un café-bar, pas loin de Tizi Ouzou. Son enlèvement bouleverse la Kabylie tout entière, qui se solidarise jusqu'à sa libération survenue le aux environs de 20h dans un café à Ait Yenni. Durant ces seize jours de séquestration, il est condamné à mort par un tribunal islamique. Grâce à la mobilisation de la population, il retrouve les siens sain et sauf. Cet enlèvement suscite beaucoup de spéculations, à tel point que certains l'accusent d'avoir monté un scénario lui-même pour accroître sa notoriété et sa popularité. Malgré les « tortures » psychologiques endurées pendant sa séquestration et les menaces qui pesaient sur lui, il ne cesse de chanter et continue son combat pour la cause berbère, la démocratie et contre l'intégrisme islamiste. On l'a jugé pour ses chansons. Il raconte dans son livre Rebelle le procès de déroulant dans une forêt :

« "C'est toi l'ennemi de Dieu." Je n'ai pas répondu. Ensuite, il a passé en revue tous ce qu'ils avaient à me reprocher. J'ai compris à ce moment-là que mon "procès"" se préparait. En tête des chefs d'accusation, évidemment, mes chansons. "C'est à cause de tes chansons que la Kabylie est en train de sombrer dans le néant, c'est toi le responsable." Je n'avais donc que d'autre choix que d'abandonner, je devais cesser de chanter. L'exemple, le modèle qu'ils me citaient sans cesse était celui de Cat Stevens, que tous appelaient de son nom musulman, Yusuf Islam. Ce très grand chanteur avait décidé du jour au lendemain de quitter sa vie passée pour embrasser l'islam et rejoindre " les rangs du djihad " »

En revanche, on lui reprochait ses "blasphèmes" réitérés à l'encontre de l'Islam et du Coran, La chanson qu'il avait écrite après la mort de Boudiaf, L'Hymne à Boudiaf, lui a valu une interpellation particulièrement vive : « Comment as-tu pu écrire sur ce chmata, cette saleté ? Tu ne sais pas qu'il a envoyé dix mille de nos frères dans le Sud algérien dans des camps de concentration ? » Et il le comparèrent à Salman Rushdie. Enfin le 10 octobre de la même année, après un long interrogatoire qui dura des jours, ils le libérèrent en lui confiant un message aux Kabyles.

Il était aussi un fervent supporter de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK) depuis longtemps. Il a d'ailleurs composé plusieurs chansons sur le club kabyle, bien que les dirigeants de la JSK n'étaient pas favorables à ce que ce club soit une tribune d'expression pour la revendication identitaire. Le jour de l'enlèvement de Lounès, un ami à lui tenta vainement de persuader les dirigeants de la JSK d'annuler la rencontre l'opposant à un club des Aurès (un autre club berbère), Il écrit dans son livre Rebelle :

« Un ami est allé trouver la JSK pour demander aux responsables du club d'annuler la partie. Refus. Il a proposé alors que les joueurs portent un brassard noir à la mi-temps. Nouveau refus. Ou les responsables ne se sentaient pas concernés, ou ils craignaient d'éventuelles représailles. Ils ont souvent manqué de courage. La preuve : je leur avais demandé de sponsoriser le Mouvement culturel berbère lors d'un match important. » « Leur refus a été catégorique, sous prétexte que le danger était trop grand. Le danger terroriste, bien sûr. Les dirigeants de la JSK à mon sens, ne sont pas réellement sensibles à la cause berbère. »

Le , il a été l'hôte du directeur de l'UNESCO, en présence de nombreux hommes des arts, des lettres et des journalistes lui rendant hommage pour son combat pour la démocratie. À l'issue de cette rencontre, il a remis à son hôte le coffret complet de son œuvre. Aussi, en guise de reconnaissance et de récompense pour son combat pour la démocratie, il reçoit le 6 décembre de la même année, le Prix de la Mémoire que lui décerne Danielle Mitterrand à l'amphithéâtre de l'université de la Sorbonne à Paris. Il devient le chanteur le plus médiatisé. Sa popularité ne cesse de prendre de l'ampleur. Sa carrière de chanteur s'approfondit considérablement en faisant dans l'innovation artistique. Ses dernières productions parlent d'elles-mêmes tant sur le plan musical qu'à travers les textes.

En dehors de la France où il se produit très souvent, Lounès Matoub a animé un gala le à Montréal, à l'occasion du nouvel an berbère, puis à New York le et en Californie le de la même année.

1995-1998[modifier | modifier le code]

En , il publie aux éditions Stock, à Paris, un livre sur sa vie qu'il considère comme un reflet de son parcours, il disait à propos de cela :

« cet ouvrage est la somme de toutes les souffrances passées. Mon rapt, puis ma libération grâce à la mobilisation de la population a été le déclic qui déclenché le besoin d'écrire. C'était un moment important dans ma vie. Quand j'ai été blessé, la population a été pour moi d'un grand réconfort psychologique. Par contre le dernier épisode a été très fort, très douloureux. 15 nuits de séquestration c'est 15 morts consécutives. J'en garde encore des séquelles. C'est ce qui m'a motivé pour écrire ce livre. L'écrit reste comme un témoignage impérissable du péril islamiste auquel certains osent trouver des circonstances atténuantes et vont même jusqu'à le soutenir. »

Deux années après ce succès, en 1997 le rebelle rencontrera Nadia qui deviendra sa troisième femme. Le 25 juin de l'année suivante, revenant de Tizi Ouzou, afin de rentrer chez lui en compagnie de sa femme et ses belles sœurs, Lounès Matoub fut assassiné par un groupe armé qui l'assaillirent en tirant sur son véhicule d'une bourrasque de balles de kalachnikov. Tel un coup de tonnerre, l'information jaillissait de partout la Kabylie. Une grande révolte des populations de Lounès succéda à sa disparition.

Bouleversé par les événements, attaché par fidélité à son combat et contraint de mener sa vie telle que voulue pour cause d'insécurité, telle était la situation dans laquelle s'était retrouvé Lounès Matoub. C'est son choix :

« Moi j'ai fait un choix. Tahar Djaout avait dit : "il y a la famille qui avance et la famille qui recule". J'ai investi mon combat aux côtés de celle qui avance. Je sais que je vais mourir. Dans un, deux mois, je ne sais pas. Si on m'assassine, qu'on me couvre du drapeau national et que les démocrates m'enterrent dans mon village natal Taourirt Moussa. Ce jour-là, j'entrerai définitivement dans l'éternité. »

De par ses textes, ses chansons, ses interventions… nul ne peut nier ni le talent de Lounès dans la chanson, ni son combat pour une Algérie debout, ni son militantisme zélé pour l'aboutissement de la revendication identitaire.

Dans son dernier album, il reprend l'hymne national à sa manière, malgré les dangers auxquels il s’exposait :

« Je sais que ça va me valoir des diatribes, voire un enfermement, mais je prends ce risque, après tout il faut avancer dans la démocratie et la liberté d'expression. »

Il était aussi un fervent défenseur du système fédéral qu'il considérait comme solution à tous les maux de l'Algérie :

« Le régionalisme est une réalité politique, il s'agit de l'assumer dans un système fédéral. L'histoire a façonné le peuple algérien suivant des composantes distinctes, qui expriment aujourd'hui des aspirations contradictoires. Il faut dédiaboliser cette notion de fédéralisme qui est une forme d'organisation très avancée. Régionaliser, c'est donner plus de pouvoir aux régions. C'est pour le bien de tout le pays. Plusieurs exemples dans le monde montre l'efficience de cette forme d'organisation ».

Engagement[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub s'est toujours battu contre deux fronts, d'un coté le pouvoir corrompu qui était et qui est toujours en place depuis 1962 (ce pouvoir exerçant une politique d'arabisation de l’Algérie et utilisant les diversités de ce pays pour diviser le peuple algérien afin de mieux régner), et d'un autre coté les islamistes à qui Lounès reproche l'assassinat d'intellectuels et leur volonté d'appliquer la charia en Algérie. Il fut enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe islamique armé), puis libéré par la pression exercée par la mobilisation de toute la Kabylie. La même année, il publie un ouvrage autobiographique, Rebelle, et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

Ses chansons révèlent que Lounès Matoub était partisan de la laïcité et de la démocratie, et s'est fait le porte-parole des laissés-pour-compte et des femmes. Il se disait être un « Algérien autochtone de ce pays ».

Il s'oppose à la politique d'arabisation de l'Algérie. Il parle le kabyle, le français, et comprend l'arabe algérois sans l'employer.

En 1998, il sort les albums Tabratt i lḥukem et Ilḥeq-d zzher. Ces derniers sont de genre chaâbi. Il y dénonce la lâcheté et la stupidité du pouvoir algérien. Le morceau Tabratt i lḥukem de l'album éponyme, est construite en « kacide » (enchaînement de musiques différentes). Le dernier morceau est une parodie de Kassaman, l'hymne national algérien.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Le 06 décembre  1994 à Paris Mme Danielle Mitterrand Présidente de La Fondation   France Libertés remet à  Matoub Lounes le Prix de la Mémoire .
  • Le 22 mars 1995, l'organisation des journalistes canadiens SCIJ lui décerne Le Prix de la Liberté d'Expression.
  • Le 19 décembre  1995 il reçoit Le Prix Tahar Djaout de La Fondation Nourredine Abba [12]

Mort[modifier | modifier le code]

La Mercedes-Benz W124 de Lounès Matoub criblée de balles lors de son assassinat le 25 juin 1998 à Thala Bounane (Kabylie)
Tombe de Lounès Matoub située à côté de sa maison à Taourirt Moussa (Kabylie)

Lounès paraissait nerveux en cette journée du 25 juin 1998, attablé en compagnie de son épouse et de ses deux belles sœurs au Concorde, un grand restaurant de Tizi Ouzou c'est  à peine s'il a touché  à son assiette. Sitôt le repas avalé  tout le monde repart vers Taourirt moussa .La route qui connait un trafic chargé   à la mi-journée est vide. À 150 mètres du village de Talat Bounane à l'approche  d'un virage serré la voiture de  Lounès Matoub est prise sous le feu d'hommes armés postés sur les deux côtés de la route , sur la carrosserie on relèvera 78 impacts de balles. Matoub est touché de 7 balles, dont 2 mortelles.la nouvelle de la mort du "Rebelle" se propage dans toute la kabylie. À Tizi ouzou  une foule en furie  assiège l'hôpital où se trouve le corps.Les jeunes s'en prennent aux symboles du régime  l'identité des assassins ne fait pas de doute  pour eux  ils crient: «Pouvoir assassin!»[13].  Quelques heures après cet assassinat, Nordine Aït-Hamouda intervient dans plusieurs médias internationaux ( France Info, LCI) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA. Malika Matoub, la sœur de Lounès, déclare sur France 3 : « la question ne se pose pas. Ce sont les islamistes. C'est le GIA »[14].  Le lendemain de l'attentat c'est  toute la Kabylie qui s'embrase  pendant plusieurs jours elle est le théâtre de violentes manifestations et des émeutes  un bilan officiel fit état de trois morts et de nombreux blessés[15].  

A Talat Bounane, lieu de l'embuscade, une poignée de villageois commence à parler.Ils révèlent avoir signalé à maintes reprises à la gendarmerie la présence d'étrangers armés se promenant en plein jour dans le secteur, Renvoyés par les gendarmes  ils décident  trois jours avant l'assassinat de faxer une pétition aux autorités coloniales Algériennes et à Amnesty international . Ils avaient aussi remarqué des voitures visiblement en repérage et un groupe de trois civils armés menant des opérations au même endroit. Le matin même de l'assassinat, vers 11 heures, les gendarmes de Beni Douala ont fait le tour des habitations. Aux commerçants, ils demandent de fermer. A tous, ils ordonnent de ne pas sortir ou, mieux, de quitter le secteur, affirmant qu'il allait y avoir un ratissage. Vers midi, juste avant l'assassinat des gendarmes se sont mis à dévier   la circulation (au niveau de Beni-Aissi) et à Tala Bounane:seule la Mercedes noire de Lounès sera autorisée à emprunter cette route sur laquelle elle sera mitraillée quelques minutes plus tard.Certains villageois décident d'aller témoigner à la Brigade. Ils ne sont pas reçus. Cinq jours après, les six gendarmes sont mutés[16].  Le 30 juin 1998  Dans un communiqué transmis à l'AFP, une fraction du GIA de Hassan Hattab  revendique l'assassinat[17]. Quelques jours plus tard, dans une interview accordée à L' Evénement du Jeudi du 22 au 29 juillet 1998, Malika Matoub revient sur ses déclarations initiales, elle n’exclut pas la possibilité d’un assassinat commis par «un groupe armé manipulé par une frange du pouvoir »[18].Le jeudi 8 octobre 1998, le quotidien El Watan rapporte que les assassins présumés de Lounès Matoub ont été identifiés par les services de sécurité[15]

Qui a tué Matoub ?[modifier | modifier le code]

Jeudi 2 septembre 1999:  le Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), un groupe de militaires dissidents de l'armée algérienne, diffuse sur Internet un communiqué[19] selon lequel l’assassinat de Matoub Lounès aurait été  commandité par   à un groupe de généraux algériens (Mohamed LamariI, Mohamed TouatiI, Fodhil Cherif, Mohamed Ghenim, Mohamed Mediène et Smain Lamari) pour déstabiliser le président Zéroual et le pousser au départ. Des allégations qui se baseraient sur un enregistrement audio d'une rencontre   entre des officiers supérieurs de l'ANP (le général Mohamed Touati et  le colonel M. Fergani Alias Merzak) et des représentants du RCD ( Noureddine Aït-Hamouda et Khalida Messaoudi) [20]

L'enquête de Jean-Baptiste Rivoire et Michel Despratx dans le reportage réalisé par la chaîne de télévision française Canal+, dans le cadre de son émission 90 minutes, consacré à l’affaire Matoub et intitulé « la grande manip », montre que contrairement à la thèse officielle qui avait désigné le GIA, le meurtre serait en fait un complot organisé par un groupe de généraux algériens pour déstabiliser le président Zéroual. Les témoignages de Malika et Nadia Matoub accusent Nordine Aït-Hamouda de vouloir imposer à l’opinion la thèse du GIA dans l’assassinat de Matoub. Ainsi Malika Matoub affirme être félicitée par Nordine Aït-Hamouda pour avoir soutenu que le GIA était le responsable de l’assassinat. Il lui aurait même proposé de lui faire rencontrer des personnes du haut commandement militaire qui sont satisfaits de ses déclarations. Nadia Matoub, affirme néanmoins que des éléments du RCD lui avaient promis des visas pour elle et ses sœurs ; en contrepartie, elle devait tenir une conférence de presse à Tizi-Ouzou pour laquelle ils lui ont rédigé la déclaration préliminaire qui disait en substance que les assassins étaient des éléments du GIA[21].

Legs[modifier | modifier le code]

Maison de Lounès Matoub à Taourirt Moussa, transformée en musée

Une fondation portant le nom du chanteur a été créée par ses proches pour perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur l'assassinat et promouvoir les valeurs d'humanisme défendues pendant la vie de Lounès Matoub.

Pour lui rendre hommage, de nombreuses communes ont choisi d'inaugurer une rue de la ville portant le nom de Lounès Matoub en France :

Une maison du quartier (inaugurée en octobre 2002) et une crèche portent aussi son nom dans la ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

En 2001, le groupe corse Canta U Populu Corsu lui rend hommage dans l'album Rinvivisce.

Discographie[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Lounès Matoub se compose de 28 albums (ou 34 volumes).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie de Matoub Lounès », sur music-berbere.com/ (consulté le 18 avril 2016)
  2. a et b « Tizi Ouzou : hommage à Matoub Lounès | », sur lecourrier-dalgerie.com (consulté le 30 mars 2016)
  3. « Kidnapping de Matoub Lounes septembre 1994 » (consulté le 18 avril 2016)
  4. « La liberté de Matoub Lounès », sur Libération.fr (consulté le 3 mars 2016)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Matoub Lounès et Véronique Taveau, Rebelle, Stock,‎ , 306 p. (ISBN 978-2234044401)
  6. Abdelhafidh YAHA, FFS CONTRE DICTATURE (ISBN 978-9931-315-15-5)
  7. « M. BEN BELLA : la joie pénètre dans tous les foyers d'Algérie. », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  8. « Lounès Matoub: parler et ne pas mourir », sur L'Humanité (consulté le 25 mars 2016)
  9. « Mort de l'opposant algérien Ait-Ahmed », sur leparisien.fr (consulté le 11 mars 2016)
  10. Mohammed Yefsah, « Lounès Matoub et ses chansons: l'Algérie embrase le cœur, l'Algérie attise la raison », Nouvelle Revue Synergies Canada, vol. 0,‎ (ISSN 2292-2261, lire en ligne)
  11. Djaffar Chilab, « Matoub, sa derniere interview », Le Matin, no 2169,‎ (lire en ligne)
  12. « Lounès Matoub »
  13. « GRAND ANGLE. Le pouvoir a-t-il participé à l'assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounès, en 1998? Enquête sur une instruction fantôme. Enigme à l'algérienne. Qui a commandité, qui a manipulé les assassins de Matoub Lounès, héros kabyle disparu le 25 juin 1998? Qui sont ces «coupables» qu'on exhibe à la télévision, ou qui disparaissent sans laisser de traces? «Libération» a enquêté: le dossier d'instruction est presque vide, et des secteurs proches du pouvoir semblent impliqués. », sur Libération.fr (consulté le 1er avril 2016)
  14. « Matoub Lounès assassiné », sur L'Humanité (consulté le 1er avril 2016)
  15. a et b « Les assassins présumés du chanteur berbère Lounès Matoub auraient été identifiés », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. Lounis Aggoun et Jean-BaptisteRivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d'États, La Découverte,‎ , 686 p. (ISBN 9782707147479)
  17. « Une fraction des GIA revendique l'assassinat de Lounès Matoub », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  18. Algeria-Watch, « Procès contre Malika Matoub le 13 mai 2003 », sur www.algeria-watch.org (consulté le 16 avril 2016)
  19. « Algérie: Chronologie d’une tragédie cachée ( 11 janvier 1992 - 11 janvier 2002 ) », sur www.algeria-watch.org (consulté le 7 mai 2016)
  20. « ARMEE NATIONALE POPULAIRE ANP: L'Affaire Matoub Lounès », sur www.anp.org (consulté le 7 mars 2016)
  21. « Une mort annoncée », sur Libération.fr (consulté le 7 mars 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Lounès Matoub (en collaboration avec Véronique Taveau), Rebelle, Éditions Stock, 1995, (ISBN 2234044405)
  • Malika Matoub, Matoub Lounès, mon frère, Éditions Albin Michel, 2000, (ISBN 2226108327)
  • Nadia Matoub, Pour l'amour d'un rebelle, Éditions Robert Laffont, 2000, (ISBN 222109185X)
  • Lounès Matoub (présentation et traduction de Yalla Seddiki), Mon nom est combat, Éditions La Découverte, 2003 (ISBN 2-7071-4093-7)
  • Abderrahmane Lounès, Le barde flingué, Éditions Publisud, 2006, (ISBN 2866009975)
  • Abderrahmane Lounès, Le testament, Éditions Publisud, 2006, (ISBN 2866009983)
  • Rachida Fitas : Matoub Lounes. Tafat N-wur&u. (lumiere de brulure) (tome I). Édition Mehdi, Tizi-Wezu, 2004. ISBN 9961-834-14-3.

Toute l’œuvre est bilingue : tamazight/français.

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Rachida Fitas, Tentative d’approche du fonctionnement de la métaphore dans l’œuvre poétique de Matoub Lounès, Mémoire de Magister, Université Mouloud Mammeri-Tizi-Ouzou, 2011