Louis Marie Joseph de Brigode

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres des familles, voir : Romain-Joseph de Brigode et François de Brigode.

Louis Marie Joseph de Brigode
Fonctions
Pair de France
Prédécesseur -
Successeur Louis-Henri-Pierre de Brigode
Conseiller général du Nord
(Sans attribution de Canton)
Prédécesseur Jean-Baptiste Lemesre[1]
Maire de Lille
Prédécesseur Nicolas Gentil-Muiron
Successeur Jean-Baptiste Joseph de Muyssart (Ultraroyaliste)
Biographie
Nom de naissance Louis Marie Joseph de Brigode
Date de naissance
Lieu de naissance Lille (Flandre française)
Date de décès (à 50 ans)
Lieu de décès Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne)
Nationalité française
Conjoint Marie Bonne Potteau[2]
Émilie Pellapra
Famille Romain-Joseph de Brigode

Louis Marie Joseph de Brigode
Maires de Lille

Louis Marie Joseph de Brigode, né le 24 octobre 1776 à Lille et décédé à Bourbonne-les-Bains le 22 septembre 1827, est un homme politique français sous le Premier Empire et la seconde Restauration du trône des Bourbons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une ancienne famille distinguée de la Flandre française, Louis-Marie naquit le 24 octobre 1776 (baptisé à l'église Saint-Étienne) à Lille. Il était le plus jeune des frères de Romain-Joseph de Brigode-Kemlandt (1775-1854), baron d'Empire et de Pierre-François-Robert-Désiré de Brigode-Kemlandt (1773-1849). Il échappa aux proscriptions révolutionnaires.

Apprenti à la loge des Amis Réunis en 1800[réf. nécessaire].

En 1803, le premier consul, de passage à Lille le nomme maire de Lille (arrêté du 14 vendémiaire an XII). Puis par les fonctions de conseiller général du Nord l'année suivante.

Lors de la formation de la maison civile de Napoléon, il fut compris au nombre de ses chambellans, et fut désigné en 1804 parmi les commissaires chargés d'aller chercher le pape Pie VII et de l'accompagner à Paris à l'occasion du sacre de l'Empereur. Il fut de service auprès du Saint-Père, pendant son séjour, et, avec Auguste Durosnel, écuyer de l'empereur, fit également le voyage de retour à Rome.

1809 sera pour lui l'année des honneurs : chevalier de l'Empire en , il fut fait comte de l'Empire, sous majorat, en août et sera également le commandant (nominal) en chef de la garde d'honneur de Lille.

Nommé le , président du collège électoral de l'arrondissement de Lille, il fut présenté, le 24 février, en cette qualité à l'empereur ; et après avoir exprimé la reconnaissance des habitants, il ajouta :

« Cet hommage, sire, nous ne l'adressons pas au prince victorieux, ni au dominateur des nations; mais au protecteur des arts, à celui qui anime notre industrie, qui embellit nos villes, et fait fleurir nos campagnes ; et c'est sous son heureuse influence que nous jouissons aussi, pour les générations futures, des gages de bonheur que leur promet votre heureux hyménée »

Le 17 janvier 1813, M. de Brigode, en sa qualité de maire de Lille, et accompagné du conseil municipal, offrit à l'empereur cinquante cavaliers, armés et équipés, en lui disant :

De 1811 à 1812, il tint en Espagne un détachement de la maison de l'empereur (écuyers, brigades de chevaux, bêtes de somme, etc.), accomplissant son service auprès de l'empereur, sans abandonner ses fonctions de maire.

« Lorsque nous avons appris les désastres causés dans vos armées par la rigueur des saisons, nous avons éprouvé le besoin d'offrir à V.M. nos bras et notre fortune, pour réparer des pertes imprévues : mais aujourd'hui que la trahison augmente ces désastres, l'indignation succède à la douleur ; le sentiment de l'honneur national reçoit une nouvelle force, et l'amour de la patrie et du souverain prend un nouvel essor. Les habitants de Lille n'ont jamais eu besoin d'exemple quand ils pouvaient montrer à Votre Majesté combien leur dévouement est sans bornes pour sa personne sacrée. »

Il est commandeur de la Légion d'honneur depuis le lorsque, le Sénat conservateur déclare la déchéance de Buonaparte en . Brigode, dégagé de son serment par l'abdication de Fontainebleau, jura fidélité aux Bourbons.

Le 22 mars, il reçut Louis XVIII, accompagné de ses fidèles, maréchaux et ministres, dans sa résidence lors de son passage dans sa ville alors qu'elle se rendait à Gand. Brigode se retira des fonctions publiques pendant l'absence du monarque. Démissionnaire lors des Cent-Jours, il s'éloigna de Lille et de l'activité politique, mais il fut réintégré par l'ordonnance du et continua à remplir les fonctions de maire avec autant de sagesse que de modération. Il fut créé président du collège électoral de l'arrondissement de Lille le 26 du même mois.

Nommé Pair de France le , il donna sa démission de maire dans le courant de .

Dans le cours de sa longue et honorable administration comme maire d'une des principales villes de France, il a eu souvent occasion de manifester son dévouement pour la chose publique et pour le chef de l'état. Il donna au trône légitime des preuves non moins équivoques de sa fidélité et de la droiture de ses sentiments, en cessant, notamment, ses fonctions de maire de Lille lors de l'« usurpation » de Buonaparte. À une époque où le chaos politique exacerbe les passions, des placards apparaissaient déjà sur les murs de la ville de Lille : « De Brigode-Kenlan, Chambellan du Tyran, prends tes guêtres et va-t-en. »

Il se distingua à la chambre haute par le calme et la prudence de ses opinions.

Dans le procès du maréchal Ney, il fut l'un des cinq membres de la chambre des pairs (le comte de Nicolaï, le marquis d'Aligre, le comte de Brigode, le comte de Sainte-Suzanne et le duc de Choiseul-Stainville), qui se récusèrent et s'abstinrent de prendre part au vote, refusant de se rendre complices des passions du gouvernement. Voyant qu'on ne voulait pas de juges, il refusa de voter pour ne pas augmenter le nombre des bourreaux et recommanda le maréchal à la clémence du roi

En , il demanda que les départements et les communes puissent garder la libre disposition de leurs revenus et de leur centimes additionnels. Il défendit, le , la liberté de la presse, vota contre les lois d'exception et contre toutes les mesures en désaccord avec les principes constitutionnels de le Charte de 1814.

Il succombe d'une apoplexie foudroyante le 22 septembre 1827 à Bourbonne-les-Bains.

Le comte de Brigode était excellent musicien et avait également la réputation d'avoir beaucoup d'esprit. Un laissez-passer pour les Pays-Bas, conservé en mairie de Lille, donne de lui une description succincte : taille : 1,73 m ; cheveux : châtains ; front : haut ; yeux : bleus ; nez : régulier ; bouche : moyenne ; menton : rond ; visage : ovale ; teint : coloré !

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Troisième des fils de Pierre Jacques Joseph de Brigode (né le 17 février 1724), seigneur de Kemlandt et Marie-Catherine Recq, Louis-Marie épousa, le 2 avril 1825, Émilie Louise Marie Françoise Joséphine de Pellapra (11 novembre 1806 - Lyon22 mai 1871 - château de Menars (Loir-et-Cher)), prétendue fille naturelle de Napoléon Ier. De leur union naîtra :

Sa veuve se remaria le 30 août 1830 avec le prince Joseph de Riquet de Caraman (1808-1886), 17e prince de Chimay, dont elle eut quatre enfants

Fonctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommage, Honneurs, Mentions,...[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

    • Armes sous l'Ancien Régime, reprises sous la Restauration : Écartelé : aux 1 et 4, d'or, à trois étoiles mal-ordonnées de sable ; aux 2 et 3, d'azur, au cygne d'argent. L'écu entouré d'une bordure de gueules. Supports: deux licornes. Devise: PATRIAE REGIQUE FIDES[4],[5].
Ou,
    • Brigode de Kemlandt Coupé : au 1, de gueules, à trois quintefeuilles d'argent ; au 2, d'argent, au cygne de sinople. Devise: DIEU EN SOIT LA GARDE.[4]
    • Armes de Comte de l'Empire : Ecartelé au 1 et 4 d’or à trois étoiles de sable, au 2 et 3 d’azur au cygne d’argent (de Brigode) ; au canton des comtes officiers de la Maison de l'Empereur.[6] ;

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]