Louis Coudouret

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Louis Fernand Coudouret
Naissance
Marseille (Bouches-du-Rhône)
Décès (à 33 ans)
Saint-Amant-de-Bonnieure, Charente
Origine Drapeau de la France France
Arme French-roundel.svg Aéronautique militaire
Unité VB 102, N 57, N 112, N 103, MS 81
Grade Lieutenant
Années de service 1914-1929
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes 6 victoires homologuées (dont 1 en collaboration)

Louis Coudouret, né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le à Saint-Amant-de-Bonnieure (Charente), était un aviateur français. Pilote de chasse durant la Première Guerre mondiale, il remporte 6 victoires aériennes homologuées (dont 1 en collaboration). Pilote de raids durant l’entre-deux-guerres, il se tue en avion après une tentative avortée de traversée de l’Atlantique sans escale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pilote de guerre[modifier | modifier le code]

Louis Coudouret naît à Marseille (Bouches-du-Rhône) le (ou le 1er juin selon certaines sources). Il a 18 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate, et est étudiant aux Arts et Métiers[1]. Engagé volontaire le , il est affecté au 2e Groupe d'Aviation en tant que soldat de 2e Classe. Il est envoyé à Dijon comme élève pilote le , puis à Avord. Il est promu caporal en et obtient son brevet de pilote militaire (no 1020) le . Il est transféré à l'escadrille VB 102 le , et promu sergent le . Il est transféré à l'escadrille N 57 le . De nouveau promu, cette fois-ci au grade d'adjudant, le , il est transféré à l'escadrille N 112 en juillet après avoir remporté sa première victoire homologuée avec l'escadrille N 57. Le , nouveau changement d'affectation pour l'escadrille N 102 avec laquelle il remporte une deuxième victoire le [2].

Envoyé en Russie le avec une mission militaire, il est promu temporairement au rang d'officier avec le grade de sous-lieutenant le . Après avoir remporté trois nouvelles victoires sur le front Est, lui permettant d'accéder au statut d'as qui est décerné après 5 victoires, il rentre en France le et rejoint le 28 mai l'escadrille SPA 103[2], la célèbre « Escadrille des Cigognes » dont René Fonck est alors le héros[3]. Quelques jours après son arrivée, il remporte sa sixième et dernière victoire de la Grande Guerre[2].

Lorsque la guerre s'achève, sa Croix de Guerre comprend 4 palmes et 2 étoiles de vermeil. En récompense de son engagement sur le front Est, les autorités russes le font Officier de l'Ordre de Saint Georges et de l'Ordre de Saint Vladimir et lui remettent le sabre de l'ordre de Saint Georges[2]. Cela lui vaut deux surnoms : « Protopopoff », en souvenir de son année passée en Russie, et « l’As aux bigorneaux », à cause de ses nombreuses décorations étrangères[1].

Pilote de raids[modifier | modifier le code]

Avec ses 6 victoires homologuées, Louis Coudouret reste dans l’armée à la fin de la guerre. Dix ans après, il veut réussir l’exploit de traverser sans escale l’océan Atlantique nord d’est en ouest, de l’Europe vers les États-Unis. En 1928, il prend un congé sans solde qui lui permet de quitter le 38e régiment d’aviation[3].

Louis de Mailly-Nesle, son ancien compagnon d’armes sur le front Russe, vient d’acheter l’un des trois Bernard 191 GR (Grand Raid) à moteur Hispano-Suiza du constructeur Adolphe Bernard. L’avion porte le no 1. Entièrement peint en rouge, il arbore à l’avant du fuselage son nom de baptême « France », et le dessin de la célèbre cigogne de Guynemer et Fonck sur une bande tricolore bleu-blanc-rouge. L’exemplaire no 2, peint en jaune vif, deviendra mondialement célèbre sous le nom de l’Oiseau Canari. À son bord, Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti réalisent, les 13 et , la première traversée française sans escale de l’Atlantique Nord dans le sens Ouest-Est. L’avion est de nos jours exposé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget[3].

Louis Coudouret et Louis de Mailly-Nesle s’adjoignent les services d’un navigateur de renom, le capitaine Louis Mailloux[3].

Accidents[modifier | modifier le code]

Le , lors d’un essai, leur taux de montée étant trop faible, ils n’arrivent pas à passer au-dessus des lignes électriques voisines du terrain. Ils passent sous la première et coupent la seconde. Il ne leur reste plus qu’à vidanger leur carburant et à revenir se poser[4].

Louis Coudouret et Louis Mailloux font une seconde tentative l’année suivante, en . Entretemps, le ministère de l'Air, créé le , a interdit les raids transatlantiques qui ont déjà causé trop de morts. Les deux aviateurs emmènent le France à Séville en Espagne, d'où ils espèrent prendre le départ vers l’Amérique à la fin du mois de juin. Sans raison particulière, Louis Mailloux est rappelé séance tenante en France, permission supprimée, sans doute pour empêcher ce raid. Il doit reprendre ses cours à l’École militaire d’application de l’aéronautique[5].

De plus les autorités espagnoles, en l’absence d’accord de la France, n’accordent pas l’autorisation de décoller. Pour s’assurer que Louis Coudouret regagne bien la France, deux militaires espagnols l’accompagnent à bord du Bernard 191 le . L’avion n’atteindra jamais sa destination, le terrain du Bourget. Lors de ce qui semble être un atterrissage d’urgence, l’avion s’est écrasé à Saint-Amant-de-Bonnieure, en Charente, à une trentaine de kilomètres au nord-est d’Angoulême. Louis Coudouret décède durant son transport à l’hôpital. Il avait 33 ans[3]. Ses deux passagers se sortent indemnes de l’accident[4]. Les causes de l’accident demeurent mystérieuses. Il semble que ce sont les passagers qui, en manipulant les commandes, ont vidangé les réservoirs d’essence, par erreur ou par un geste inconsidéré[3].

Louis Coudouret est enterré au cimetière de Grenelle, 174 rue Saint-Charles à Paris[6],[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Exemple d'épée d'honneur avec dragonne aux couleurs de l'ordre et médaillon de Saint-Georges.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Coudouret Louis », sur As oubliés 14-18, (consulté le 8 février 2018).
  2. a, b, c et d « COUDOURET Louis Fernand », sur Ciel de Gloire (consulté le 8 février 2018).
  3. a, b, c, d, e et f « Bernard 191 GR n°1 "France" », sur Passion pour l'aviation, (consulté le 8 février 2018).
  4. a et b Didier Lecoq, « Neuf tués dans la collision de deux Bloch 210 de Tours », sur Aéroplane de Touraine, (consulté le 25 janvier 2018).
  5. Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 666.
  6. Jérôme Leblanc, « Louis Coudouret », sur Aérosteles - lieux de mémoire aéronautique, (consulté le 8 février 2018).
  7. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, le Cherche Midi, (ISBN 2-7491-2169-8, EAN 978-2-7491-2169-7), p. 191.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvette Renaud, Louis Coudouret, 1896-1929 : aviateur injustement oublié, École Primaire, , 59 p.
  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 252.
  • Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, le Cherche Midi, (ISBN 2-7491-2169-8, EAN 978-2-7491-2169-7), p. 191.

Articles connexes[modifier | modifier le code]