Louis Rose

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Louis Rose dit aussi Louis ou Lewis, « Moses » Rose, né à La Férée (Ardennes), le , décédé le est un militaire français de l'armée napoléonienne. Il émigre en Amérique et combat au sein des troupes de James Bowie contre les troupes mexicaines. Il meurt à Fort Alamo à l'âge de 50 ans pour l'indépendance du Texas.

Parcours militaire français[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Pierre Ro(z/s)e, employé dans la ferme du Roi, au poste de la Férée, et de Marie Henaux[1],[2].

Combattant dans l'armée française pendant l'Empire, Il sert dans les campagnes de Naples, du Portugal, de l’Espagne, ainsi qu’en Russie. En 1814, le jeune Louis Rose (29 ans), devenu lieutenant et aide de camp auprès du général Jacques de Montfort, reçoit la Légion d’honneur pour son parcours militaire[3].

Émigration au Texas[modifier | modifier le code]

Après la défaite de Napoléon, il émigre en Amérique et s'installe au Texas, à Nacogdoches, vers 1827. Il y travaille dans une scierie et devient messager entre Nacogdoches et Natchitoches (Louisiane). Le Texas est alors une partie de l'État mexicain de Coahuila y Texas. Un grand nombre de colons provenant des États-Unis s'y sont établis et y sont devenus majoritaires. La remise en cause d'une partie de leurs avantages provoque en 1835 leur révolte contre le gouvernement mexicain.

Louis Rose rejoint la rébellion, et en particulier des aventuriers réunis autour de James Bowie, lui-même lié au flibustier français Jean Lafitte. À 50 ans, Louis Rose fait figure d’ancien parmi ces colons américains dont certains ne sont encore que des adolescents ; ils le surnomment Moses (Moïse).

Fort Alamo et les légendes associées à ce combat[modifier | modifier le code]

Fort Alamo.

Le , un commandant texan, William Travis, qui a repris trois mois plus tôt le fort Alamo aux mains des Mexicains avec l'aide de James Bowie et de ses hommes, trace selon la légende une ligne au sol, avec son sabre, pour donner le choix à chacun de rester ou de partir. En forte infériorité numérique, il sait que la position ne peut être tenue longtemps et que ses soldats sont condamnés ; les Mexicains ne feront pas de quartier, d'autant que les défenseurs sont considérés comme des flibustiers. Toujours selon la légende, les hommes décidés à combattre doivent passer la ligne, Louis Rose, comme les 196 autres défenseurs, la franchit. L'ancien grognard de Napoléon est prêt à mourir pour le Texas.

Depuis 1927, le revolver de l’Ardennais Louis "Moïse" Rose fait partie de la collection du musée d’Alamo[4]. Il est sûr qu'un Français a figuré dans les défenseurs de ce camp. Son nom est trouvé sur les feuilles d'appel de la troupe américaine. Une des survivantes d'Alamo, Susanne Dickinson, a témoigné en 1853 puis en 1857 que le seul homme dénommé “Rose” qu'elle ait connu à Alamo était bien Louis Rose, qui a combattu aux côtés de James Bowie et qu'il est mort lors des combats[5]. L'historien Thomas Ricks Lindley fait l'hypothèse que Louis Rose dit Moïse est mort dans les derniers instants de la bataille devant l'église en ruine de l'Alamo [6]. Louis Rose, un Français est ainsi mort pour l'indépendance du Texas le .

Quelques exploitations ultérieures de ces récits[modifier | modifier le code]

Le combat de Fort Alamo représente un moment majeur de l'histoire des États-Unis.

Dans le comté de San Diego, plusieurs lieux portent le nom de Louis Rose, notamment le quartier de (en) Roseville à (en)Point Loma est nommé d'après lui, ainsi que ceux de (en)Rose Creek et de Rose Canyon.

En 1952, le film Le déserteur de Fort Alamo, avec Glenn Ford. Le personnage interprété par Glenn Ford n'est pas un lâche ; il est tiré au sort pour s'échapper d'Alamo et protéger les familles des défenseurs. L'intrigue du film a été critiquée par certains groupes traditionalistes texans.

Quand Jacques Chirac s’est prononcé contre la guerre en Irak, l'histoire de Louis Rose a resurgi à nouveau, mise en avant par certains comme un exemple de la bravoure française[7]. Au-delà de la difficulté à comprendre la part de légende et la part de vérité historique, c’est oublier le parcours de Louis Rose dans l'armée napoléonienne et son engagement volontaire, malgré son âge, auprès des amis de James Bowie.

En 2015, une bande-dessinée de Patrick Cothias, Patrice Ordas, Christelle Galland et Morgann Tanco, intitulée Moses Rose paraît en plusieurs tomes de ses aventures chez Bamboo édition[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême en ligne, image 473 des registres 1692-1792 , sur le site des Archives départementales des Ardennes
  2. « Louis Rose : l'Ardennais qui a connu Davy Crockett », sur archives départementales
  3. Fiche de Louis Roze dans la base Leonore
  4. Marc de Sélincourt, « Le seul survivant de fort Alamo était ardennais », sur Histoires ardennaises, (consulté le )
  5. Wallace O. Chariton, Exploring the Alamo Legends, Dallas, 1990, p. 179.
  6. Thomas Ricks Lindley, Alamo Traces: New Evidence and New Conclusions, Lanham, 2003, p. 227.
  7. Nathalie Diot, journal L'Union, 26 février 2008
  8. Marc de Sélincourt, « Louis Moses Rose : L'Ardennais qui a survécu à Fort Alamo . », sur Histoires ardennaises, (consulté le )
  9. Patrice, ... Ordas, Christelle Galland et Impr. PPO graphic), La balade de l'Alamo, vol. 1, Bamboo édition, coll. « Grand angle », dl 2015 (ISBN 978-2-8189-3307-7 et 2-8189-3307-2, OCLC 910891138, lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Wallace O. Chariton, Exploring the Alamo Legends, Dallas, 1990, (ISBN 9781556222559)
  • Thomas Ricks Lindley, Alamo Traces: New Evidence and New Conclusions, Lanham, 2003, (ISBN 1556229836)
  • Donald H Harrison, (en)Louis Rose: San Diego's First Jewish Settler And Entrepreneur, Sunbelt Publications, 2004, (ISBN 978-0932653680)
  • Donald H Harrison, (en)Bouquet of Roses: The Stories Behind San Diego Places Named for Louis Rose,

Liens externes[modifier | modifier le code]