Lorette (prostitution)

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Une lorette est le nom qu’on donne à certaines femmes de plaisir au XIXe siècle.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Les lorettes apparues sous la monarchie de Juillet doivent leur nom à l'église Notre-Dame-de-Lorette située entre autres à côté de l'ancienne rue Bréda (d'où leur autre nom de « brédas »), et plus généralement dans le lotissement de la Nouvelle Athènes, situé dans l'actuel 9e arrondissement de Paris. C'est dans ce quartier qu'elles résidaient pour la plupart à l'époque de Louis-Philippe[1].

Elles tiennent le milieu entre les femmes entretenues (les « lionnes », courtisanes confirmées) par un seul homme et les grisettes désavantagées par le sort qui ont en plus de leur travail d'ouvrière ou d'employée de magasin quelques amis généreux.

La lorette partage ses frais d'entretien et ses faveurs entre plusieurs amants qui se succèdent au fil de la semaine. Ses « Arthurs », comme elle les appelle, ne sont pas assez fortunés ou trop volages pour se montrer exclusifs ; quant à elle, elle se garantit ainsi de la gêne où pourrait la plonger la rupture avec un protecteur unique.

Elles disparaissent au profit des cocottes sous le Second Empire et des « grues » à la veille de la Première Guerre mondiale[2].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

« Ce que c’est pourtant que nos sentiments ! » (dans Le Diable à Paris par Paul Gavarni et Grandville, édition de 1869).

Phryné, riche du bien de plus de vingt amants,
Et le cou ruisselant d'or et de diamants,
S'irrite à tout propos du luxe des lorettes,
Et demande un décret qui borne leurs toilettes…
                                                  Auguste Barbier[3]

Nestor Roqueplan, les frères Goncourt, Paul de Kock, Alexandre Dumas fils, Henri Murger ont trouvé une inspiration souvent féroce auprès de ces demi-mondaines frivoles et naïves. Gustave Doré les a gravées dans leur gloire et leur déchéance. Nana, d’Émile Zola, décrit la vie et le destin tragique d’une de ces lorettes.

Balzac en a fait le sujet de deux véhémentes critiques de la condition de la femme, et plus particulièrement du traitement inique réservé aux prostituées à travers Coralie, héroïne d’Illusions perdues et Esther, héroïne de Splendeurs et misères des courtisanes. Voir aussi les lorettes dans les personnages de La Comédie humaine.

Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale (2e partie), à l'hippodrome : « […] des femmes du monde partirent, scandalisées par le voisinage des lorettes. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Filles, lorettes et courtisanes, A. Dumas fils, 1844.
  • Le Quartier Breda, E. de la Bédollière, 1860.
  • La Lorette, E. et J. Goncourt, éd. Charpentier, 1883.
  • Les Lorettes. Paris, capitale mondiale des plaisirs au XIXe siècle, Emmanuel Pierrat, éd. Le Passage, coll. « Essais », 2013, 446 p. (ISBN 978-2-84742-283-2).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Pierrat, Les Lorettes. Paris capitale mondiale des plaisirs au XIXe siècle, Le Passage, , 442 p..
  2. Christian Benoit, 250 réponses aux questions d'un flâneur parisien, Le Gerfaut, , p. 81.
  3. Revue des deux Mondes, p. 499, mai 1865.

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