Louise Van den Plas

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Louise van den Plas
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Féministe, suffragiste, écrivaine, éditriceVoir et modifier les données sur Wikidata

Louise Van den Plas, née à Bruxelles (Belgique) le , morte à Willaupuis (Belgique) le était une féministe catholique belge, fondatrice le du premier mouvement féministe catholique de Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise Van den Plas, nait dans une famille aisée de Bruxelles, son père Jean-Baptiste Van den Plas, est le cousin germain et le secrétaire particulier du banquier catholique André Langrand-Dumonceau. Impliqué dans la gigantesque faillite frauduleuse de celui-ci[1], proclamée le , qui entrainera la ruine de nombreuses familles catholiques notables, Jean-Baptiste Van den Plas et sa famille passe une partie du temps en France.

Louise Van den Plas découvre le féminisme par la lecture du Catéchisme des femmes, de Louis Frank, puis par les écrits de Marie de Villermont (1898).

En à Bruxelles, elle rencontre Marie Duclos, fondatrice avec Marie Maugeret de l’association féministe catholique française « Le Féminisme chrétien ». Elle se rend à Paris pour étudier ce mouvement puis, sur les conseils de Marie Duclos, elle prend contact à Bruxelles avec le journaliste Belge René Henry et avec un ami de ce dernier, René Colaert, membre de la Chambre.

Ces derniers sont d’autant plus intéressés à la situation des femmes que la Belgique s’achemine vers le suffrage universel et que l’élargissement du corps électoral pourrait profiter aux socialistes. Ces derniers ayant l’intention de faire voter en faveur du suffrage féminin et il était à craindre que leur audience s’accroisse auprès des femmes[2].

Sur la brèche, des groupes féministes de plusieurs tendances politiques, créent en une Union féministe pour peser en faveur du suffrage féminin. Louise Van den Plas saisit cette occasion pour y représenter l’élément catholique. Le Féminisme chrétien de Belgique est fondé le .

Le Féminisme chrétien entend améliorer les droits des femmes et promouvoir le féminisme auprès des Catholiques dans le respect de la constitution catholique de la famille[3]. Il s’appuie sur une revue mensuelle – Le Féminisme chrétien de Belgique –, ouvre des sections locales et donne des conférences.

Avec d’autres organisations féministes, le Féminisme Chrétien fait compagne en faveur de la recherche de paternité, l’entrée des femmes dans les conseils de famille et la gestion de tutelle et la capacité civile complète des femmes ayant obtenu la séparation de corps. Elle obtiendra par ses seuls efforts l’acceptation du témoignage féminin aux actes d’état civil (1908). Elle réclame l’égalité des barèmes des instituteurs et des institutrices et appuie les luttes du syndicalisme féminin de Victoire Cappe.

Le Féminisme chrétien se joint à la campagne pour l’électorat et l’éligibilité des femmes aux conseils de prud’hommes et permet l’apport de voix catholiques nécessaires à l’adoption de la loi (1910). Louise Van den Plas emporte la sympathie d’une partie des journaux catholiques et de la Ligue Démocratique Belge en faveur du suffrage des femmes. Elle affirme que les femmes apporteraient un regard particulier sur les questions touchant à la morale publique, à l’alcoolisme et à l’école ; elle sait aussi s’appuyer sur les sentiments anti-socialistes. Le , le Féminisme Chrétien fonde la Ligue catholique du suffrage féminin, avec le concours de Cyrille Van Overbergh. La Ligue initie une importante pétition en , signée par Louise Van den Plas et à sa suite par plusieurs groupes féministes qui créeront ensemble le mois suivant la Fédération suffragiste.

Pendant la première guerre mondiale, la publication du Féminisme chrétien est suspendue et Louise Van den Plas fonde l’Union patriotique des femmes belges avec la libérale Jane Brigode et Marguerite Nyssens[4], pour l’aide matérielle en faveur des femmes. Lors du Discours du Trône de où seul le suffrage masculin est évoqué, Louise Van den Plas ainsi que Jane Brigode se mobilisent pour le suffrage féminin. [5]

Au sortir de la guerre, la revue reparaît et Louise Van den Plas se voit offrir une tribune libre dans le quotidien Le Soir de 1921 à 1940.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1904 : Pourquoi les chrétiens doivent être féministes, Bruxelles
  • 1905-1940 : Le Féminisme chrétien de Belgique : revue mensuelle publiée à Bruxelles entre et , interrompue pendant la guerre de 1914-1918 jusqu'en [6].
  • 1922 : Féminisme. Souvenirs de vingt ans d'efforts, Bruxelles
  • Boel M. & Duchene C., Le féminisme en Belgique, 1892-1914, Bruxelles, 1955.
  • Gerin Paul, Louise Van den Plas et les débuts du « Féminisme chrétien de Belgique », Revue belge d’histoire contemporaine, 1969, n°2, 254-275.
  • Joset Camille, Le bon féminisme, Arlon, Éditions de l'Avenir du Luxembourg, 1904.
  • Keymolen Denise, Victoire Cappe. 1886-1927 : une vie chrétienne, sociale, féministe, Presses universitaires de Louvain : Bruylant-Academia, 2001
  • Keymolen Denise, « Van den Plas, Louise, Marie, Joséphine », dans : Nouvelle biographie nationale, 1,1988, pp. 339-343.
  • Keymolen Denise e.a., Pas à pas: L'histoire de l'émancipation de la femme en Belgique, Service d'État à l'émancipation sociale, Bruxelles, 1991
  • Keymolen Denise, « van den Plas, Louise, Marie, Joséphine », in Eliane Gubin, Catherine Jacques, Valérie Piette, Jean Puissant (dir.), Dictionnaire des femmes belges, XIXe-XXe s., Bruxelles : Racine, 2006, p. 544-547.
  • Peeters Denise, Féminisme chrétien. Les femmes dans l'Église catholique en Belgique, in L. Courtois e.a., Femmes des années 1980, Un siècle de condition féminine en Belgique 1898-1989, Louvain-la-Neuve, 1989, pp. 221-228.
  • Van Rokeghem Suzanne, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2006, p.83.
  • Verschoren M., Louise Van den Plas (1877-1968) en haar christelijk-feministisch engagement voor 1914, Mémoire de licence, Louvain, 1996.
  • Zelis G. & Stessel M., Le travail de la femme mariée en Belgique durant l'entre deux-guerres : travail salarié ou travail ménager ? Le discours des organisations chrétiennes, in L. Courtois e.a., Femmes des années 1980, Un siècle de condition féminine en Belgique 1889-1989, Louvain-la-Neuve, 1989, pp. 63-72

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denise Keymolen, « Van den Plas, Louise, Marie, Joséphine », dans : Dictionnaire des femmes belges, Bruxelles, 2006, p. 544 : « En raison des déboires de son père, Jean-Baptiste, impliqué dans la faillite frauduleuse de son cousin, le banquier Langrand-Dumonceau, la famille passe une partie du temps en France, où Louise pratique, en autodidacte, la lecture, les arts décoratfs et la musique ».
  2. GERIN Paul, « Louise Van den Plas et les débuts du “Féminisme chrétien de Belgique” », Revue Belge d’Histoire Contemporaine, 1969, n°2, 254-275.
  3. Ce qui est à la fois une conviction intime de la part de la fondatrice et une précaution indispensable devant les attaques qu'elle subira, particulièrement du prédicateur François-Xavier Godts dans son ouvrage de 1903
  4. Éliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges: XIXe et XXe siècles, Racine, , 456 p. (EAN 9782873864347), p.79-81
  5. Catherine Jacques, Le féminisme en Belgique de la fin du 19e siècle aux années 1970
  6. GERIN Paul, « Louise Van den Plas et les débuts du “Féminisme chrétien de Belgique” », Revue belge d’histoire contemporaine, 1969, n°2, p. 261, note 45

Source[modifier | modifier le code]

Paul Gerin, « Louise Van den Plas et les débuts du «Féminisme chrétien de Belgique» », Revue belge d’histoire contemporaine, 1969, n°2, 254-275.

Liens externes[modifier | modifier le code]