Louis Nicollin

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Louis Nicollin
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Louis Nicollin en 1978.

Naissance
Valence, France
Décès (à 74 ans)
Nîmes, France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession

Louis Nicollin, régulièrement appelé Loulou Nicollin dans le monde du football, né le à Valence (Drôme) et mort le à Nîmes (Gard), est un entrepreneur français dirigeant du groupe Nicollin, ensemble d'entreprises de nettoyage urbain, de ramassage et de retraitement des déchets ménagers et industriels.

Figure montpelliéraine emblématique, il est le président du Montpellier Hérault Sport Club de 1974 jusqu'à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chef d'entreprise et dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

Louis Nicollin (à gauche), lors du tirage au sort de la Coupe de France 1978-1979.

Dans sa jeunesse, Louis Nicollin travaille dans l'entreprise familiale de collecte de déchets, son père Marcel Nicollin ayant fondé le groupe Nicollin en 1945 à Saint-Fons à partir d'un petit commerce de charbon[1]. À la mort de son père, il en prend la direction en 1977 et développe son activité principalement à Montpellier, avant d'essaimer en France et dans les départements d'Outre-mer, se spécialisant dans le nettoyage, le ramassage et le retraitement des déchets. Deux agences du groupe opèrent en Belgique et au Maroc. Le groupe Nicollin affiche, en 2017, un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et compte 5 000 salariés[2], ce qui le situe au troisième rang national des acteurs de la gestion des déchets, derrière les géants Veolia et Suez. La fortune de Louis Nicollin est estimée à 120 millions d'euros, ce qui le place au 387e rang du classement 2014 des 500 plus grandes fortunes françaises du magazine Challenges[3].

En 1974, il devient président du club de football amateur Montpellier Paillade Sport Club, qui joue alors en division d'honneur. Sous son impulsion, et avec l'appui du maire de la ville Georges Frêche, devenu son ami[4], le club se développe et retrouve en huit ans la première division. Il prend le nom de Montpellier Hérault Sport Club (MHSC) en 1989 et Nicollin en devient l'unique actionnaire. Sous sa direction, le MHSC a notamment remporté le championnat de France D2 en 1987, une coupe de France en 1990, et la Ligue 1 en 2012.

Louis Nicollin n'investit pas seulement dans le football, mais aussi dans d'autres sports. Dans le rugby, qu'il pratique dans les années 1970 en tant que pilier au sein du club de Palavas-les-Flots[5], le groupe Nicollin a été le principal sponsor de l'Association sportive de Béziers Hérault de 1999 à 2008[5]. Puis en 2009, à travers sa holding à son nom, Louis Nicollin entre dans le capital du Montpellier Hérault rugby club[6], devenant actionnaire majoritaire de février à [5]. En 2000, il achète le Paris Basket Racing et en 2002 le Paris Handball, à la tête desquels il place des hommes de confiance, comme Gilbert Varlot et Jean-Claude Lemoult[7].

Il est aussi président de la Fédération française de joute et sauvetage nautique (FFJSN).

Ses responsabilités et son image dans le monde du sport permettent à Louis Nicollin d'accroître sa notoriété auprès des élus locaux, ce qui l'aide à remporter de nombreux marchés publics de collectes de déchets pour le Groupe Nicollin[7].

Il est membre du Club des Cinquante, fraternelle de Fidélité et travail, loge maçonnique de Montpellier, affiliée au Grand Orient de France[8]. Il est classé 311e fortune française[9] avec 140 millions d'euros en 2015.

En tant que grand passionné, il détient une collection d'objets sportifs dans un musée privé réparti en trois bâtiments (un pour le foot et les autres sports, un pour le cyclisme et un pour l'automobile) qui servaient auparavant d'abris pour les taureaux de son élevage au cœur de la Camargue[10]. Il possède ainsi une des plus grandes collections de maillots de football de près de 4 500 pièces, parmi lesquels certains ont appartenu à des légendes du football[11].

Louis Nicollin reçoit plusieurs distinctions de la part du football régional :

  • 1981 : médaille d'or de la Ligue du Languedoc-Roussillon
  • 1986 : médaille vermeille de la Fédération Française de Football
  • 1986 : médaille d'or de du District de l'Hérault de Football
  • 1990 : plaquette d'honneur du District de l'Hérault de Football

Autres activités[modifier | modifier le code]

En parallèle de ses activités de dirigeant sportif et chef d'entreprise, Louis Nicollin est également propriétaire d'un élevage de taureaux de Camargue, regroupant les manades Saint-Gabriel et Combet (cette dernière ayant été achetée en 1997 à Jean Lafont) sous le nom de manade Louis Nicollin[12].

Louis Nicollin possède également depuis 1997 la discothèque La Churascaïa, située sur la commune de Vauvert, qui avait été fondée par Jean Lafont[13] puis acquise lors de l'achat de la manade Combet[14].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

En 1996, Louis Nicollin est condamné à un an de prison avec sursis et près de 500 000 francs d’amende pour une affaire de fraude électorale à la chambre de commerce et d’industrie de Montpellier. La même année, l’attribution des marchés municipaux de Saint-Denis de La Réunion lui vaut une nouvelle condamnation. En 2003, Louis Nicollin écope de dix-huit mois avec sursis et 50 000 euros d’amende devant la cour d'appel de Lyon pour abus de biens sociaux (système de fausses factures afin de décrocher des marchés de collecte d’ordures)[3],[15].

Controverses[modifier | modifier le code]

Louis Nicollin est connu dans le monde du football français comme étant une personne « volcanique »[16], et une « grande gueule », célèbre pour ses dérapages verbaux et certaines expressions outrancières[17].

« On a fait mieux que Michel Sardou au Zénith. 18 000 spectateurs pour une ville qui n'aime pas le football, pour un président qui est un peu con, pour un entraîneur qui achète les matchs, pour un directeur sportif qui est nîmois... »[18].

Le , il qualifie Benoît Pedretti, capitaine de l'AJ Auxerre (contre qui Montpellier s'est incliné quelques minutes auparavant), de « petite tarlouze », et profère contre lui des menaces sur le traitement qui lui sera accordé lors du match retour[19]. Le lendemain, le Collectif contre l'homophobie (CCH) demande à la Ligue de football professionnel (LFP) des sanctions contre Louis Nicollin qui s'excuse le surlendemain[20]. Par la suite, le Conseil national de l'éthique condamne Louis Nicollin à quatre mois d'interdiction de toute fonction officielle, dont deux avec sursis, jugeant ses propos « discriminatoires et menaçants ».

Le 15 mai 2010, à la suite de la qualification de son club pour le 3e tour de qualification de la Ligue Europa, il exulte au micro de Canal+ « La place du con n'est pas pour nous, elle est pour M. Triaud et M. de Tavernost (dirigeants des Girondins de Bordeaux, club champion la saison précédente), et ça, ça me fait rire »[21].

Le 30 décembre 2011, déclare au journal L'Équipe à propos de Carlo Ancelotti, nouvel entraîneur du Paris-Saint-Germain « Je préfère Courbis à Ancelotti ! [...] Les grands entraîneurs sont ceux qui gagnent des titres avec des demi-bons. Avec Courbis, on est montés en Ligue 1 avec des demi-mongoliens »[22].

Le 17 avril 2012, à peine un mois après qu'il eut reçu le prix Pierre Guénin pour son engagement contre l'homophobie, il perd ce prix et sa récompense de 2 000 euros à la suite d'une injure homophobe prononcée sur RMC[23].

Personnage médiatique[modifier | modifier le code]

Louis Nicollin sur le podium du Tour de France 2013.

Au fil du temps, Louis Nicollin devient une personnalité médiatique incontournable et un habitué des émissions radios et télés, les journalistes appréciant tout particulièrement sa verve et son franc-parler. Le 29 juin 2013, notamment, à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, L'Équipe tourne un reportage télévisé intitulé Jour J avec Nicollin[24]. diffusé sur la la chaîne L'Équipe. Le dessinateur David Buonomo, alias Dadou, d'autre part, lui consacre cinq BD intitulées Nicollin, une vie de foot (2011), Nicollin, poubelle la vie (2012)[25], Nicollin, langue de but!!! (2013) puis 40 ans de folie (2014) et enfin Nicollin, Loulou Ferrari !!!! (2016)[26].

Le 15 avril 2012, il déclare à TF1 qu'il se ferait une crête « à la Jérémy Ménez » si son club finissait premier. Il tiendra promesse : le lendemain du sacre de Montpellier à la tête de la Ligue 1, il arbore une crête aux couleurs du club héraultais, orange et bleue[27]. Le 22 mai 2012, le journal L'Équipe lui consacre alors sa une avec sa crête en évoquant « La Saint-Nicollin »[28].

Décès et hommages[modifier | modifier le code]

Louis Nicollin meurt le 29 juin 2017 alors qu'il fête son 74e anniversaire en compagnie de ses proches (une dizaine de personnes) dans le restaurant Alexandre de Garons (Gard) du chef doublement étoilé Michel Kayser. Selon ses dires accordés au journal Midi libre, l'homme d'affaires a mangé en compagnie de ses proches (une dizaine de personnes) sans faire d'excès avant de se rendre aux toilettes, desquels il en est sorti essoufflé. Ensuite, il est pris d'un malaise après s'être rassis puis les pompiers sont arrivés sur les lieux mais n'ont pu le sauver. Transporté à l'hôpital Carémeau de Nîmes, il décède peu de temps après son arrivée vers 18 heures[29].

Entre 1 500 et 2 000 personnes sont venues lui rendre un dernier hommage lors de ses obsèques célébrées dans la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier le 4 juillet. Après la cérémonie, il est inhumé au cimetière de Marsillargues (commune de sa résidence, le Mas Saint-Gabriel), dans la plus stricte intimité familiale[30].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Louis Nicollin est marié à Colette, avec qui il a deux fils, Olivier et Laurent[31], qui ont tous deux des fonctions au sein de l'entreprise et du club. Son plus jeune fils, Laurent, est notamment le président délégué du MHSC[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Louis Nicollin, une vie en grand format », sur midilibre.fr, .
  2. Rémi Dupré, « Mort de Louis Nicollin, dirigeant historique du football français », sur lemonde.fr, .
  3. a et b Manuel Cudel, avec Sylvain Morvan, « Montpellier: les secrets de l'empire Nicollin », sur lexpress.fr, .
  4. « Louis Nicollin, un président hors-norme », sur francesoir.fr,
  5. a, b et c Maxime Gil, « Rugby - Louis Nicollin et le rugby, une histoire d'amour si particulière... », sur www.rugbyrama.fr, Eurosport, (consulté le 14 juillet 2017).
  6. « Montpellier accueille les Nicollin », sur lefigaro.fr,
  7. a et b « Louis Nicollin, le sport et le business », sur http://www.lagazettedemontpellier.fr/,
  8. « Le Marigot du pouvoir », Jacques Molérant, Nouvel Observateur, 12 décembre 2002.
  9. Classement du magazine Challenges en 2011
  10. Aurélien Billot, « On a visité le «musée» de Louis Nicollin et ses 4.000 maillots de foot », sur lefigaro.fr, .
  11. lefigaro.fr, « On a visité le «musée» de Louis Nicollin et ses 4.000 maillots de foot », sur Le Figaro (consulté le 5 juillet 2017)
  12. « Manade Nicollin », sur coursecamarguaise.midiblogs.com (consulté le 5 juillet 2015)
  13. Fabien Arnaud, « Camargue : Churascaia, la diva a 50 ans », sur MidiLibre.fr, (consulté le 30 juin 2017)
  14. Eric Delhaye, Tsugi, Musique d’avant-garde et fête de la saucisse : la Churascaia, c’était ça sur tempsreel.nouvelobs.com, 7 décembre 2013
  15. « Les petits secrets de Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Sport Club », sur capital.fr, .
  16. Alexandre Borde, « Louis Nicollin : décès de la grande gueule du foot », sur Le Point (consulté le 2 juillet 2017)
  17. RMC SPORT, « Passionné de sport, bâtisseur, grande gueule… c'était Louis Nicollin », sur RMC SPORT (consulté le 2 juillet 2017)
  18. Olivier De Los Bueis, « J'en ai gros sur la patate », sur foot365.fr,
  19. « Alors comme ça, Loulou Nicollin, Pedretti est une tarlouze ? », sur http://www.coupfranc.fr/,
  20. « La "petite tarlouze" de Nicollin provoque la polémique », sur Nouvelobs.com,
  21. Nicolas Rouyer, « Dans la gueule de "Loulou" », sur http://www.europe1.fr,
  22. « Quand Nicollin dézingue le PSG et Ancelotti... », sur footmercato.net,
  23. « Louis Nicollin perd le prix Pierre Guenin après son injure homophobe en direct », sur http://www.tetu.com/
  24. « Jour J avec Nicollin, reportage de Stéphane Lelong », sur video.lequipe.fr.,
  25. « BD de Dadou:après Nicollin une vie de foot voici Nicollin, Poubelle la vie Nicollin », sur midilibre.fr.,
  26. « Montpellier: Dadou publie un nouveau tome des aventures de Loulou Nicollin », sur 20minutes.fr,
  27. « Nicollin a tenu sa promesse », sur http://www.eurosport.fr/,
  28. « Louis Nicollin », sur MidiLibre.fr (consulté le 2 juillet 2017)
  29. « Décès de Louis Nicollin : "Il était venu fêter son anniversaire chez moi et..." », sur midilibre.fr, (consulté le 29 juin 2017)
  30. « Obsèques de Louis Nicollin : 2 000 personnes à Montpellier pour dire adieu à "Loulou" », sur francetvinfo.fr, (consulté le 4 juillet 2017)
  31. Farid Zouaoui, « Montpellier : Louis Nicollin, un sacré « Loulou » », sur leparisien.fr,
  32. L. G. C., « Le président de Dijon Olivier Delcourt répond à Laurent Nicollin », sur lequipe.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]