Louis Gruau

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Louis Gruau, ou Louys Gruau, né au Bignon, mort le à Saulges, est un prêtre catholique français, curé de Saulges, auteur en 1613 d'un ouvrage sur la chasse aux loups[1] en Mayenne.

« Les pertes et ravages, et principalement les cruautez que j'ay veu telles mauvaises (bestes) exercer tous les jours et depuis la fin de ces dernieres guerres à l'endroit de personnes de tous aages et qualitez, m'ont comme transporté et incité à excogiter ce j'en escris, sçachant qu'il y en aura cy après qui par charité mettront la main à la plume pour en escrire plus amplement et d'un meilleur stille »

Biographie[modifier | modifier le code]

Clerc[modifier | modifier le code]

Fils de François et de Jeanne Gruau, il fut tonsuré à Angers, où il étudiait, le et fut ordonné prêtre dans la même ville le 18 avril 1579. Quinze ans plus tard, vicaire de Saulges, probablement depuis plusieurs années, il devient résignataire de noble maître Olivier L'Enfant, son curé, et prend possession le . Le curé de Saulges était aussi notaire apostolique et figure en cette qualité dans un grand nombre d'actes passés dans tout le doyenné[2]. Il permute sa cure, alors âgé de plus de 70 ans, en 1630, contre la chapelle du Pré-Rond, à Ballée. Il était aussi chapelain de Sainte-Marguerite de Terretien en Chérancé, par le bienfait de Jacques de la Lande, seigneur des Plains du Bignon, de Saint-Eutrope en Saint-Sauveur-de-Flée, et de la Gelinière en Thorigné-en-Charnie. Il augmenta le revenu et la fondation de ce dernier édifice.

Le chasseur de loups[modifier | modifier le code]

Louis Gruau captura 67 loups[3] sur sa paroisse en un court espace de temps, ce qui lui valut d'être présenté à Louis XIII par Hercule de Rohan, grand veneur de France, et de publier chez Pierre Chevalier en 1613 un ouvrage sur la capture des loups : Nouvelle invention de chasse pour prendre et oster les loups de la France, comme les tables le démonstrent, avec trois discours aux pastoureaux françois[4].

  • Son ouvrage[5] est dédié à Hercule de Rohan, duc de Montbazon, grand veneur de France. Si l'on représente, dit-il dans sa dédicace, que je suis un prestre et un curé qui me devrois plustost arrester à prescher et instruire mes paroissiens et à prier Dieu qu'à chasser et à faire des livres, je diray, sans alléguer du latin, que la plus belle partie et vertu que puisse avoir un prestre, un curé, c'est la charité.

Ces inventions selon Henri Martin-Dairvault, avaient dû, dans sa province lui attirer une certaine célébrité[6]. On possède peu de renseignements biographiques sur ce personnage.

L'ouvrage compte 6 planches :

  1. la chasse aux poches ;
  2. le trictract sans armes ;
  3. la fosse pour renards ;
  4. les fosses à loups ;
  5. les fosses à loups ;
  6. la chasse au parc ou à la haie.
Le dernier loup de la Charnie fut tué à la fin du XIXe siècle près du château de l'Essart[7]

À la suite du traité se trouvent Trois discours aux pastouraux françois[8].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Nouvelle invention de chasse. Pour prendre et oster les loups de la France : comme les tables le demonstrent, avec trois discours aux Pastoureaux François. Paris, Pierre Chevalier, au mont Saint-Hilaire, à la Court d'Albret[9], 1613[10]. L'ouvrage est dédié à Hercule de Rohan, duc de Montbazon (1568-1654), grand veneur de France de 1602 à 1643, lieutenant général en Bretagne et gouverneur de Nantes en 1598.
  • Nouvelle Invention de Chasse pour prendre et oster les Loups de la France, Librairie des Bibliophiles, Paris, 1888. Avec une notice et des notes d'Henri Martin-Dairvault[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saulges dépendait alors du doyenné de Brûlon. Ce village était bien placé pour recevoir la visite des loups, se trouvant à une faible distance de la forêt de la Grande-Charnie et des bois de Charnie. Ces terrains boisés ne sont pas éloignés de la forêt de Sillé, qui devait être le grand réservoir, d'où s'échappaient, vers les bois de Charnie, et jusqu'aux environs de Saulges, les troupes de loups auxquelles Gruau avait déclaré une guerre acharnée.
  2. Il est parrain à Saint-Denis-du-Maine, en 1610, de François Gruau, son neveu, fils de Gervais Gruau et de Jeanne Tacheron.
  3. Louis Gruau prouve l'efficacité de son invention en disant qu'il a pris ou fait prendre depuis peu de temps, soubs l'étendue d'une lieue, soixante-sept loups.
  4. Le théâtre de ses exploits devait être situé au nord, nord-est de Saulges, près de Saint-Pierre-sur-Erve, Thorigné-en-Charnie et de Bannes. On assomme un loup à coup de bâtons à la Verrerie, entre Chemiré-en-Charnie et Étival. Un loup malicieux pénètre dans la cour du monastère de la Chartreuse du Parc, située à l'entrée des bois de Charnie, étranglant les oies des moines et s'échappant.
  5. petit in-8° de VI-83 feuillets paginés au recto, un feuillet d'errata et six planches sur bois.
  6. Il reconnaît lui-même que ce n'est pas son exercice et que la chasse lui est par les saints canons défendue ; mais s'appuyant sur une glose des Décrétales, il estime que tendre lacs ou filets sans grande clameur, sans chiens et grand tumulte, est permis aux prestres, voire aux moynes, pour autant que telles chasses sont plutosts jugées ressembler à pesche que chasse.
  7. ref : Amand Dagnet Le dernier loup, p. 64-66 in Ste-Suzanne en chansons, imp. Goupil, Laval, 1929
  8. Ce sont, à proprement paler, des sermons plutôt que des discours. Il y est parlé du monde, de la terre, des astres, du déluge, des famines, etc, surtout de la fin du monde, mais très peu des loups, bien qu'ils en soient le prétexte.
  9. D'autres portent : Paris, Laurent Sonnius, rue Saint-Jacques, au Cocq et Compas d'or. le privilège, daté du , est donné en son nom.
  10. Jacques Charles Brunet, dans son Manuel du Libraire parle d'une édition de 1614, qui reste introuvable.
  11. Les trois discours aux pastouraux françois ont été remplacés avec raison par le passage du poème de Natalis Comes sur les loups dont Gruau parait s'être inspiré pour la description et l'histoire naturelle des animaux.

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Louis Gruau », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne), t. IV, p. 430.