Lou Castel

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Lou Castel
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Dans Les Poings dans les poches (1965)

Nom de naissance Ulv Quarzéll
Naissance (73 ans)
Bogota (Colombie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne (naturalisé)
Profession Acteur

Lou Castel, de son vrai nom Ulv Quarzell[1], est un acteur suédois naturalisé italien[2], né le à Bogota (Colombie). Il apparaît dans quantité de films, (plus de 80) de nationalités, genres et budgets variés. Au cours de sa longue carrière il a joué tant en Italie qu'en Allemagne et en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né avec son frère jumeau Björn d'un père suédois expatrié en Colombie et d'une mère irlandaise, il connaît une éducation cosmopolite : né à Bogota, il grandit en Jamaïque, à New York et à Stockholm.

C'est Luchino Visconti qui le fait débuter dans l'Italie des années 1960 mais c'est Marco Bellocchio qui en fait une vedette, aussitôt après, avec Les Poings dans les poches ; son rôle de bourgeois névrosé qui massacre sa famille marque durablement ses rôles au cinéma, puisqu'on en trouve des traces jusque dans ses interprétations des années 1990, dans La Naissance de l'amour de Philippe Garrel et Irma Vep d'Olivier Assayas notamment. Par la suite, il choisit souvent des rôles sombres et torturés, parfois très négatifs. S'il incarne François d'Assise de Liliana Cavani, dès son deuxième grand rôle, dans les années 1970, on le voit dans des personnages d'inquiétants terroristes d'extrême gauche, dans plusieurs films tels que Nada ou Le Pont de Cassandra. Il retrouve d'ailleurs cet emploi, en 1991, dans Year of the Gun et c'est ainsi qu'il frappe le plus le public.

Dans les années 1960, Lou Castel, employé de manière éclectique, alterne dans le cinéma italien films d'art et d'essai et films populaires. On le voit ainsi dans plusieurs westerns italiens : El Chuncho de Damiano Damiani et Tue et fais ta prière de Carlo Lizzani, sur lesquels il croise Klaus Kinski et Pier Paolo Pasolini. Il prête ensuite son physique au terrible César Borgia, a pour partenaires féminines Sylva Koscina et Carroll Baker, pour rivaux à l'écran Jean Sorel et Claude Rich, de parfaits jeunes premiers. Il accepte tous les rôles pour reverser la plus grande part de ses cachets à l'organisation maoïste, Servire il popolo[3]. Ses activités de militant d'extrême-gauche le font expulser d'Italie, en 1972, vers Stockholm, en plein hiver.

Heureusement Wim Wenders lui confie le rôle du révérend coupable d’adultère, pour La Lettre écarlate. Il revient clandestinement en Italie plusieurs fois. Il s'est lié à l'actrice Marcella Michelangeli dont il a un fils Rocco.

Au cours des années 1970 et 1980 il collabore à des films réalisés par des cinéastes de renom, comme Pasquale Festa Campanile et Mario Monicelli, Rainer Werner Fassbinder (Prenez garde a la sainte putain), Claude Chabrol (Nada), Benoît Jacquot (Les Enfants du placard) et Jean-Charles Tacchella, Wim Wenders (L'Ami américain, ), Raoul Ruiz (L'Île au trésor), Michael Haneke, Daniel Schmidt (Violanta), Mario Monicelli (Caro Michele).

Il retrouve Marco Bellocchio en 1982, pour Les Yeux, la bouche (Gli occhi, la bocca), avant d'entamer sa collaboration avec Philippe Garrel dans Elle a passé tant d'heures sous les sunlights.

En 1984, dans un entretien accordé à Fabienne Pascaud pour Télérama[4], l'auteur commence son article avec cette citation de Les Yeux, la bouche : "Les metteurs en scène ne m'appellent plus parce que je suis devenu trop gros." La journaliste décrit le "comédien-poète, à la présence animale et mystérieuse" avec sa "mine renfrognée d'adolescent à problème sur laquelle le temps trop vite était passé", en "longue veste blanche (...) couverte de taches, comme exprès" et la longue galerie de personnages tardifs : "l'enfant du placard" de Benoît Jacquot, le "rôdeur bizarre" de l' L'Ami américain, "l'amoureux fou et secret" de Violanta. Castel confie dans le même article que ses "activités politiques d'extrême gauche ont dérangé sa carrière". Il s'affirme comme une conscience nécessaire dans ce milieu, entre "illusions perdues" et "violence souterraine". s'enthousiasme.

Dans les années 90, il s'installe en France. Il oriente ensuite essentiellement sa carrière vers le cinéma d'auteur français. On le retrouve alors chez Siegfried dans Louise (take 2), Emmanuelle Bercot dans Clément ou Bertrand Bonello dans Tiresia.

En 2005 Lou Castel interprète Jean-Jacques Rousseau dans Étoile violette. Puis il tourne aux côtés de Luis Rego dans le premier film du cinéaste expérimental Joseph Morder, El cantor.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lou Castel - Biographie
  2. Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : les acteurs
  3. http://www.telerama.fr/cinema/lou-castel-le-comedien-banni-par-l-italie,144800.php
  4. "Les errances de Castel", Fabienne Pascaud, Télérama, numéro 1816, 31 octobre