Louis Gassion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Louis Gassion
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfant

Louis Alphonse Gassion est un artiste de cirque français, un contorsionniste-antipodiste, né le à Falaise (Calvados) et décédé le (à 62 ans) à Paris. Il est avant tout connu pour être le père d'Édith Piaf.

Biographie[modifier | modifier le code]

Milieu familial[modifier | modifier le code]

Affiche pour le cirque Rancy à la foire de Séville, où travaillèrent Victor puis Louis Gassion, v. 1900
Maison de la mère de Louis Gassion, 7 rue Saint-Michel à Bernay (Eure).

Louis Gassion est né dans une famille assez pauvre. Sa mère, Louise Léontine Deschamps, est d'abord artiste de cirque, avant de devenir patronne d'une maison close à Bernay en Normandie, surnommée « le grand 7 », et son père, Victor Alphonse Gassion (né à Falaise, le 18 décembre 1850), fils de barbier, figure « le premier saltimbanque d'une famille d'agriculteurs, de journaliers ou de bonnetiers originaires du village de Castillon, dans la région de Bayeux, et qui s'est implanté à Falaise au milieu du XVIIIe siècle »[1],[2]. Victor devient très jeune garçon d'écurie auprès de la troupe équestre Louis Dianta de Séville ; à 11 ans, il est écuyer dans le cirque Napoléon Rancy[3] où il intègre les quadrilles sous le nom de Gassion de Falaise puis auprès du cirque de l'Impératrice, ensuite il rejoint le cirque Ciotti avec lequel il voyage en France et en Suisse, pour assurer ensuite encore des engagements dans les cirques plus réputés comme Plège ou Rancy, faisant accessoirement l'haltérophile, l'auguste ou l'équilibriste[1],[4],[5]. Par la suite, le père de Louis Gassion deviendra marchand de vin et limonadier dans le Vaugueux à Caen, au 21 à l'angle des rues Portes au berger et Chanoine Ruel[2]. La famille monte un bazar, un peu plus tard, appelé « La Grande charbonnerie du Calvados »[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Louis Alphonse aurait eu sept sœurs dont deux sont mortes en bas âge[réf. souhaitée]. Enfant de la balle, il commence sa carrière de contorsionniste au cirque Ciotti, cirque équestre d’origine italienne où travaille son père[6], d'abord en famille puis en soliste. C'est un homme de petite taille à la fine silhouette (qu'il lèguera à sa fille Édith)[7] : il pèse quarante-quatre kilos pour un mètre cinquante ou cinquante-quatre[2], ce qui allié à sa souplesse le dispose pour la contorsion acrobatique. Après le cirque Ciotti, il part faire des tournées avec les cirques Rancy et Beautour. Partout, il est présenté comme l'antipodiste, l'homme qui marche la tête à l'envers, sur une seule main[1],[5].

Mariage[modifier | modifier le code]

Extrait de l'acte de mariage de Louis Gassion et Annetta Maillard, 4 septembre 1914

Le , à Sens (Yonne), il aurait bénéficié d'une permission de trois jours pour épouser Annetta Maillard, chanteuse connue sous le nom de Line Marsa. Cette union est scellée à l’hôtel de ville de Sens, et l’acte de mariage conservé dans les archives municipales indique que la cérémonie s’est déroulée à 10 h 30, le , alors que les combats de la Première Guerre mondiale font rage dans l'Est de la France et que les Allemands menacent Paris. L’officier d’état-civil de permanence, ce jour-là, est Alphonse Dupêchez, adjoint au sénateur-maire de Sens, Lucien Cornet, et fils de Sylvain Dupêchez, illustre maire de la cité, de 1872 à 1879[8].

La présence de Louis Gassion et Annetta Maillard à Sens s’explique par l’incorporation de Louis, le au sein du 89e régiment d’infanterie. Il est cantonné, à l’époque, dans la caserne Gémeau, site aujourd’hui occupé par l’École nationale de police. Dans son ouvrage Piaf, la vérité, le biographe Emmanuel Bonini confirme que la mobilisation du « seconde classe » Gassion est l’unique attache du couple avec Sens : « Ils s’y sont mariés au cours d’une permission de trois jours, alors qu’ils étaient domiciliés à Paris, rue du Château-des-Rentiers, dans le XIIIe arrondissement. » L’auteur ajoute que « les quatre témoins du mariage — un typographe de Vendôme, un ciseleur parisien, un cultivateur de Wissous et un employé de commerce de Savigny-sur-Orge — étaient certainement tous mobilisés à Sens, avant de rejoindre le front »[9].

Avec son épouse, il a une fille, née le , Édith, future Édith Piaf, qu'il confie vers l'âge de deux ans à sa mère Louise Léontine à Bernay en Normandie, Titine, qui n'aimait guère l'enfant[10], car son épouse n'a pas la fibre maternelle et a du mal à s'occuper de l'enfant.

Vie d'artistes[modifier | modifier le code]

L'Alcazar au fond de la rue St-Martin à Mourmelon-le-Grand

En 1922, Louis Gassion, qui vient d'obtenir un engagement au cirque Caroli, reprend la fillette de 9 ans avec lui, pour vivre dans sa roulotte la vie d'artistes de petits cirques itinérants. Ayant la main leste et peu de tendresse pour sa fille, il collectionne les maîtresses[10]. Puis Louis quitte le cirque, commence alors pour eux la vie d'artiste de rue indépendant : c'est devant des spectateurs d'occasion qu'Édith, aux côtés de son père, chante pour la première fois en public. Père et fille séjourneront à plusieurs reprises dans la petite ville de garnison de Mourmelon-le-Grand dans la Marne, où se tenait le music-hall « l'Alcazar ».

Le , il divorce de la mère d'Édith et l'année suivante, l'adolescente de 15 ans quitte son père pour chanter en duo dans la rue avec son amie Simone Berteaut, dite Momone[11].

En 1932, il se remarie avec Jeanne L'Hôte avec qui il a une fille, Denise, demi-sœur d'Édith.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Louis Gassion meurt à Paris d'un cancer du poumon en 1944. Sa fille Édith le fait enterrer dans le caveau familial du Père-Lachaise où repose déjà sa fille Marcelle, morte en 1935[10].

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 2007, dans le film La Môme d'Olivier Dahan, le rôle de Louis Gassion est interprété par Jean-Paul Rouve [12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Cirque Sabine à Rancy, « P comme Piaf.... », sur Skyrock, (consulté le 28 novembre 2020)
  2. a b c et d « Piaf la Môme, made in Normandie, aurait eu 100 ans ce samedi », sur France 3 Normandie, (consulté le 28 novembre 2020)
  3. « Cirque Napoléon Rancy », sur data.bnf.fr (consulté le 28 novembre 2020)
  4. Belleret, op. cit.
  5. a et b Cirque Sabine Rancy, « G comme Gassion de Falaise..... », sur Skyrock, (consulté le 28 novembre 2020)
  6. BnF -Encyclopédie des arts du cirque, « Grand Cirque Achille Ciotti, cirque équestre italien », sur expositions.bnf.fr (consulté le 28 novembre 2020)
  7. Hugues Vassal, Dans les pas de… Edith Piaf, nivers Poche, , p. 97.
  8. La rédaction, « Sylvain Dupêchez, une rue, un gymnase », sur www.lyonne.fr, (consulté le 31 août 2020).
  9. Frank Morales, « Centenaire de la naissance d'Édith Piaf : ses parents se sont mariés à Sens », l'Yonne Républicaine,‎ .
  10. a b et c AlloCine, « Edith Piaf : 50 ans après sa mort, la vérité sur "La Môme" ! », Interview de Robert Belleret, sur AlloCiné, (consulté le 28 novembre 2020)
  11. Anne Sizaire, op. cit., p. 23.
  12. Louis Gassion dans La Môme sur IMDB.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]