Louis Barrabé

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Louis Barrabé, né le à Bonneval (Eure-et-Loir) et mort le à Paris (XIVe arr.) est un géologue, syndicaliste et militant communiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est en 1905 que le père de Louis Cupif fait changer son nom et celui de ses enfants en Barrabé (qui est celui de sa mère).

Mobilisé comme officier dans le génie en 1914, il est gravement blessé à la jambe et en garde des séquelles à vie. Rendu à la vie civile en 1919, avec la croix de guerre, il peut reprendre les études de sciences qu'il avait dû interrompre cinq ans plus tôt. Passé par l'école normale supérieure, il obtient l'agrégation de sciences naturelles en 1921, avant d'obtenir un poste à l'ENS. Après plusieurs missions scientifiques, il est nommé chef de travaux au laboratoire des hautes études de géologie appliquées, ce qui lui permet de soutenir en 1929 sa thèse.

Cette même année, il épouse Madeleine, fille du sociologue Célestin Bouglé, alors directeur adjoint de l'ENS. Nommé chargé de cours à l'université de Dijon, il obtient le grade de maître de conférence en géologie appliqué en 1931, et revient à Paris en 1935.

En 1939, il est brièvement secrétaire général du syndicat de l'enseignement supérieur de la CGT, remplaçant Ludovic Zoretti, jusqu'à la dissolution des syndicats enseignants par le régime de Vichy.

Pendant la guerre, il se rapproche du parti communiste auquel il adhère finalement. A partir de 1943, il enseigne à l'ENS et devient en 1945, directeur du laboratoire de géologie de l'école. Son laboratoire accueille alors des réunions clandestines du front national universitaire, auquel il appartient et qu'il anime.

En 1944, il participe à la reconstitution du syndicat CGT du supérieur, dont il est le secrétaire général. En 1946, ce syndicat prend le nom de Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESRS). A ce titre, il est membre de la Commission administrative nationale de la FEN, au titre du courant « cégétiste ».

Il participe alors aux commissions Philip, puis Langevin-Wallon, qui travaillent sur une réforme globale de l'enseignement. En 1947, il est titulaire de la chaire de géologie structurale et appliquée à l'Université de Paris.

En 1956, il ne peut éviter la scission du SNESRS, qui donne naissance à deux syndicats séparés pour les chercheurs (SNCS) et les universitaires (SNESup), dont il devient le président. Il cesse alors de siéger dans les instances de la FEN. Pendant toute cette période, il contribue au travail des intellectuels communistes, contribuant notamment régulièrement à la revue La Pensée. Il est un membre actif et a présidé la société géologique de la France et la Société française de minéralogie et cristallographie.

Il est fait officier de la Légion d'Honneur.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1929, il soutient sa thèse de doctorat consacrée à l’étude stratigraphique et pétrographique de la partie médiane du pays Bakalave (Madagascar). Spécialisé dans la pétrographie, il pilota le premier forage gazier français près de Saint-Gaudens. Il est membre du comité scientifique (géologie) de l’Office national des combustibles liquides dans les années 1930.

Son activité est surtout centrée sur l'élaboration de la carte géologique de la France et sur la recherche de gisements d'uranium, jusqu'à ce que son appartenance au PCF ne lui vale une mise à l'écart du CEA, début 1951.

Sources[modifier | modifier le code]

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, notice de Jacques Girault, Michel Pinault et Jeffrey Tyssens