Louise Lateau

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Louise Lateau
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Louise Lateau (sketch de 1875)

Naissance
Bois-d'Haine Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 33 ans)
Bois-d'Haine Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité belge
Pays de résidence Belgique
Activité principale
Femme au foyer

Compléments

Louise Lateau est connue pour avoir reçu les stigmates de la Passion du Christ

Louise Lateau, née le à Bois-d'Haine, près de La Louvière (Belgique) et décédée le à Bois-d'Haine, est une stigmatisée et mystique[1]. belge du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née troisième enfant dans une famille gravement indigente (orpheline de père et mère illettrée), Louise Lateau connaît la faim et la misère dès son enfance. Sa mère faillit mourir en la mettant au monde, et resta alitée deux ans et demi avant d'être rétablie. Son père meurt de la variole dix semaines après sa naissance, Louise contracta également cette maladie et fut sauvée de justesse[2]. La situation s’améliore quelque peu lorsque sa mère, remise reprend du travail comme fille de ferme, et la sœur aînée est placée comme aide-couturière.

En 1866, Bois d’Haine est touché par une épidémie de choléra. À la demande du curé, Louise Lateau assiste les malades avec dévouement et sans crainte de la contagion, même lorsqu’il s’agit d’enterrer les morts. Elle est reçue dans le Tiers-ordre franciscain en décembre 1867.

Stigmates[modifier | modifier le code]

Peu après, et alors qu’elle fait un chemin de croix à l’église elle est comme saisie d’un grande lumière et de douleurs intérieures. Plusieurs fois les mêmes sensations se produisent. Sa santé se détériore au point qu’on craint pour sa vie : elle reçoit les derniers sacrements le 15 avril 1868.

À partir du 24 avril les douleurs se répètent chaque vendredi et du sang commence à couler de son côté gauche et de ses pieds[3]; Le 8 mai, du sang s'échappa des deux mains; le 25 septembre, la stigmatisation se complétait par l'apparition sur le front de quatre petites taches de sang comme provenant de quatre piqûres d'épingle[4]. En avril 1882, des traces de Flagellations apparurent sur son corps. Louise Lateau porte ce que l’on appelle dans la tradition mystique chrétienne les stigmates de la passion du Christ.

Toutes ces plaies apparaissent sans cause apparente dans la nuit du jeudi au vendredi et disparaissent la nuit suivante. Cela se répétera tous les vendredis jusqu'à sa mort en 1883. Pour le reste Louise Lateau continue à travailler dur pour sa famille[5].

Extases[modifier | modifier le code]

Le 17 juillet 1868 le phénomène du saignement des stigmates est accompagné d’une extase, qui reviendra chaque vendredi sous formes d’accès, pouvant atteindre un total de 8 heures. Le premier accès avait lieu le matin à 6h00, après la distribution de la communion, un deuxième se produisait vers 14h00[6].

Durant les extases, elle était complètement absente, elle n’avait plus la moindre perception des événements se produisant dans son entourage. Elle pouvait rester en contemplation pendant des heures, généralement son visage exprimait de la joie mais aussi de la peur et de la tristesse, elle changeait de position et se déplaçait dans la pièce. L’extase prenait fin après le mime de la crucifixion et de l’agonie du christ[7].

Elle était insensible à la douleur et aux appels, mais elle pouvait brièvement en sortir, à la suite d'une demande du curé de Bois-d'Haine ou de certains ecclésiastiques. Louise gardait en mémoire ce qu’elle voyait : des visions de la passion du Christ, de la Vierge Marie et de saints[7].

Cela ne manque pas d’inquiéter sa mère et ses sœurs qui la croient évanouie. Comme pour les stigmates Louise aura des extases jusqu'à la fin de sa vie.[réf. nécessaire]

Abstinence de nourriture[modifier | modifier le code]

Pour le reste rien que du très ordinaire dans la vie de Louise Lateau qui continue à vivre avec mère et sœurs et à travailler pour sa famille. Ces phénomènes peu banals, quelle que soit la discrétion de la stigmatisée, commencent cependant à être connus et à attirer l’attention d’autant plus que, à partir de 1871, elle cesse de manger, boire et dormir... La seule nourriture qu’accepte son estomac est le pain eucharistique reçu durant la messe quotidienne[8].

Enquête ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Dès la fin de l’année 1868 l’évêque de Tournai, Gaspar-Joseph Labis, ouvre une enquête canonique. La commission faite d’ecclésiastiques, d’un laïc (le ministre d’état Adolphe Dechamps) et d’un médecin (le docteur Lefebvre de l’Université de Louvain) reconnaît la sincérité de la personne et l’authenticité des faits et conclut que la science ne trouvait aucune explication rationnelle à ce que vivait Louise Lateau[9]

Enquête scientifique[modifier | modifier le code]

La presse aidant et amplifiant les faits la notoriété de Louise Lateau va grandissant et dépasse rapidement les frontières de la Belgique. Des visiteurs viennent de partout et même de Russie et d’Amérique pour ‘voir’ la stigmatisée dans sa modeste maison de Bois-d'Haine. Les polémiques ne manquent pas non plus. Les mondes scientifique et médical veulent mettre les choses au clair.

L’Académie royale de médecine de Belgique ouvre une enquête en 1874[10]. Durant 5 mois, Louise Lateau accepte de se soumettre à de nombreuses expériences telles que voulues par des experts nommés par l’Académie. Les conclusions de la commissions sont publiés en 1875 : Il n’y a aucune supercherie sur les stigmates et les extases, le docteur Warlomont, attribue les phénomènes présentés à une maladie, de l'ordre des névroses. L'inédie et la cessation de sommeil ne sont pas médicalement attestées par la commission, cette dernière n'avait pas la possibilité d'effectuer une surveillance permanente dans la maison familiale; Les experts de la commission préconisèrent une observation de plusieurs jours à l’hôpital[11],[12].

Mort de la stigmatisée[modifier | modifier le code]

Par les conseils qu’elle donne, et dont la sagesse est reconnue, Louise est mêlée indirectement au conflit qui oppose, dans les années 1880, l’évêque de Tournai démissionnaire, Edmond Dumont, à son successeur. Elle meurt à la suite d’une longue agonie le 25 août 1883.

Souvenir et vénération[modifier | modifier le code]

  • Le tombeau de Louise Lateau, derrière l'église de Bois d'Haine, est visité par de nombreux pèlerins. Des témoignages de ‘miracles’ circulent. Cependant l’Église prit tout son temps avant d'ouvrir l'enquête diocésaine préliminaire qui pourrait conduire à sa béatification. En 1990 Mgr Huard, évêque de Tournai ouvre officiellement la ‘cause’ de Louise Lateau. Le 5 mars 2009, Le Saint-Siège donne une réponse négative à la poursuite de la cause[13].
  • Une rue de Bois-d'Haine porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louise Lateau de Bois d’Haine. Sa vie. - Ses extases. - Ses stigmates. Étude médicale par le Dr F. Lefebvre". Louvain, Ch. Peeters, éditeur. 1870 (seconde édition 1873). 395 pages.[1]
  • Antoine Imbert-Gourbeyre, Louise Lateau de Bois d'Haine, Paris, Victor Palmé, 1873.
  • Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446].
  • Armand Thiéry, Nouvelle biographie de Louise Lateau d’après des documents authentiques, (3 vol.), Louvain, 1915-1921.
  • Maria Didry et A. Wallemacq, Belgian mystic of the Nineteenth century: Louise Lateau of Bois d’Haine, 1850-83, London, 1931.
  • Fr. Izard (tr.), La Stigmatisée belge : la servante de Dieu, Louise Lateau de Bois d’Haine, Louvain, 1947.
  • Pierre Guelff, Curieuse histoire d'une stigmatisée, Jourdan 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.millon.com/collections/religion/golgotha/imbertgourbeyretm.html
  2. Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446]. p. 10
  3. Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446]. p. 15
  4. Antoine Imbert-Gourbeyre, Louise Lateau la stigmatisée de Bois d'Haine, Paris, V. Palmé, 1873, page 22.
  5. Pierre Guelff, Curieuse histoire d'une stigmatisée, Jourdan, 2011
  6. ↑ Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446]. p. 25
  7. a et b Antoine Imbert-Gourbeyre, Louise Lateau la stigmatisée de Bois d'Haine, Paris, V. Palmé, 1873
  8. http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-467992-la_servante_de_dieu_louise_lateau_02.html
  9. Antoine Imbert-Gourbeyre, Louise Lateau la stigmatisée de Bois d'Haine, Paris, V. Palmé, 1873, page 21.
  10. Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446].
  11. 'Louise Lateau. Rapport médical sur la stigmatisée de Bois d’Haine, fait à l’Académie royale de médecine de Belgique au nom d’une commission, par le Dr Warlomont, Bruxelles, C. Mucquardt, 1875 (Paris, J. P. Baillière et fils, 1875), 195 p. [BNF M-36446]
  12. Pierre Vercelletto, Réflexions sur les stigmates, L'harmattan, 2005.
  13. Pierre Guelff, Curieuse histoire d'une stigmatisée, Jourdan 2011. p. 144-145

Liens externes[modifier | modifier le code]