Louise Colet

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Louise Colet
Description de cette image, également commentée ci-après

Louise Colet.

Nom de naissance Louise Révoil de Servannes
Naissance
Aix-en-Provence
Décès
Paris
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Louise Colet, née Révoil de Servannes à Aix-en-Provence le [1] et morte à Paris le , est une poétesse et écrivaine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Âgée d’une vingtaine d’années, Louise Révoil[2] épouse Hippolyte-Raymond Colet, un musicien académique, en partie afin d’échapper à la vie provinciale et de résider à Paris.

À son arrivée à Paris, Louise Colet commence à publier ses poèmes et obtient bientôt le prix de l’Académie française d'un montant de deux mille francs, le premier de quatre prix de l’Académie qu’elle obtiendra. Dans son salon littéraire du no 2 rue Bréda[3] elle a fréquenté nombre de ses contemporains du monde littéraire parisien, tels que Victor Hugo, Musset, Vigny, Baudelaire, ainsi que de nombreux peintres et des politiciens[4].

En 1840 elle met au monde sa fille Henriette, mais ni son mari Hippolyte Colet, ni son amant Victor Cousin n’acceptent d’en reconnaître la paternité. Le journaliste Alphonse Karr révèle dans un pamphlet la liaison adultère. Furieuse, Louise Colet l'agresse avec un couteau de cuisine qu'elle lui plante dans le dos. Karr s'en tire avec une égratignure, et avec élégance renonce à porter plainte au grand soulagement de Victor Cousin[5]. Elle devient ensuite la maîtresse de Gustave Flaubert (encore inconnu du public[4]), d'Alfred de Vigny, d’Alfred de Musset et d’Abel Villemain.

En 1844, Louise Colet publie une traduction des Œuvres choisies de Tommaso Campanella. Dans les années 1840 et 1850, ses œuvres sont plusieurs fois couronnée par de nombreux prix littéraires prestigieux, notamment le Prix de l'Académie française.

Après la mort de son mari à Paris, le 21 avril 1851, Louise Colet et sa fille subsistent grâce à ses écrits et à l'aide de Victor Cousin. Elle est inhumée à Verneuil-sur-Avre (Eure)[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

Bien que jouissant d'une célébrité personnelle et d'un succès littéraire certains à son époque, l’œuvre de Louise Colet a connu un certain déclin au cours du XXe siècle, absente de la plupart des manuels d'histoire littéraire[4]. Sa rupture difficile avec Gustave Flaubert à partir de 1856 pourrait y être pour quelque chose, celui-ci ayant dès lors dénigré fermement l’œuvre de son ancienne maîtresse, que d'autres comme Victor Hugo acclamaient[4]. On note cependant un certain regain d'intérêt à l'aube du XXIe siècle pour cette œuvre et ce personnage original, avec notamment des rééditions de certains de ses romans comme Un drame dans la rue de Rivoli et Une Histoire de soldat aux éditions Archipoche[4].

Le 26 mai 2014, le conseil municipal de Grenoble décide l'appellation d'un nouveau square dans le quartier Vigny Musset du nom de Louise Colet[7].

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francine du Plessix Gray : Mon cher volcan, ou, La vie passionnée de Louise Colet, J.-C. Lattès 1995, ISBN 978-2-7096-1567-9
  • Gustave Flaubert : Lettres à Louise Colet sur le site de la Bibliothèque électronique de Lisieux ; et Magnard 2003, ISBN 978-2-210-75462-1
  • Joëlle Gardes, Louise Colet : Du sang, de la bile, de l'encre et du malheur, Éditions de l'Amandier, , 184 p. (ISBN 978-2-35516-275-6, lire en ligne)
  • Louise Colet, Un drame dans la rue de Rivoli, suivi d’Une histoire de soldat, préface de Joseph Vebret, Archipoche, coll. « Classiques d’hier et d’aujourd’hui », 2014, 315 pages.
  • Micheline Bood - Serge Grand : L'Indomptable Louise Colet, Horay, 1986

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Le musée Calvet d'Avignon possède un fonds Louise Colet, dont un médaillon en bronze de Franz Woltreck (1800-1847), un autre médaillon en bronze d’Hippolyte Ferrat, réplique de celui de la tombe de son époux au cimetière de Montmartre, Paris.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'acte de naissance de Louise Revoil (consultable en ligne sur le site des archives départementales des Bouches-du-Rhône) est daté du 17 août 1810. L'écriture des actes dans les registres d'état-civil étant toujours strictement chronologique, et cet acte de naissance se trouvant intercalé entre les actes du 15 et du 17 septembre, l'officier d'état-civil a commis une erreur de rédaction sur le mois, Louise Colet est donc née au mois de septembre.
  2. Son père, Antoine Révoil, fils de commerçants lyonnais, devenu Directeur des Postes sous la Révolution à Aix-en-Provence, a épousé Henriette Leblanc héritière du château de Servanes situé à Mouriès, au pied de l'Oppidum des Caisses de Jean-Jean. Ils auront 6 enfants dont la benjamine est Louise. Le peintre Pierre Révoil est à la fois le cousin germain du père de Louise, ainsi que le propre beau-frère de Louise quand il épouse sa sœur aînée Joséphine Révoil. Voir Joseph S. Jackson, Louise Colet et ses amis littéraires, Yale Romanic Studies XV, 1937
  3. Sa maison faisait l'angle de la rue Neuve-Saint-Georges (rue Notre-Dame-de-Lorette) et de la rue Neuve-Bréda (rue Clauzel)
  4. a, b, c, d et e Thierry Poyet, « Relire Louise Colet, évidemment ! », sur salon-litteraire.com,‎ .
  5. Anne Boquel et Étienne Kern, Une Histoire des haines d'écrivains de Chateaubriand à Proust, Flammarion 2010, p.160-161
  6. Cf. Correspondance de Flaubert, la Pléiade.
  7. Site de Grenoble, 1h50'/6h04'
  8. disponible au téléchargement : Livre numérique Google