Louis Marnay

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Louis Marnay
Naissance
Béziers, Hérault (Drapeau de la France France)
Décès (à 73 ans)
Cannes, Alpes-Maritimes (Drapeau de la France France)
Actif vers 1935-1976
Nationalité Drapeau de la France France
Domaines aéronautique
Diplôme École nationale supérieure d'arts et métiers
École nationale supérieure de l'aéronautique

Louis Marnay, né le à Béziers, dans l'Hérault et mort le à Cannes dans les Alpes-Maritimes, est un ingénieur aéronautique français. Il a dirigé pendant 37 ans, de 1939 à 1976, l'Établissement aéronautique et spatial de Cannes, depuis les débuts de l'astronautique jusqu'au ce qu'il atteigne le rang de premier établissement industriel réalisant des satellites en Europe. Il a aussi participé à la vie politique à Cannes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Marnay nait le à Béziers dans l'Hérault. Il est diplômé des Arts et Métiers à Aix-en-Provence, promotion 1931 dont il est le major, puis de Supaero, promotion 1934.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le il est embauché chez Lioré et Olivier à Argenteuil (Val-d'Oise). Il est chargé d'étudier, sous la direction de Pierre Étienne Mercier, le prototype Lioré et Olivier LeO 48, quadriplace expérimental destiné à étudier les phénomènes de portance transverse. L'avion vole pour la première fois le , piloté par le polytechnicien Jacques Lecarme. Cependant il sera endommagé le et ne revolera plus.

En 1937 Louis Marnay est nommé chef de l'atelier des prototypes, réalisant le chasseur lourd triplace LeO 50. Construit à Argenteuil en 1938, le prototype de SE-100 n°01 effectue son premier vol, toujours piloté par Jacques Lecarme, le à Villacoublay et démontre d'emblée d'excellentes performances. Une commande de 300 exemplaires est immédiatement passée à la SNCASE par l’État. Un second prototype est mis en construction à Marignane, pour des essais d’armement et de tirs qui doivent avoir lieu à Istres. Mais le , par suite d’une défaillance mécanique, ce prototype s’écrase à Istres, tuant le pilote d'essai Louis Rouland et son mécanicien navigant. La fabrication en série n'a même pas encore débuté quand éclate la bataille de France qui se termine par la capitulation de juin 1940[1].

En 1939 il devient directeur-adjoint de l'établissement de Cannes des ex-Chantiers aéronavals Étienne Romano, qui, comme Lioré et Olivier, ont été intégrés au sein de la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE) dans le cadre des nationalisations de 1937.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après la défaite de la France en mai-juin 1940, le repli des bureaux d'études aéronautiques français sur Cannes est décidé. Marnay est nommé responsable en 1941 de cette installation, en tant que directeur intérimaire. En , il est nommé « ingénieur en chef des avions Terrestres » dans la nouvelle usine de Marignane où s'était replié le bureau d'études d'Argenteuil, suite au départ de Pierre Etienne Mercier. Tout en assurant la production en série du bombardier moyen Lioré et Olivier LeO 45 (plus de 620 exemplaires construits), il démarre avec Jacques Lecarme l'étude d'un avion de reconnaissance photographique stratosphérique à haute altitude, le SNCASE SE.1010, l'un des plus beaux quadrimoteurs jamais produit. Malheureusement, le projet ne déboucha pas sur une production en série, suite au « crash » du prototype, le , tuant le pilote d'essai Henri Vanderpol et tout son équipage.

Son action lors de la Libération de la France lui valut les félicitations de la Direction des Services Stratégiques Américains, le .

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la victoire sur l’Allemagne nazie et la découverte par les Alliés des armes secrètes allemandes (V-1, V-2, etc.) un vaste programme de développement d'« engins spéciaux » est lancé au sein du ministère de l'Air par l’ingénieur de l’air Michel Decker (Supaéro 1936). Louis Marnay propose à son ami d'école de débuter par un avion sans pilote, le SNCASE SE.1500, permettant ainsi d'utiliser à bon escient l'expérience aéronautique de la société. La série en fut réalisée à Cannes, que Louis Marnay dirigeait depuis Marignane. Il fut également responsable de l'ex-équipe Junkers du professeur Heinrich Hertel, chargée d'étudier une aile volante, le SNCASE SE.1800.

Lorsqu'en la Société nationale des constructions aéronautiques du Centre (SNCAC) fut mise en faillite, Michel Decker proposa de regrouper son excellent groupe « engins » de Boulogne-Billancourt avec celui de Louis Marnay. C'est ainsi que naquit en 1950 le « Groupe Technique de Cannes » (GTC), l'établissement cannois reprenant au passage son indépendance, avec Marnay comme directeur, et l'arrivée d'une cinquantaine de Marseillais. Ce fut alors le plus grand centre de constructions de fusées en Europe, réalisant et tirant plus de 1100 engins de tous types.

À la création de Sud-Aviation, par fusion de la SNCASE et de la SNCASO en 1957, Louis Marnay fut nommé directeur de la « Division Missiles Espace Électronique », regroupant les établissements de Paris (GTP) et de Cannes. Dès 1957, avec son nouveau directeur technique, Roger Béteille, il démarra un programme de fusées-sondes à poudre (Bélier, Centaure, Dragon et Éridan) avec applications militaires potentielles. Largement exportées, ces fusées sont à l'origine des programmes spatiaux indien, pakistanais, argentin, brésilien et israélien.

Lorsque la Force de dissuasion nucléaire française fut décidée en 1959 par le général de Gaulle, la Société d'étude et de réalisation d'engins balistiques (SEREB), spécialement constituée pour développer les Sol Sol Balistique Stratégique (SSBS) et Mer Sol Balistique Stratégique (MSBS), confia naturellement aux grands experts du GTC l'étude des Véhicules d'Essais préliminaires, les "Pierres Précieuses". Ce fut une réussite : la fusée Diamant fit de la France la troisième puissance spatiale, dès le premier essai. Devant l'ampleur d'un aussi vaste programme, il fut décidé de répartir les activités correspondantes sur le territoire national. L'établissement des Mureaux de Nord-Aviation n'ayant alors plus de charge, il fut décidé d'y transférer les activités « fusées » de Cannes. Ce dernier conservant toutefois la fabrication de toutes les cases à équipements des missiles stratégiques (leurs cerveaux) ainsi que l'industrialisation des MSBS. Louis Marnay et Roger Béteille amorcèrent dès lors le virage vers des objets similaires : les premiers satellites, initialement en sous-traitance du Centre national d'études spatiales (CNES).

Avec la création d'Aérospatiale le , par fusion de Sud-Aviation, Nord-Aviation et la SEREB, Louis Marnay fut nommé directeur adjoint de la Division des Systèmes Balistiques et Spatiaux, regroupant les établissements de Bordeaux, Cannes et Les Mureaux. Il fut le premier au monde à coopérer avec l'Union des républiques socialistes soviétiques : la première voiture lunaire, Lunokhod 1, fut équipée en 1970 de réflecteurs laser fabriqués à Cannes. En 1971, EOLE fut le premier satellite de suivi de mobiles, précurseur du GPS.

Louis Marnay prend sa retraite en . Il est remplacé par Gérard Chauvallon.

Il décède le à Cannes. Il est inhumé au cimetière du Grand Jas à Cannes.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

Louis Marnay est élu conseiller municipal de Cannes en 1959, sous le mandat du maire Bernard Cornut-Gentille. Il est nommé adjoint au maire délégué aux travaux.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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