Louise Augustine Gleizes

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Louise Augustine Gleizes
Augustine Gleizes.png
Biographie
Naissance

Louise Augustine Gleizes, généralement évoquée par son prénom Augustine, née le , est une domestique française. Elle est surtout connue comme la patiente la plus notoire du neurologue Jean-Martin Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise Augustine Gleizes, née de deux parents domestiques dans une grande maison, passe son enfance dans un internat religieux[1] Elle commence, elle aussi, à travailler comme domestique à l'âge de 13 ans dans la même maison que ses parents[2],[1],[3]. La même année elle se fait violer sous la menace d'un rasoir par son patron, qui avait déjà auparavant, agressée sexuellement sa mère. Les fortes crises d'hystérie qu'elle ressent à la suite de ces événements sont généralement associées à cette agression sexuelle[1] et provoquent, le , son internement à l'hôpital de la Salpêtrière à l'âge de 14 ans[2],[3].

Durant ses années à la Salpêtrière, le neurologue Jean-Martin Charcot se trouve fasciné par la puissance des crises d'hystérie de la jeune fille. Il décide alors d'en faire sa patiente attitrée et commence à organiser des réunions mondaines convoquant journalistes, médecins et politiciens afin d'observer la puissance de l'hystérie[1]. Le neurologiste s'est aussi servi d'Augustine afin de tester ses nouvelles techniques d'hypnose. La jeune fille y étant très réactive, Charcot la faisait entrer en transe et les spectateurs étaient autorisés à venir la manipuler[1]. Pour la première fois des photographes pénètrent au sein de l'hôpital afin de d'immortaliser les impressionnantes contorsions de la patiente[2],[4]. Les photos prises d'Augustine sont par la suite utilisées par charcot pour exposer l'hystérie comme une véritable maladie[5],[6],[7].

Quand Augustine refusait de participer aux expériences elle finissait en isolement. Elle finira par s'évader de l'hôpital en 1880 habillée en homme[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Deux films sont consacrés à Augustine :

  • Jean-Claude Monod et Jean-Christophe Valtat, Augustine[9]
  • Alice Winocour, Augustine, 2012[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Medical Muses: Hysteria in Nineteenth-Century Paris, par Asti Hustvedt (2011)
  • Iconographie photographique de la Salpêtrière, vol. 2, 1878.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Luc Perino, Patients zéro : Histoires inversées de la médecine, Paris, La découverte, , 207 p. (ISBN 978-2-348-05864-6), p. Chapitre 4 : Les trois héroïnes de l'hystérie
  2. a b et c Entertainment, « Medical history's mystery woman finds her voice », Smh.com.au,‎ (lire en ligne, consulté le 26 août 2017)
  3. a et b Olivier Walusinski, MD, Jacques Poirier, Hubért Duchy, « Film Review, 'Augustine' », European Neurology, (consulté le 26 août 2017)
  4. C.G. Goetz, « Visual art in the neurologic career of Jean-Martin Charcot », Archives of Neurology, vol. 48,‎ , p. 421–425 (PMID 2012518, DOI 10.1001/archneur.1991.00530160091020)
  5. A Hustvedt, Medical muses: Hysteria in nineteenth-century Paris, Norton & Co.,
  6. Amelia Jones, The Feminism and Visual Culture Reader, New York NY, Routledge, , 248–258, 300–308 p.
  7. « The History of Hysteria: Sexism in Diagnosis »,
  8. « Alice Winocour’s Augustine | Fiction and Film for French Historians », H-france.net, (consulté le 26 août 2017)
  9. « Augustine », sur telerama.fr, (consulté le 17 octobre 2020).
  10. Aureliano Tonet, « "Augustine" : derrière le cobaye du docteur Charcot, une héroïne des temps modernes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2020).