Louis-André de Beaussier de Châteauvert

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Louis-André de Beaussier
Comte de Chateauvert
Naissance 1724
à Toulon
Décès (à ~ 75 ans)
à Bois-Josse ou à Paris
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Président de la noblesse pour l'arrondissement de Senonches
Famille André Beaussier de Châteauvert
(son père)
Louis-Joseph de Beaussier de l'Isle
(son oncle)

Louis-André de Beaussier, comte de Chateauvert, seigneur de Boissy-le-Sec et autres lieux, né en 1724 à Toulon et mort le à Bois-Josse, est un officier de marine et aristocrate français. Il sert dans la Marine royale pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle et termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre des armées navales (1782) et chevalier de Saint-Louis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Louis-André de Beaussier appartient à l'une des plus anciennes familles de Toulon. La famille de Beaussier est connue en Provence depuis le XIIIe siècle. À la fin de l'Ancien Régime, elle a donné à la Marine royale dix-huit officiers[1], dont trois officiers navigants et deux au service des ports, à la fin du XVIIe siècle[2],[3].

Il est le fils aîné de André Beaussier de Châteauvert, chef d'escadre et de Thérèse-Marie Giraudy de Piosin-Montauban (1697-1741), sœur de Joseph Giraudy de Piosin, chef d'escadre, bailli de Malte. Son oncle, Louis-Joseph de Beaussier de l'Isle, sert lui dans la Marine, et parviendra également au grade de chef d'escadre.

Carrière dans la Marine royale[modifier | modifier le code]

Il fait sa première campagne en 1740, en qualité de garde de la marine, sur l'un des vaisseaux de l'escadre de la Roche-Allard, destinée à rejoindre Saint-Domingue. Il assiste au combat de Toulon, où se trouvaient son père et son oncle.

Il fait partie de l'expédition des îles Sainte-Marguerite, au cours de laquelle l'un de ses parents, Beaussier d'Eyraud, commandait l'artillerie; et enfin devint capitaine de la frégate la Syrène. En 1758, le comte de Beaussier commande en chef et escorte au Canada douze navires chargés de troupes et de munitions, ainsi que de présents pour les « sauvages ». La colonie, qui manquait de tout, est sauvée par l'arrivée de Beaussier. De toutes les flottes destinées à secourir le Canada, seule la sienne arrive à bon port. Quatre ans plus tard, le duc de Choiseuil lui confie la frégate la Malicieuse, quatre flûtes et deux navires armés de vingt canons, devant transporter à Saint-Domingue des troupes et des munitions, difficile entreprise qui est couronnée de succès.

Le ministre lui témoigne la satisfaction du Roi, et, à sa recommandation, accorde des récompenses aux capitaines et officiers qui avaient servi sous ses ordres. En 1772, Beaussier prend le commandement de la frégate l'Aurore, à bord de laquelle il croise pendant cinq mois sur les côtes de Saint-Domingue, en chasse les Anglo-Américains. Il capture treize de leurs navires et rétablit le commerce français dans cette colonie. De retour en France, il reçoit une commission de capitaine de vaisseau. Les négociants de Nantes, à son passage dans la ville, lui envoient les juges-consuls pour le complimenter, et ceux du Havre lui écrivent une lettre très flatteuse.

Beaussier commande l'Intrépide, en qualité de brigadier général, au fameux combat d'Ouessant, puis il fait avec distinction les campagnes d'Amérique de 1780 à 1782. Il commande le Royal-Louis, le Robuste, le Terrible. Il est élevé au grade de chef d'escadre en 1782, quelques mois avant la signature de la paix de Paris en 1783.

Roturier jusqu'à l'âge de 36 ans, le comte de Beaussier est nommé président de la noblesse pour l'arrondissement de Senonches, dans le Perche, à la formation de l'assemblée des notables. Mais il meurt 16 jours après l'ouverture des États généraux, sur sa terre du Bois-Josse ou à Paris[4], le .

Son frère cadet, Beaussier de Montauban capitaine de vaisseau en retraite (1779) et son cousin Louis-Emmanuel de Beaussier sont deux des très rares capitaines de vaisseau guillotinés en 1794.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse, le , Françoise-Séraphine Jacquet de Cuvray, fille de Séraphin Jacquet de Cuvray, seigneur du Nouvet, près Verneuil dans le Perche, de laquelle il a un fils unique:

  • Louis-André de Beaussier de Châteauvert (1765-1804)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Vergé-Franceschi parle d'une « véritable pépinière d'officiers de port et de vaisseau »
  2. Aman 1976, p. 129.
  3. « Depuis 1666, ils portent le patronyme qui est le plus répandu dans la marine royale. Sortis d'un maître d'équipage au temps de Louis XIV, ils donnent trois chefs d'escadre entre 1764 et 1789. La marine leur a procuré la noblesse en 1760 avec trois générations successives de chevaliers de Saint-Louis. » Vergé-Franceschi 1990, p. 262
  4. Vergé-Franceschi 1990, p. 283

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ludovic de Magny, Le nobiliaire universel, Institut Héraldique, (lire en ligne), p. 219 ;
  • Jacques Aman, Les officiers bleus dans la marine française au XVIIIe siècle, Librairie Droz, (lire en ligne), p. 129 ;
  • Artefeuil et Louis Ventre, Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, vol. 3, Imprimerie de la veuve Girard, (lire en ligne), p. 41-42 ;
  • Michel Vergé-Franceschi, « Marine et Révolution. Les officiers de 1789 et leur devenir. », Histoire, économie et société, série 9e année, no 2,‎ , p. 259-286 (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]