Longchamp (entreprise)

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Longchamp
logo de Longchamp
Création 1948
Fondateurs Jean Cassegrain
Forme juridique Société par action simplifiée (S.A.S)
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Philippe Cassegrain
Activité Maroquinerie, prêt-à-porter
Produits Sacs, souliers et accessoires
Site web www.longchamp.com
Chiffre d’affaires en augmentation 495 millions d'euros (2014)[1]

Longchamp est une entreprise française de maroquinerie, fondée à Paris, en 1948 par Jean Cassegrain.

L'entreprise est connue pour ses sacs à main en cuir et en toile, ses articles de voyage, ses accessoires de mode et dernièrement son prêt-à-porter. La marque est aujourd’hui distribuée dans plus de 290 boutiques[1] dans le monde. La maison est toujours détenue et dirigée par la famille Cassegrain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L’histoire de Longchamp commence au Sultan, dans une petite civette parisienne que possède la famille Cassegrain[2] entre les années 1930 et 1940. Derrière sa façade de cuivre et d’acajou, le débit de tabac situé Boulevard Poissonnière à Paris, accueille une clientèle élégante[3].

Jean Cassegrain reprend l'affaire de son père avec sa femme Renée[4]. Il identifie alors une niche : les pipes à tabac haut de gamme[3]. Confronté à un important stock de pipes[3], il décide de gainer les pipes avec du cuir, lançant ainsi un nouveau produit sur le marché[5].

Pour les fabriquer, il collabore avec les meilleurs artisans et utilise des cuirs raffinés, aussi bien classiques (cuir de vachette et de chevreau) qu’exotiques comme le crocodile[6]. Ces modèles renouvellent l'intérêt de la clientèle. Particulièrement appréciés des soldats des troupes alliées[5], ils sont peu à peu vendus dans les magasins qui approvisionnent les bases américaines à travers le monde[6] et deviennent des objets de luxe[6]. Les ventes de ces pipes gainées de cuir explosent[4]. Célébrités et responsables politiques se les arrachent[3].

Parallèlement, Jean Cassegrain continue d'innover et de se diversifier[4]. Dans les années 1950, l'entreprise, qui commercialise des produits pour fumeurs comme des étuis à cigarettes, s'oriente peu à peu vers la petite maroquinerie[5] et confectionne des accessoires en cuir[7] tels que des pochettes, des trousses de toilette[8] ou encore des portefeuilles[7]. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous[7]. Petit à petit, la marque délaisse les articles pour fumeurs pour se consacrer à la maroquinerie[7].

Pour exporter ses produits, le chef d'entreprise fonde la société "Jean Cassegrain et Compagnie"[6]. Il souhaite alors apposer sa marque sur ses produits[2]. Mais son nom est déjà utilisé par un membre de sa famille[6],[9].

Lorsqu'il se rend dans ses ateliers de production, Jean Cassegrain passe à côté de l’un des derniers moulins de Paris, au bout du célèbre hippodrome de Longchamp. Il fait alors le rapprochement entre le moulin, qui est l'endroit où l'on "casse le grain" et l'étymologie de son nom de famille[10]. L'image d'un moulin, en clin d'œil au nom de famille du buraliste, est envisagée mais le logo est utilisé par un proche[7].

La proximité géographique entre le moulin et le champ de courses de Longchamp, fait le lien entre l’univers équestre et ses fournisseurs en maroquinerie[6]. Jean Cassegrain a alors l'idée d'utiliser le nom "Longchamp" pour désigner sa marque[6].

La marque Longchamp naît en 1948[2],[11]. La même année, Jean Cassegrain renomme sa société ainsi[4].

Il confie ensuite à l’illustrateur Turenne Chevallereau le soin de dessiner le logo[3],[7], inspiré de gravures anglaises de la fin du XIXe siècle[10]. Le célèbre motif du cheval de course au galop est né[4].

Le début de la maroquinerie[modifier | modifier le code]

Longchamp se lance officiellement dans la maroquinerie en 1955[12].

À l'époque, l'immeuble familial qui abrite la civette au rez-de-chaussée, et les appartements des fondateurs Jean et Renée au quatrième étage, accueille aussi des artisans au dernier niveau[2].

Rapidement, Jean Cassegrain souhaite augmenter la capacité de production de Longchamp[13]. Soucieux de la qualité des cuirs et de la fabrication des pièces, il fait appel à un couple d'artisans de Segré près d'Angers dans le Maine-et-Loire[13]. Émile et Marie-Louise Allet, ainsi que leur dizaine d'ouvrières commencent à fabriquer divers articles pour la marque[13].

Quelques années plus tard, Longchamp rachète le petit atelier qui devient le centre de production de la marque[13],[5].

En 2015, l'atelier est la plus grosse unité de production des huit usines que compte la maison[4],[13].

Tournant international[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, la marque parie sur l'explosion du trafic aérien. En 1961, le général de Gaulle inaugure l'aéroport d'Orly, qui devient un lieu très fréquenté[3]. Jean Cassegrain décide d'y installer une boutique pour vendre sa ligne de bagages[3]. À l'époque, le pari est risqué, mais Jean Cassegrain est sûr de son succès[3].

Avec sa boutique à l'aéroport de Paris-Orly[4], Longchamp fait son entrée sur le marché du duty free[2]. Les ventes décollent immédiatement et la maison se trouve étroitement liée à l’univers du voyage[4].

Parallèlement, Philippe, le fils aîné de Jean, conquiert de nouveaux marchés en étendant la commercialisation jusqu’aux États-Unis. À la fin des années 1960, les collections Longchamp sont disponibles dans une centaine de pays et sont plébiscitées par de nombreuses vedettes internationales comme Elvis Presley[3].

En 1972, Jean Cassegrain décède. La direction de la maison passe alors entre les mains de son fils Philippe, assurant ainsi la continuité de l’entreprise familiale.

Bagages[modifier | modifier le code]

Philippe Cassegrain propulse l'entreprise dans le monde du bagage et des sacs[4]. Il a alors une idée novatrice : détourner la fameuse toile de nylon militaire pour donner naissance à des sacs et des bagages légers comme une plume[4].

Au début des années 1970, Longchamp dévoile ainsi une nouvelle ligne de bagages qui aura un impact majeur sur l’avenir de la maison[2]. Ces sacs, en cuir et toile de nylon, allient légèreté et solidité. Pour la première fois, les bagages sont souples et légers, contrairement aux valises du moment encore très lourdes[7]. L’un de ces nouveaux bagages, l’Xtra bag, a la particularité de se plier en quatre pour tenir dans une petite pochette[3].

C'est précisément cette collection et ce modèle qui inspireront le concept du sac Le Pliage[2], commercialisé en 1993[14].

En 1978, les pipes font une dernière apparition dans le catalogue de la marque. Puis, Longchamp arrête leur production pour se consacrer exclusivement à la maroquinerie[15], en particulier à destination de sa clientèle féminine[4].

La ligne LM, désignant Longchamp Maroquinerie, est commercialisée un an plus tard. Le LM est le premier sac à main féminin de la marque. Il est dessiné par Philippe Cassegrain lui-même[6], et est destiné au marché japonais[6],[12]. Dès lors, Longchamp se consacre aux sacs à main[2].

Le sac LM rencontre un succès immédiat[6]. Il permet à la marque de faire son entrée dans le monde de la maroquinerie féminine. Ce succès est confirmé par d'autres lancements[6] comme en 1980 avec le Veau Foulonné[6] découvert par un cadre commercial, Jean Lucien, lors d'un salon du cuir au Bourget ou encore la collection Derby en 1982[6] qui propulse la marque à l'international[14].

Tout au long de cette décennie, Longchamp poursuit sa croissance et enrichit sa gamme de nouvelles matières, couleurs, contours, formats et motifs. La maison se spécialise désormais de plus en plus dans les articles pour accompagner les femmes dans leur vie quotidienne.

Le Pliage[modifier | modifier le code]

En 1993, Longchamp connaît un virage spectaculaire et ascensionnel[6],[4].

Cette année-là, Longchamp lance un modèle inédit sur le marché : Le Pliage. La marque est alors loin d'imaginer qu'il deviendra son plus gros succès[14] et le sac le plus vendu au monde.

Le Pliage se caractérise par sa forme en trapèze, sa toile en nylon et PVC, et ses anses en cuir[16]. Le Pliage est un sac en toile légère mais solide, aux couleurs vives, garnie de cuir de Russie[17], dotée d'un rabat avec un bouton de pression et deux poignées. Inspiré par l’art japonais de l’origami, il se plie et se déplie facilement[7].

De retour du Japon, Philippe Cassegrain, passionné d'origami, dessine Le Pliage[18]. Le modèle descend de l'Xtra bag, le bagage d'appoint pliable ultra-léger[7], fabriqué en toile de nylon et cuir de Russie, lancé dans les années 70[6].

En 2003, la marque propose aux fashionistas de créer leur modèle sur mesure[19]. Plus tard, le sac se décline dans un cuir métis lisse et souple, aussi facile à plier que son précurseur.

À l'occasion des 20 ans du sac, Le Pliage Héritage, une version ultra luxe du modèle, voit le jour en 2014[20],[21].

Pour maintenir l'engouement des clientes, Longchamp lance six nouvelles couleurs tous les six mois, en plus des six basiques[16]. La création est également confiée à des artistes ou des designers comme Sarah Morris ou encore Jeremy Scott[16].

De sa création en 1993 et jusqu'en 2015, plus de 32 millions de sacs Le Pliage ont été vendus à travers le monde[21]. Ces chiffres vertigineux en font le sac le plus vendu au monde[21],[16].

Années 1990 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, la marque commercialise des sacs mais aussi des gants, des cravates[7]. En 1993, parallèlement au sac Le Pliage, Longchamp lance la ligne Roseau[22] en cuir de vachette lisse ou finition crocodile ornée de détails évoquant le bambou. Ce modèle est aujourd'hui encore l'un des plus vendus par la marque[6] avec Le Pliage.

Au cours de la première décennie du XXIe siècle, Longchamp connaît une croissance sans précédent. La marque élargit sa gamme de produits et propose des accessoires, des chaussures, des bijoux[14]... Son chiffre d’affaires est multiplié par quatre[11].

La marque intègre également le Comité Colbert en 2001[23], qui regroupe les maisons françaises de luxe et certifie un travail de grande qualité.

Longchamp lance une collection de prêt-à-porter en 2006. Tous les six mois, la maison dessine une centaine de nouveaux modèles et assure un taux de renouvellement de 50 % des collections[11]. En 2008, l'entreprise reçoit le BFM Award de la saga familiale[14].

En 2012, la marque lance la collection de chaussures Longchamp Souliers[20].

En 2015, la famille Cassegrain est toujours à la tête de l'entreprise. Philippe Cassegrain est toujours le président[6].

Économie[modifier | modifier le code]

Développement à l'international[modifier | modifier le code]

Dès ses débuts, Longchamp se tourne vers l'international. Dans les années 1940, l'entreprise vise le marché américain et plus particulièrement les soldats des troupes alliées, qui apprécient les pipes gainées de cuir, créées par Jean Cassegrain. Dans les années 1960, Longchamp continue de regarder hors des frontières. La maison ouvre une boutique à Tokyo en 1970[16] et une autre à Hong Kong neuf ans plus tard[14]. Après avoir créé une collection dédiée au voyage, la marque est l'une des premières à ouvrir une boutique à l'aéroport de Paris-Orly. Vingt ans plus tard, c'est au Japon que le premier sac à main de la marque est lancé.

La marque réalise 70 % de ses ventes à l'étranger[24]. L'Europe est le premier marché de la maison[10] et représente à elle seule les deux tiers du chiffre d'affaires de la maison[25].

Les ventes ne cessent de grimper partout dans le monde. En 2010, elles augmentent de 23 %[26]. Un an plus tard, elles bondissent encore de 20 % aux États-Unis, 40 % en Allemagne et 65 % en Chine[27]. Longchamp enregistre une progression de 75 % de ses ventes en trois ans[24].

Si Longchamp réalise 30 % de son chiffre d'affaires en France[24], le potentiel de croissance de la marque se situe en Asie, où les ventes augmentent de 25 %[24]. En 2014, les Chinois représentent la deuxième clientèle de la marque après les Français[28] et devant les Américains[29]. En Chine, la marque est présente à travers une vingtaine de magasins.

Croissance[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, Longchamp a connu une progression constante, et fulgurante à partir du lancement du sac Le Pliage en 1993.

Ainsi, de 1994 à 1998, la marque double ses ventes et enregistre 59,4 millions d'euros de chiffre d'affaires[8]. Un an plus tard, Michèle Cassegrain est élue femme d'affaires de l'année[8].

En 2001, l'entreprise familiale réalise 150 millions d'euros de chiffre d'affaires. La maison connaît alors une augmentation de 39 % par rapport à l'année précédente[30]. Trois ans plus tard, l'entreprise continue sa progression et enregistre une croissance de 10 %, pour atteindre 160 millions d'euros de chiffre d'affaires[11].

Malgré la crise, la marque poursuit son envolée. En 2009, la marque affiche 260 millions d'euros de chiffre d'affaires. En trois ans, les ventes du maroquinier bondissent de 50 %[27].

De 2010 à 2013, Longchamp progresse de plus de 75 %[2]. Rien qu'en 2010, les ventes de Longchamp augmentent de 23 %, pour atteindre 321 millions d'euros[25]. Ce bond s'explique notamment par la collection dessinée par la top model Kate Moss[25]. Un an plus tard, le chiffre d'affaires de la marque grimpe encore pour atteindre 391 millions d'euros[31],[32].

Longchamp poursuit son développement à l'aide de son positionnement[10]. La marque continue également sa stratégie de diversification et propose des accessoires, du prêt-à-porter et des chaussures dont elle lance une collection en 2012[27]. Cette année-là, l'entreprise réalise 454 millions d'euros de chiffre d'affaires[24],[2].

Un an plus tard, Longchamp progresse encore[33] et affiche 463 millions d'euros de chiffre d'affaires[34]. Cette croissance est notamment portée par la forte augmentation de points de vente en Europe, où elle réalise 60 % de ses ventes[33]. La France, de son côté, est la première clientèle de la marque[34].

Longchamp atteint la barre symbolique des 500 millions d'euros en 2015[34],[4]. Les sacs à main et bagages assurent 85 % du chiffre d'affaires de la maison[28].

Direction[modifier | modifier le code]

En 1972, Philippe Cassegrain reprend les rênes de l'entreprise créée par son père. Les autres enfants du fondateur (Jean-François, Brigitte et Dominique) prennent également le relais et aident leur frère dans ses fonctions[6].

En 2004, Philippe et sa femme Michèle continuent de diriger la société[11]. Sophie, Jean et Olivier - leurs enfants - s'investissent à leur tour dans l'entreprise[4].

En 2015, la maison est toujours présidée par Philippe Cassegrain. "Monsieur Philippe" comme on le surnomme dans les ateliers, vient encore chaque matin à son bureau pour dessiner de nouveaux modèles[16],[13]. Son épouse Michèle dirige le réseau des boutiques Longchamp en Europe.

Longchamp est gérée par les deuxième et troisième générations[2]. Jean codirige la société avec son père en tant que directeur général. Sophie Delafontaine assure les fonctions de directrice générale et directrice artistique[35]. Petite-fille du fondateur et membre du jury de l’ANDAM, elle est à la tête du bureau de style qui élabore toutes les collections. Quant à Olivier, installé à New York, il dirige les boutiques américaines[11],[4],[35].

Savoir-Faire[modifier | modifier le code]

La maison décroche le Label Entreprise du patrimoine vivant en 2007 qui distingue les entreprises françaises au savoir-faire artisanal et industriel d’excellence[36].

Chaque sac est dessiné par l'équipe de stylistes de Longchamp à Paris[13]. Entre 15 et 150 morceaux de cuir sont nécessaires pour confectionner un sac à main[13]. À l'issue de cette étape commence le prototypage[13].

Quatre à cinq prototypes sont réalisés avant de lancer la production[13]. La fabrication de chaque sac à main est détaillée dans un dossier technique[13]. À chaque sac correspondent des outils spécifiques[37]. Le dossier technique détaille les outils nécessaires, les emporte-pièce à utiliser pour la confection du modèle.

Si la majorité des peaux utilisées pour confectionner les sacs vient de France, d'autres cuirs proviennent d'Italie, des Pays-Bas, d'Espagne et d'Amérique du Sud[38].

Lors de la phase de production, un artisan étale le cuir et sélectionne un emporte-pièce qui servira à découper les pièces de cuir avec précision[39].

Certaines pièces sont embossées, autrement dit gravées à chaud, pour faire apparaître le logo de la marque et apporter du relief[39]. À chaque cuir correspondent une force et une température afin d'obtenir une gravure nette[39]. Le réglage est effectué manuellement[39].

Toutes les pièces sont ensuite transmises aux différents ateliers où le sac est assemblé[13]. Avant cette étape d'assemblage, les peaux sont "appariées", c'est-à-dire choisies en fonction de leur grain. Seules celles qui présentent le même grain sont assemblées, afin d'obtenir un sac au rendu harmonieux[39].

Puis, les pièces sont piquées, collées, teintées... La doublure et les poches sont ajoutées, les bordures sont rabattues, les glissières ajustées, etc[39]. Entre 70 et 100 opérations sont nécessaires pour confectionner un sac à main, ce qui représente jusqu'à 4 heures de travail[13]. Certains modèles requièrent plus de temps de fabrication. Ainsi, pas moins de 417 étapes sont nécessaires pour fabriquer le cabas de la ligne LM[39].

Une fois terminé, le sac est examiné par le service contrôle[13]. Puis, il est envoyé dans une zone de stockage avant d'être expédié dans l'un des 2 000 points de vente[6].

Aujourd'hui, Longchamp compte jusqu'à 100 modèles différents par saison et 1 500 références[13]. La marque est à la fois fabricant et distributeur[10].

Production[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, Jean Cassegrain confie le soin à un couple d'artisans, Émile et Marie-Louise Allet installés à Segré dans le Maine-et-Loire, une région réputée pour le travail du cuir, de confectionner les produits de la marque. Longchamp rachète le petit atelier en 1956 qui devient le centre de production de la marque[6],[15],[23]. Depuis, la capacité de production a été régulièrement accrue[6].

De nouvelles installations ont été implantées dans la Vallée de la Loire[40] et la région d’Angers. Ainsi, au début des années 2000, Longchamp ouvre trois nouveaux sites industriels : l'un à Combrée dans le Maine-et-Loire, un autre à Château-Gontier et le 3e à Montournais en Vendée[30].

En deux ans, la maison multiplie sa capacité de production. La marque agrandit ses bâtiments et en construit d'autres[30]. Le bâtiment d'Ernée, qui compte 120 employés, voit sa surface passer de 7 000 à 10 000 m2[30]. La même année, Longchamp construit une base logistique de plus de 10 000 m2 à Segré pour stocker et distribuer les articles produits sur place et dans les autres sites de la marque[41].

L'usine de Château-Gontier, qui s'étend sur 7 000 m2, accueille une centaine de salariés[30]. L'atelier produit 550 sacs Le Pliage par jour et 800 sacs à main par semaine. Il livre ensuite les produits réalisés au pôle logistique de Segré, qui gère, stocke et expédie les commandes à travers le monde[31].

En 2012, Longchamp investit près de 20 millions d'euros pour construire un nouveau bâtiment de 23 000 m2 destiné au stockage à Segré[41]. Tous les sacs passent par ce site[13]. Avec ses 45 000 m2, il est le plus important de la marque. 400 personnes y travaillent quotidiennement[13].

Sur les 2 200 collaborateurs de l'entreprise, 1 100 assurent la production et l'expédition des produits de la maison[2]. Si le principal site de production est celui de Segré[2], tous les ateliers sont formés à l'ensemble des gammes de maroquinerie de la maison[42].

Aujourd’hui, Longchamp compte six sites de production à Segré, Combrée, Château-Gontier, Ernée, Montournais et Rémalard[41],[40],[43]. 20 % de la production est réalisée à l'étranger[44]. Là-bas ne sont confectionnés que les bagages à roulettes et de la petite maroquinerie de poche, nécessitant peu de savoir-faire[11].

Au fil des années, Longchamp a suivi les modes et les goûts de ses clientes[45].

La fabrication de sacs en cuir nécessite de maîtriser beaucoup d'opérations[46]. Longchamp recherche et forme toujours de nouvelles recrues pour ses ateliers en France[43]. Un atelier-école a ainsi été ouvert en 2011[40].

Longchamp produit une centaine de modèles par saison et 3 000 références[10],[45]

Distribution[modifier | modifier le code]

À ses débuts, la marque préfère investir dans la force de vente plutôt que dans la publicité. Longchamp s'implante alors dans les grands magasins et les enseignes multimarques[10]. Puis, la marque change de stratégie. Face au nombre de références, Longchamp décide d'ouvrir ses propres boutiques afin de présenter l'ensemble de ses collections[10].

La première boutique à être inaugurée en France, ouvre ses portes en 1988 au rue Saint-Honoré à Paris[15]. La marque développe alors un réseau de magasins mono-marques qui s'ajoute aux distributeurs existants (grands magasins, boutiques dans les aéroports). En 2000, la boutique parisienne déménage au 404 rue Saint-Honoré[15].

La "Maison unique Longchamp" est créée en 2006, à l'occasion de l'ouverture de la centième boutique dans le quartier de SoHo à New York[6]. Le designer anglais Thomas Heatherwick est choisi pour la réalisation de ce projet[14],[6]. "La Maison unique" dévoile l'univers de la marque sur 800 m2 dans un immeuble des années 1930[6].

Sept ans plus tard, Longchamp ouvre une boutique à Hong Kong surnommée "La Maison 8". Située au cœur du quartier des magasins de luxe, elle est le 2e plus grand magasin de la marque dans le monde, après celui de New York[47].

En décembre 2014, une nouvelle boutique ouvre à Paris sur l'avenue des Champs-Elysées. Avec ses 500 m2[4], elle détrône celle ouverte un an plus tôt à Londres et devient le plus grand point de vente de la marque en Europe[34],[24],[48]. Elle présente les produits de la marque, répartis sur deux étages[28],[49]. Il s'agit du 5e magasin amiral inauguré en Europe après Londres, Barcelone, Rome et Munich[28].

Longchamp est présente dans une centaine de pays. Ces dernières années, la marque s'est fortement implantée à l'international en ouvrant 15 à 20 boutiques par an à l'étranger[50]. L'entreprise compte des boutiques dans des emplacements prestigieux comme la Piazza di Spagna à Rome, New Bond Street à Londres, Passeig de Gràcia à Barcelone[16].

Au total, la marque dispose de 2000 points de vente à travers le monde, dont 290 boutiques en propre. La maison compte 69 boutiques en France[51] et 20 filiales de distribution dans le monde[52].

Communication[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, les campagnes de publicité mettent en scène Lily Cole, Kate Moss à partir de 2006[6], puis Audrey Marney en 2010[53]. Madonna et Claudia Schiffer s'affichent également avec des sacs Longchamp[5].

En 2006, Kate Moss est choisie pour représenter la marque[5]. Dès lors, le mannequin crée chaque année une ligne de sacs pour la marque[16]. Les créations de la top britannique contribuent au rajeunissement de la marque et assoient son image de modernité[54].

En novembre 2013, Longchamp dévoile sa nouvelle égérie. Alexa Chung, it-girl internationale et icône de mode, est choisie pour représenter la marque[55],[56]. Lors de la campagne publicitaire autour du sac Le Pliage Heritage en 2015, Alexa Chung prend la pose devant l’objectif du photographe Max Vadukul[57].

Longchamp s'engage également pour la culture. La maison devient mécène de la Comédie-Française en 2008 et accompagne la première tournée de la troupe en Chine deux ans plus tard[58]. Longchamp investit aussi l'univers de la littérature. Chaque année depuis 2013, la maison participe au prix littéraire E-crire[59].

Collaborations[modifier | modifier le code]

Kate Moss[modifier | modifier le code]

Longchamp s’est plusieurs fois associée à des artistes ou des créateurs de premier plan pour imaginer de nouvelles collections en édition limitée. Un mannequin va jouer un rôle important dans le développement de la marque. Il s'agit de Kate Moss.

En 2006, la marque lance Le Rival[6]. Pour le commercialiser, Longchamp fait appel à sa nouvelle égérie : Kate Moss[6]. En mars 2007, Sophie Delafontaine, directrice artistique de la marque, présente un sac en cuir verni noir à la top model, alors qu'il ne s'agit que d'un prototype[6]. La star suggère une doublure rouge. Le Légende est né, tout comme la collaboration entre la maison et le mannequin[6].

La top model imagine alors chaque saison de nouvelles formes, matières et couleurs pour les sacs Longchamp[60].

La collaboration se poursuit au fil des années[25]. La collection Kate Moss for Longchamp est commercialisée en février 2010[61]. Le mannequin dessine d'autres sacs dont Le Gloucester[25], qui devient un best-seller[25], détrônant des modèles phares comme Le Légende ou Le Cosmos[25].

Autres artistes[modifier | modifier le code]

Sophie Delafontaine, directrice artistique de la maison est passionnée d'art. Elle confie régulièrement ses sacs à des créateurs et artistes pour les revisiter[3]. À la fin des années 1990, Agnès Letestu, danseuse étoile, imagine ainsi un sac à tutus[8].

En 2004, Thomas Heatherwick invente le Zip bag, un sac à main avec une fermeture à glissière enroulée sur toute la longueur. Longchamp collabore également avec l’artiste britannique Tracey Emin[3]. Le Pliage lui sert de point de départ pour créer des œuvres basées sur ses supports et techniques favoris : les tissus de récupération, le patchwork, la broderie et le dessin.

En 2006, Longchamp s'associe avec Jeremy Scott[62]. Il impose son style audacieux et anticonformiste chaque saison pour la marque. Ce partenariat se poursuit au fil des années. Ainsi, en 2014, il imagine des imprimés inspirés de balles, représentant des visages de monstres[63].

Deux ans plus tard, pour célébrer les soixante ans de la marque, Longchamp réédite sa collection LM[64], en offrant le cuir de ses sacs au plasticien belge Jean-Luc Moerman comme terrain d’expression. Il en résulte une édition limitée à 60 exemplaires[6]. La série de sacs Moerman Edition révèle une des sources d’inspiration de l’artiste : l’art ancestral du tatouage. Il déploie alors des formes organiques représentant sa propre réinterprétation du motif LM originel.

Au printemps 2012, Longchamp dévoile sa nouvelle collaboration avec l'un des nouveaux noms de la mode : Mary Katrantzou[65]. La même année, la campagne de communication est réalisée par la danseuse espagnole Blanca Li[3].

En 2014, la marque collabore avec l'artiste Sarah Morris. La peintre imagine plusieurs sacs, vendus en édition limitée. Le Pliage Edition Limitée est inspiré d'une des toiles de sa série "Rio"[66]. Le Pliage Eclipse reproduit une partie de son tableau "Total Annual Solar Eclipse". Dans ses créations, chaque personne est un cercle[67]. L'artiste souhaite retranscrire l'idée de mouvement et de perception[67]. Sarah Morris crée également huit couleurs sur mesure pour la collection Le Pliage SM Palette[67].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Longchamp se dote d'une nouvelle unité en Vendée », sur Les Echos,‎
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Longchamp parie sur la génération à venir, sur la-croix.com, La Croix, 20 août 2013
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Les Cassegrain cassent les codes, sur parismatch.com, Paris Match, 2 janvier 2012
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p « Longchamp, le maroquinier qui galope toujours plus vite », sur Le Parisien,‎
  5. a, b, c, d, e et f « Longchamp, la saga de la marque », sur TF1 News,‎
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac et ad « Longchamp, 60 ans de savoir-faire et d'innovation », sur Journal des Femmes
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Longchamp », sur Vogue
  8. a, b, c et d « Longchamp fait course en tête », sur Les Echos
  9. « Un nom qui vient d'un moulin », sur Journal du Net
  10. a, b, c, d, e, f, g et h « Nous sommes entrés dans un nouveau créneau : être vrai », sur E-marketing.fr
  11. a, b, c, d, e, f et g William Coop, « Longchamp mène sa course au triple galop », sur L’Express,‎ (consulté le 4 octobre 2013)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Aucouturier, Longchamp, La Martinière, 2008 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fabienne Legrand, J’ai deux amours mon sac et Paris, Cherche Midi, 2013
  • Sophie Lécluse, « Longchamp : Le buraliste devenu prince du luxe », Capital, no 280,‎ , p. 58-60.

Liens externes[modifier | modifier le code]