Louis Kahn (amiral)

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Louis Kahn
Naissance 13 novembre 1895
à Versailles
Décès 27 janvier 1967 (à 71 ans)
à Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Pavillon des forces navales françaises libres Forces navales françaises libres
Grade Ingénieur général du génie maritime
Années de service 01/10/1916-1961
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Autres fonctions Président de l'Académie de marine
Président du Consistoire central
Président-délégué de l'Alliance israélite universelle
Vice-président de l'ORT

Louis-Lazare Kahn, né en 1895 à Versailles et mort en 1967 à Paris, est un ingénieur général du génie maritime français, membre des Forces navales françaises libres. Il devient par la suite l'un des représentants de la communauté juive de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Effectuant sa scolarité dans sa ville de naissance, Louis Kahn passe son baccalauréat au lycée Hoche. Puis il fait partie de la promotion 1914 de l'école polytechnique [1].

Sous-lieutenant, il commande une batterie pendant la Première Guerre mondiale. Son attitude, outre deux blessures, lui vaut d'être cité à deux reprises : en 1915, à l'ordre du corps d'armée ; en 1918 (promu lieutenant entre-temps), à l'ordre de l'armée.

Affecté à l'arsenal de Brest en 1920, ingénieur de 1re classe, il est chef du service des machines et de l'électricité. En 1925, il est directeur de l'arsenal de Saigon et des constructions navales en Indochine. En 1928, il entre, au sein du cabinet Édouard Herriot II, au ministère de la Guerre de Paul Painlevé, puis il dirige le cabinet de Laurent Eynac, le premier ministre de l'Air en titre.

En 1930, il obtient son brevet de pilote. À la même époque, il met au point une méthode de projection cartographique qui porte son nom. En 1933, il est ingénieur principal. En 1936, il dirige à Brest [2]la section des porte-avions au service technique des constructions navales [3].

En 1937, il est directeur du cabinet du ministre de l'Air Pierre Cot. En 1939, il est envoyé à Washington, en poste à la mission achats armements. Il rentre en France en 1940 [4]. Par effet de l'article 2.5 du second statut des juifs, il est placé d'office à la retraite par le gouvernement de Vichy.

En 1943, il parvient à rejoindre Londres. Le général de Gaulle le réintègre et le nomme directeur central des constructions et armes navales. Il met au point des techniques nouvelles de combat contre les sous-marins allemands qui lui attirent les félicitations officielles de Winston Churchill.

En 1944, il est nommé ingénieur général de 1re classe du génie maritime.

L'ingénieur général du génie maritime[modifier | modifier le code]

Louis Kahn , évadé de France par l'Espagne, dirige de Londres, qu'il rallie le 15 février 1943, les constructions navales des Forces navales françaises libres (FNFL). Il a le grade d'ingénieur en chef. Avec le ministre de la Marine Louis Jacquinot et le vice-amiral Lemonnier, Louis Kahn est l'un des maîtres d'œuvre du renouveau de la Marine depuis Alger, conquise en novembre 1942, où il occupe le poste de directeur des constructions navales en 1943.

Roger Peyrefitte décrit[5] ainsi le rôle de l'IG Kahn :

« En parlant de Londres et de Jean Pierre-Bloch, je pense à un autre juif qui alla rejoindre la France libre: l'ingénieur général, dit amiral Kahn. Il avait mis au point un moyen de protéger les navires contre les torpillages et désirait le soumettre à Churchill. Toutefois, il prétendait qu'en échange, l'Angleterre reconnût le gouvernement du général de Gaulle, qui n'était alors qu'agréé. Il déclina les offres les plus alléchantes, mais finit, aux instances mêmes du général, par céder son brevet sans contrepartie. Cette anecdote rappelle celle de Weizmann, qui, en 1914, ne livra à l'Angleterre son invention des gaz asphyxiants que sous la promesse d'un établissement juif en Palestine. Il est juste qu'il ait été le premier président de l'État d'Israël; mais, entre nous, j'aime mieux l'aventure de l'ingénieur général Kahn, qui ne l'a fait que président du consistoire. »

Il préside l'Académie de marine[6] de 1959 à 1961[7].

Il est membre du conseil supérieur de la Défense nationale, du comité de défense nationale, du conseil supérieur de la Marine (du 18 mai 1951 au 31 décembre 1952) et, en 1952, secrétaire général des Forces armées [8].

Le président du consistoire central[modifier | modifier le code]

Il est président du consistoire central des juifs de France (1963-1967)[9],[10]. Il est également président-délégué de l'Alliance israélite universelle et vice-président de l'Organisation Reconstruction Travail (ORT)[7].

Louis Kahn est proche du rabbin David Feuerwerker. Ce dernier officie au mariage du fils du président du consistoire central en la synagogue Chasseloup-Laubat. L'ingénieur général Kahn est enterré au cimetière juif de Versailles. L'enterrement est présidé par Jacob Kaplan, grand-rabbin de France. Notons que les deux, Kahn et Kaplan, sont des cohanim[11]. En 1968, l'écrivain Arnold Mandel [12], brosse le portait suivant de Louis Kahn :

« Louis Kahn, un ingénieur naval de haut rang, est décédé à Paris en février [1967], à l'âge de 72 ans. Un technicien d'une compétence exceptionnelle, il avait rendu de grands services au Comité des Français Libres de de Gaulle à Londres durant la Seconde Guerre mondiale. Il a joué un rôle majeur dans la communauté juive française. Comme président du Consistoire Central, il a élargi les vues et les contacts de cette vieille institution du judaïsme français, si longtemps pétrifiée dans un conservatisme social. C'était un homme religieux et un juif pratiquant. Appelé « l'amiral Kahn » par tout le monde [...], il a étendu ses activités et influences bien plus loin que les cercles consistoriaux. Il parlait souvent en son nom personnel pour la défense de points de vue non conformistes. Il fit de nombreux voyages en Israël. En 1963, il dirige la délégation française aux « Journées du Judaïsme Français » à Tel-Aviv. Il reçut des funérailles d'État avec garde d'honneur dans la cour d'honneur de l'hôtel des Invalides à Paris. »

Le 18 juillet 2010, dans un discours, le secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants Hubert Falco lui rend hommage[13] lors de la commémoration de la rafle des 16-17 juillet 1942.

Formation[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • Promotion IETA 2016 baptisée promotion ingénieur général Louis Kahn[16].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Notice de Louis Kahn en ligne sur le site de la BnF [2]

Famille[modifier | modifier le code]

Louis Kahn est le fils de Salomon Kahn (5 juin 1863, Kobelsheim-21 janvier 1944, Chantelle, Allier[17]), hazzan de la synagogue de Versailles pendant cinquante ans, et Eugénie (5 juillet 1871, Mulhouse-), fille du shochet Cyriakus Kahn[18], professeur agrégée d'université au lycée de jeunes filles. La famille Kahn est originaire de Kolbsheim, près de Strasbourg[19]. Il a deux sœurs, Marthe (futur épouse de Robert Weill, ingénieur chimiste et président de l'Association cultuelle israélite de Versailles, fils de Benoit Weill, hazzan à Aix-en-Provence[20]) et Renée (1893-1983) (future épouse de Joseph Darmon et mère de l'IGGM Michel Darmon X-1946)[21]. Il se marie à Paris le mardi 11 juillet 1922 avec Anne-Marcelle Schrameck (1896-1965), à l'oratoire de la Synagogue de la Victoire à Paris, il habite alors Brest, elle habite au 54, rue de la Bruyère[22]. Ils ont deux enfants, Pierre Kahn (1926-1997) et Jean (ca 1931- ..). Anne-Marcelle Schrameck, en 1919, est la première femme à intégrer l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne [3].

Après s'être réfugiée à Marseille, puis à Perpignan, la famille passe les Pyrénées pour parvenir à Casablanca d'où elle parvient à rejoindre Louis Kahn à Alger le 22 octobre 1943. Elle ne revient en métropole que le 17 octobre 1944 Partie de l'entretien enregistré l'après-midi du 21 août 1946 à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Marbach : Les marins polytechniciens.
  2. La famille Kahn habite 3 rue Émile-Zola, soit au plus près de l'arsenal.
  3. Voir l'article sur le Béarn (porte-avions).
  4. En juin 1940, le fils de Louis Kahn, Jean, déclare être scolarisé à Lorient ; il a dix ans. À la fin du même mois, lui, son grand-père martenel Abraham Schrameck, son frère Pierre et sa mère Anne sont évacués vers Marseille.
  5. Roger Peyrefitte, Les Juifs, Paris, Flammarion, p. 334.
  6. Son fils Pierre Kahn écrit un ouvrage sur son père, Essai sur les méthodes de pensée et d'action de l'ingénieur général du génie maritime Louis Kahn, publié par l'Académie de marine. Cité par Susan Zuccotti, The Holocaust, the French, and the Jews, University of Nebraska Press, (ISBN 0-8032-9914-1 et 978-0-8032-9914-6) p. 358, note 2.
  7. a et b Susan Zuccotti, The Holocaust, the French, and the Jews, University of Nebraska Press, (ISBN 0-8032-9914-1 et 978-0-8032-9914-6) p. 358, note 2.
  8. Décret no 50-1127 du 15 septembre 1950 portant attributions du secrétaire général des Forces armées (services communs) [1].
  9. À son décès en février 1967, le baron Alain de Rothschild, auparavant président du consistoire de Paris, lui succède comme président du consistoire central. Arnold Mandel, 1968, p. 452, sur le site Western Europe.
  10. Il participe à une cérémonie à la synagogue de Fontainebleau La synagogue de Fontainebleau. Avec une photo de Louis Kahn portant un Sefer Torah.
  11. L’amiral Kahn, ingénieur général du Génie maritime
  12. « Arnold Mandel, 1968, sur le site Western Europe »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 24 août 2014) : « Louis Kahn, a high-ranking naval engineer, died in Paris in February, at the age of 72. A technician of exceptional competence, he had rendered great service to de Gaulle's Free French Committee in London during World War II. He played a major role in the French jewish community. As president of the Central Consistory, he widened the scope and contacts of that old institution of French Jewry, so long petrified in social conservatism. He was a religious man and a practicing Jew. Called "Admiral Kahn" by everyone (he had the civil equivalent of that rank), he extended his activity and influence far beyond consistorial circles. He often spoke in his personal capacity in defense of nonconformist views. He made numerous trips to Israel. In 1963 he headed the French delegation to the "Days of French Judaism" in Tel Aviv. He was given a state funeral with a guard of honor in the court of honor of the Hôtel des Invalides in Paris. »
  13. Vichy : Un passé qui ne passe plus. Blog privé.
  14. « Notice LH de l'IG1GM Kahn », base Léonore, ministère français de la Culture.
  15. Louis Kahn a enseigné à l'école nationale supérieure de l'aéronautique, conférencier auprès des académies des sciences et de Marine et écoles de guerre.
  16. Promotion ingénieur général Louis Kahn.
  17. Voir, Jean-Philippe Chaumont et Monique Lévy, 2007, p. 394-395.
  18. Voir, Jean-Philippe Chaumont et Monique Lévy, 2007, p. 394-395 et p. 383-384.
  19. France/Michel Darmon, rebelle parce que fidèle, Michel Garfinkel.com, vendredi 21 septembre 2012.
  20. Voir, Jean-Philippe Chaumont et Monique Lévy, 2007, p. 395.
  21. Frédéric Viey - Les Juifs dans l'ouest parisien ou le peu que je connaisse d'eux antérieurement accessible par judaicultures.info.
  22. L'Univers israélite, 7 juillet 1922. gallica.bnf.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]