Long feu

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Un long feu se produit lorsque l’essai d'une bombe nucléaire ne donne pas sa puissance attendue. La ou les raison(s) de l'échec peut être lié à une mauvaise conception de la bombe, une mauvaise construction, ou à un manque de savoir-faire[1],[2]. Tous les pays qui ont eu un programme d'essais d'armes nucléaires ont connu des long feux[3]. Un long feu peut répandre des matières radioactives dans toute la région environnante, impliquer une réaction de fission partielle de la matière fissile, ou les deux[4]. Pour des raisons pratiques, un long feu peut toutefois avoir une puissance explosive considérable comparé à une arme conventionnelle.

Dopage par la fusion[modifier | modifier le code]

Si un mélange deutérium-tritium est placé au centre du dispositif destiné à être comprimé et chauffé par une explosion de fission, une puissance de fission de 250 tonnes est suffisante pour provoquer la fusion D-T libérant des neutrons de fusion à haute énergie qui feront fissionner beaucoup du carburant de fission restants. Ceci est connu sous le nom de bombe à fission dopée[5].

Si une bombe à fission dopée est testée sans le gaz dopant et génère une puissance inférieure à un kilotonne, cela peut indiquer un test réussi, et que l'implosion de l'appareil et les étapes de fission primaires fonctionnent comme prévu à la conception, même si, bien sûr, cela ne préjuge en rien du fonctionnement de l’étage dopant.

Essais nucléaires considérées comme des long feux[modifier | modifier le code]

Tour de l'essai Ruth de l'opération Upshot-Knothole. L'explosion n'a pas détruit la tour support de la bombe, mais l'a seulement un peu endommagé.
  • Essai Ruth de la campagne Upshot-Knothole - Test d'une bombe à hydrure d'uranium. Le tir n’a pas détruit le site mais a seulement endommagé le tiers inférieur de la tour de 91 mètres qui supportait la bombe[7]. L'essai Ray conduit le mois suivant a été mené sur une tour plus courte (30 m) afin d’être sûr qu’elle serait complètement détruite[7].
  • Essai Koon de l'Opération Castle - un engin thermonucléaire dont l’ignition de la fusion secondaire n'a pas eu lieu.
  • Tir Short Granite – Lâché par le Royaume-Uni sur l'île Malden le 15 mai 1957 lors de l'opération Grapple 1, cette bombe avait une puissance attendue de plus de 1 mégatonne, mais seulement a explosé avec une puissance d'un quart de celle anticipée[3]. L'essai a été toutefois été considérée comme un succès. Une autre bombe lancée au cours de Grapple 1, Purple Granite, a été mise à feu avec l'espoir de donner une puissance améliorée par rapport à Short Granite, mais sa puissance a été encore plus faible.
  • Essai nucléaire de la Corée du Nord de 2006 - La Russie a affirmé avoir mesuré une puissance de 5 à 15 kt, alors que les États-Unis, la France et la Corée du Sud l’ont mesurée à moins de 1 kt[8]. Ce premier essai nord-coréen était le plus faible que tous les essais initiaux des autres pays d’un facteur 20[9], il est l’essai le moins puissant de toute l’histoire[10].

Préoccupations terroristes[modifier | modifier le code]

Un mois après les attentats du 11 septembre 2001, un informateur de la CIA connu sous le nom « Dragonfire » a rapporté qu’Al-Qaïda avait fait entrer clandestinement une arme nucléaire de faible puissance à New York[11]. Bien que le rapport se soit révélé inexact, des préoccupations à propos d’une « bombe long feu » capable de produire une fraction de 10 kilotonnes (puissance d’une « première » bombe A) pourrait avoir des conséquences « horribles », et qu'il pourrait tuer des milliers de personnes[2],[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fizzle (nuclear test) » (voir la liste des auteurs).

  1. Staff Writer. "NBC Weapons: North Korean Fizzle Bomb." Strategy Page. Retrieved on 2008-05-04.
  2. a et b Earl Lane. "Nuclear Experts Assess the Threat of a "Backyard Bomb”." American Association for the Advancement of Science. Retrieved on 2008-05-04.
  3. a et b Meirion Jones." A short history of fizzles." BBC News. Retrieved on 2008-05-04.
  4. Theodore E. Liolios." The Effects of Nuclear Terrorism: Fizzles." (PDF) European Program on Science and International Security. Retrieved on 2008-05-04.
  5. http://nuclearweaponarchive.org/News/DoSuitcaseNukesExist.html Nuclear Weapon Archive, Corey Sublette: Are Suitcase Bombs Possible?
  6. Carey Sublette. "Operation Buster-Jangle 1951." Nuclear Weapon Archive. Retrieved on 2008-05-04.
  7. a et b Carey Sublette. "Operation Upshot-Knothole 1953 - Nevada Proving Ground." Nuclear Weapon Archive. Retrieved on 2008-05-04.
  8. Penny Spiller." N Korea test - failure or fake?." BBC News. Retrieved on 2008-05-04.
  9. Todd Crowell." A deadly kind of fizzle." Asia Times Online. Retrieved on 2008-05-04.
  10. Staff Writer. "Special report -The fizzle heard around the world." Nature.com. Retrieved on 2008-05-04.
  11. Nicholas D. Kristof. "An American Hiroshima." New York Times. Published August 11, 2004. Retrieved on 2008-05-04.
  12. Michael A. Levi" How Likely is a Nuclear Terrorist Attack on the United States?." Council on Foreign Relations. Retrieved on 2008-05-04.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]