Lorenzo Ghiberti

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Lorenzo Ghiberti, de son véritable nom Lorenzo di Cione, (né en 1378 à Florence - mort en 1455 dans la même ville) est un peintre et sculpteur florentin du Quattrocento, dont l'œuvre s'inscrit dans le vaste mouvement de renouvellement de l'art occidental qui donna naissance à la Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lorenzo Ghiberti était le fils de Cione di ser Bonaccorso[1], mais son père mourut jeune et c'est le second mari de sa mère, l'orfèvre Bartoluccio (Bartolo di Michele), qui se chargea de son éducation[1]. Lorenzo, le considérant comme son véritable père, lui en garda une grande reconnaissance, au point que, jusqu'à l'âge de soixante ans, il conserva le nom de Lorenzo di Bartolo[1].

Lorenzo fit donc, comme la plupart des maîtres florentins de cette époque, son apprentissage dans des ateliers d'orfèvres. Il fut l'un des premiers sculpteurs-orfèvres du Quattrocento qui associèrent étroitement la sculpture et la peinture.

En 1401, alors qu'il était totalement inconnu, Lorenzo Ghiberti remporta le concours pour la porte nord du baptistère de Florence, organisé par l'Arte di Calimala[1], aux dépens de six concurrents parmi lesquels Filippo Brunelleschi, Niccolò di Piero Lamberti et Jacopo della Quercia.

Adam et Ève, détail de la Porte du Paradis.

Par la suite, ce concours a été considéré, par les historiens d'art, comme l'acte fondateur de la Renaissance artistique. Ghiberti fut, avec Donatello, l'un des initiateurs d'un renouvellement de la sculpture permettant la représentation naturelle d'un grand nombre de figures placées dans un espace totalement nouveau. Ghiberti fut déclaré vainqueur du concours à l'unanimité, Filippo Brunelleschi s'étant même retiré après avoir vu l'œuvre soumise par son rival. Le 23 novembre 1403, Lorenzo signait le contrat par lequel il s'engageait à travailler sans interruption à partir du 1er décembre, à la porte du baptistère jusqu'à son entier achèvement. L'exécution de la commande qui n'osa pas s'écarter du schéma gothique adopté par Andrea Pisano - l'auteur de la première porte - s'étala de 1403 à 1424. Le contrat prévoyait que l'artiste devait livrer trois bas-reliefs par an, mais cette clause ne fut pas respectée. En 1407, on renouvelait le contrat en obligeant, cette fois, le sculpteur à poursuivre son travail à l'exclusion de tout autre, moyennant un salaire de deux-cents florins par an.

L'artiste retrouva sa liberté de composition dans l'exécution de la porte d'honneur, commencée en 1425 et achevée en 1452. Cette porte est composée de deux séries de cinq panneaux chacune, représentant des scènes bibliques. Michel-Ange estima que ces portes étaient dignes d'ouvrir sur le Paradis[réf. nécessaire]. Le sculpteur utilisa la perspective et un relief de moins en moins accentué, pour disposer un grand nombre de personnages sur plusieurs plans.

Le Sacrifice d'Isaac, œuvre ayant remporté
le concours pour la seconde porte
du Baptistère Saint-Jean de Florence (1401)

Ces portes que Lorenzo Ghiberti exécuta pour le baptistère de Florence[2] - « admirables par la distribution et l'encadrement des panneaux, par leur richesse d'invention, par leur élégance fluide et par le noble sentiment des sujets » - ont été décrites par le critique et historien de l'art Henri Focillon, dans son ouvrage sur l'Art d'occident : « Le rapport du relief selon la distance feinte des plans, le passage calculé de la ronde-bosse au bas-relief et enfin au modelé presque plat de la médaille, la fuite rigoureuse de l'architecture, la suggestion dans le bronze d'un paysage aérien frappèrent comme une révélation miraculeuse l'imagination populaire ; les portes du baptistère furent désormais les portes du Paradis[3]

Ghiberti sculpta plusieurs figures de bronze pour l'église d'Orsanmichele, dont un Saint Jean-Baptiste (1414) et un Saint Matthieu (1421/1422), des saints des corporations marchandes, les Arti. Il réalisa, entre 1417 et 1427, les panneaux des fonts baptismaux du baptistère de Sienne, ornés du Baptême du Christ et Saint Jean conduit devant Hérode. L'artiste rédiga, à partir de 1447, un traité en trois tomes appelé les Commentaires. Le deuxième, retraçant la vie et l'œuvre des plus grandes personnalités artistiques des XIVe et XVe siècles, constitue la première véritable histoire de l'art.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Giulia Brunetti, Ghiberti, Sansoni, Florence, 1966.
  • (it) Pierluigi De Vecchi ed Elda Cerchiari, I tempi dell'arte, volume 2, Bompiani, Milan, 1999. (ISBN 88-451-7212-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
pp. 258–278 - Édition de 1568
037 le vite, lorenzo ghiberti.jpg

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Bertrand Jestaz, « Histoire de la Renaissance », école pratique des hautes études. 4e section sciences historiques et philologiques ( livret ), vol. 123, no 7,‎ , page 142 (lire en ligne)
  2. Bertrand Jestaz, « Histoire de la Renaissance », école pratique des hautes études. 4e section sciences historiques et philologiques ( livret ), vol. 123, no 7,‎ , page 143 (lire en ligne)
  3. Henri Focillon, Art d'occident, tome 2, Le moyen âge gothique, Paris, 1965, Librairie Armand Collin, p. 370.