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Louis V Joseph de Bourbon-Condé

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Louis V Joseph de Bourbon-Condé
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Louis V-Joseph de Bourbon, VIIIe prince de Condé d'après Jean-Marc Nattier, vers 1753.
Biographie
Titulature Duc de Bourbon
Duc d'Enghien
Prince de Condé
Prince du sang
Seigneur de Chantilly
Dynastie Maison de Condé
Distinctions Grand maître de France
Autres fonctions Colonel général de l'infanterie
Armée de Condé
Naissance
Hôtel de Condé (France)
Décès (à 81 ans)
Palais-Bourbon (France)
Sépulture Nécropole royale de la basilique de Saint-Denis
Père Louis IV Henri de Bourbon-Condé
Mère Caroline de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg
Conjoint Charlotte de Rohan
Marie-Catherine Brignole
Enfants Marie de Bourbon (1755-1759)
Louis VI Henri de Bourbon-Condé
Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Louis V Joseph de Bourbon-Condé

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Louis V Joseph de Bourbon-Condé, né à l'hôtel de Condé le puis mort au palais Bourbon le , est le huitième prince de Condé. Il fut également duc de Bourbon, duc d'Enghien et seigneur de Chantilly. Il est particulièrement connu comme un des premiers à ainsi prendre le chemin de l'émigration lors de la Révolution française et en étant chef de l'armée des Princes. Il fut proche de la famille du marquis de Sade et fut élevé aux cotés de ce dernier.

Louis-Joseph est le fils de Louis IV Henri de Bourbon-Condé, septième prince de Condé, et de la princesse palatine Caroline de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg. Né au château de Chantilly, le père du futur prince est Louis III de Bourbon-Condé, époux de Louise-Françoise de Bourbon, la fille du roi Louis XIV. Du temps durant lequel son père le prince est vivant, Louis-Joseph porte le titre de duc d'Enghien. Ses deux parents décèdent alors qu'il n'est âgé que de quatre ans. Son éducation est confiée à son oncle : Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont-en-Argonne.

Il devient grand maître de France à la mort de son père en 1740. De quatre ans l'aîné du marquis de Sade, né lui aussi à l'hôtel de Condé, sa mère étant parent et dame d'honneur de la princesse, il est élevé avec lui jusqu'à l'âge de huit ans. Louis-Joseph est ainsi le parrain de son tout premier enfant Louis-Marie, baptisé dans la chapelle privée des Condé, à Chantilly. Le père de l'écrivain, le comte de Sade, amant de sa mère à la fin de l'année 1735, est considéré comme pouvant être le possible père adultérin du prince[1]. Elle aurait également put être une maîtresse du roi.

Le , Louis-Joseph épouse Charlotte de Rohan au château de Versailles. Elle est la fille de Charles de Rohan-Soubise, prince de Soubise et duc de Rohan-Rohan, et d'Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne. La marquise Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault raconte au cours de ses mémoires qu'elle rencontra le prince lorsqu'il avait seize ans, et qu'il se montrait d'une très grande timidité au point qu'il se tenait toujours à l'écart, « n'osant parler à personne ». Elle prit le prince sous son aile, et il en sera touché. Il restera alors très attaché à la marquise.

Cet attachement pour Madame de La Ferté-Imbault s'accrut de sa reconnaissance et il cherchera toujours auprès d'elle des conseils, des secours et des consolations. La marquise le dépeindra en homme « sûr, loyal et chevaleresque dans toute la conduite de sa vie ». Elle écrira d'ailleurs, alors étant au seuil de la vieillesse « après avoir passé ma vie à fréquenter et à voir de près les autres princes, celui-là est le seul qui m'intéresse et que j'aime »[2]. Les mariés eurent trois enfants, dont deux dépasseront l'enfance : Louis-Henri, futur prince de Condé, et Louise-Adélaïde.

Ancien Régime

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Durant la guerre de Sept Ans, le prince sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père, le prince de Soubise. Il est nommé lieutenant général des armées du roi en 1758 et ainsi il remporte quelques-unes des rares victoires françaises à Grüningen et à Johannisberg. Le prince administre ensuite la Bourgogne. Durant l'année 1764, il rénove et agrandit le palais Bourbon, et quitte l'hôtel de Condé où il est né. Il fait également embellir le château de Chantilly. Durant 1765, il hérite de sa richissime tante paternelle, Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé.

Il reçoit ainsi les très généreuses pensions qu'elle avait rachetées elle-même à sa cousine Louise-Françoise de Bourbon. En 1770, Louis-Joseph marie son fils à Bathilde d'Orléans, fille du duc d'Orléans et sœur de Louis-Philippe d'Orléans. Cette union est ainsi censée apaiser toutes les tensions qui existaient alors entre les Condé et les Orléans. Par l'ordonnance du , le roi Louis XVI recrée à son intention le grade de colonel général de l'infanterie[3]. Lors des États généraux, il est contre le doublement du nombre de députés du Tiers état, mais acceptée.

Révolution française

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Départ pour Turin

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Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé par Alexandre-François Caminade, 1841.

Louis-Joseph est l'un des premier à quitter le royaume, le , seulement trois jours après la prise de la Bastille, alors que le pays entame la Révolution française. Il part alors par Valenciennes, vers Bruxelles, qui est à cette époque la capitale des Pays-Bas autrichiens. Il voyage ensuite le long du Rhin, puis ensuite en Suisse et il rejoint en septembre 1789 le comte d'Artois, frère du roi, et réside dans la belle-famille de celui-ci à Turin, où il reste jusqu'en 1791. Les deux princes songent déjà à mettre une contre-révolution en marche[4].

L'armée des émigrés

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Au printemps 1791, alors que les deux frères du roi établissent leur quartier général à Coblence, le prince met en place une armée à Worms. Mais, soucieux de contrôler étroitement les mouvements des émigrés, les Autrichiens et les Prussiens le tiennent à l'écart des opérations militaires en 1792 et le subordonnent à un général autrichien en 1793. Stationnée sur les bords du Rhin en 1794 et 1795, l'armée du prince de Condé passe sous le contrôle de la Grande-Bretagne et de l'Autriche qui veillent alors à assurer successivement son entretien[5].

En 1797, après le traité de Campo-Formio, l'armée du prince passe au service du tsar de Russie. Elle est ensuite engagée contre les armées de la République française dans les batailles de Wissembourg, de Haguenau et celle de Bentheim. Suite au traité de Lunéville en 1801, le prince doit se retirer en Angleterre avec son fils.

Séjours en Grande-Bretagne

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Louis XVIII, roi de France et de Navarre par Antoine-Jean Gros, 1817.

Le père et le fils logent à Wanstead, servis par des domestiques dont les gages ne sont payés qu'irrégulièrement mais continuant à observer le cérémonial de l'Ancien Régime. Ils reçoivent du roi George III une pension de 675 livres pour deux. De Londres, il envoie à son petit-fils, le duc d'Enghien, des instructions belliqueuses sans pour autant comprendre que les temps ont changés. Celui-ci est enlevé, condamné à mort et exécuté en 1804 sur les ordres de Napoléon 1er. Progressivement, les deux Condé exilés songent à revenir en France[6].

Restauration

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En 1814, Louis-Joseph revient en France accompagné de Louis XVIII. Lors de son absence, le château ancestral des Condé, le château de Chantilly, a servi de prison politique, puis a été rasé. Le parc de Chantilly, qui est alors laissé en friche, a été morcelé et vendu. Il parvient à récupérer une partie de ses biens. Il retrouve, et ce malgré son âge avancé (78 ans), sa charge de grand maître de France, ce qui lui vaut d'être assidu à la cour du palais des Tuileries, que son fils déserte totalement. Pendant les Cent-jours, il tente alors d'organiser la résistance dans l'ouest du pays puis passe en Angleterre et revient à Paris après la bataille de Waterloo en 1815.

Louis V Joseph de Bourbon-Condé meurt au palais Bourbon le 13 mai 1818, à l'âge de 81 ans[7]. Son fils, Louis VI de Bourbon-Condé sera le dernier prince de Condé. Il mourut le 27 août 1830. Les correspondances des princes de Condé avec le duc de Bourbon est conservée ainsi aux Archives nationales sous la cote 34AP[8].

Titulature et décorations

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  •  : Son Altesse Sérénissime Louis-Joseph de Bourbon, duc d'Enghien, prince du sang de France ;
  •  : Son Altesse Sérénissime Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, prince du sang de France.

Décorations françaises

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Ordre du Saint-Esprit Chevalier des ordres du Roi ()
Ordre national de la Légion d'honneur Grand-croix de l’ordre royal de la Légion d'honneur ()[9]
Ordre royal et militaire de Saint-Louis Grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis ()[10]

Notes et références

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  1. Brighelli, Jean-Paul., Sade, Larousse, (ISBN 2-03-505012-X et 9782035050120, OCLC 48662422, lire en ligne), p. 30
  2. marquis de Ségur, Le royaume de la rue Saint-Honoré, Calmann-Levy, chapitre IX
  3. Recueil général des anciennes lois françaises: depuis l'an 420, volume 26, Jourdan, Decrusy, M. Isambert (François André) [1]
  4. « Dictionnaire universel d’histoire et de géographie (Bouillet et Chassang, 1878) - Wikisource », sur fr.wikisource.org (consulté le )
  5. Comte de Ribes, Documents pour servir à l'histoire de la Maison de Condé - Journal d'émigration du prince de Condé 1789-1795, Paris, Georges Servant, , V-546 p. (lire en ligne)
  6. Louis Joseph de Bourbon prince de Condé, Mémoires de la maison de Condé imprimés sur les manuscrits autographes et d'aprés l'autorisation de S.A.S. Monseigneur le duc de Bourbon : contenant la vie du Grand Condé, écrite par feu Mgr. le prince de Condé, la correspondance de ce prince avec tous les souverains et prices des familles royales de l'Europe, depuis 1789, jusqu'en 1814, Chez l'editeur et chez Ponthieu, (lire en ligne)
  7. Patrick Van Kerrebrouck, La Maison de Bourbon 1256-2004, tome 2, Villeneuve d'Ascq, l'auteur, , 1010 p. (ISBN 2-9501509-0-X), p. 662-663
  8. Archives nationales
  9. « Ordre de la Légion d'honneur - Textes officiels antérieurs à 1962 », sur www.france-phaleristique.com (consulté le )
  10. « Ordre royal et militaire de Saint-Louis », sur www.france-phaleristique.com (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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