Longchamp (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire. (septembre 2016).

Modifiez l'article pour adopter un ton neutre (aide quant au style) ou discutez-en.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Longchamp.
Longchamp
logo de Longchamp
Création 1948
Fondateurs Jean Cassegrain
Forme juridique Société par action simplifiée (S.A.S)
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Philippe Cassegrain
Activité Maroquinerie, prêt-à-porter
Produits Sacs, souliers et accessoires
Site web www.longchamp.com
Chiffre d’affaires en augmentation 495 millions d'euros (2014)[1]

Longchamp est une entreprise française de maroquinerie, fondée à Paris, en 1948 par Jean Cassegrain.

L'entreprise est connue pour ses sacs à main en cuir et en toile, ses articles de voyage, ses accessoires de mode et dernièrement son prêt-à-porter. La marque est aujourd’hui distribuée dans plus de 290 boutiques[1] dans le monde. La maison est toujours détenue et dirigée par la famille Cassegrain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930 et 1940, Jean Cassegrain et sa femme Renée[2] tiennent la civette familiale « le Sultan » située Boulevard Poissonnière à Paris[3],[4]. Jean Cassegrain se positionne alors sur une niche : les pipes à tabac haut de gamme[4]. Confronté à un important stock de pipes[4], et décide de gainer les pipes avec du cuir, lançant ainsi un nouveau produit sur le marché[5].

Pour les fabriquer, il collabore avec les meilleurs artisans et utilise des cuirs raffinés, aussi bien classiques (cuir de vachette et de chevreau) qu’exotiques comme le crocodile[6]. Ces modèles renouvellent l'intérêt de la clientèle. Particulièrement appréciés des soldats des troupes alliées[5], ils sont peu à peu vendus dans les magasins qui approvisionnent les bases américaines à travers le monde[6] et deviennent des objets de luxe[6]. Les ventes de ces pipes gainées de cuir explosent[2]. Célébrités et responsables politiques se les arrachent[4].

Parallèlement, Jean Cassegrain continue d'innover et de se diversifier[2]. Dans les années 1950, l'entreprise, qui commercialise des produits pour fumeurs comme des étuis à cigarettes, s'oriente peu à peu vers la petite maroquinerie[5] et confectionne des accessoires en cuir[7] tels que des pochettes, des trousses de toilette[8] ou encore des portefeuilles[7]. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous[7]. Petit à petit, la marque délaisse les articles pour fumeurs pour se consacrer à la maroquinerie[7].

Pour exporter ses produits, le chef d'entreprise fonde la société "Jean Cassegrain et Compagnie"[6]. Il souhaite alors apposer sa marque sur ses produits[3]. Mais son nom est déjà utilisé par un membre de sa famille[6],[9].

Lorsqu'il se rend dans ses ateliers de production, Jean Cassegrain passe à côté de l’un des derniers moulins de Paris, au bout du célèbre hippodrome de Longchamp. Il fait alors le rapprochement entre le moulin, qui est l'endroit où l'on "casse le grain" et l'étymologie de son nom de famille[10]. L'image d'un moulin, en clin d'œil au nom de famille du buraliste, est envisagée mais le logo est utilisé par un proche[7].

La proximité géographique entre le moulin et le champ de courses de Longchamp, fait le lien entre l’univers équestre et ses fournisseurs en maroquinerie[6]. Jean Cassegrain a alors l'idée d'utiliser le nom "Longchamp" pour désigner sa marque[6].

La marque Longchamp naît en 1948[3],[11]. La même année, Jean Cassegrain renomme sa société ainsi[2].

Il confie ensuite à l’illustrateur Turenne Chevallereau le soin de dessiner le logo[4],[7], inspiré de gravures anglaises de la fin du XIXe siècle[10]. Le célèbre motif du cheval de course au galop est né[2].

Le début de la maroquinerie[modifier | modifier le code]

Longchamp se lance officiellement dans la maroquinerie en 1955[12].

À l'époque, l'immeuble familial qui abrite la civette au rez-de-chaussée, et les appartements des fondateurs Jean et Renée au quatrième étage, accueille aussi des artisans au dernier niveau[3].

Rapidement, Jean Cassegrain souhaite augmenter la capacité de production de Longchamp[13]. Soucieux de la qualité des cuirs et de la fabrication des pièces, il fait appel à un couple d'artisans de Segré près d'Angers dans le Maine-et-Loire[13]. Émile et Marie-Louise Allet, ainsi que leur dizaine d'ouvrières commencent à fabriquer divers articles pour la marque[13].

Quelques années plus tard, Longchamp rachète le petit atelier qui devient le centre de production de la marque[13],[5].

En 2015, l'atelier est la plus grosse unité de production des huit usines que compte la maison[2],[13].

Tournant international[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, la marque parie sur l'explosion du trafic aérien. En 1961, le général de Gaulle inaugure l'aéroport d'Orly, qui devient un lieu très fréquenté[4]. Jean Cassegrain décide d'y installer une boutique pour vendre sa ligne de bagages[4]. Vendre des bagages dans un aéroport est surprenant à l'époque, mais Jean Cassegrain est sûr de son succès[4].

Avec sa boutique à l'aéroport de Paris-Orly[2], Longchamp fait son entrée sur le marché du duty free[3]. Les ventes décollent immédiatement, et permet d'associer l'image de la marque au voyage et à l'aviation[2].

Parallèlement, Philippe, le fils aîné de Jean, conquiert de nouveaux marchés en étendant la commercialisation jusqu’aux États-Unis. À la fin des années 1960, les collections Longchamp sont disponibles dans une centaine de pays et sont plébiscitées par de nombreuses vedettes internationales comme Elvis Presley[4].

En 1972, Jean Cassegrain décède. La direction de la maison passe alors entre les mains de son fils Philippe, assurant ainsi la continuité de l’entreprise familiale.

Bagages[modifier | modifier le code]

Philippe Cassegrain décide[Quand ?] d'investir le marché du bagage et des sacs[2]. Une des innovations de la marque est d'utiliser la toile de nylon, jusque là destinée à un usage militaire, pour obtenir des sacs plus légers[2].

Au début des années 1970, Longchamp dévoile ainsi une nouvelle ligne de bagages qui aura un impact majeur sur l’avenir de la maison[3]. Ces sacs, en cuir et toile de nylon se veulent plus légers et souples que d'autres modèles contemporains[7]. L’un de ces nouveaux bagages, l’Xtra bag, a la particularité de se plier en quatre pour tenir dans une petite pochette[4].

C'est précisément cette collection et ce modèle qui inspireront le concept du sac Le Pliage[3], commercialisé en 1993[14].

En 1978, les pipes font une dernière apparition dans le catalogue de la marque. Puis, Longchamp arrête leur production pour se consacrer exclusivement à la maroquinerie[15], en particulier à destination de sa clientèle féminine[2].

La ligne LM, désignant Longchamp Maroquinerie, est commercialisée un an plus tard. Le LM, dessiné par Pilippe Cassegrain, est le premier sac à main féminin de la marque[6], et est destiné au marché japonais[6],[12]. Dès lors, Longchamp se consacre aux sacs à main[3].

Le sac LM rencontre un succès immédiat[6]. Il permet à la marque de faire son entrée dans le monde de la maroquinerie féminine. Ce succès est confirmé par d'autres lancements[6] comme en 1980 avec le Veau Foulonné[6] découvert par un cadre commercial, Jean Lucien, lors d'un salon du cuir au Bourget ou encore la collection Derby en 1982[6], ce qui permet à la marque de se faire connaître à l'international[14].

Le Pliage[modifier | modifier le code]

C'est en 1993 que Longchamp lance un nouveau modèle de sac : Le Pliage. La marque est alors loin d'imaginer qu'il deviendra son plus gros succès[14],[6],[2], et le sac le plus vendu au monde.

Le Pliage se caractérise par sa forme en trapèze, sa toile en nylon et PVC, et ses anses en cuir[16]. Le Pliage est un sac en toile légère mais solide[réf. nécessaire], aux couleurs vives, garnie de cuir de Russie[17], dotée d'un rabat avec un bouton de pression et deux poignées. Inspiré par l’art japonais de l’origami, il se plie et se déplie facilement[7].

De retour du Japon, Philippe Cassegrain, passionné d'origami, dessine Le Pliage[18]. Le modèle descend de l'Xtra bag, le bagage d'appoint pliable ultra-léger[7], fabriqué en toile de nylon et cuir de Russie, lancé dans les années 70[6].

En 2003, la marque propose aux clients de créer leur modèle sur mesure[19]. Plus tard, le sac se décline dans un cuir métis lisse et souple, aussi facile à plier que son précurseur.

À l'occasion des 20 ans du sac, Le Pliage Héritage, une version qualifiée d' ultra luxe du modèle, voit le jour en 2014[20],[21].

Pour maintenir l'engouement des clientes, Longchamp lance six nouvelles couleurs tous les six mois, en plus des six basiques[16]. La création est également confiée à des artistes ou des designers comme Sarah Morris ou encore Jeremy Scott[16].

De sa création en 1993 et jusqu'en 2015, plus de 32 millions de sacs Le Pliage ont été vendus à travers le monde[21], ce qui en fait le sac à main le plus vendu au monde[21],[16].

Années 1990 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, la marque commercialise des sacs mais aussi des gants, des cravates[7]. En 1993, parallèlement au sac Le Pliage, Longchamp lance la ligne Roseau[22] en cuir de vachette lisse ou finition crocodile ornée de détails évoquant le bambou. Ce modèle est aujourd'hui encore l'un des plus vendus par la marque[6] avec Le Pliage.

Au cours de la première décennie du XXIe siècle, Longchamp connaît une croissance sans précédent. La marque élargit sa gamme de produits et propose des accessoires, des chaussures, des bijoux[14]... Son chiffre d’affaires est multiplié par quatre[11].

La marque intègre également le Comité Colbert en 2001[23], qui regroupe les maisons françaises de luxe et certifie un travail de grande qualité.

Longchamp lance une collection de prêt-à-porter en 2006. Tous les six mois, la maison dessine une centaine de nouveaux modèles et assure un taux de renouvellement de 50 % des collections[11]. En 2008, l'entreprise reçoit le BFM Award de la saga familiale[14].

En 2012, la marque lance la collection de chaussures Longchamp Souliers[20].

En 2015, la famille Cassegrain est toujours à la tête de l'entreprise. Philippe Cassegrain est toujours le président[6].

Économie[modifier | modifier le code]

Développement à l'international[modifier | modifier le code]

Dès ses débuts, Longchamp se tourne vers l'international. Dans les années 1940, l'entreprise vise le marché américain et plus particulièrement les soldats des troupes alliées, qui apprécient les pipes gainées de cuir, créées par Jean Cassegrain. Dans les années 1960, Longchamp continue de regarder hors des frontières. La maison ouvre une boutique à Tokyo en 1970[16] et une autre à Hong Kong neuf ans plus tard[14]. Après avoir créé une collection dédiée au voyage, la marque est l'une des premières à ouvrir une boutique à l'aéroport de Paris-Orly. Vingt ans plus tard, c'est au Japon que le premier sac à main de la marque est lancé.

La marque réalise 70 % de ses ventes à l'étranger[24]. L'Europe est le premier marché de la maison[10] et représente à elle seule les deux tiers du chiffre d'affaires de la maison[25].

Les ventes ne cessent de grimper partout dans le monde. En 2010, elles augmentent de 23 %[26]. Un an plus tard, elles bondissent encore de 20 % aux États-Unis, 40 % en Allemagne et 65 % en Chine[27]. Longchamp enregistre une progression de 75 % de ses ventes en trois ans[24].

Si Longchamp réalise 30 % de son chiffre d'affaires en France[24], le potentiel de croissance de la marque se situe en Asie, où les ventes augmentent de 25 %[24]. En 2014, les Chinois représentent la deuxième clientèle de la marque après les Français[28] et devant les Américains[29]. En Chine, la marque est présente à travers une vingtaine de magasins.

Croissance[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, Longchamp a connu une progression constante, et fulgurante à partir du lancement du sac Le Pliage en 1993.

Ainsi, de 1994 à 1998, la marque double ses ventes et enregistre 59,4 millions d'euros de chiffre d'affaires[8]. Un an plus tard, Michèle Cassegrain est élue femme d'affaires de l'année[8].

En 2001, l'entreprise familiale réalise 150 millions d'euros de chiffre d'affaires. La maison connaît alors une augmentation de 39 % par rapport à l'année précédente[30]. Trois ans plus tard, l'entreprise continue sa progression et enregistre une croissance de 10 %, pour atteindre 160 millions d'euros de chiffre d'affaires[11].

Malgré la crise, la marque poursuit son envolée. En 2009, la marque affiche 260 millions d'euros de chiffre d'affaires. En trois ans, les ventes du maroquinier bondissent de 50 %[27].

De 2010 à 2013, Longchamp progresse de plus de 75 %[3]. Rien qu'en 2010, les ventes de Longchamp augmentent de 23 %, pour atteindre 321 millions d'euros[25]. Ce bond s'explique notamment par la collection dessinée par la top model Kate Moss[25]. Un an plus tard, le chiffre d'affaires de la marque grimpe encore pour atteindre 391 millions d'euros[31],[32].

Longchamp poursuit son développement à l'aide de son positionnement[10]. La marque continue également sa stratégie de diversification et propose des accessoires, du prêt-à-porter et des chaussures dont elle lance une collection en 2012[27]. Cette année-là, l'entreprise réalise 454 millions d'euros de chiffre d'affaires[24],[3].

Un an plus tard, Longchamp progresse encore[33] et affiche 463 millions d'euros de chiffre d'affaires[34]. Cette croissance est notamment portée par la forte augmentation de points de vente en Europe, où elle réalise 60 % de ses ventes[33]. La France, de son côté, est la première clientèle de la marque[34].

Longchamp atteint la barre symbolique des 500 millions d'euros en 2015[34],[2]. Les sacs à main et bagages assurent 85 % du chiffre d'affaires de la maison[28].

Direction[modifier | modifier le code]

En 1972, Philippe Cassegrain reprend les rênes de l'entreprise créée par son père. Les autres enfants du fondateur (Jean-François, Brigitte et Dominique) prennent également le relais et aident leur frère dans ses fonctions[6].

En 2004, Philippe et sa femme Michèle continuent de diriger la société[11]. Sophie, Jean et Olivier - leurs enfants - s'investissent à leur tour dans l'entreprise[2].

En 2015, la maison est toujours présidée par Philippe Cassegrain. "Monsieur Philippe" comme on le surnomme dans les ateliers, vient encore chaque matin à son bureau pour dessiner de nouveaux modèles[16],[13]. Son épouse Michèle dirige le réseau des boutiques Longchamp en Europe.

Longchamp est gérée par les deuxième et troisième générations[3]. Jean codirige la société avec son père en tant que directeur général. Sophie Delafontaine assure les fonctions de directrice générale et directrice artistique[35]. Petite-fille du fondateur et membre du jury de l’ANDAM, elle est à la tête du bureau de style qui élabore toutes les collections. Quant à Olivier, installé à New York, il dirige les boutiques américaines[11],[2],[35].

Savoir-faire[modifier | modifier le code]

La maison décroche le Label Entreprise du patrimoine vivant en 2007 qui distingue les entreprises françaises au savoir-faire artisanal et industriel d’excellence[36].

Chaque sac est dessiné par l'équipe de stylistes de Longchamp à Paris[13]. Entre 15 et 150 morceaux de cuir sont nécessaires pour confectionner un sac à main[13]. À l'issue de cette étape commence le prototypage[13].

Quatre à cinq prototypes sont réalisés avant de lancer la production[13]. La fabrication de chaque sac à main est détaillée dans un dossier technique[13]. À chaque sac correspondent des outils spécifiques[37]. Le dossier technique détaille les outils nécessaires, les emporte-pièce à utiliser pour la confection du modèle.

Si la majorité des peaux utilisées pour confectionner les sacs vient de France, d'autres cuirs proviennent d'Italie, des Pays-Bas, d'Espagne et d'Amérique du Sud[38].

Lors de la phase de production, un artisan étale le cuir et sélectionne un emporte-pièce qui servira à découper les pièces de cuir avec précision[39].

Certaines pièces sont embossées, autrement dit gravées à chaud, pour faire apparaître le logo de la marque et apporter du relief[39]. À chaque cuir correspondent une force et une température afin d'obtenir une gravure nette[39]. Le réglage est effectué manuellement[39].

Toutes les pièces sont ensuite transmises aux différents ateliers où le sac est assemblé[13]. Avant cette étape d'assemblage, les peaux sont "appariées", c'est-à-dire choisies en fonction de leur grain. Seules celles qui présentent le même grain sont assemblées, afin d'obtenir un sac au rendu harmonieux[39].

Puis, les pièces sont piquées, collées, teintées... La doublure et les poches sont ajoutées, les bordures sont rabattues, les glissières ajustées, etc[39]. Entre 70 et 100 opérations sont nécessaires pour confectionner un sac à main, ce qui représente jusqu'à 4 heures de travail[13]. Certains modèles requièrent plus de temps de fabrication. Ainsi, pas moins de 417 étapes sont nécessaires pour fabriquer le cabas de la ligne LM[39].

Une fois terminé, le sac est examiné par le service contrôle[13]. Puis, il est envoyé dans une zone de stockage avant d'être expédié dans l'un des 2 000 points de vente[6].

Aujourd'hui, Longchamp compte jusqu'à 100 modèles différents par saison et 1 500 références[13]. La marque est à la fois fabricant et distributeur[10].

Production[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, Jean Cassegrain confie le soin à un couple d'artisans, Émile et Marie-Louise Allet installés à Segré dans le Maine-et-Loire, une région réputée pour le travail du cuir, de confectionner les produits de la marque. Longchamp rachète le petit atelier en 1956 qui devient le centre de production de la marque[6],[15],[23]. Depuis, la capacité de production a été régulièrement accrue[6].

De nouvelles installations ont été implantées dans la Vallée de la Loire[40] et la région d’Angers. Ainsi, au début des années 2000, Longchamp ouvre trois nouveaux sites industriels : l'un à Combrée dans le Maine-et-Loire, un autre à Château-Gontier et le 3e à Montournais en Vendée[30].

En deux ans, la maison multiplie sa capacité de production. La marque agrandit ses bâtiments et en construit d'autres[30]. Le bâtiment d'Ernée, qui compte 120 employés, voit sa surface passer de 7 000 à 10 000 m2[30]. La même année, Longchamp construit une base logistique de plus de 10 000 m2 à Segré pour stocker et distribuer les articles produits sur place et dans les autres sites de la marque[41].

L'usine de Château-Gontier, qui s'étend sur 7 000 m2, accueille une centaine de salariés[30]. L'atelier produit 550 sacs Le Pliage par jour et 800 sacs à main par semaine. Il livre ensuite les produits réalisés au pôle logistique de Segré, qui gère, stocke et expédie les commandes à travers le monde[31].

En 2012, Longchamp investit près de 20 millions d'euros pour construire un nouveau bâtiment de 23 000 m2 destiné au stockage à Segré[41]. Tous les sacs passent par ce site[13]. Avec ses 45 000 m2, il est le plus important de la marque. 400 personnes y travaillent quotidiennement[13].

Sur les 2 200 collaborateurs de l'entreprise, 1 100 assurent la production et l'expédition des produits de la maison[3]. Si le principal site de production est celui de Segré[3], tous les ateliers sont formés à l'ensemble des gammes de maroquinerie de la maison[42].

Aujourd’hui, Longchamp compte six sites de production à Segré, Combrée, Château-Gontier, Ernée, Montournais et Rémalard[41],[40],[43]. 20 % de la production est réalisée à l'étranger[44]. Là-bas ne sont confectionnés que les bagages à roulettes et de la petite maroquinerie de poche, nécessitant peu de savoir-faire[11]. Selon le magazine Capital cependant, en 2015, plus de 40% de la production des sacs provient d'ateliers de Tunisie, de l'Île Maurice, de Roumanie ou de Chine[45].

Au fil des années, Longchamp a suivi les modes et les goûts de ses clientes[46].

La fabrication de sacs en cuir nécessite de maîtriser beaucoup d'opérations[47]. Longchamp recherche et forme toujours de nouvelles recrues pour ses ateliers en France[43]. Un atelier-école a ainsi été ouvert en 2011[40].

Longchamp produit une centaine de modèles par saison et 3 000 références[10],[46]

Distribution[modifier | modifier le code]

À ses débuts, la marque préfère investir dans la force de vente plutôt que dans la publicité. Longchamp s'implante alors dans les grands magasins et les enseignes multimarques[10]. Puis, la marque change de stratégie. Face au nombre de références, Longchamp décide d'ouvrir ses propres boutiques afin de présenter l'ensemble de ses collections[10].

La première boutique à être inaugurée en France, ouvre ses portes en 1988 au rue Saint-Honoré à Paris[15]. La marque développe alors un réseau de magasins mono-marques qui s'ajoute aux distributeurs existants (grands magasins, boutiques dans les aéroports). En 2000, la boutique parisienne déménage au 404 rue Saint-Honoré[15].

La "Maison unique Longchamp" est créée en 2006, à l'occasion de l'ouverture de la centième boutique dans le quartier de SoHo à New York[6]. Le designer anglais Thomas Heatherwick est choisi pour la réalisation de ce projet[14],[6]. "La Maison unique" dévoile l'univers de la marque sur 800 m2 dans un immeuble des années 1930[6].

Sept ans plus tard, Longchamp ouvre une boutique à Hong Kong surnommée "La Maison 8". Située au cœur du quartier des magasins de luxe, elle est le 2e plus grand magasin de la marque dans le monde, après celui de New York[48].

En décembre 2014, une nouvelle boutique ouvre à Paris sur l'avenue des Champs-Elysées. Avec ses 500 m2[2], elle détrône celle ouverte un an plus tôt à Londres et devient le plus grand point de vente de la marque en Europe[34],[24],[49]. Elle présente les produits de la marque, répartis sur deux étages[28],[50]. Il s'agit du 5e magasin amiral inauguré en Europe après Londres, Barcelone, Rome et Munich[28].

Longchamp est présente dans une centaine de pays. Ces dernières années, la marque s'est fortement implantée à l'international en ouvrant 15 à 20 boutiques par an à l'étranger[51]. L'entreprise compte des boutiques dans des emplacements prestigieux comme la Piazza di Spagna à Rome, New Bond Street à Londres, Passeig de Gràcia à Barcelone[16].

En juillet 2016, Jean Cassegrain inaugure la première boutique Longchamp dans la principauté de Monaco, en déclarant : « Il faut être là où sont nos clients »[52].

Au total, la marque dispose de 2000 points de vente à travers le monde, dont 290 boutiques en propre. La maison compte 69 boutiques en France[53] et 20 filiales de distribution dans le monde[54].

Communication[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, les campagnes de publicité mettent en scène Lily Cole, Kate Moss à partir de 2006[6], puis Audrey Marney en 2010[55] et Alexa Chung en 2013[56],[57]. Madonna et Claudia Schiffer s'affichent également avec des sacs Longchamp[5].

Longchamp est mécène de la Comédie-Française en 2008, accompagne la première tournée de la troupe en Chine deux ans plus tard[58] et, depuis 2013, participe au prix littéraire E-crire[59].

Collaborations[modifier | modifier le code]

Kate Moss[modifier | modifier le code]

Longchamp s’est plusieurs fois associée à des artistes ou des créateurs pour imaginer de nouvelles collections en édition limitée.

En 2006, la marque lance Le Rival[6] ; pour le commercialiser, Longchamp fait appel à sa nouvelle égérie : Kate Moss[6]. En mars 2007, Sophie Delafontaine, directrice artistique de la marque, présente un sac en cuir verni noir à la top model, alors qu'il ne s'agit que d'un prototype[6]. La star suggère une doublure rouge. Le Légende est né, tout comme la collaboration entre la maison et le mannequin[6]. La collaboration se poursuit au fil des années[25]. Selon le magazine Capital, Kate Moss est rétribuée en 2015 à hauteur de 1 400 000 euros par an[60].

Contrefaçon[modifier | modifier le code]

La Maison Longchamp lutte vigoureusement contre la contrefaçon : elle déconseille l'achat de ses produits en dehors des enseignes agréées par la marque, et dispose d'une équipe juridique qui collabore avec les services de police de nombreux États[61].

En mars 2007, la société Longchamp, Jean et Philippe Cassegrain qui avaient assigné en contrefaçon de droit d'auteur et concurrence déloyale la société Hexagona, en lui reprochant la copie du sac Pliage, ont été déboutés par le Tribunal de Grande Instance de Paris et condamnés aux dépens. Ce jugement a été confirmé en Cour d'Appel et le pourvoi en Cassation rejeté[62].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Longchamp se dote d'une nouvelle unité en Vendée », sur Les Echos,‎
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p « Longchamp, le maroquinier qui galope toujours plus vite », sur Le Parisien,‎
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Longchamp parie sur la génération à venir, sur la-croix.com, La Croix, 20 août 2013
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Les Cassegrain cassent les codes, sur parismatch.com, Paris Match, 2 janvier 2012
  5. a, b, c, d et e « Longchamp, la saga de la marque », sur TF1 News,‎
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab et ac « Longchamp, 60 ans de savoir-faire et d'innovation », sur Journal des Femmes
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Longchamp », sur Vogue
  8. a, b et c « Longchamp fait course en tête », sur Les Echos
  9. « Un nom qui vient d'un moulin », sur Journal du Net
  10. a, b, c, d, e, f, g et h « Nous sommes entrés dans un nouveau créneau : être vrai », sur E-marketing.fr
  11. a, b, c, d, e, f et g William Coop, « Longchamp mène sa course au triple galop », sur L’Express,‎ (consulté le 4 octobre 2013)
  12. a et b « Longchamp », sur Puretrend
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q « Les secrets de fabrication des sacs Longchamp », sur Le Parisien
  14. a, b, c, d, e, f et g « Longchamp : boutiques, histoire, actualité », sur Puretrend.com
  15. a, b, c et d Marie Aucouturier, Longchamp, Éditions de la Martinière, , 180 p. (ISBN 978-2732437767)
  16. a, b, c, d, e, f et g « Longchamp, le buraliste devenu maroquinier de luxe », sur Capital,‎
  17. Le secret des grandes griffes : un grand qui se fait tout petit, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro, 4 mars 2011
  18. « Le luxe en héritage », sur Le Point
  19. Le Pliage Cuir personnalisable par Longchamp, vogue.fr, Vogue
  20. a et b Les Boots Balzane de Longchamp, lesechos.fr, Les Échos, 14 mars 2014
  21. a, b et c « Longchamp : vingt ans de juste pli », sur Madame Figaro
  22. La fabrication d'un sac Longchamp, étape par étape, sur lexpress.fr, L'Express, 12 novembre 2013
  23. a et b Dominique Luneau, Longchamp va créer 100 emplois à Segré, Les Échos, 8 avril 1998
  24. a, b, c, d, e et f « Longchamp ouvre à Londres son plus grand magasin d'Europe », sur Le Monde
  25. a, b, c et d « Longchamp poursuit son développement à l'étranger », sur Les Echos de la franchise,‎
  26. « Longchamp prévoit un tassement de ses ventes à cause de l'Europe », sur Challenges,‎
  27. a, b et c « Longchamp veut accélérer son expansion en Chine », sur Le Figaro,‎
  28. a, b, c et d « Le maroquinier Longchamp s'offre les Champs-Elysées », sur Le Parisien,‎
  29. « Longchamp vise une croissance organique de 10 % en 2015 », sur Challenges,‎
  30. a, b, c, d et e « Longchamp multiplie ses capacités industrielles », sur Usine Nouvelle
  31. a et b « Les sacs de luxe Longchamp échappent à la crise », sur Ouest France
  32. « Longchamp va s'étendre à Segré », sur Usine Nouvelle,‎
  33. a et b « Longchamp vise une croissance organique de 10 % en 2015 », sur Les Echos,‎
  34. a, b, c et d « Longchamp vise une croissance de 10 % en 2015 », sur Décideurs en région,‎
  35. a et b Paris : Les sociétés familiales rayonnent de tous leurs feux, lesechos.fr, Les Échos, 21 janvier 2014
  36. Entreprise du Patrimoine Vivant, patrimoine-vivant.com, « Entreprise du patrimoine vivant »
  37. « A chaque modèle sa forme », sur Journal du Net
  38. « Du cuir des quatre coins du monde », sur Journal du Net
  39. a, b, c, d, e, f et g « Longchamp, une histoire de galop », sur Le Parisien,‎
  40. a, b et c Longchamp prépare son avenir industriel dans les pays de la Loire, lesechos.fr, Les Échos, 7 janvier 2014
  41. a, b et c « Le maroquinier Longchamp investit à Segré », sur Ouest France
  42. Longchamp, on recrute et forme des savoir-faire, entreprises.ouest-france.fr, Ouest-France, 23 mai 2013
  43. a et b Mayenne. Les sacs de luxe Longchamp échappent à la crise, entreprises.ouest-france.fr, Ouest-France, 14 février 2012
  44. Pascale Denis, « Longchamp prévoit un tassement de ses ventes à cause de l'Europe », Économie, sur challenges.fr, Challenges,‎ (consulté le 4 décembre 2012)
  45. Sophie Lécluse, « Longchamp : Le buraliste devenu maroquinier de luxe », Capital,‎ (lire en ligne)
  46. a et b « 3000 références », sur Journal du Net
  47. Temoignages. Elles fabriquent les sacs Longchamp, entreprises.ouest-france.fr, Ouest-France, 14 février 2012
  48. Juliette Garnier, « Les ventes de Longchamp bondissent de 22 % », sur latribune.fr, La Tribune,‎ (consulté le 4 décembre 2012)
  49. « Longchamp ouvre à Londres son plus grand magasin d'Europe », sur Challenges,‎
  50. « Longchamp installe sur les Champs-Élysées sa plus grande boutique d'Europe », sur La Dépêche
  51. « Longchamp s'installe sur les Champs-Elysées », sur Le Figaro,‎
  52. Raphael Brun, « Jean Cassegrain : Il faut être là où sont nos clients. », Monaco Hebdo,‎ (lire en ligne)
  53. « Longchamp prend la clef des Champs », sur Les Echos
  54. Archive payante : Longchamp poursuit son expansion en Italie et en Espagne, fashionmag.com, 14 avril 2014
  55. « Audrey Marney, nouveau visage de Longchamp », sur Paris Match,‎
  56. Alexa Chung à Saint-Tropez pour Longchamp, lexpress.com, L'Express, 5 février 2014
  57. « Alexa Chung pour Longchamp, la nouvelle surprise de la marque », sur Puretrend,‎
  58. Comédie-Française présente "Le Malade Imaginaire" de Molière, Comédie-Française
  59. « Longchamp, partenaire du prix littéraire Auféminin », sur Aufeminin.com,‎
  60. Sophie Delécluse, « Longchamp : le buraliste devenu maroquinier de luxe », Capital,‎ (lire en ligne)
  61. « La maison Longchamp : Comment Longchamp lutte-t-il contre les contrefaçons ? », sur longchamp.com (consulté le 11 septembre 2016)
  62. « Cour d'Appel de Paris : Hexagona C/ Longchamp Cassegrain » (consulté le 11 septembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Aucouturier, Longchamp, La Martinière, 2008 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fabienne Legrand, J’ai deux amours mon sac et Paris, Cherche Midi, 2013
  • Sophie Lécluse, « Longchamp : Le buraliste devenu prince du luxe », Capital, no 280,‎ , p. 58-60.

Liens externes[modifier | modifier le code]