Louis Leclabart

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Louis Leclabart
Image dans Infobox.
La Faloise, Le Tourbier, monument aux morts (1922) de Louis Leclabart et Paul Beaugrand.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
AmiensVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
École des beaux-arts d'Amiens
Activités
Autres informations
Conflit
Maître
Œuvres principales
L’Etreinte (1911), Les Patrouilleurs (1922), Le Tourbier (1922)

Louis Leclabart né à Péronne, le et mort à Amiens, le (à 53 ans), est un sculpteur et un dessinateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Louis Leclabart est issu d’un milieu modeste, son père, Henri Leclabart, exerçait la profession de « pailloteur » c’est-à-dire qu’il réalisait des plafonds en torchis. Son acte de naissance indique qu'il est né à Péronne le [1], fils de Henri Anatole Leclabart, plafonnier 25, ans et de Céline Adèle Virginie Elisabeth Guilbert, ménagère 23 ans, au domicile de son grand père, Louis Joseph Guilbert 58 ans.

Louis était l’aîné de huit enfants, il passa sa prime enfance chez ses grands-parents maternels à Péronne puis rejoignit ses parents à Amiens[2].

Les années d'apprentissage[modifier | modifier le code]

En 1886, à l’âge de 10 ans, il commença son apprentissage artistique à l’École des Beaux-Arts d’Amiens dirigée alors par le peintre Léon Delambre. Son apprentissage fut couronné de nombreux prix en dessin et en modelage. L’ayant repéré, Albert Roze, le prit à son service dans son atelier, à la fin de l’été 1893, Louis Leclabart n’avait que 17 ans. À ce titre il participa, après son service militaire (1896-1897), à la décoration de la basilique Notre-Dame de Brebières et à la réalisation du monument patriotique d’Albert en 1901[2].

Il épousa le , à Amiens, Ernestine Darras, couturière[3], ils eurent deux garçons.

On ne connaît aucune œuvre signée de lui pendant la période où il travailla pour Albert Roze.

Entre 1906 et 19011, Louis Leclabart changea d’employeur et devint collaborateur de l’ornemaniste Paul Beaugrand avec lequel il signa plusieurs œuvres. Cette collaboration se poursuivit jusqu’en 1929[2].

L’expérience de la guerre[modifier | modifier le code]

Carrière du Chauffour, sculpture de Jeanne d'Arc de Louis Leclabart.

En , Louis Leclabart fut mobilisé au 12e Régiment d’infanterie territoriale d’Amiens où étaient incorporés des hommes de plus de 34 ans. Les territoriaux devaient, en principe, être affectés à des tâches de soutien matériel des unités en ligne.

Cependant, le 12e R.I.T. fut engagé dans les combats et reçut le baptême du feu dans le Pas-de-Calais. Puis le régiment, incorporé à la 81e Division d’infanterie territoriale, fut envoyé en Belgique et prit part à la Bataille de l’Yser. Louis Leclabart vit la mort de près, de son escouade d’une quinzaine d’hommes, il n’y eut que trois survivants.

Le , le régiment fut envoyé à Villers-Bretonneux et Marcelcave et le , il releva dans le Noyonnais, un régiment de la Légion étrangère. Il exerçait alors la fonction de brancardier, avec le grade de caporal.

Louis Leclabart réalisa pendant cette période quatre sculptures rupestres dans la Carrière du Chauffour.

D'août à , il participa à la rédaction d'un journal des tranchées Hurle Obus dans lequel il signa plusieurs dessins[4].

Le , il partit pour Trosly-Loire dans l’Aisne.

Le , Louis Leclabart fut versé dans l’armée de l’air et rejoignit l’escadrille S.A.L. 1 en tant que dessinateur. Il servit dans la Marne, l’Oise, les Vosges, la Meuse… où il corrigea, à l’aide de photographies aériennes, le plan directeur des opérations militaires.

Il fut démobilisé le [4].

Un sculpteur de la commémoration[modifier | modifier le code]

De retour à la vie civile, Louis Leclabart reprit son métier de sculpteur en collaboration avec Paul Beaugrand. Marqué par la guerre, il réalisa huit monuments aux morts. Pour cela il s’inspira de son expérience combattante et représenta des soldats en action ou bien, il choisit de représenter des civils dans l’exercice de leur profession ou de leurs loisirs.

Mort, à Amiens, le , il fut inhumé aux côtés de son épouse au Cimetière Saint-Acheul ancien, à Amiens.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

  • Abbeville :
    • Monument aux morts du Sporting Club abbevillois au Stade Paul Delique, inauguré le .
    • Les Patrouilleurs, Monument aux morts, inauguré le en présence du Maréchal Foch[5].
Marcelcave, partie supérieure du monument aux morts
  • Amiens :
    • Buste d’Adrien Fauga (bronze, 1907) au Cimetière Saint-Acheul ancien.
    • Sainte-Cécile (plâtre), Salon des Amis des Arts de la Somme (1908)
    • Groupe d’écoliers revenant de l’école (terre cuite), Salon des Amis des Arts de la Somme (1908)
    • L’Etreinte, médaille de vermeil, Salon des Amis des Arts de la Somme (1911)
    • Une Jeunesse, Douleur, L’Amour maternel, trois compositions, Salon des Amis des Arts de la Somme ()
    • Pleureuse (pierre), tombe de son épouse, cimetière Saint-Acheul (1922)
    • Monument aux morts de l’Union de la boucherie, inauguré le .
  • Arry : Le Guetteur, monument aux morts, (1921)[5].
  • Coulonvillers : Buste de Poilu tenant une grenade, Monument aux morts, inauguré le
  • Estrées-sur-Noye : Buste de Poilu bras croisé, Monument aux morts, (1922-1923)
  • La Faloise : Le Tourbier, Monument aux morts, inauguré le
  • Marcelcave : Groupe sculpté de Poilus à l’attaque, Monument aux morts, inauguré le [5].

Dessin[modifier | modifier le code]

  • Avant 1914, une dizaine de dessins représentant son épouse ou ses enfants
  • Pendant la Grande Guerre, Louis Leclabart réalisa 145 dessins : portraits, paysages, objets et décors, tombes[2].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique et Jean-Étienne Guerrini, La Somme à ses enfants, collection "Itinéraires du patrimoine", Association pour la Généralisation de l'Inventaire régional en Picardie (A.G.I.R. - Pic.), 1994 (ISSN 1159-1722) ; 85
  • Thierry Hardier (oui), Eric Leclabart, Monique Veroye, Benoît Drouart et al., Louis Leclabart, 1876-1929 : un artiste picard dans la Grande Guerre, Noyon, France, Cap régions Foyer socio-éducatif du collège Paul Éluard de Noyon, , 163 p. (ISBN 978-2-952-56767-1, OCLC 985027231)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de naissance aux archives départementales de la Somme 5MI D64 page 162 », sur archives.somme.fr (consulté le )
  2. a b c et d Thierry Hardier (sous la direction de), Louis Leclabart (1876-1929), un artiste picard dans la Grande Guerre, Cap Régions Edition, 2010 (ISBN 978 - 2 - 9 525 676 - 7 - 1)
  3. « Acte de naissance aux archives départementales de la Somme - 2E21/1082 page 507 », sur archives.somme.fr (consulté le )
  4. a et b Thierry Hardier (sous la direction de), Louis Leclabart (1876-1929), un artiste picard dans la Grande Guerre, Cap Régions Edition, 2010 (ISBN 978 - 2 - 9 525 676 - 7 - 1)
  5. a b et c Dominique et Jean-Étienne Guerrini, La Somme à ses enfants, collection "Itinéraires du patrimoine", Association pour la Généralisation de l'Inventaire régional en Picardie (A.G.I.R. - Pic.), 1994 (ISSN 1159-1722) ; 85