Louise-Bénédicte de Bourbon

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Louise-Bénédicte de Bourbon
François de Troy, Louise-Bénédicte de Bourbon,musée des beaux-arts d'Orléans.
François de Troy, Louise-Bénédicte de Bourbon,
musée des beaux-arts d'Orléans.

Titre duchesse du Maine
(1692-1753)
Autre titre comtesse de Dreux
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Nom de naissance Anne Louise Bénédicte de Bourbon
Naissance
Décès
Paris
Père Henri-Jules de Bourbon-Condé
Mère Anne de Bavière (1648-1723)
Conjoint Louis-Auguste de Bourbon
Enfants Louis-Auguste
Louis-Charles
Louise-Françoise (Mlle du Maine)
Signature de Louise-Bénédicte de Bourbon

Coat of arms of Louise Bénédicte de Bourbon as Duchess of Maine.png

Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon dite « Mademoiselle d’Enghien » puis « Mademoiselle de Charolais », duchesse du Maine[1], est une princesse française née le et morte à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Petite-fille du Grand Condé, fille du prince de Condé, premier prince du sang, et de la princesse palatine Anne de Bavière (1648-1723). Très petite de taille, comme tous les membres de sa famille, elle est surnommée par sa belle-sœur Mademoiselle de Nantes, jalouse de sa naissance, « poupée du sang ». Violente, venant d'une famille où la folie furieuse régnait, elle menaçait son pieux mari de devenir folle s'il la contrariait et n'hésitait pas à lui faire des remarques blessantes sur son handicap.

Ambitions politiques[modifier | modifier le code]

Blessée dans son orgueil d'avoir dû épouser le duc du Maine, prince légitimé, elle poussa son mari, homme intelligent mais faible, et enfant préféré du roi, à rechercher un rang qu’il ne pouvait soutenir : entrée au parlement à 20 ans au lieu de 25 (1694) puis aptitude à succéder au trône après les princes du sang et rédaction d’un testament par Louis XIV (1714). Elle chercha également à jouer un rôle politique sous la Régence, pour venger l’affront fait à son mari par le Régent qui avait fait casser le testament de Louis XIV, pour donner à ses bâtards légitimés la préséance sur les princes du sang, et qui avait écarté le duc du Maine des conseils de régence. C’est elle qui engagea son mari à entrer dans la conspiration de Cellamare en 1718, en vue de faire attribuer la régence au roi d’Espagne. Lorsque le complot fut éventé, lui fut arrêté à Sceaux le et incarcéré à la forteresse de Doullens, elle le même jour à Paris et emprisonnée à Dijon en 1719. Elle put retourner à Sceaux l’année suivante, le , et ne s'y occupa plus que d’y tenir sa cour.

L'ordre de la Mouche à miel[modifier | modifier le code]

L'ordre de la Mouche à miel est une parodie d'ordre de chevalerie créée à Sceaux par Louise-Bénédicte de Bourbon. Cet ordre se composait de trente-neuf membres qui avaient leurs habits et serments. L'abeille était leur symbole qui fut accompagnée par cette devise : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » (« Elle est petite, mais fait de graves blessures »)[2].

Une princesse du grand siècle[modifier | modifier le code]

Le château de Sceaux en 1736.

Dans son château de Sceaux, elle tenait une véritable cour qu'on appelait « la petite cour de Sceaux », donnant des fêtes de nuits costumées et accueillant les écrivains et les artistes qu'elle pouvait parfois tyranniser, parmi lesquels certains des plus grands esprits de la France de son temps.

La Duchesse souffrant d'insomnie, obligeait ses proches à s'occuper d'elle pendant ces longs moments. Elle fut l'inspiratrice, l'instigatrice, mais aussi l'actrice et la dédicataire de ces divertissements nocturnes.

C'est à partir de 1699 que débutent les fêtes de ChâtenayMalézieux possède une propriété, puis à Versailles, au Château de Clagny et Château de Sceaux.

Les fêtes de Châtenay dureront jusqu'en 1705. Les divertissements de Clagny verront plusieurs représentations au cours de 1705 - 1706, ainsi qu'à Sceaux où elle donne pendant la même période des bals masqués pour Mardi-Gras.

Les Grandes Nuits de Sceaux eurent lieu entre avril 1714 et mai 1715. Les fêtes reprendront doucement en mai 1722, vers de Malézieux mis en musique par Marchand, illuminations au Pavillon de l'Aurore, puis plus grandioses entre 1729 et 1731, illuminations, feux d'artifice et pièces de théâtre. En 1748, représentation de La Prude à Sceaux. Voltaire, à la suite d'une brouille, ne reviendra à Sceaux qu'en 1750 pour la représentation de La Rome sauvée. La duchesse était bonne danseuse dans sa jeunesse, elle jouait du clavecin, de la flûte et savait chanter.

Sa bibliothèque[modifier | modifier le code]

Initiée très jeune au goût de la science par Jean de la Bruyère, elle comptera dans son salon des personnalités comme Fontenelle. Elle avait un penchant pour les sciences et sa bibliothèque, dont l'inventaire fut dressé par le libraire parisien Louis Étienne Ganeau, permet de dénombrer 3000 ouvrages, ainsi que 58 volumes dépareillés du Journal de Trévoux, 30 romans brochés, des paquets de brochures et œuvres musicales. On y trouvait des manuscrits de prière sur vélin. Le tout fut estimé à quatre mille sept livres.

Veuvage[modifier | modifier le code]

Veuve en 1736, ne pouvant plus faire face aux dépenses excessives de l'entretien du château de Montrond, elle l'abandonna aux habitants de Saint Amand Montrond, qui en firent une carrière de pierre. Elle loua l'hôtel actuellement dénommé « hôtel Biron » à la veuve du financier Abraham Peyrenc de Moras, rue de Varenne. Elle fit exécuter le magnifique décor de boiseries. C'est là qu'elle mourut en 1753.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé épousa à Versailles le 19 mars 1692, Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), bâtard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. Ils eurent sept enfants, tous sans postérité :

  1. N... dite « Mademoiselle de Dombes » (11 septembre 1694 - 15 septembre 1694) ;
  2. Louis Constantin de Bourbon, prince de Dombes (17 novembre 1695 - 28 septembre 1698) ;
  3. N... dite « Mademoiselle d'Aumale » (21 décembre 1697 - 24 août 1699) ;
  4. Louis Auguste II, prince de Dombes (4 mars 1700 - 1er octobre 1755) ;
  5. Louis-Charles, comte d'Eu (15 octobre 1701 - 13 juillet 1775) ;
  6. Charles, duc d'Aumale (31 mars 1704 - septembre 1708) ;
  7. Louise-Françoise dite « Mademoiselle du Maine » (4 décembre 1707 - 19 août 1743).


Chanson populaire[modifier | modifier le code]

"La Du Maine" est évoquée dans la chanson Y avait dix filles dans un pré, c'est elle qui est choisie par le fils du roi (voir aussi la duchesse de Montbazon).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De par son mariage avec Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), bâtard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan.
  2. Voir Adolphe Julien, La comédie à la Cour, s.d., p.15-137. Et Dinaux, Sociétés badines, 1867, t. II, p. 77-87.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les armes de la duchesse du Maine
  • Jean-Luc Gourdin, La duchesse du Maine : Louise-Bénédicte de Bourbon, princesse de Condé, Paris, Pygmalion,‎ (ISBN 2-85704578-6)
  • La duchesse du Maine : une mécène à la croisée des arts et des siècles, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « Études sur le XVIIIe siècle, 31 »,‎ (ISBN 2-8004-1326-3)
  • Élisabeth Charlotte de Bavière, dite princesse Palatine, Lettres, des premières années du XVIIIe siècle.
  • Collectif, sous la direction de Cécile Dupont-Logié, Une journée à la cour de la duchesse du Maine, [catalogue d'exposition], Éd. Musée de l'Île-de-France, Sceaux, 2004, 104. p.
  • Adolphe Jullien, Les Grandes Nuits de Sceaux, [le théâtre de la duchesse du Maine], réédition, (ISBN 9781160172776)
  • Catherine Cessac, Les Grandes Nuits de Sceaux, 1714-1715, théâtre des folies de la duchesse du Maine, Éd. M. B. Dufourcet, Mazouer, Surgers, Université M. de Montaigne, Bordeaux, novembre 2009, Tübingen, 2011, p. 249-264.
  • Charles Lacretelle, Histoire de France pendant le XVIIIe siècle, vol.1, Éd. F. Buisson, 10 rue Gilles-Cœur à Paris, 1808, p. 97.
  • Les fêtes de Malabry, 1 vol.[réf. incomplète]
  • Divertissements de Sceaux, 1 vol., 1725[réf. incomplète]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Bernier, Les Nuits de Sceaux, Les Folies Françoises, 2003, enregistrement à la chapelle de l'hôpital du Bon-Secours, Édition Alpha, distribution Abeille Musique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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