Louis Ducos du Hauron

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Louis Ducos du Hauron
Louis Arthur Ducos du Hauron.jpg
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Médaille du progrès de la Royal Photographic Society (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Louis Ducos du Hauron

Louis Arthur Ducos du Hauron, né à Langon le 8 décembre 1837 et mort à Agen le 31 août 1920, est l'un des inventeurs de la photographie en couleurs en 1869 avec Charles Cros.

Il déposa plusieurs brevets sur la reproduction des sons et des images. Mais il est surtout connu pour avoir inventé la trichromie (procédé de photographie et d'impression polychrome), pour la photographie en couleurs. Il est également l'inventeur des anaglyphes, ces images qui restituent l'impression de relief quand on les regarde au travers de lunettes verte-rouge.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Ducos du Hauron est originaire d’Agen. Son père, Jérôme, est fonctionnaire des contributions indirectes, en poste à Langon. Louis ne fréquente pas l’école mais est instruit par des précepteurs. Il s’intéresse aux arts, à la peinture et joue remarquablement du piano (il entretiendra une correspondance suivie avec Camille Saint-Saëns). Mais il est surtout passionné par les sciences physiques et notamment l’optique et les couleurs, en lien avec son goût pour la peinture. Dans le même ordre d’idées, il s’intéresse à la photographie naissante et cherche à réaliser des photographies en couleurs, sur un plan plus théorique que pratique.

À l’âge de vingt-deux ans, il présente devant la Société des arts et sciences d’Agen un mémoire sur l’Étude des sensations lumineuses. Entretenu par son père qui encourage ses recherches, puis à la mort de celui-ci, par sont frère aîné Alcide, il n’a pas d’emploi salarié mais se consacre entièrement à ses découvertes sans en tirer de véritable profit financier.

Suivant son frère dans ses diverses affectations, il réside successivement à Auch, à Lectoure, à Agen. Il adopte le principe énoncé par l’Anglais Maxwell sur la trichromie pour la reproduction des couleurs. Se basant sur la théorie de Maxwell, le photographe Thomas Sutton a réalisé en 1861 une photographie en couleur visible seulement en projection, sur la base de la synthèse additive, mais il n’est pas parvenu à obtenir une image stable sur papier. Ducos du Hauron, lui, emploie la synthèse soustractive : utilisation des trois couleurs primaires bleu, jaune et rouge, obtenues par trois prises de vues successives au travers de trois filtres de couleurs complémentaires (respectivement orangé, violet et vert), chacune sélectionnant la couleur voulue. Chaque photographie est tirée dans la couleur correspondante sur un support transparent, la superposition des trois donnant une image en couleurs comme un vitrail, ou imprimée sur papier. Si le principe est simple, on se heurte aux difficultés techniques : faible sensibilité des plaques, longueur des poses (souvent plusieurs heures), couleurs des filtres, stabilité des pigments, impression des nuances limitée à la phototypie ou ses équivalents, etc. En 1868 à Lectoure, Ducos du Hauron travaille avec l’assistance d’un pharmacien local[1]. Il dépose un brevet sur son invention. L’année suivante, il présente son invention devant l’Académie des sciences. À la même séance, un autre inventeur présente un projet identique, il s’agit de Charles Cros, chacun de son côté ayant abouti à des conclusions similaires. S’ensuit un débat pour déterminer qui a l’antériorité de l’idée. Charles Cros ayant déposé un pli scellé en 1867, mais il est établi que les recherches de Ducos du Hauron remontent à au moins dix années en arrière. Il n’y a pas de rivalité entre les deux hommes.

Il dépose plusieurs brevets qui énoncent ce que sera le futur cinématographe des frères Lumière : succession d’images projetées sur un écran devant des spectateurs, effets de ralenti, d’accéléré ou de marche arrière, films enroulés sur des bobines et munis de perforations pour l’entraînement. Il envisage le dessin animé. Mais au moment où il décrit ces principes, la technologie n’est as encore suffisamment avancée pour en permettre une mise en pratique.

En 1870 Alcide Ducos du Hauron est nommé juge à Agen. Louis réalise des vues en extérieur, paysages d’Agen et aussi des vues de Lourdes. Il a fabriqué un appareil de prises de vues à triple objectif, chacun muni de son filtre couleur, qui lui permet d’obtenir simultanément les trois sélections trichromes.

En 1874 il dépose le brevet du mélanochromoscope, appareil photographique à objectif unique permettent, via deux miroirs semi-transparents, un miroir normal et trois filtres colorés, d’impressionner sur une seule plaque trois vues de 35 x35 mm, correspondant à chaque couleur primaire. Le même appareil permet de visualiser une image en couleurs à partir de plaques positives[2].

Il présente à l’Exposition de 1878 une collection importante de ses réalisations. L’imprimeur et photographe allemand Joseph Albert, de Munich, lui propose de venir travailler chez lui, mais Ducos du Hauron, par patriotisme, refuse.

En 1881, il suit toujours son frère Alcide, nommé conseiller à la cour d’appel d’Alger.

En 1900, Alcide prend sa retraite et ils regagnent Paris.

Cette même année il reçoit la médaille du progrès de la Royal Photographic Society[3].

Après la mort d’Alcide en 1909, Louis Ducos du Hauron vit à Savigny-sur-Orge, avant de revenir dans la région agenaise.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léo Barbé et Paul Jeannin-Nartet, De la photographie en couleur à la photographie sous-marine, en passant par le scaphandre et le sous-marin de poche, trois inventeurs lectourois sur le podium, Bulletin de la société archéologique du Gers, 4e trimestre 1991
  2. http://www.cameramuseum.ch/fr/N2623/.html Cameramuseum.ch
  3. Progress Medal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Tholin, La photographie des couleurs. Les inventions de Louis Ducos, p. 40-60, Revue de l'Agenais, année 1918, tome 45 (lire en ligne)
  • Louis Arthur Ducos du Hauron: La photographie des couleurs et les découvertes de Louis Ducos du Hauron. Paris : A.-L. Guyot, [187?]. (Lire en ligne)
  • Alcide Ducos du Hauron :
    • La photographie des couleurs (sans date).
    • Traité pratique de la photographie des couleurs (1878).
    • La triplice photographique des couleurs et l’imprimerie (1897).

Liens externes[modifier | modifier le code]