Louis-René Caradeuc de La Chalotais

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Portrait de La Chalotais.
Blason de la famille de Caradeuc[1].

Louis-René de Caradeuc de La Chalotais, né à Rennes le et mort dans la même ville le , est un magistrat breton. Janséniste, il est procureur général du Parlement de Bretagne et l'une des principales personnalités du mouvement de la fronde parlementaire qui se déroule à la fin du règne de Louis XV.

Famille[modifier | modifier le code]

Sa famille est de la noblesse de robe originaire de Bretagne. Parmi ses membres, on peut citer Anne Jacques Raoul Caradeuc, marquis de La Chalotais (1728-1794).

Le nom de Caradeuc de La Chalotais est éteint en 1859[réf. nécessaire].

Le château de Caradeuc à Bécherel appartient toujours aux descendants de cette famille[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

La Chalotais est nommé avocat général au parlement de Bretagne en 1730 et procureur général en 1752.

Opposant farouche des jésuites, il présente au parlement en 1761 un mémoire sur les constitutions de la Compagnie (Compte rendu des constitutions des Jésuites[2]), qui contribue à sa suppression en France. En 1763, il publie un Essai d'éducation nationale[3], dans lequel il propose un programme d'enseignements scientifiques destinés à se substituer à ceux des jésuites. Voltaire le félicite d'en exclure les enfants du peuple : « Je vous remercie de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre, je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés[4]. »

La même année commence le conflit entre les états de Bretagne et le gouverneur de la province, le duc d'Aiguillon. Les États refusent de voter les impôts extraordinaires demandés par le gouverneur au nom du Roi. La Chalotais est un ennemi personnel du duc d'Aiguillon et, lorsque le Parlement se range aux côtés des États, il prend la tête de l'opposition. Le Parlement interdit la levée d'impôts auxquels les États n'auraient pas consenti. Le Roi fait révoquer cet arrêt, ce qui entraîne la démission de tous les membres du Parlement, sauf douze (octobre 1764 à mai 1765).

Le secrétaire d'État à la Maison du roi chargé des affaires de la province, Louis Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, reçoit deux lettres anonymes dont La Chalotais est suspecté d'être l'auteur, ce que confirment alors trois experts en graphologie. La Chalotais est arrêté le , ainsi que son fils et quatre autres parlementaires. Cette arrestation fait sensation et l'on parle de despotisme. Voltaire forge la légende du procureur général emprisonné à Saint-Malo, puis au château du Taureau, et réduit, faute d'encre, à écrire sa défense avec un cure-dent trempé dans du vinaigre.

Le , une commission spéciale est nommée pour juger La Chalotais. Celui-ci plaide l'illégalité du procès, soutenant qu'étant procureur général, il ne peut qu'être jugé par le Parlement de Bretagne ou, à défaut, par celui de Bordeaux, conformément à la coutume de Bretagne. Les juges n'osent pas le condamner sur la base d'expertises en écriture et, à la fin de l'année 1766, les choses n'ont pas progressé. En novembre, La Chalotais est transféré à la Bastille[5]. Louis XV décide alors d'évoquer l'affaire devant le Conseil, qui exile La Chalotais à Saintes (1767). Cette sentence augmente l'agitation des esprits. Les philosophes, les parlementaires, les jansénistes soutiennent que La Chalotais est la victime de la vindicte du duc d'Aiguillon et des jésuites. En définitive, le roi accepte de rappeler les parlementaires bretons qui ont démissionné. Le Parlement de Bretagne tient à nouveau séance et réclame le retour de La Chalotais, ce qui finit par être accordé en 1775, après que Louis XVI a rappelé les anciens parlements, revenant ainsi sur la réforme du chancelier Maupeou. La Chalotais est autorisé à transmettre son office à son fils. Il meurt à Rennes le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nobiliaire et armorial de Bretagne par Pol Potier de Courcy (lire en ligne).
  2. Louis-René de Caradeuc de La Chalotais, Compte rendu des constitutions des Jésuites, [lire en ligne].
  3. Essai d'éducation nationale : ou, Plan d'études pour la jeunesse, [lire en ligne].
  4. Lettre à M. de la Chalotais, 28 février 1763.
  5. Dufey [Pierre Joseph Spiridion Dufey, dit Dufey de l'Yonne], La Bastille : mémoires pour servir à l'histoire secrète du gouvernement français depuis le XIVe siècle jusqu'en 1789, Paris, Bureau de l'Encyclopédie, 1834, p. 281. Erwan Chartier-Le Floch, « 1767. L'affaire La Chalotais », sur ablogjeanfloch.over-blog.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]