Louis-Alphonse de Valbelle

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Louis-Alphonse de Valbelle
Image illustrative de l'article Louis-Alphonse de Valbelle
Portrait de Louis-Alphonse de Valbelle
Anonyme; Musée de l'hôtel Sandelin, Saint-Omer
Biographie
Naissance vers 1642
à Marseille
Ordination sacerdotale
Décès
à Saint-Omer
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Saint-Omer
Précédent Armand-Anne-Tristan de La Baume de Suze François de Valbelle-Tourves Suivant
Évêque d'Alet
Précédent Nicolas Pavillon Victor-Augustin de Méliand Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Maître de l'Oratoire de Sa Majesté Très-Chrétienne
Aumônier ordinaire du Roi
Agent général du Clergé de France

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Louis-Alphonse de Valbelle-Monfuron, né à Marseille le et mort à Saint-Omer le , est un homme d'Église français des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est évêque d'Alet du à , date à laquelle il est nommé évêque de Saint-Omer, jusqu'à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Issue d'apothicaires de Marseille, la famille de Valbelle est anoblie au XVIe siècle et va devenir une des plus importantes de Provence. Elle compte des officiers, des présidents et des conseillers au parlement d'Aix, trois évêques de Saint-Omer.

Louis-Alphonse de Valbelle est le quatrième fils d'Antoine de Valbelle, seigneur de Montfuron, Conseiller du Roi en ses conseils et lieutenant de l'amirauté de Marseille et de Françoise de Félix, dame de Valserres, fille de Lazarin de Félix, seigneur de Valserres et de Beaulieu, issue d'une famille notable de Marseille. Son parrain est le cardinal de Lyon Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu et sa marraine la comtesse d'Alais.

Carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Il commence ses études à Paris au collège d'Harcourt puis à la Sorbonne où il obtient sa licence en théologie en 1666 et son doctorat en 1668. La même année il est ordonné prêtre et pourvu comme Prévôt de Sisteron. il devient Aumônier ordinaire du roi en 1669. Il participe à l'Assemblée du clergé de 1665 et à celle 1670 et il est nommé Agent général du clergé de France en 1675. À la fin de son mandat d'Agent du clergé et après la mort de Nicolas Pavillon, évêque d'Alet en Languedoc, survenue le , Louis-Alphonse de Valbelle est nommé pour lui succéder le . Il est confirmé le et ordonné évêque le . Dans son diocèse ses positions pro janséniste sont systématiquement rejetées.En 1682 il acquiert la charge de Maître de l'Oratoire de Sa Majesté Très-Chrétienne après la disgrace de Louis Fouquet l'évêque d'Agde. Il participe aux Assemblées du clergé de 1680 et 1682 où il soutient les thèses gallicanes. Il participe aussi aux États du Languedoc en 1684[1].

Il est transféré de son siège épiscopal à celui de Saint-Omer au mois de , et il occupe ce dernier pendant quatorze ans.En 1690, Louis XIV, par reconnaissance vis-à-vis de Louis-Alphonse de Valbelle, aumônier ordinaire du Roi et Maître de l'oratoire de sa Majesté, érige la terre de Montfuron en marquisat au profit de Léon de Valbelle, son frère aîné, et de ses descendants.

À Saint-Omer, il fait tout pour rétablir la discipline ecclésiastique. En 1699, il rachète les bâtiments de l’ancien collège des Bons Enfants dont la fondation remontait au XIVe siècle et, sur le terrain de ce collège, il ordonne la fondation, en 1702, de l'hôpital général en face de l'église Saint-Sépulcre pour accueillir 150 enfants (pauvres ou orphelins)[2]. Il restaure les revenus et les bâtiments du Jardin Notre-Dame, une école pour jeunes filles pauvres. Il installa les Sœurs du Bouillon dans une maison dite du Tambour : ces sœurs s'occupaient des malades à domicile. Il reconstitue le séminaire, où il a voulu que soient entretenus gratuitement soixante jeunes théologiens, et il en a enrichi considérablement la bibliothèque.

II meurt à Saint-Omer le , à l'âge de 67 ans.

Son corps repose dans une chapelle de la Cathédrale, dite la Chapelle des Évêques, où figure l'épitaphe suivant:

Sta Viator ad nobilem tumulum. Sub co jacet magni viri exiguus cinis. Hic est Illustr. ac Rever. D D. Ludovicus Alphonsus de Valbelle, Vice-Comitum Massiliensium virtutis hares ac sanguinis, qui dum Majorum decora aemulari studuit, Majoribus non minor, fecit sua. Gravibus Cleri Gallicani negotiis prapofitus, idem Regii Oratorii Prefectus fuit; magnis hinc apud Clerum, apud que Regem, muneribus feliciter perfunctus, primum ad Electenfes, dein ad Audomarenfes insulas merito provectus, tulit utrasque disciplina Ecclesiasticœ restaurator ac vindex acerrìmus. Quos tunc Pastor egenos vivens adoptavit ut suos, eofdem hic moriens designavit haeredes. Obiit anno 1708. anno. 68 nec tamen totus interiit. Vivit in suis indoles Nobilis, apud Regem fidelitas inconcusa, apud Clerum incorrupta morum integritas, apud omnes fama. Abi, Viator, & luge jachiram publicam. Mors nec ovibus pareil nec Pastori.

Altercation avec Fénelon[modifier | modifier le code]

En 1682, Valbelle est resté célèbre pour son attitude intransigeante envers Fénelon, évêque de Cambrai, lors de l'assemblée du clergé. Non content que ce dernier ait accepté la condamnation de son livre Maximes des Saints, Valbelle demande que l'ensemble des ouvrages de Fénelon soient condamnés.

« Valbelle, dit Saint-Simon, Provençal, ardent à la fortune, n'eut pas honte, comptant plaire, d'ajouter douleur à la douleur. Il proposa dans l'assemblée qu'il n'y suffisait pas de condamner le livre des Maximes des saints, si on n'y condamnait pas en même temps tous les ouvrages que M. de Cambrai avait faits pour le soutenir. L'archevêque répondit modestement qu'il adhérait de tout son cœur, etc. Il n'y avait rien de si sage, de si modéré, ni de plus conforme à la raison, à la justice et à la vérité que cette réponse. Elle ne satisfit point M. de Saint-Omer, qui voulut se distinguer et faire parler de lui. Il prit feu et insista par de longs et violents raisonnements que M. de Cambrai écouta paisiblement sans rien dire. Quand le Provençal fut épuisé, M. de Cambrai dit qu'il n'avait rien à ajouter à la première réponse qu'il avait faite à la proposition de M. de Saint-Omer; ainsi, que c'était aux deux autres prélats à décider, à l'avis desquels il déclarait par avance qu'il s'en rapporterait sans répliquer. MM. d'Arras et de Tournai se hâtèrent d'opiner pour l'avis de M. de Cambrai, et imposèrent avec indignation à M. de Saint-Omer, qui ne cessa de murmurer et de menacer entre ses dents[3]. »

Honneurs et postérité[modifier | modifier le code]

Un plaque, apposée sur la façade de l'hôpital-général de Saint-Omer, honore la mémoire et les actions de ce prélat, ainsi que celle de ces deux parents, évêques de Saint-Omer après lui :


A LA MÉMOIRE
DE
LOUIS-ALPHONSE DE VALBELLE,
FRANÇOIS DE VALBELLE
ET JOSEPH-ALPHONSE DE VALBELLE,
ÉVÊQUES DE SAINT-OMER.
FONDATEURS DE L'HOPITAL-GÉNÉRAL DES ORPHELINS.
Trois vertueux prélats protecteurs de l'enfance
Ont offert cet asile à la simple innocence;
L'indigence y trouva la fin de ses malheurs;
La faiblesse un soutien et l'orphelin un père;
Le travail en écarte à jamais la misère.
Jeunes enfants, séchez vos pleurs;
En célébrant de Dieu la bonté paternelle.
En élevant vers lui vos timides accents;
Rappelez-lui dans vos chants innocents
Et les vertus et le nom de Valbelle.
MM.
LA CHAISE, GÉNÉRAL, PRÊFET,
DUBOIS, SOUS-PRÉFET,
WATRINGUE, MAIRE,
GAILLARD, VASSEDR, BACHELET, DESSAUX-LEBRETHON
ET LEROI, ADMINISTRATEURS,
10 NOVEMBRE 1809

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Bergin Crown, Church, and Episcopate Under Louis XIV Yale University Press 2004 (ISBN 0300103565) p. 483-484
  2. Site de la ville de Saint-Omer
  3. Saint-Simon, Volume 2, p. 3

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]